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Bonne journée : je retourne à mes « casseroles personnelles » à moi !
La « lassitude démocratique » serait-elle le « chaînon manquant », le « talon d’Achille » de la démocratie représentative ?
C’est en tout cas la réflexion que je me faisais hier en sortant d’un « repas technique » offert dans sa salle à manger par Monsieur le Préfet local qui m’avait convoqué dans le cadre de l’une de mes activités professionnelles.
L’homme a le regard et l’esprit incisif. A occupé des fonctions prestigieuses. N’est pas dénué d’un certain sens diplomatique. N’a pas d’opinion politique trop marquée. Sait dire des choses importantes à demi-mot. Un parfait exemplaire de notre « technocratie avancée », façonné par la « grande école » et de nombreuses années à « blanchir sous le harnais ».
Il lâche, dans la phase « amicale à valeur de test », qu’il est « deux indignités : la misère et le chômage des jeunes ».
Ca, ce n’est pas très compliqué à énoncer ! D’après la Fondation de l’Abbé Pierre, 86.500 personnes vivent dans la rue ; 50.000 résident à l’hôtel ; 41.000 dans des constructions provisoires ; 100.000 dans des campings à l’année ; 150.000 chez un tiers ; 530.000 dans un meublé ; 60.000 dans des structures d’hébergement d’urgence… Plus d’un million de personnes sans véritable domicile fixe, dans « Mon » beau pays à moi (et à d’autres)…
Un peu plus de 1,5 % des résidants, beaucoup moins que dans la très célèbre Amérique des États-unis ou qu’ailleurs dans le tiers, le quart et le deuxième monde !
44 % des jeunes sortant d’une formation diplômante obtiennent un travail, le plus souvent précaire (mais qu’est-ce que la précarité ? Un CDI « kleenex » ou un CDD à terme défini ?), « déclassé » par rapport à leurs compétences « putatives »… Quand ils en trouvent un !
Je me retiens « sévère » de ne pas exploser ou de ne pas sombrer dans l’affliction profonde : je suis en « mission », donc pas de bévue inappropriée.
Je démarre « pianissimo » sur le déficit de démocratie. « Le pouvoir n’appartient plus au peuple. Il élit des représentants, des mandataires, des dépositaires d’un « pouvoir de faire » qui ne font plus. »
Là aussi, ce n’est pas très compliqué à énoncer : les contre-pouvoirs sont nombreux ! Supranationaux avec l’imbrication des traités internationaux, des organismes transnationaux, ONG et Onusiens, OMC, OCDE, Cycle de Doha et autres billevesées, l’Europe avec sa commission, son parlement qui impose jusqu’aux mentions obligatoires sur les paquets de cigarettes, qui rechigne à des diminutions de taux de TVA, qui vous impose des « vitrines réfrigérées » jusque sur les marchés en plein air, etc.
Infranationaux avec les délégations de puissance publique, régionales, départementales, municipales, qui dépensent le pognon du contribuable en voie réservée au bus, avec « petit trottoir de protection », des limitations de vitesse absurdes (que même à vélo je peux dépasser, alors même que je ne vais pas bien vite sur deux roues), des panneaux de signalisation contradictoires, etc.
Je poursuis sur cette perversion inattendue, dans une de ces improvisations dont je suis encore capable en restant à jeun (et même sans l’être : c’est naturel chez moi) dénonçant cette représentation démocratique, capable de pondre près de 1.700 lois par an (expression première de la « volonté populaire »), dont un petit tiers seulement sera applicable, deux à trois fois plus de règlements, décrets, instructions, arrêtés (expression de la volonté « exécutive du pouvoir ») qui rendront incompréhensibles jusqu’aux choses les plus simples !
« Le droit était destiné à remettre tout le monde sur un pied d’égalité et de fraternité, pour préserver la Liberté du faible et du fort, du riche et du pauvre, du bien-portant sur le malade ou le handicapé. Il est devenu, à travers l’obligation imposée à tous, une source de « droit à » quelque chose ! ».
Droit au logement, droit au travail, droit à l’éducation, droit aux loisirs, droit à la consommation, droit à faire des choses, droit à se déplacer, droit à polluer, droit à… etc.
On attend avec impatience le « droit à » grimper sur le Mont Blanc en fauteuil roulant : il viendra, tôt ou tard, vous verrez ! On a déjà « le droit à » marcher pieds nus sur du sable (les mairies se doivent de nettoyer leurs plages de tout détritus qui pourraient blesser, infecter, invalider le passant qui passe ! Si.)
Dans le temps, j’eu eu un Professeur de « Libertés Publiques » qui expliquait une chose tout au long de l’année universitaire une seule chose : « Il n’est que deux régimes ! Celui où l’on interdit et celui ou l’on permet. Dans le premier, tout ce qui n’est pas interdit est permis. Dans le second, tout ce qui n’est pas permis est interdit. »
Nous glissons insensiblement du premier vers le second avec cette inflation de textes et de règles. Nous glissons jusqu’à ce que le Droit devienne « une obligation » à quelque chose !
J’ai failli lui voler dans les plumes, à ce « technocrate » brillant. En lui rappelant tout juste que chaque lieu de « décision démocratique », Organisations Internationales Publiques, Europe, Nations, Régions, Département et jusqu’à la plus petite des Communes, par représentation éventuellement élue, était aussitôt entravé, contrecarré par « un exécutif » (au nom du sacro-saint et intouchable « principe de la séparation des pouvoirs » : celui qui ordonne n’est pas celui qui exécute et vice-versa) omniscient, omnipotent qui, justement, appauvrit les plus pauvres, réduit les libertés individuelles pour mieux façonner un monde « à la botte » au motif de servir « l’intérêt général » et préserver la démocratie !
C’était lui la cause des « deux indignités » dont il se plaignait au début de notre entretien !
Et il ne pouvait même pas s’en rendre compte, le pauvre.
Oui, nous entrons dans une ère de « lassitude démocratique » : chacun semble savoir déjà que, quel que soit le résultat des prochaines échéances électorales, Présidentielle et législative réunies, à peu près « pas grand-chose » ne changera dans nos façons de vivre, d’être et d’exister sous nos latitudes.
Sauf à avoir, inéluctablement moins de « libertés publiques » et plus « d’indignités ».
Car l’un engendre l’autre. L’autre nourrit le premier : c’est une loi naturelle de la « systémique ».
Les « Antiques » avaient inventé la « dictature » pour ce genre de situation. Elle était provisoire, semestrielle et renouvelable une seule fois (jusqu’à ce que César traverse le Rubicon).
Nous avons l’article 16 de notre constitution.
Même sans lui, nous sommes sommés de voter pour plus de « respect de l’autorité » ou pour des désirs « d’ordre juste »…
C’est tout dire !
C. P-E
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