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Les Ex-Archivés

Amis visiteurs !

Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » !
Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance !
Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite !    
En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle !
Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…
18 mai 2007 5 18 /05 /mai /2007 07:55
Aux plaisirs du palais – (Comédie dramatique en 3 actes et en prose !)
 
Avertissement : Ceci est une œuvre de totale fiction. Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé, a fortiori à naître, ne peut qu’être pure coïncidence totalement fortuite, fruit de l’aléa propre au pur hasard. Tout rapprochement incongru relèverait donc de la plus haute fantaisie et son auteur se verrait impitoyablement poursuivi en justice pour répondre du préjudice qu’il aurait pu ainsi créer.
 
Acte II – Scène V
 
(Entre CG).
 
FF – Elle s’est calmée ?
CG – Ne m’en parle pas ! Je l’ai laissée se changer pour la réception et filer avec les mômes au fond du parc pour faire des photos.
FF – Dis donc ! On ne va pas la laisser comme ça dans la nature ! Elle est complètement déjantée !
(Entre BH)
HB – Ah ! Vous êtes là ! Ça s’est terminé comment ?
CG – Il a pété un câble ! Et ça s’est fini par l’expulsion de la charmante dame !
HB – Elle va le faire devenir fou !
FF – C’est fait ! J’ai vraiment cru qu’il allait déclencher un tir nucléaire comme ça sur un coup de tête !
HB – Hein ? C’est vrai ?
CG – C’est vrai ! Je confirme.
FF – Il paraît que non ! Il m’a dit qu’il n’y a pas de « bouton ». Je veux bien le croire ! La République ne laisse pas traîner ses armes de dissuasion à la portée d’un seul.
HB – Mais qu’est-ce qu’il a pu lui faire pour la mettre dans cet état là ?
CG – C’est à toi qu’il faut demander ça ! Tu les connais mieux que nous !
HB – Bin, écoutes, à vrai dire je n’en sais rien ! Je croyais qu’ils s’étaient réconciliés après l’affaire de l’escapade. Il lui avait même autorisé à voir qui elle voulait.
FF – Oui, mais lui ? Il a fait quoi depuis ?
HB – Je n’en sais rien. Depuis l’histoire des assurances-vie à Neuilly, il n’a guère eu le temps de quoique ce soit, vous savez !
CG – Ça relève du fantasme psychiatrique, alors ?
FF – C’est peut-être notre solution. En tout cas, je ne veux pas qu’il recommence à menacer n’importe qui n’importe comment ! Je lui ai promis de le descendre s’il recommençait ça devant moi !
HB – De le descendre ?
CG – Tu as bien fait ! On ne peux pas se permettre d’avoir emmener un type aussi fragile devant sa nana jusqu’ici sans le protéger de lui-même !
HB – Et tu l’aurais descendu comment ?
FF – À coup de lattes s’il l’avait fallu !
HB – Punaise ! On est mal barré…
CG – Ouais ! Pas terrible pour une première journée. Bon, on fait quoi ?
FF – Un, je crois qu’il ne faut pas ébruiter l’incident.
HB – Tout à fait d’accord…
CG – C’est la crédibilité de la fonction qui est en cause. On peut compter sur Vincent, Arnault et Martin ?
HB – Pas de problème ! Et puis ils n’ont vu que le coup de gueule : ils savent ! Tout juste en riront-ils entre eux quelques temps ! Ce n’est pas la première fois qu’elle se montre aussi odieuse devant eux !
FF – Deux, on fait tout pour que ça ne se reproduise plus jamais !
CG – Ça ne va pas être facile à gérer si elle campe ici avec sa marmaille ou ses copines !
HB – Alors on la déménage !
FF – Où ?
CG – Rambouillet n’est pas une mauvaise idée !
FF – Ce n’est pas tenable très longtemps. Ses copines vont finir par alerter la presse.
HB – Et des grandes vacances à l’étranger ?
CG – Là, c’est le problème de sa sécurité qui va être intenable !
FF – On peut la cantonner dans une partie du palais seulement ? Je ne sais pas, moi avec des badges électroniques à toutes les portes !
HB – C’est lui qui ne va pas tenir.
FF – Et si on lui trouvait un sosie ?
CG – Je n’ai pas ça sous la main. Et puis il ne voudra pas !
FF – Et si on ne le lui dit pas ?
HB – Il s’en rendra compte tôt ou tard ! Vous n’allez pas faire ça, quand même !
CG – Écoutez ! De toute façon il va falloir faire quelque chose ! Nous avons à peine entamé la première journée, que déjà on en est à se jouer le coup de la crise majeure de la décision nucléaire !
HB – Faut pas exagérer !
FF – Si ! C’était ça ! On s’y serait cru !
CG – Je confirme que c’était bien réaliste. Faut dire que nous sommes aussi responsables d’avoir fait monter la tension d’un coup !
HB – Là, je ne suis pas d’accord. De ce que j’en ai vu, c’est quand même elle qui est venue foutre sa merde !
CG – De toute façon, François, ça peut recommencer n’importe quand.
FF – Bon alors trois, notre souci, c’est juste le feu nucléaire. Pour le reste, on saura rattraper les coups tordus, non ?
CG – Tu as raison. Mais comment on fait ?
FF – Je vais me faire mettre au parfum à Matignon. Si il peut tirer tout seul dans son coin nos missiles, on tâchera de le convaincre de « perfectionner » le dispositif en mettant des sécurités supplémentaires. Sans ça on ne dit rien, on ne fait rien !
CG – Je pense qu’ils y ont pensé avant nous, à cette hypothèse. Donc on se fait petit : il ne s’est rien passé et toi tu nous confirmes l’existence d’un dispositif d’ici à demain, dès que « Vador » t’aura refilé le témoin !
FF – Okay.
HB – Oui, mais d’un point de vue politique, on la laisse foutre sa merde à l’improviste comme aujourd’hui ? On va finir par se couvrir de ridicule ! Et avant les élections, je ne vous raconte pas ! C’est droit à une 4ème cohabitation que nous allons ! Déjà que le Canard et Marianne n’en laissent pas passer beaucoup…
FF – Après aussi, mon vieux ! Cohabitation ou non, on ne sera même pas crédible très longtemps. Et puis si il y a cohabitation, je ne me vois pas raconter ces problèmes là à DSK ou à François Hollande ! C’est inimaginable !
CG – Donc soit on l’écarte, soit on l’enferme jusqu’à cet été !
FF – Voilà ce qu’on va faire : Toi, tu te mets en chasse d’un sosie discrètement. Pour faire passer la pilule, tu lui annonces qu’on cherche d’abord un comédien pour lui, juste pour des histoires de sécurité. Tous les grands chefs d’État en ont ! Pourquoi pas lui ! S’il te pose la question pour sa femme, tu dis que tu n’y avais pas pensé, mais que c’est peut-être une bonne idée !
CG – Excellente, l’idée ! Que ça ait l’air de venir de lui ! Mais lui risque de refuser pour lui-même !
FF – J’en parlerai au chef de la sécurité : on veut un sosie pour les apparitions de loin. Point barre !
HB – Vous êtes démoniaques ! Et pendant ce temps là, on fait comment ici ?
CG – Je gère ! On va bien lui trouver une occupation. Quitte à enfermer Nicolas au QG Jupiter pour qu’il puisse travailler sans être dérangé.
HB – Ça ne va pas arranger ses affaires !
CG – Non ! Je sais comment on va faire : pas une nana dans son entourage ! Comme ça, elle va se calmer.
FF – Même pas une petite secrétaire ?
CG – On lui confie le secrétariat ! Comme ça elle nous foutra la paix. Et puis un jour, on lui collera son sosie à lui sans qu’elle ne le sache, et le tour sera joué !
HB – Ouf ! Tu es fou ! Elle va s’en rendre compte !
CG – Bin ! Au pire, ce sera l’occasion de la coller sous camisole chimique et de faire entrer en piste sa sosie à elle !
HB – Diabolique !
FF – Et pourquoi on ne lui refilerait pas des calmants à elle, en douce ?
CG – Faut voir avec les cuistots et son toubib. Tiens, ça me donne une idée : on leur faire passer un visite médicale à tous les deux ! Je vais présenter ça comme de la routine obligée !
HB – Pas mal, ça !
(Entre NS)
NS – Ah ! Vous êtes là ! Bon. Vous l’avez calmée ?
CG – Elle fait le tour du jardin avec les gamins. Tu peux la voir de la fenêtre !
NS – Excusez-moi pour tout à l’heure ! Elle me fait péter les plombs de temps en temps ! Ce n’est pas bien grave. Merci quand même. Ah ! Elle s’est quand même mise en robe. Il était temps !
FF – Tu as fait le tour des installations militaires ?
NS – Ouais ! Compliqués leurs trucs. Je m’en sortirai. Tu verras François. Ils ont les mêmes à Matignon. Invraisemblable le nombre de codes, d’informations, d’autorisations qu’il faut pour bouger le petit doigt, ici !
FF – Du moment que ça marche…
NS – Vous discutiez de quoi ?
CG – De ta sécurité personnelle.
NS – Je suis déjà au courant. Les escortes, les déplacements, les équipes. T’en fais pas !
CG – Ils t’ont dit qu’il te fallait un sosie ?
NS – Un sosie ? Et puis quoi encore !
CG – Ah ? Tu ne savais pas ? Mais tout le monde en a au moins un chez les plus grands dirigeants de la planète…
NS – Ah oui ?
CG – Tu vois quelqu’un en particulier, moyennant une petite dose de maquillage et quelques cours de tenue ?
NS – Non, je ne vois pas ! Je crois que maman a cassé le moule, depuis le temps ! Il en faut combien ?
CG – Ça, je ne sais pas !
NS – Bush il en a combien ?
CG – Va savoir !
HB – Hillary en avait deux, je crois savoir !
NS – Hillary ? Clinton ? Et pour la mienne, c’est prévu aussi ?
CG – Euh… Je ne sais pas. Je ne crois pas !
NS – J’en veux aussi. Tu me trouves ça, Claude !
FF – Bon, les gars, la journée n’est pas finie ! Je vous laisse ! Toi, je te rappelle que tu vas faire un tour à l’Arc de Triomphe, tu passes au bois et tu reviens casser une graine. On fait comme on a dit !
NS – Excuse moi encore François, pour tout à l’heure. Je ne sais pas ce qu’il m’a pris !
FF – T’en fais pas ! On en verra d’autres ! Ça va mieux ton crâne ?
NS – Bof ! Y’a que l’action qui me détend ! On se revoit tout à l’heure !
FF – C’est ça ! Bon courage !
HB – Je t’accompagne !
NS – À tout à l’heure Brice ! Tu reviens pour déjeuner ?
HB – On verra ! Si j’ai le temps. Commence sans moi, je te retrouve au café, au pire.
(FF et HB sortent)
NS – On se met au boulot ?
CG – On y est. Tu veux voir quoi ?
NS – C’est quoi cette histoire de sosie ?
CG – T’occupes ! Je vois ça avec le chef de la sécurité. Je crois que c’est devenue une tradition depuis l’attentat du Petit Clamart.
NS – Encore une connerie du grand Charles ! Bon, s’il faut en passer par là, on fera avec. Mais tu m’en trouves aussi une qui fasse ma femme ! Comme ça nous pourrons avoir des week-ends en amoureux tous les deux !
CG – Avec la fille ? Je t’ai dit que je ne marchais pas !
NS – Quel con tu fais ! Non, avec ma femme. Mais sans les paparazzi ! On les éloigne avec le faux couple et pendant ce temps là, je peux compter fleurette en paix dans des endroits bucoliques !
CG – Ah ! L’amour !
NS – Ça rend con, je sais. Mais bon. Débrouilles toi aussi pour qu’elle ne me fasse plus chier ici ! Au moins ici !
CG – Si tu comptes être réglo avec elle, tu n’as qu’à lui confier la direction de ton secrétariat ! Comme ça elle pourra te surveiller.
NS – N’y compte pas ! Je ne veux pas qu’elle puisse venir m’emmerder à l’étage ! Débrouille-toi autrement ! Tu me la drogues si tu veux, mais qu’elle ne m’emmerde pas !
CG – Tu veux que je la colle en résidence surveillée ? À Rambouillet ?
NS – Et puis quoi encore ? Pourquoi pas à Sainte Anne tant qu’on y est ? Non, mais ça ne va pas ! Déjà que ce n’est pas simple à gérer, si en plus je ne la vois plus, je vais devenir fou, moi !
CG – Mais non, mais non ! Tu n’es pas fou. Je vais voir ce qu’on peut faire.
(Tomber de rideau)
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Published by Infreequentable - dans Aux plaisirs du Palais
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17 mai 2007 4 17 /05 /mai /2007 05:44
Aux plaisirs du palais – (Comédie dramatique en 3 actes et en prose !)
 
Avertissement : Ceci est une œuvre de totale fiction. Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé, a fortiori à naître, ne peut qu’être pure coïncidence totalement fortuite, fruit de l’aléa propre au pur hasard. Tout rapprochement incongru relèverait donc de la plus haute fantaisie et son auteur se verrait impitoyablement poursuivi en justice pour répondre du préjudice qu’il aurait pu ainsi créer.
 
Acte II – Scène IV
 
(Entrent CG accompagné de trois ouvriers en bleu de chauffe et du Chef du protocole).
 
CG – Bien, Messieurs ! Alors urgence : une targette à chaque porte pour les bloquer de l’intérieur ! Et vite fait. Vous ! Le Président veut une estrade assez large pour y accueillir un grand bureau.
Le Chef du Protocole – Une estrade ?
CG – Oui ! Haute comme ça au moins, avec deux marches à droite et à gauche. Pour ce soir au plus tard. Vous l’installerez pendant le dîner du Président.
LCP – Si je peux me permettre, une estrade pourrait détruire l’harmonie de cette pièce.
CG – Vous nous la faite faire avec un placage de bois noble en la recouvrant d’un grand tapis de façon à ce que ça ne détruise pas ladite harmonie. Ça vous va ? Je vous signale que vous avez échappé au creusement d’une fosse tout autour !
LCP – Une fosse ? Ne vaut-il pas mieux choisir d’abord les meubles qui iront dessus et tout autour ?
CG – Ce seront ceux du Général De Gaulle !
LCP – Ah ? Et je les retrouve comment ? Ils ont été dispersés à travers plusieurs musées…
CG – Vous les retrouvez ou vous nous mettez en place des copies approximatives. De toute façon, il n’était pas né à cette époque, il ne peut pas savoir !
LCP – Comme vous le souhaitez, Monsieur le Secrétaire Général. Il en sera fait ainsi.
CG – Demain ?
LCP – Hum… Au soir ?
CG – Au soir ! Très bien ! Bon autre chose : vous prenez des dispositions pour faire faire un lit escamotable dans cette cloison là ! Attention, personne ne doit savoir ! Faudra donc ne pas changer les volumes ni ici, ni de l’autre côté de ce mur !
LCP – Un lit ? Escamotable ? Dans l’épaisseur du mur ? Mais Monsieur le Président serait mieux installé dans le petit cabinet contigu !
CG – C’est le bureau de son secrétariat !
LCP – Si je peux me permettre, son secrétariat est de ce côté ci ! Derrière cette cloison, il y avait le bureau de Mademoiselle Claude, qui servait déjà de cabinet aux prédécesseurs de Monsieur le Président ! La porte est d’ailleurs camouflée de la sorte.
CG – Ah oui ?… Bon, on verra alors. Mais prévoyez quand même un lit escamotable, même si c’est pour à côté.
LCP – Les peintures, la décoration, les tentures ? Y’a-t-il des dispositions particulières à prendre ?
CG – C’est Madame qui choisira, ultérieurement. Mais consigne : on ne touche pas aux peintures. Et il faut penser à faire passer une équipe à la recherche de micros espions.
LCP – La pièce est vierge de tout dispositif de la sorte. L’équipe est passée ce matin.
CG – Elle repassera ce soir, alors. Tous les soirs et tous les matins !
LCP – Il en a toujours été ainsi…
CG – Très bien !
LCP – Autre chose ?
CG – Non pas pour le moment.
LCP – Que dois-je prévoir en matière d’habitudes culinaires ?
CG – Rien de particulier. Cuisine fine, peu de graisses et peu salée. Peu de vin, juste pour les invités et peu d’alcool. De l’eau plate et du pain croustillant.
LCP – Pour le petit déjeuner ?
CG – Pain frais et café ! Uniquement. Pas de beurre, de brioche, etc. Juste une corbeille de fruit en décor et du jus de fruit pour les invités.
LCP – Très Bien Monsieur. Puis-je disposer ?
CG – Non ! Trouvez-moi une bonne bouteille de 1955. Un bon bordeaux. Le meilleur. Un tire-bouchon et 6 verres. Monsieur le Président reçoit quelques amis en toute discrétion après sa conférence et avant son tour sur les champs. Ce midi, on mange ici aussi. Buffet froid.
LCP – Bien Monsieur. Ce sera tout ?
CG – Si ces messieurs en ont terminé, ils peuvent partir aussi !
(Les ouvriers et le Chef du Protocole sortent)
CG – Pffft ! Quelle journée ! Je sens que ça va être chaud ! Bon, le téléphone… Arnaud ?… Tu peux monter avec Brice, Vincent et Martin ?… Oui, je sais ! Vous faites ça sans vous faire remarquer… Tout de suite. Dans le bureau du Président !
(CG fait un tour de la pièce, déplace quelques fauteuils pour former un cercle autour d’une table basse)
(Vincent, Martin, Arnaud et Brice entrent)
VB – Tu nous as fait rater la fin !
BH – Tiens j’ai piqué une bouteille au passage !
AL – Et moi des verres !
CG – Asseyez-vous. J’en faisais monter une avec un tire-bouchon. Bon alors ! Contents d’être ici ?
VB – C’est au chef, qu’il faut demander cela !
AL – Comment se passe la prise de pouvoir ?
CG – Apparemment, pas trop mal ! Il y a juste Cécilia qui est insupportable !
MB – Comme d’habitude…
VB – Je ne vous raconte pas sur le Paloma ! Infecte, la gamine ! Il n’y en avait que pour ses gosses et elle n’était jamais satisfaite de rien.
BH – Tu y étais ?
VB – Non, mais l’équipage m’a raconté les détails ! Ils n’en sont pas revenus. C’est d’ailleurs pour cette raison que Nico a écourté sa croisière plus vite que prévu, puisqu’on devait tous se retrouver chez Christian à Porto-Vecchio !
AL – Bé dis donc ! Pas une partie de plaisir, cette fille là !
(On frappe à la porte)
CG – Entrez !
(Une femme apporte une bouteille sur un plateau, six verres et un tire-bouchon)
VB – Mazette ! Pétrus récolte 55 ! Il sait recevoir Sarko !
CG – Merci Madame. Vous posez le plateau là, je m’occupe du reste.
La dame – Bien monsieur !
(La dame pose le plateau sur la table basse et sort)
CG – J’espère qu’il y en a d’autres, des comme ça !
BH – Peut-être qu’on va enfin le voir boire une goutte de vin ! 55, c’est bien l’année de sa naissance ?
AL – Il est de janvier. Le 28. Encore un verseau !
VB – Dites donc, c’est lui le plus jeune ! Pas mal…
AL – Ah non ! C’est moi. Je suis de 61. Et poisson !
CG – C’est moi le doyen, ici ! Alors je vous invite à vous asseoir, Messieurs. Monsieur le Président souhaitait vous recevoir pour un verre de l’amitié avant de faire un tour et revenir pour déjeuner avec vous. On grignote quelques trucs ici, et ensuite on repart.
MB – Il avait un truc à nous dire ?
VB – Des filles à nous présenter ?
AL – Un service à demander ?
CG – Non juste un verre de l’amitié à partager. Vous y êtes pour quelque chose, peu ou prou, s’il est ici. C’est aussi pour vous faire savoir qu’il n’oublie pas !
MB – J’espère surtout qu’il va tenir ses promesses de réformes. Mais pas dans le quart d’heure, j’imagine.
VB – Les promesses d’un politique ? Tu y crois encore toi ?
MB – Avec tout ce que je paye en plus que d’avoir mes syndicalistes sur le dos, j’aimerai bien qu’on s’occupe, un peu de la France, celle qui donne du travail aux français !
AL – T’en fais pas. C’est toujours mieux que ce soit notre ami plutôt que Ségo. Là, tu aurais compris ta douleur.
VB – Bon ! Arrêtez tous les deux ! On n’est pas là pour faire pression et demander des exonérations d’impôts ou de charges sociales ! Faut savoir rester décent ! Et puis je t’ai déjà toujours dit qu’il faudrait que tu ailles voir des spécialistes pour tes impôts ! Regarde ! Moi je n’en paye presque plus… Juste ce qu’il faut pour valoriser mes boîtes et contenter mes actionnaires !
MB – Oui mais toi, ce n’est pas pareil !
AL – Moi non plus ! C’est toujours différent. Vincent a raison ! Nous ne sommes pas là pour tendre la sébile, mais juste pour partager un verre. Le reste viendra bien assez tôt ! Qui doit nous rejoindre, Claude ?
CG – Sans doute François, si il peut !
VB – Et ta prise de fonction au parti, Brice, ça s’est bien passé ?
BH – Pas trop mal. Le tout c’était d’écarter Alain sans faire de vague. Après, il faut que je fasse monter en puissance Baroin, sans vexer ni les ralliés centristes, ni la caciques d’antan, ni les militants.
MB – C’est Baroin ton successeur ?
AL – Un peu jeune, non ?
BH – On le verra à la tâche. Et puis il a de la bouteille, mine de rien. C’est pour d’ici après les municipales, s’il ne déconne pas entre temps.
VB – Et les législatives ? Ça se présente bien ?
BH – Pour le moment, on laisse passer le week-end et on se remet en ordre de bataille ! Tant qu’elles ne sont pas gagnées, rien n’est définitivement joué. Tout va dépendre de la majorité en siège que l’on va réussir à faire.
MB – Bayrou, avec son modem, pourrait venir troubler le jeu ?
AL – Il va faire plouf ! On s’en occupe à l’ostraciser !… Même son nouveau parti, personne ne sait où il crèche ! Pas un mot dans la presse. Juste le strict minimum. Et je ne vous dis pas les UDF comment ils vont le virer au prochain congrès !
MB – À propos, c’est vrai que tu as réussi à faire retirer un article dans un de tes journaux ?
VB – Quelle question !
AL – Oui ! C’était quand même indécent d’aller fouiller les listes électorales juste pour ça !
BH – Mais la loi l’a prévu. C’est fait pour ça, justement !
AL – Mais quand même ! Je ne paye pas des gens pour qu’ils fassent les poubelles ! On n’est pas en Grande-Bretagne ici, ni aux USA !
CG – Ce ne sont pas les poubelles. Toutes les listes émargées et les bulletins sont conservés en Préfecture.
VB – Tu as bien fait ! De toute façon, faut poser sa marque de temps en temps pour se rappeler qui donne à becter ! C’est une façon de se faire respecter. Tu as d’autres combats à mener chez EADS, si tu veux garder tes usines à canons !
AL – Tout de suite ! Ça fait vivre du monde, dis donc !
VB – Je n’ai pas dit le contraire et tant mieux d’ailleurs.
MB – Justement, peut-être que tu as mieux à faire que de lire les articles avant tout le monde !
AL – Mais je n’ai rien lu. C’est le rédac en chef qui m’a téléphoné pour me demander si il pouvait ! Je lui ai dit mon sentiment. À lui de gérer sa boutique : il est payé pour ça non ?
(Entre en trombe NS)
NS – Elle n’est pas là ?
CG – Qui ?
NS – Ma femme !
CG – Pas encore.
NS – Salut les amis ! Sympa d’être venus ! Je voulais que vous soyez les premiers à venir jusqu’ici en signe de gratitude ! Mais depuis ce matin, je n’arrête pas ! Je ne reste pas : il faut que je file au QG Jupiter pour régler les problèmes d’intendance avec mon chef d’État-major !
VB – En tout cas, je te renouvelle, au nom de tous tes amis, nos plus vives félicitations ! Ça nous fait très plaisir de te retrouver enfin ici, avec un vrai fauteuil de Président ! Bravo ! Un Hourra pour notre Président !
(Tous font un triple ban bruyant !)
NS – Merci ! Merci ! Je sais combien vous savez être sincères. Soyez sûrs que ça me va droit au cœur !
HB – Tiens, un verre de Pétrus trouvé pour toi dans la cave !
NS – Tu sais bien que je ne bois pas !
VB – La bouteille a le même âge que toi, dis donc ! Tu vas trinquer comme les autres !
NS – Alors juste une goutte ! À la Victoire ! À l’amitié ! À l’avenir ! Santé !
Tous – Santé !
(Pendant qu’ils vident leurs verres, entre CS)
CS – Ah ! Je t’y prends ! Mais ce n’est pas croyable ! Toi qui deviens saoul rien qu’en regardant une bouteille, voilà que tu vires alcoolique avec tes potes ! Et dans mon dos, en plus !
NS – Ma biiiiche !
CS – Ce n’est pas possible ! Tu me les auras toutes faites ce matin !
VB – Bonjour Céci…
CS – Tais-toi ! J’ai tout vu ! Tu ne sais pas ce qu’il a fait ce matin ?
VB – … lia ! Non ! Je t’en supplie !
CS – Ils se sont touchés avec le grand con quand ils étaient tous les deux tout seuls, les cochons ! Soi-disant pour se passer le code nucléaire !
MB – Touchés ?
CS – Et avec de la vaseline en plus ! Il y en avait plein un pot sur le bureau tout à l’heure ! Tu l’as mis où ? Et le gode ?
NS – Ma biiiiche ! Je t’en supplie…
CS – Et les photos de nymphettes à poils, tu les a mises où ? Bande de porcs ! Pervers dégueulasses ! Entre mecs et avec un vieux qui pourrait être son père en plus ! Cochon, va ! Et voilà que je vous retrouve à le faire picoler ! Lui qui a mal au crâne en permanence à en avoir la gueule de bois du matin au soir et à jeun ! Mais vous ne pensez qu’à ça, tous autant que vous êtes !
NS – Ma biiiche !…
CS – Alors si vous faites une partouze, je veux en être et avec les gardes républicains qui sont derrière la porte ! Je veux en être la reine ! La reine des enculées, comme tu disais l’autre fois !… Comme ça tu auras eu raison !
VB – Bon, bé excusez-moi. Je crois que je vais être en retard à mon rendez-vous, les amis !…
CS – …Et encore tu étais à jeun !
AL – Je t’accompagne Vincent ! Merci pour le verre de l’amitié ! Sympa !
NS – Les amis ! Ne m’abandonnez pas !
CG – Cécilia, s’il te plaît…
CS – Ce n’est pas croyable ! On me fout à la porte en me disant tais-toi et sois belle ! Mais on me prend pour une pouffiasse ici !…
MB – Attendez moi ! J’ai encore deux trois choses à vous dire !
VB – Arrive alors ! Nous, on a du travail !
BH – Bon tu as fini ?
CS – Non je n’ai pas fini ! J’en ai assez que ces messieurs se prennent la grosse tête ! Énorme la tête ! Grosse comme une mappemonde !
(VB, MB et AL sortent. Entre FF)
FF – Qu’est-ce qui se passe ici ? Qu’est-ce que c’est que cette façon de hurler ?
CS – Ah toi aussi, tu en es ?
FF – Quoi, moi aussi ?
NS – Bon, moi je file ! Faut que je fasse un tour ! On m’attend !
CS – Toi tu restes ici ! Tu ne vas pas encore courir les jupons des sauterelles et faire le cabot pour ces gueux de parigotes !
BH – Je t’emmène.
CS – Vous restez ici tous les deux !
BH – Dis donc ! T’es qui pour me parler sur ce ton, toi, là ?
CS – La Présidente de ce pays ! Alors on m’obéit !
BH – …François, expliques lui !
FF – Cécilia ! Maintenant, tu calmes ou je te fais jeté aux fers !
CS – Quoi ?
CG – Ta gueule !
CS – Mais… Mais, vous êtes fou !
NS – Claude ! Quand même…
FF – Ta gueule ! Ou sans ça je te fais interner !… Et pour un moment !
CS – … Et toi tu ne dis rien ?
NS – Tu m’énerves et je ne suis manifestement pas le seul. Me faire une crise pour un fond de verre et devant mes amis ! Tu n’as pas honte ?…
CS – Tes amis ! Parlons-en ! Venus là uniquement pour te baiser ou te pervertir encore plus !
NS – … Et puis j’ai mal au crâne de t’entendre gindre de la sorte ! Je n’en peux plus. Il est où le bouton nucléaire ? Il est où ? Qu’on en finisse !
FF – Mais ça va pas, toi !
CG – À Rambouillet ! Et moi je te trouve une figurante pour te remplacer. D’accord ? Il y a plein d’intermittentes qui sont prêtes et ravies de jouer ton rôle en tes lieux et place. Compris !
FF – Tu nous fais chier. Cécilia ! Alors tu te calmes et tu vas commencer par prendre quelques vacances, entourée de gendarmes !
CS – C’est ça ! Pour qu’il puisse baiser tout ce qui passe dans mon dos ! Je vais devenir la cocu présidentielle et je serai la risée du monde entier !
FF – Franchement, tu le mériterais ! Un : tu ne seras pas la première et personne n’en est mort. Deux : Je n’ai jamais vu quiconque parler comme ça à son mari et lui gâcher sa fête ! Que tu ne veuilles pas participer à ce moment historique, je comprends. Pourtant, il se met en quatre pour n’importe lequel de tes caprices ! Mais, trois, que tu sois née pour lui pourrir la vie tous les jours que Dieu fait, çà, je n’admets pas !
CS – …
CG – Alors tu mets la sourdine ! Ton homme est marié pour 5 ans avec la République ! Et elle est drôlement plus exigeante qu’une midinette qui pique une colère parce qu’elle n’a pas les clés de sa chambre !
CS – Vous êtes d’affreux machos ! Faut que je vous fasse un pipe comme une vulgaire catin pour me laisser sortir ou quoi ?
NS – Et puis quoi encore !
FF – Bon ! Rambouillet. Ça te calmera !
CS – Salauds ! Hyper salopards ! Vous êtes des dégueulasses, mais je me vengerai ! J’aurai votre peau !
FF – En attendant, tu vas quand même nous laisser travailler. Tu seras bien contente de nous remercier quand tu seras encore là dans 10 ans !
CS – Bande de salauds ! Je vous aurai !
NS – Ma biiiiche !
FF – Oh toi ! N’en rajoute pas ! Claude vire-là moi !
CG – Allez ! Viens et sans faire d’histoire.
(CG entraîne CS vers la porte et ils sortent)
FF – Quant à toi, ne me refais plus jamais le coup du bouton nucléaire ! Je te fais sauter le caisson sur le champ !
NS – Mais n’importe quoi ! De toute façon on ne peut pas comme ça !
FF – Si ! Tu as les codes !
NS – Mais non ! Il n’y a pas de code. Ce sont juste une série de procédures qui authentifient l’ordre du feu nucléaire. Ton chef d’État-major t’expliquera ça quand tu arriveras à Matignon. Tu as les mêmes.
FF – Alors c’est quoi cette histoire de godemiché et de vaseline ? Ce n’est pas une clé dissimulée ?
NS – Rien à voir ! Une connerie de Mitterrand à Chirac. Il y a 12 ans ! Tu es déjà au courant, toi ?
FF – Je sais tout. Vous vous êtes dis quoi, ce matin, tous les deux, alors ?
NS – Il m’a fait chier avec Cécilia ! Que j’ai failli lui mettre un péchon direct dans le naze !
FF – Je crois qu’il avait raison, sur ce plan là. Un visionnaire, le vieux. On va te l’écarter un peu ta donzelle ! Elle nous casse la baraque. Alors pédale douce et au vert jusqu’à l’été. Et toi, tu te démerdes pour ne pas allez niquer n’importe qui en son absence : Je te rappelle que nous avons encore des élections à gagner !
NS – Oui, je sais… Quelle galère ! Mais quelle Galère !
FF – File voir tes militaires et ne perds pas ton temps : il y a encore du taf avant ce soir !
NS – Tu as raison. Essayons de rester calme. J’y vais !
(NS sort).
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16 mai 2007 3 16 /05 /mai /2007 07:42
Aux plaisirs du palais – (Comédie dramatique en 3 actes et en prose !)
 
Avertissement : Ceci est une œuvre de totale fiction. Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé, a fortiori à naître, ne peut qu’être pure coïncidence totalement fortuite, fruit de l’aléa propre au pur hasard. Tout rapprochement incongru relèverait donc de la plus haute fantaisie et son auteur se verrait impitoyablement poursuivi en justice pour répondre du préjudice qu’il aurait pu ainsi créer.
 
Acte II – Scène III
 
(FF et CG entrent à leur tour).
 
NS – Tu as mon aspirine ?
CG – Ça arrive. Bon, voilà le parapheur. Là, je t’ai fait faire copie des notes de synthèse. François a fait de même pour celles de « Dark Vador ». Tu as de la lecture pour ce soir ! Et j’ai joint ton discours de tout à l’heure.
FF – Faut aussi se décider pour les Dir-cab. J’aimerai qu’on discute de quelques-uns qui peuvent poser problème !
NS – Salut François ! Pas trop dur ?
FF – Non ! Bonjour à toi, mon ami !
NS – Quels problèmes ? Je croyais que tout le monde était d’accord ? Ils étaient ministres, mais c’est nous qui formions leur cabinet, conseillers techniques inclus ! Où est le problème ?
FF – Il se peut qu’on ait quelques soucis avec certains d’entre eux qui auraient eu une vie « un peu agitée ». Or, tu veux des cabinets propres et pas d’affaires en cours ni à venir devant les juges !
NS – Oui ! On nous en a fait déjà assez chier comme ça ! Montres tes propositions !
CG – À propos d’affaires, on en est où sur « Clearstream », François ?
FF – On n’en est nulle part. Y’a bien eu des « trafics d’influence » louches du côté des généraux, mais ça tout le monde le sait. Par contre, du quai d’Orsay, je n’ai pas encore de remontée. Et je ne suis pas sûr qu’on en aura avec ton nouveau ministre. Côté Matignon, il semble qu’il n’y ait rien de plus que ce qui avait été dit. Reste ici. Tu sais que la juge, elle n’a pas pu entrer la semaine dernière. On fait quoi si elle revient ?
NS – On a quoi, surtout, ici, les amis ?
CG – On n’a rien de neuf, pour le moment. À mon avis, ils ont fait le ménage.
FF – À moins qu’il n’y ait vraiment rien !
CG – Ça m’étonnerait ! Ils l’auraient laissée entrer, la petite juge.
NS – Non, pas forcément. D’ailleurs, si elle se re-pointe, on ne la laisse pas entrer : même motif, même punition ! Il faut trouver ce qu’elle cherche avant elle, dans tous les cas. Après on avisera.
FF – Tu as convenu quoi avec Chirac, sur ses affaires à lui ?
NS – C’est pas mal cette idée, le dir-cab de ton ministre. Je prends… Quant à celui-là qui se fait des putes au bois, je n’en veux pas. Pour l’autre non plus. Ses problèmes de lotissement immobilier avec le fisc, il les règle avant, tout seul comme un grand et sans nous. Je préfère tes solutions, à toi, François. Plus clean !… Pour le grand con, il dit n’avoir pas besoin de notre aide. Ça m’arrange. C’est une vraie rupture, comme ça. On reste donc officiellement inerte tout en assurant la continuité de l’État. Ce qui n’empêche justement pas de laisser les juges et la presse faire leur boulot. Ça m’arrange également. On verra bien si l’autre, il a besoin de moi ou pas ! Et là, s’il a besoin, que je te garantie qu’on fera tout pour qu’il vienne me manger dans la main à 4 pattes en rampant, lui aussi, s’il le faut !
FF – Et pour « Vador » ?
NS – Même motif, même punition ! Mais celui-là, mon camarade de besogne, tu verras qu’il préférera se faire empaler par tous les orifices et traîner dans la gadoue accroché par les pieds derrière des mustangs en furie dopés à l’EPO plutôt que de revenir vers toi ! Et si il vient à moi, je te le renvoie. Okay ? Comme on a dit !
CG – Je reste pas d’accord. Si les juges attaquent l’homme, c’est la fonction qui est visée derrière. Et la fonction, c’est toi aujourd’hui ! Elle a besoin d’être forte.
NS – Mais non ! La fonction laisse les institutions faire leur travail. Flûte ! Les français payent assez d’impôts comme ça, il faut leur en donner pour leur argent. L’homme, je ne dis pas : la grâce présidentielle n’a toujours pas été aboli, dans ce pays. Et la « grâce », c’est moi. La fonction peut donc faire un geste de charité et d’apaisement pour un homme redevenu populaire, fusse-t-il un roi déchu ! D’une pierre deux coups : en graciant, la fonction redevient omnipotente et sans être salie, puisqu’on aura rien fait avant pour empêcher le terme des procédures ! Tu verras, les français la demanderont eux-mêmes, la « grâce ». C’est juste une question de tempo. Quand l’acharnement deviendra trop visible, que l’hallali approchera, pan ! Un coup de « grâce » annoncée. Et c’est terminé. Et entre deux, on aura fait toute la lumière sur cette affaire.
CG – N’empêche que je le trouve très fort, le Jacques. Comment est-il si sûr de son fait ? Le dossier paraît pourtant accablant !
NS – Pas tant que ça. Tu sais, il va avoir 20 ans d’âge. Des choses pouvaient être interprétées d’une certaine façon il y a 15 ans, elles peuvent être comprises autrement depuis. Veil, l’avocaillon qui s’y attellera d’office, s’y entend dans ce genre de combines ! Je le connais. C’est le fiston de Simone.
FF – À moins qu’il nous sorte une astuce du genre « ambassadeur plénipotentiaire » d’un « zinzin » quelconque. Avec un passeport diplomatique en poche, les juges en seront pour leurs frais.
NS – Oui, pourquoi pas. Mais alors qu’on soit bien d’accord : Je veux apprendre la nouvelle par la presse. Pas autrement ! Et vous tous aussi. Compris ?
FF – Bien sûr. Bon, de toute façon, on fait comme on a dit. L’urgence, c’est les dir-cab et les élections.
(On frappe à la porte)
NS – Entrez !
CS – Laissez ça, mademoiselle ! Je m’occupe de la santé de mon mari !
(Entre CS, avec un plateau à la main sur lequel est posé un verre d’eau)
NS – Mais qu’est-ce que tu fais là ? Je te croyais en train de faire le tour de la maison ? Ou de dépenser le fric du contribuable en fripes de grands couturiers ! J’en ai marre de te voir en Jean’s !
CS – Je prends soin de ta santé ! Tiens, prends tes médicaments… Je fais quoi pour les gamins ?
NS – Les gamins ?
CS – Je te rappelle que nous avons eu un fils. Tu te souviens ? Tu sais, le petit bout qui te prend pour Dieu tout puissant, qui passe son temps à jouer au dictateur à son école et à terroriser ses professeurs ! C’est moi qui l’ai fait, mais tu y es aussi pour quelque chose, quand même. Même si ce n’est pas grand-chose !
NS – Ma Biiiiche ! Je n’ai pas oublié. Seulement, là tu vois, non seulement j’ai mal au crâne…
CS – Mais tu as toujours mal au crâne ! Tu devrais écouter ta mère et éviter de porter des chemises si étroites. Ce n’est pas parce qu’on a les bras courts qu’il faut se serrer le quiqui à ce point là ! Ou alors, ouvre le dernier bouton !
NS – Arrête avec ça ! Je ne m’habille pas chez Darty !…
CS – C’est pas Darty, d’abord…
NS – …Et les cols de chemise ouverts, ça fait négligé ! Je suis le Président, tout de même ! Je me dois d’avoir un peu de tenue !
CS – Il n’empêche…
NS – Bon, on a fini, Messieurs ? Alors on décampe ! Cap sur la conf. Tout de suite après, vous vous prenez les caciques sur les dir-cab et moi je monte saluer les amis. Claude, tu t’occupes de les faire monter discrètement et vous me rejoignez dès que vous avez fini !
FF – On te suit. Bonne Journée, Madame la Présidente !
CS – Ouh là ! Ça fait classe, ça : Présidente !… Ton aspirine, puisque tu veux te fusiller les boyaux avec de l’acide.
NS – Ah oui ! Merci.
CS – Avant de partir, tu me dis où il a mis ses revues cochonnes, l’ex ?
NS – Quelle revue cochonne ?
CS – Ne me prends pas pour une idiote ! Tu as déjà le gode et la vaseline. Il y a forcément aussi des photos !
NS – Mais n’importe quoi ma Biiiiche !
CS – Regarde moi bien dans les yeux !
NS – Oui, ma Biiiiche ! Autant que tu voudras.
CS – Tu m’as bien regardée ?
NS – Mais comme toujours, ma Biiiiche ! Tu es belle comme le soleil !
CS – Alors, dis moi : où as-tu vu que j’étais blonde pour me prendre pour une conne comme ça !
(Éclat de rires des deux autres personnages)
CS – Vous, les garçons, ce n’est pas drôle. Je vous préviens, il y en a un qui dérape et dans l’heure la presse est au courant de tout ! Je vais d’ailleurs faire mon site Internet ! Et j’y mettrai en ligne les photos des nanas que tu reluques…
NS – Ah non !
CS – …Et tes accessoires favoris ! …
NS – …Tu n’y connais rien en informatique, tu vas te faire pirater !…
CS – …Et si je retrouve ta poupée gonflable, j’en fais autant…
NS – Arrête avec ça ! Ce n’était pas ma poupée gonflable, mais celle d’un copain qui était en dépôt… Je ne savais même pas, moi !
CS – C’est ça ! Tu me prends vraiment pour la reine des gourdes ! Bois ton aspirine et vas bosser. Pendant ce temps là, je fouille !
NS – Si tu veux, si tu veux !
(NS, FF et CG sortent rapidement)
CS – Bon ! Voyons voir, un peu…
(CS fouille ici et là puis retourne coller une oreille à la porte).
CS – Ça y est ! Ils sont partis.
(CS va sur la pointe des pieds à l’autre porte et l’ouvre)
CS – Vous pouvez venir les filles ! Ils sont partis ! Je les ai fait fuir.
(Entrent trois inconnues, I1, I2 et I3)
I1 – Wouah ! Pas mal dis donc !
I2 – Ouais ! Superbe.
I3 – Mieux que de l’autre côté de la rue !
CS – On se fait un petit thé et une partie de crapette ?
I2 – Pourquoi pas une belote !
I1 – Je n’en reviens pas ! Hihihi ! Une belote dans le bureau du chef de l’État ! Jamais Hilary Clinton n’y aurait pensé !
I3 – Merveilleux… Et si on se faisait une petite boum, là, comme ça ?
CS – Avec qui ? Il nous faut des garçons !
I1 – Et pourquoi pas entre filles seulement !
I3 – Mais les garçons, il y en a en uniforme de l’autre côté, il suffit d’aller les chercher !
CS – Oh oui ! Pour assurer notre sécurité.
I2 – Tu crois qu’ils ont le droit ?
CS – Pas sûr ! Ils sont un peu coincés, ceux-là ! Vous savez quoi ?
I3 – Non ! Raconte !
CS – J’ai exigé qu’ils portent un string !
I2 – Pas possible ?
I1 – Tu as fait ça ?
I3 – Et ils vont le faire ?
CS – Ce n’est pas encore sûr ! J’ai senti comme une… résistance.
I3 – En attendant, ça doit drôlement lui pourrir la vie, tous tes trucs ! Formidable…
CS – Il le vaut bien, va !
I1 – En tout cas, il est confortable le fauteuil !
I2 – Wouah ! Et le canapé ! Il ne devait pas s’emmerder, Chirac !
CS – Pas ce mot là ici en ma présence, je t’en prie…
I2 – Oh excuse ! Bon alors ? Thé dansant ou belote au thé ?
I3 – Thé dansant !
I1 – Ils ne vont pas vouloir.
I3 – Mais si ! On leur fait un strip-tease et ils viendront.
I2 – Un strip-tease ! Quelle bonne idée !
I1 – C’est quoi ce truc là, ma chérie ? Un godemiché et de la vaseline !
I3 – Quoi ? Montres-moi ! Montres !
CS – Ne m’en parle pas. Il dit que c’est un cadeau de Mitterrand au vieux con, il y a 12 ans !
I1 – C’est sûr que ce n’est pas un modèle du dernier cri. On dirait qu’il n’a jamais servi.
I3 – Ce n’est pas comme la vaseline. On dirait qu’elle a déjà servi !
I2 – Pas possible ! Mais qui ?
I3 – Tiens, au bout des seins, ça doit être rigolo !
CS – Arrêtez les filles ! C’est fait pour le gode !
I2 – Tu crois ?
CS – Rangez ça ! Vous n’êtes pas drôles !
I2 – Bon alors, on fait quoi ? On s’envoie en l’air ici avec les beaux mecs de derrière la porte pendant que ton mari bosse ?
I1 – Tu n’y penses pas ? Une partouze ici ? Il y a peut-être des caméras partout ?
I2 – Tu crois ?
CS – Je ne sais pas. Mais, il doit bien y avoir des sécurités qu’on n’imagine même pas.
I1 – Déjà qu’en face, c’était bourré de micros, on en a eu la preuve, ici c’est peut-être pire !
I2 – Ouh là, là ! Moi, je ne reste pas !
I3 – Oui, tu as raison. Si on nous trouve ici à faire les folles, c’est encore toi qui vas déguster !
I1 – Bon alors, on s’en va ? Tu nous fais visiter ta chambre. Peut-être y sera-t-on plus à l’aise qu’ici !
CS – Je ne peux même pas ! L’autre cloche n’a pas rendu les clés !
I1 – Pas possible ?
I3 – Ahahah ! Elle est bien bonne, celle là ! Toi, SDF chez toi ? À l’Élysée !
I2 – C’est curieux ! Tu vas peut-être trouver les cadavres de ses amants dans les placards !
I1 – Arrêtes ! Ce n’est pas drôle ! J’espère bien qu’ils feront le ménage avant que tu n’y rentres ! Tu imagines te retrouver devant un petit jeune mignon en pleine décomposition !
I3 – Ou plein de capotes usagées dans tous les coins !
CS – Arrêtez ! Vous êtes immondes ! Berk ! Allez, ouste ! On prend le thé à côté ! Allez, allez ouste ! Maintenant que vous avez vu, on s’en va ! De toute façon, on va à la conférence pour être vues et après, il faut que vous m’accompagniez chez un grand couturier. On va se faire faire des robes !
I3 – Je croyais que tu voulais pas ?
I2 – Nous aussi ?
CS – Et pourquoi pas !
I1 – Et chez un chausseur aussi ! Il y en a un, pas très loin, où j’ai vu des escarpins de toute beauté en venant ici.
I3 – Et des bijoux, tu y as pensé !
CS – Non. Allez ! On s’en va ! Et sans bruit !
I1 – Dommage pour la belote…
I3 – Et pour les beaux mecs qui font le guet derrière l’autre porte… J’en aurai bien fait mon 4 heures, moi !
(CS, I1, I2 et I3 sortent par la porte par laquelle elles sont entrées)
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15 mai 2007 2 15 /05 /mai /2007 08:17
Aux plaisirs du palais – (Comédie dramatique en 3 actes et en prose !)
 
Avertissement : Ceci est une œuvre de totale fiction. Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé, a fortiori à naître, ne peut qu’être pure coïncidence totalement fortuite, fruit de l’aléa propre au pur hasard. Tout rapprochement incongru relèverait donc de la plus haute fantaisie et son auteur se verrait impitoyablement poursuivi en justice pour répondre du préjudice qu’il aurait pu ainsi créer.
 
Acte II – Scène II
 
(Entrent par une autre porte CS et CG).
 
CS – Ce n’est pas croyable ! Cette pimbêche affreuse avec ses cheveux en forme d’ananas montés sur crâne n’est même pas capable de me laisser entrer dans MES appartements ! Nico, où es-tu ?
CG – Il n’est pas là. Je te rappelle qu’on n’entre pas dans ce bureau sans en avoir au préalable demandé la permission ! Le Président pouvait être avec n’importe qui…
CS – Justement ! Je veux pouvoir vérifier s’il ne tringle pas une secrétaire ! Même à l’improviste. D’ailleurs j’exige d’avoir mon bureau, ici, dans la pièce contiguë !
CG – … en conversation hautement secrète ! Ce n’est pas un moulin, ici !
CS – Aaaaah ! Mais c’est ignoble, cette décoration ! Faut me changer tout ça et mettre un de mes portraits sur ce bureau ! Un grand où je souris ! Non mais ! On en trouvera bien un dans les archives maisons. C’est vraiment d’un mauvais goût, ici ! Hideux ! Je suis sûre que ma chambre est encore plus horrible !
CG – C’est le Président qui choisira son mobilier. Et pour le moment, son emploi du temps est chargé. Il y a Conseil en cabinet et tous les décrets de nomination des directeurs à préparer !
CS – Et c’est quoi, ça ? Un gode et de la vaseline ! Et électrique en plus ! Tiens ! Je ne l’avais pas, celui là ! D’où ça sort ?
CG – Je l’ignore !
CS – Tu vois : dès que j’ai le dos tourné, il en profite pour recommencer ses frasques ! C’est invraisemblable ! Et avec Chirac en plus ! Où est-elle la victime ?
CG – Je ne sais pas. Il n’était que tous les deux, tout à l’heure.
CS – Ah bé, c’est du propre ! Les cochons ! Tous les mêmes ! Et sans capote en plus ! Il va encore me ramener n’importe quel microbe !
CG – Mais non, il doit y avoir une autre explication. On a du travail, là. On n’est pas là pour s’amuser. Il va d’ailleurs revenir et nous avons très peu de temps.
CS – Je m’en tape ! Je suis cantonné ici pour 5 ans, faudra bien que ce soit à mon goût où je rentre chez maman !
CG – Arrêtes de faire ta gamine : On n’est plus à Neuilly ou place Beauvau !
CS – Il n’empêche ! C’est toujours rive droite et moi je ne supporte pas !
(Entre NS par la porte où il est sorti)
NS – Putain la barre ! Et puis qu’est-ce que vous avez à vous disputer tous les deux ? On vous entend depuis le perron ! Qu’est-ce qui se passe ?
CS – Tu sais quoi ? Eh bien la Bernie avec ses pots de chambre sur la tête, elle est partie avec les clés de MES appartements ! J’exige qu’elle les rende immédiatement ou je ne reste pas une minute de plus !
CG – J’essayai de dire…
NS – Je suis au courant. Claude, tu forces la porte et tu vides tout son bazar d’ici à ce soir. Le grand con vient de me dire de tout livrer chez son pote libanais.
CS – Je veux aussi que tu changes tout le mobilier et j’exige d’avoir le bureau à côté du tien !
NS – Ma Biiiiche ! Calmes toi ! Tu auras tes appartements et ton bureau dès ce soir. Carte blanche pour la déco.
CG – Je vous mets en contact avec le Mobilier National ?
NS – Oui, c’est ça !
CS – Je veux du moderne ! Je connais d’ailleurs un art…
NS – Si tu veux ! Mais avant, j’aimerai souiller tous les coussins avec nos ébats, ma Biiiiche !
CS – Et puis quoi encore ! Si tu m’approches, je hurle que même la garde montée arrivera au grand galop !
NS – Ma Biiiiche…
CS – Et puis c’est quoi ça ? Tu te sers de godes, maintenant ?
NS – Mais non, c’est pas ce que tu crois ! C’est un truc de Jacquou ! Il le tiendrait de Mitterrand. Faut me vérifier ça, d’ailleurs, Claude. J’ai l’impression que c’est encore n’importe quoi.
CG – Vérifier quoi ?
NS – Que c’est un cadeau de Mitterrand à Jacquou le jour de leur passation de pouvoir. Ça vient bien de quelle que part. Alors, fais éplucher les comptes ou essayes de faire parler des témoins.
CG – Tu es sûr que tu veuilles que j’ébruite ce truc là ? Ce n’est pas le vieux qui t’a encore joué un tour à sa manière ?
NS – Il ne manquerait plus que ça !
CS – En tout cas, je ne veux plus rien voir de pareil ici. Pour le reste, j’en reste à ce que j’ai dit : le mobilier est dégueulasse ! Je veux du moderne ! Je veux des meubles neufs !
NS – Okay, okay. Tu fais comme tu veux mais tu ne touches pas aux murs. Impératif secret défense.
CG – Secret défense ?
NS – Oui… Ah, ma Biiiiche ! Si tu peux, j’aimerai que tu m’installes le bureau sur une estrade avec deux marches de chaque côté. Je veux que les gens, même debout, me regarde par en dessous !
CG – Une estrade ?
CS – Une estrade ? Et pourquoi pas une fosse tout autour tant que tu y es ?
NS – Et un coussin discret sur le fauteuil.
CS – Comme tu veux ! À condition d’avoir des gardes du corps aux portes qui soient baraqués et mignons !
NS – Les gardes ?
CS – Je ne veux pas de nabots moches et sourcilleux dans mon entourage. Un me suffit déjà bien assez !
CG – Hum, hum ! Les Gardes Républicains sont tous sélectionnés selon des critères de taille et de conditions physiques draconiennes ! On ne peut pas en changer comme ça !
CS – M’en fous ! S’ils ne me plaisent pas, vous les mettez ailleurs. Je veux des cerbères, à ma porte et dans les couloirs, dignes de ce nom ! Et des célibataires de préférence. Et puis vous me changez leurs uniformes : je les veux en string !
NS – Tu es folle ! En string ? Mais tu es complétement cinglée, ma Biiiiche !
CS – J’ai des copines à satisfaire, figure-toi ! Et ne me parle pas sur ce ton, sans ça je hurle !
CG – Eh bien dites donc…
NS – Tu crois qu’on peut faire ça ?
CG – Ah non ! Impossible… Changer un uniforme séculaire comme ça sous prétexte que la présidente ou ses copines veulent se rincer l’œil, je m’y oppose catégoriquement ! La Garde, ce n’est pas du bétail tout de même ! Et puis quoi encore ?
NS – Écoute ma Biiiiche ! On a du travail. Alors tu fais comme tu veux. Tout juste, puisque tu es la première dame du pays, tu sors te faire faire des tenues de sorties et de soirées et tu te fais escorter en toute circonstance par les G-men du service. Un point c’est tout !
CS – C’est ça ! Pour m’espionner en permanence !
NS – Pas du tout ! Pour te protéger en permanence. Il nous serait très désagréable, au pays tout entier et à moi-même, que tu disparaisses ne serait-ce que 5 minutes. Tout le monde pourrait imaginer qu’El Qaïda t’a enlevée ! Tu imagines la suite ?
CS – Tiens ? Bien je voudrai bien voir ça ! Qu’ils essayent un peu de me toucher, tes barbus !
NS – Arrête ma Biiiiche ! Le monde entier t’adore déjà et serait navré qu’il t’arrive quoique ce soit !
CS – Le monde entier ? Tu es sûr ?
NS – Sûr !
CG – Ça c’est évident ! Le moindre problème de ce genre et toutes les chancelleries seraient sans dessus dessous !
CS – À ce point ! C’est magnifique, ça ! Superbe même.
NS – S’il te plaît, n’abuses pas ma Biiiiche ! Vas faire tes courses. Et fais un tour du propriétaire pour moi, s’il te plaît. Nous, il faut qu’on bosse !
CS – Très bien. Si je dérange, je m’éclipse.
NS – À tout à l’heure, ma Biiiiche !
CS – Ah ! Encore une chose : c’est moi qui choisis tes collaboratrices. Celles qui ne me plaisent pas dégagent ! Compris ?
NS – Ma Biiiiche… On en a déjà parlé. J’ai besoin de gens compétents.
CS – Je sais les repérer. Pas question que tu t’entoures de sauteuses. Je connais les femmes, crois moi !
NS – Comme tu veux ma Biiiiche !
CS – Et ne m’appelles plus comme ça ! Je suis quand même la première dame de France et le monde entier m’adore déjà. Alors un peu de respect.
(CS sort par où elle est entrée)
NS – Ouf ! Quelle journée !
CG – Elle en fait beaucoup pour te satisfaire, pourtant.
NS – Je ne parle pas de ça, mais de mes migraines. Tu ne sais pas la meilleure ?
CG – Non. De quoi s’agit-il ?
NS – De ça !
CG – C’est quoi cette histoire de Mitterrand ?
NS – Une ânerie, à mon avis. Mais faut vérifier.
CG – Et les codes ?
NS – Il m’a mis au parfum. Pas de problème. Bon, on a du taf ! Alors on y va ! Est-ce que tu as pu prendre tes quartiers ?
CG – Ça c’est bien passé. La boutique était bien tenue, les dossiers sont clairs et tous sont accompagnés de notes de synthèse. De son côté, les équipes de François seront toutes en place bientôt : la continuité du Service public est assurée.
NS – Parfait. Tu me fileras une copie de toutes les notes de synthèse. Je veux être au courant de tout. Absolument tout. Tu as une vue claire sur le pognon qui reste dans les caisses ?
CG – J’ai regardé les comptes spéciaux de l’Élysée : il ne manque pas un centime. Et on a de quoi faire !
NS – Okay. Tu te débrouilles pour que Cécilia ne claque nous pas tout l’oseille en fringues. Tu connais ses fournisseurs ?… De toute façon tu te fais rencarder par son escorte. Je peux te faire confiance ?
CG – Ne t’en fais pas. Mais comme elle de mauvaise humeur, ça risque de faire chaud d’ici ce soir !
NS – On verra bien à ce moment là. Il en est où François avec son gouvernement ? On peut commencer notre réunion de cabinet ou non ?
CG – Brice n’est pas encore arrivé. Pour le reste tout le monde est là, depuis la porte de derrière. Et les textes des décrets sont prêts à la signature. Le parapheur est à côté. On fait comment ? On signe tout de suite ou tu veux le faire devant eux ?
NS – La publication est prévue pour quand ?
CG – D’après notre calendrier, ça sort au JO de vendredi au moment où tu en fais l’annonce. Signature demain au plus tard.
NS – Bon. On décide après la réunion. Car je veux un topo sur les directeurs et des conseillers de cabinet. Pas question qu’on n’impose pas nos bonshommes. J’ai lu la presse : ça va renâcler aux entournures !
CG – C’était voulu. Ça va quand même surprendre, non ?
NS – Ouais. On aurait pu faire mieux. Mais bon, on a assez réfléchi là dessus. On ne va pas remette ça. Donc, à l’ordre du jour, les nominations des Directeurs et des conseillers. Je ne veux pas leur laisser la moindre marge de manœuvre. Et je veux aussi aborder les « secrétaires d’état » tout à l’heure. L’urgence est aux législatives. Il y a encore du monde à caser. Ça et finaliser les postes clés au parti. Je veux que Brice parvienne à verrouiller l’appareil. Je n’ai pas trop confiance dans les autres « baronnets » du triumvirat et de tous ceux qui se profilent derrière. Bon et la rue ? Ça se passe comment ?
CG – Pour le moment, on matraque tranquillement, dans le calme ici ou là. La presse est bien tenue au chaud et tout le monde attend tes premières déclarations et celles de tes visiteurs. Je te rappelle que tu reçois Vincent, Martin et Arnaud tout à l’heure pour le déjeuner.
NS – Il faut continuer à ce qu’ils s’occupent de ça en priorité. La racaille, on s’en tape pour l’instant… On y reviendra plus tard, si les sondages commencent à baisser. Alors là, on enverra les caméras là où ça chauffe. Histoire de faire peur. Pour les « potes », essayes de dégotter quelques bonnes bouteilles à la cave ! L’autre con n’a pas dû tout boire pour être un adepte de la roteuse. Et veilles a ce que nous soyons pas dérangés, sous aucun prétexte.
CG – Okay. Tu manges ici ou dans la salle à manger ?
NS – Ici. Genre sur le pouce.
CG – Entendu. Je fais monter François ?
NS – Si tu pouvais aussi me trouver un cachet d’aspirine, ça serait très bien… En attendant, je ne supporte déjà plus ce bureau. Faut me changer tout ça !
CG – Je laisse faire ton épouse ?
NS – Surtout pas ! Tu fais enlever tout ça d’ici ce soir. Doit bien y avoir encore quelle que part le mobilier du Général. Tu le fais installer après le déjeuner ?
CG – Et c’était sérieux l’histoire de l’estrade ?
NS – Quelle question ! Naturellement que je veux regarder de haut en bas ! Non mais ! Faut que les gens qui entrent ici sachent qui est le patron !
CG – Normalement, ils savent déjà, tu sais, avant même de franchir le portail d’entrée !
NS – Peu importe. Tu me fais faire une estrade haute comme ça, s’il te plait. Il y a de place sous le plafond. Ah ! Et puis changes moi ces rideaux ! Ils sont affreux.
CG – Et pour la peinture ?
NS – Tu ne touches à rien. C’est vraiment top secret défense. Par contre, j’y pense, il faudrait faire passer une équipe de détecteurs de micro. Je veux être sûr que le grand con il n’ait pas laissé traîner un mouchard quelconque.
CG – Entendu.
NS – Ah ! Pour les coussins, ceux-là, tu me les mets dans un coin. J’irai vraiment pisser dessus le temps qu’il faudra !
CG – Tu es sérieux ?
NS – Très sérieux ! Tu ne peux pas savoir comme cette idée là me soulage ma migraine !
CG – Bon, je file te trouver François !
NS – Ne t’en vas pas tout de suite. J’aimerai aussi que tu te démerdes pour installer un lit escamotable discret, là en face. Non ! Sur le côté face à la fenêtre. Mais en toute discrétion. Pas question que Cécilia soit au courant. Par conséquent, un jour où elle ne sera pas là.
CG – Pour quoi faire ? Tu as ta chambre à l’étage ? Si c’est pour piquer un roupillon, ce n’est pas loin !
NS – Tu rêves ! Elle va encore me claquer la porte au nez plus qu’à mon tour.
CG – Ce n’est pas encore réglé, vos problèmes ?
NS – Ça n’en prend pas la tournure, en tout cas. Et comme je ne suis pas fait que de bois, faudra bien trouver un endroit pour dégorger le poireau en toute tranquillité.
CG – Tu veux aussi que je te recrute ton personnel tant que tu y es ? J’espère que tu n’y penses pas une seule seconde ! Que tu me fais marcher !
NS – Je rigole ! Mais n’empêche. 5 ans avec elle à côté et pas d’accès à autre chose, je le sens très mal ! Alors pour le personnel, tu as raison, je m’en occupe : tu as toujours eu mauvais goût sur ce plan là. Tu me mettras quand même des loquets aux portes, qu’on ne puisse pas entrer ici sans que j’en décide.
CG – Mauvais goût, peut-être, mais moi au moins je ne suis pas emmerdé comme tu l’es. Pour les loquets, là, tu as raison : je n’ai pas pu la retenir tout à l’heure et un peu plus elle partageait tes secrets d’alcôve avec Chirac ! Quand j’y pense : Un Gode et de la vaseline ! Vous êtes vraiment des cochons, tous les deux !
NS – Oh ! Eh ! Arrêtes un peu avec ça, s’il te plaît ! Le Chirac, j’ai failli lui en mettre une. Mais pas pour ça !
CG – Ah ?… Pour quelle raison ? On peut savoir ?
NS – Vas chercher de l’aspirine, s’il te plaît et reviens avec François et les parapheurs. Je t’en remercie.
(CG sort)
NS – Yes ! Tous niqués ! Tous niqués ! Yes ! Yes !… Tous niqués ! Je suis le meilleur ! Yes ! Ah punaise ! Que c’est chouette ! Tous niqués ! Yes ! Pas un qui manque à l’appel ! Tous niqués ! Tous niqués ! Yes ! Yes ! Je vais leur en foutre plein le cul ! Yes ! Yes ! Tous niqués ! Tous Niqués ! Yes ! Yes ! Putain ! De Gaulle !…
(La niche s’ouvre dans le mur)
NS – …Je les ai tous eu, tes fils de pute ! Piétinés, tes baronnets de crotte ! Ah merde !… Cette putain de merde de connerie de bouton rouge !
(NS referme rageusement la niche).
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Published by Infreequentable - dans Aux plaisirs du Palais
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14 mai 2007 1 14 /05 /mai /2007 08:02
Aux plaisirs du palais – (Comédie dramatique en 3 actes et en prose !)
 
Avertissement : Ceci est une œuvre de totale fiction. Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé, a fortiori à naître, ne peut qu’être pure coïncidence totalement fortuite, fruit de l’aléa propre au pur hasard. Tout rapprochement incongru relèverait donc de la plus haute fantaisie et son auteur se verrait impitoyablement poursuivi en justice pour répondre du préjudice qu’il aurait pu ainsi créer.
 
Acte II – Scène I
 
(Lever de rideau sur un somptueux bureau)
(Entre JC qui tient la porte à NS).
 
JC – Entre ! C’est ici chez toi, désormais.
NS – Merci…
JC – Assied-toi ! J’ai quelques trucs à te montrer.
NS – Volontiers ! Quels sont donc les fameux secrets qui justifient ce tête-à-tête ?
JC – Je vais te montrer. Mais avant tout, sache qu’ici, c’est une chambre forte, anéchoïque, comme ils disent, les spécialistes. Rien ne peut être entendu depuis l’extérieur, rien ne peut être vu si tel est ton désir.
NS – J’imagine…
JC – Juridiquement et techniquement, tu es au cœur d’une place militaire. Ton chef d’État-major t’expliquera tout ça. T’en fais pas, tu verras, c’est une belle machine bien huilée où on est au courant de tout. Bon, juste deux choses quand même !… La première c’est qu’il s’agit d’une citadelle assiégée en permanence, et de toute part. Pas bien grave, elle a l’habitude de rester étanche à toutes les attaques. Tout juste, choisis bien ton secrétaire général.
NS – Vous le connaissez déjà !
JC – Je sais, oui. Il a trois fonctions : il dirige la boutique, même quand tu es là.
NS – Ça je savais…
JC – Donc il faut que tu aies une confiance absolue. Il est impératif qu’il te rapporte absolument tout comme si c’était toi-même qui le lui disais. Deuxièmement, il faut qu’il encaisse tout à ta place, sans ça tu vas perdre un temps phénoménal à gérer l’intendance, et ça, crois-moi, c’est chiant ! Ta fonction, tu l’as voulue, c’est d’arbitrer ! Et je t’assure que c’est dense. Et en plus il faut être rapide et faire le moins d’erreur possible.
NS – Mais je suis prêt !
JC – Je n’en doute pas. Après tout, tu as eu tout le temps de te former et de te préparer. Il n’empêche, tu vas être surpris. Mais comme tu le voulais, ce fauteuil, plus que tous les autres, eh bien tu l’as, alors assumes sans faiblir.
NS – Je serai digne de la fonction…
JC – Oh ! La fonction, ne t’en fais pas, elle te rappellera à l’ordre plus souvent qu’à ton tour. Ici, les gens te parleront avec déférence, un peu comme si tu étais une réincarnation de Râ sur terre ou d’une quelconque autre divinité, mais ils n’en pensent pas moins. Ne t’offusque pas !
NS – J’y songerai… Euh… Vous n’allez quand même pas me faire un cours d’éducation de morale politique ?
JC – Et puis quoi encore ? Tu sais bien comme moi que pour arriver ici, faut être un perverti mégalomaniaque. Tu l’es assez comme ça. Je n’ai pas de leçon à te donner à ce sujet.
NS – J’ai eu d’excellents professeurs.
JC – C’est sûr ! Deuxième chose. C’est un secret que mon prédécesseur ne m’a pas retransmis. Je crois que c’est parce qu’il l’ignorait lui-même.
NS – Quoi donc ?
JC – La chose pour laquelle nous devons être seuls tous les deux au moins cinq minutes sans aucun témoin. Je t’explique : il s’agit de la décision nucléaire.
NS – Ah ! Le code !
JC – Le Code ? Quel code ?
NS – Celui qui déclenche le feu nucléaire !
JC – N’importe quoi… Les militaires qui sont enterrés sous le jardin et dans la cave t’expliqueront la chaîne de commandement ! Ils y croient dur comme fer. Et ce n’est pas simple, mais eux s’y entendent pour protéger les outils de la dissuasion. C’est d’ailleurs leur fonction essentielle. Alors écoutes les avec déférence, ils ne se prendront que plus au sérieux et toi aussi du même coup. Mais tout ce qu’ils peuvent dire sur leurs procédures, c’est de la gnognotte.
NS – Ah ?
JC – Oui ! Je t’explique. Le Grand Charles, il voulait la bombe. C’était sa vision de la France, le droit de veto au Conseil de l’ONU, etc. Bon. Mais il disait aussi qu’il ne faisait pas confiance aux militaires et ils savaient pourquoi ! Faut dire qu’entre les uns et les autres, les Darlan, Massu et les putschistes d’Alger, il était clair que les événements de sa vie n’ont fait que le renforcer dans ses convictions.
NS – Je connais !
JC – Non tu ne sais pas ! Moi, je l’ai fréquenté. Moi je sais ! Toi tu tétais encore ta mère, je te rappelle.
NS – M’enfin ! À qui parlez-vous !
JC – Ne t’offusque pas ! Je sais qui tu es et je sais qui t’as fait. N’oublie pas. Je peux continuer mon exposé ou on s’arrête là ?
NS – Allez-y !
JC – Donc le Grand Charles, quand il a eu la bombe, il l’a naturellement confiée à ceux qui devaient la mettre en œuvre, les militaires. Logique.
NS – Logique.
JC – C’est donc toute la chaîne de commandement où tout est fait pour valider les différentes étapes de mises en œuvre. Néanmoins, il voulait pouvoir la stopper à n’importe quel moment, y compris une fois les munitions tirées mais pas encore explosées.
NS – Ah ?
JC – Bé oui ! L’arme dissuasive, c’est fait pour ne pas s’en servir. Si tu t’en sers, c’est qu’elle n’était pas dissuasive. Logique.
NS – Logique ! Une arme défensive en quelque sorte.
JC – Non ! De représailles. Nuance. Donc voilà le scénario qu’il avait imaginé. La France est attaquée. Une puissance étrangère tire ses missiles, envoient ses bombardiers. Normalement, on est au courant dans les 5 minutes et le niveau d’alerte de nos troupes monte en puissance pour être capables de faire feu dans les minutes qui suivent. Jusque là, pas de problème. On a, grosso modo, une dizaine de minutes devant soi pour prendre la décision de riposter ou non. Après, c’est trop tard.
NS – Et quand tu n’es pas là, mais en voyage à l’étranger, par exemple ?
JC – Tu as un officier qui se promène partout où tu vas avec la boîte à commande. De toute façon, tout se passe en dessous, au QG Jupiter. Matignon a le même dans les jardins, mais tu ne peux pas savoir puisque tu n’y as jamais été. Pareil dans la cour des Invalides. Et idem à Creil dans les anciennes carrières. Sauf qu’à Creil, c’est quasiment indestructible. Alors qu’ici, non !
NS – Et si le Président est rendu incapable de prendre une décision, je ne sais pas moi, un attentat, par exemple ?
JC – C’est Matignon qui prend le relais. Et si Matignon ne peut pas pour une raison ou une autre, c’est le Président du Sénat qui est sollicité, etc. Tout ça est réglé comme sur du papier millimétré : ne t’en fais pas. Ça marche plutôt bien.
NS – Bon et alors ?
JC – Ici et seulement ici, le Grand Charles avait imaginé un dispositif qui annule les détonateurs de toutes les munitions déjà tirées mais pas encore explosées…
NS – Comment ça ?
JC – Si tu tires, ça veut dire que tu es assailli et que tu ripostes. À moins qu’un quelconque docteur Folamour dans nos rangs ou ailleurs fasse « joujou » avec le feu nucléaire sans la permission expresse des autorités politiques des pays concernés. Donc, pour éviter le pire, il a imaginé un bouton planqué ici quelle que part. Tu appuies dessus et l’attaque est annulée pour une quinzaine de minutes, le temps nécessaire pour épuiser toutes les munitions tirées sans explosion, même celles de l’adversaire qui ont le même dispositif, rendant inerte toutes nos armes, même celles qui ont été lancées ! Astucieux non ?
NS – Bof… Si on veut ! Et ça marche ?
JC – Oui ! Je l’ai testé lors de la dernière campagne d’essai nucléaire en Polynésie. Trois minutes avant le tir de notre ogive, j’ai annulé, d’ici, la manœuvre ! Bon, la bête était enterrée et on avait relié le détonateur à une antenne extérieure. Sans ça, ça ne marche pas. Tu comprends pourquoi il nous fallait refaire une campagne de tirs. Pour cette raison, mais aussi pour tester les modèles mathématiques des scientifiques. Les affiner une dernière fois, en quelle que sorte. Je ne te raconte pas la tête des militaires quand leur pétard n’a pas fonctionné ! Eux-mêmes ignoraient l’existence de ce dispositif là. Même si ils ont le leur aux Invalides.
NS – Bon et alors ? Comment ça marche ?
JC – Avec la voix. Je ne sais pas comment et je me suis bien gardé d’en parler pour demander des explications.
NS – Ah ? La voix ?
JC – Je te raconte la suite : Donc Charles, il a dû mettre au parfum son successeur qui a été Poher. Mais ce n’est pas sûr, puisqu’il s’est cassé sur un coup de tête. On imagine que Poher a mis au parfum, Pompidou. Pompidou meurt, Poher y retourne et met sans doute Giscard dans le secret.
NS – Et ainsi de suite jusqu’à aujourd’hui !
JC – Pas du tout. Je n’ai guère eu de conversation couverte par le sceau du secret avec ce connard là ! Mais ce que je sais, c’est que Mitterrand ne m’a rien dit. Vraisemblablement il ignorait ce « zinzin » là. Je ne l’ai redécouvert que plus tard, alors qu’il était mort et enterré !
NS – Comment vous avez fait ? Personne d’autres n’était pourtant au courant.
JC – Apparemment pas !… C’était un jour où j’ai essayé du viagra ! J’avais dû abuser des doses.
NS – Du viagra ?
(NS rit bruyamment)
JC – Ne rigole pas comme un con, s’il te plait ! Je voulais essayer… Tu verras, tu y viendras un jour où l’autre, toi aussi !
NS (calmé) – Moi ? Jamais eu besoin !
JC – Normal, il paraît que tu en as une petite. Tellement ridicule qu’en forme ou non, on ne voit pas la différence !
NS (furieux, bourré de tic mais sur un ton retenu) – Ça c’est n’importe quoi ! Si je vous la mettais, vous la sentiriez passer à vous en faire exploser les hémorroïdes !
JC (pris d’un fou rire) – Tu me fais rigoler ! Arrête !
NS – Vous êtes vraiment un infect personnage !
JC – Arrête je te dis ! J’ai d’ailleurs un cadeau pour toi dans le dernier tiroir ! Celui-là je le tiens de Mitterrand ! Tu vas voir !
NS – C’est quoi ?
JC – Une seconde !… Que je reprenne mes esprits ! Tu me fais tant marrer que j’en perds mes idées. Et comme je ne compte pas m’éterniser ici trop longtemps ! Où en étais-je ?
NS – Vous…
JC – Ah oui ! Le viagra ! J’en rigole… Quand les américains sauront un jour que la France a retrouvé la maîtrise de sa force de dissuasion grâce à leurs laboratoires pharmaceutiques, j’en rigole d’avance !… Bon le viagra ! Il me colle une trique pas possible ! Et, devant le résultat, je m’exclame : « Putain de gaule ! »
(Dans un endroit du mur derrière le bureau présidentiel, s’ouvre alors une trappe avec un bruit mat, faisant apparaître une niche avec un gros bouton rouge lumineux clignotant).
NS – C’est quoi, ça ?
JC – Le bouton qui annule tout. Ne me demande pas comment, mais ça marche ! Tu appuies dessus, et il ne clignote plus. Et plus rien ne peut faire exploser les quelques milliers d’ogives nucléaires que nous possédons !
NS – Ah ?
JC – Il était malin le Grand Charles ! Personne ici ne pouvait prononcer ces mots là devant lui. Donc il était le seul à pouvoir se le permettre. En pensant aussi que si Paris disparaissait un jour en lumière et poussière, hé bien, le bouton aussi et alors là, vraiment plus rien, ne pouvait permettre d’arrêter les représailles. Logique.
NS – Des jeux de gamins ! Et on range ça comment ?
JC – Tu relèves le zinzin comme ça ! (JC referme la niche).
NS – Bon, autre chose ?
JC – Non plus rien !… Ah si, quand même. Tu vas encore mal le prendre mais il y a deux détails pour lesquels je compte sur toi. Ça a un rapport avec nos femmes respectives. Le premier c’est que mon épouse est partie sans laisser la clé de ses appartements.
NS – Pardon ?
JC – Ne t’offusque pas ! Tu fais sauter la serrure, tu fais mettre toutes ses affaires dans des cartons et tu livres ça quai Voltaire sans autre forme de procès. Elle avait fait le même coup à Xavière, il y a 12 ans. Elle remet ça une nouvelle fois. C’est une habitude. Comprends-moi : moi je ne peux pas sans me tartiner pendant des semaines sa mauvaise humeur. Déjà qu’elle est à peine supportable… Passons ! Toi, tu peux : elle te pardonnera un jour ou l’autre. Enfin ça n’a aucune importance. Mais surtout, ne fais pas comme Tiberi : il a poireauté 2 ans avant de pouvoir entrer dans les appartements de l’Hôtel de Ville. Pour retrouver un bordel inextricable qu’il a laissé à son successeur. Il paraît même qu’ils y ont retrouvé des rats !
NS – Quand on sort des chiottes, en principe on laisse la place comme on la trouvée ?
JC – Oui. Je sais. Mais pas elle. C’est comme ça. Deuxième chose. Ne te fâche pas ! Que le premier flic de France se fasse cocufier, ce n’est pas bien grave. Mais si tout le monde passe sur la première Dame de France, sauf le RER et le TGV, n’est-ce pas, c’est la France entière qui porte les cornes…
NS – Ah ne me parlez pas de Cécilia ! J’en ai l’étau aux tempes !
JC – Je ne t’en parle pas ! D’ailleurs je n’ai rien dit. Il n’empêche que si elle a le feu au cul, soit tu l’enfermes, soit tu assumes. Passe encore qu’elle ait oublié de voter, même pour toi, alors que des millions de français t’ont fait confiance, mais le cul, c’est ton talon d’Achille. Fais-toi poser une prothèse si c’est nécessaire, mais fais quelque chose !
NS – Je ne vous permets pas ! Je vous savais odieux et amoral, mais mes problèmes de couple, ce sont mes problèmes ! Je n’ai jamais critiqué Bernie et ses coiffures à la con, alors…
JC – Arrête ! Tu as raison. On n’en cause plus. Viens ! On descend et on se sert la pince sur le perron ! Moi je me tire et toi tu te mets à bosser !
NS (calmé) – Aucune consigne pour autre chose ? Même pas pour tes juges ?
JC – Tu verras, les juges ne peuvent pas grand-chose…
NS – J’ai pourtant essayé de trouver une solution technique, mais le Canard l’a éventée.
JC – Je sais : c’est gentil d’y avoir pensé. Mais comme c’est toi qui as organisé les fuites, je ne peux pas dire que c’était une bonne idée !
NS – Moi ? Quelle idée, je vous assure que…
JC – Laisse tomber ! Ici on est au courant d’absolument tout ! Tu verras. De toute façon je n’ai pas besoin de toi et depuis fort longtemps ! On y va ?
NS – Et le cadeau de Mitterrand ?
JC – Ah oui ! J’allai oublier. Tiens, ouvre le dernier tiroir en bas à gauche.
(NS passe derrière le bureau, ouvre le tiroir, reste un moment en arrêt et saisi lentement un pot de vaseline et un godemiché pour les poser sur le bureau)
NS – C’est quoi, ça ?
JC – Ça se voit ! C’est pour mieux se faire enfiler !
NS – Mais c’est n’importe quoi ?
JC – Non, tu verras ! J’ai cru comme toi à une blague de mauvais goût. Quand il me les a montrés, il m’a dit que c’était pour m’habituer « à la fonction ». Je lui ai dit d’aller se faire voir ailleurs ! Et il m’a répondu gentiment et avec un sourire sincère : « Non, non, vous verrez ! Ici, vous croyez être le maître de tout, mais c’est bien le seul endroit où tout le monde vient pour vous abuser ! Alors autant avoir de l’entraînement ».
NS – Mais il est immonde ! Moi je vais l’utiliser autrement !
JC – Tu fais ce que tu veux. Mais à force, je crois bien qu’il avait raison. Ici, tu ne peux plus rien espérer de personne puisque tu as tout et que tout le monde ne pense qu’à te virer de ton fauteuil ! Toi le premier, te souviens-tu ! Donc, les gens qui viennent te solliciter, c’est uniquement pour te baiser. Ils te disent des trucs, te font des promesses pour obtenir une faveur, un feu vert, un appui, n’importe quoi. Qu’ils repartent avec ou sans, de toute façon tu t’es fais avoir car ils feront comme ils voudront ! Peu importe ton avis. Donc, dans tous les cas, tu t’es fait avoir ! Logique !
NS – C’est bien ce qu’on va voir !
JC – C’est tout vu ! Même si tu mettras du temps à t’en apercevoir. D’ailleurs, je suis curieux de savoir en combien de temps tu vas t’en rendre compte. Pour ma part, j’ai mis 2 ans. Mais après, ça passe : on s’en accommode et on anticipe ! Bon on y va ?
NS – N’importe quoi ! Pas moi !
JC – On en reparlera si je survis assez longtemps.
NS – C’est ça ! Allez, on y va ! Marre, d’entendre que des conneries ! Je vous raccompagne !
JC – À tes ordres, Monsieur le Président.
(Les deux personnages sortent).
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Published by Infreequentable - dans Aux plaisirs du Palais
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16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 11:39
Aux plaisirs du palais – (Comédie dramatique en 3 actes et en prose !)
 
Avertissement : Ceci est une œuvre de totale fiction. Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé, a fortiori à naître, ne peut qu’être pure coïncidence totalement fortuite, fruit de l’aléa propre au pur hasard. Tout rapprochement incongru relèverait donc de la plus haute fantaisie et son auteur se verrait impitoyablement poursuivi en justice pour répondre du préjudice qu’il aurait pu ainsi créer.
 
Acte I – Scène VI
 
(Entrée de PhM)
 
JM – Tiens, notre bon Fouché ! Entrez donc Monsieur le Suprême Vénérable. Une tasse de thé ?
PhM – Si j’étais Fouché, vous seriez Talleyrand, n’est-ce pas Monsieur notre Conseiller ! Merci. Je me contenterai d’un verre d’eau. Je n’abuse jamais des largesses républicaines… Alors, si vous êtes ici, c’est que le maître des céans ne s’est pas encore décidé. Où est-ce qu’il a justement pris sa décision ?
JM – Vous m’étonnez ! Vous qui êtes habituellement au courant de tout avant même qu’on le sache soi-même, vous ignorez donc ce qu’il y a dans la tête de chacun ?
PhM – Vous me faites rire ! Je vais donc vous en raconter une bien bonne en retour. J’imagine que notre ami a dû vous demander de penser à une sortie en… beauté !
JM – Que faut-il que je vous dise ? Faites-vous bêtement l’âne de vos montagnes pour avoir du son ?
PhM – Pas entre nous. Je le sais.
JM – Il y a des micros jusqu’ici ?
PhM – Je ne me permettrai pas ! Non, je le sais parce qu’il m’a demandé d’écrire un « mémo » exprimant exactement le contraire.
(JM éclate de rire !)
PhM – Remettez-vous ! Vous le connaissez mieux que moi et depuis plus longtemps que moi, tout de même.
JM – Oui ! Enfin non ! Il est tout simplement extraordinaire ! Et vous, vous êtes vraiment un nez fin ! Car c’est exactement ça !
PhM – Et que proposez-vous comme thème ?
JM – Vanter tous les mérites de NS.
PhM – Normal… Et lui tailler un costume trois-pièces qui l’enkystera à le plomber définitivement… J’y avais songé.
JM – C’est un peu ça, en effet. Et vous-même, quel est votre thème ?
PhM – Facile ! Remettre en perspective l’enjeu de la remise sur pied du pays. Avec un début de réussite. Un peu courte il est vrai, mais indéniable. Il aura juste manqué du temps.
JM – C’est exactement ce que nous nous disions. Je ne suis pas sûr que le « bilan » soit suffisant. Il reste mince aux yeux de l’opinion.
PhM – L’opinion, ça se fait et ça se défait. Des changements en profondeur ont eu lieu. Il reste encore des étapes fortes à franchir, dans le monde, en Europe et ici encore au pays. La misère est grandissante et les classes moyennes ne supportent plus rien. Voter à gauche serait soulager un temps la misère, pour ensuite la voir envahir toutes les classes moyennes par le bas, les fragiliser encore plus qu’aujourd’hui. Vous le savez. L’intérêt général serait d’avancer encore dans le même sens, pour ensuite libérer les forces vives d’ici 15 à 18 mois et réduire la misère à échéance de 2 ans. C’est un message qui peut faire mouche. Mais, je tire des plans sur la comète.
JM – De toute façon, l’intérêt général, en période électorale, tout le monde s’en bat l’œil !
PhM – Je sais ça aussi. Je crains de n’être plus d’aucune utilité pour le Service de mon pays. C’est toute une génération qui va passer avec nous. Et moi je vais retourner dans ma vallée.
JM – Magnifique vallée, d’ailleurs ! Qui donne sur un goulet de granit rouge parsemé de tâches de verdure et plonge en à pic dans la grande bleue, d’un bleu si profond… Dommage que la plage y soit faite de galets noirs !
PhM – Il y en a d’autres un tout petit peu plus loin vers le nord. Il faut juste connaître le chemin. Or, je connais tous les chemins de mon bout de vallée... Pas la peine de me faire l’article.
JM – Vous qui êtes de tous les bruits de l’opinion, qu’augurent-ils ?
PhM – On va vers un deuxième tour gauche/centre, aujourd’hui. Ça va encore changer, ne vous affolez pas ! Et jusqu’au dernier moment. Le schéma gauche/droite n’est pas improbable, loin de là. Tout va dépendre de l’extrême droite. Si l’homme du Front anti-républicain n’obtient pas ses signatures, le Vicomte Vendéen va faire une percée historique sans pour autant gêner NS, à condition qu'ils tiennent ses signatures, lui aussi. S’il les obtient, NS risque de ne pas être présent au deuxième tour… C’est d’ailleurs ce qui devrait nous inquiéter : l’avenir ! Je ne suis pas encore bien sûr que nous soyons majoritaires dans le pays avec NS, tellement il sait si bien incarner tout ce qui horripile les « bons bobos » des villes et des campagnes en même temps. C’est d’ailleurs incroyable de cristalliser ainsi tous les mécontentements. Et ils sont plus nombreux qu’on le dit.
JM – Et si notre Président se présente ?
PhM – Il se prend sa dernière déculottée entre les gencives. Pour le moment. Sauf, si on réitère le schéma de 2002. Mais ce n’est même pas sûr. On rentre de toute façon dans une zone de « fortes turbulences » politiques.
JM – D’où les dires de JP sur le sujet…
PhM – Je ne suis pas sûr qu’il ait été en service commandé à ce moment là. Je crois que les maires ont tout simplement peur de perdre leurs élections à eux en soutenant le Front. Car il y a des élections l’année prochaine, pour les renouveler. D’ailleurs, je m’étonne, Monsieur le Conseiller. Vous ne dites mot des élections suivantes, les législatives. Vous savez pourtant combien elles sont importantes.
JM – Pour le pays, d’accord. Pas pour les présidentielles ! Que nous disent vos enquêtes ?
PhM – Vous avez lu comme moi. Courte majorité, dans un sens ou dans l’autre, ça reste très incertain pour le moment, quelles que soient les hypothèses simulées et quel que soit le résultat de la présidentielle ! Dans un cas comme dans l’autre, le pays ne va pas être très facile à gouverner.
JM – Il vaut donc mieux « refiler le bébé » à la gauche. Et tirer sa révérence !
PhM – C’est un peu l’idée qui est en train d’émerger ici et là. NS ici même dans quelques semaines et DSK à Matignon à la place de notre Seigneur et ténébreux poète de l’ombre. Ce serait une très belle réussite de notre Président. Il a pour lui de parvenir à enfoncer le type de Saint-Cloud qu’il a en horreur, et ça date de la guerre d’Algérie, tout en s’étant servi de lui pour revenir de très loin jusqu’ici, et nous avec, pour un bail de 5 ans. En même temps il coupe les ailes à son ex-dauphin qui se fera jeter d’épuisement dans 5 ans. D’ailleurs, nos enquêtes montrent que les électeurs ne rechigneraient pas une 3ème cohabitation. À se demander s’ils ne la souhaitent pas.
JM – Ce n’est pas improbable. Et ce serait une énième victoire pour notre Président en démontrant que les combines de Giscard, allié de Jospin pour la circonstance, la carpe et le lapin, jouant du calendrier et l’inversant, sont nulles et non avenues, les renvoyant aux oubliettes de l’Histoire avec le qualificatif définitif de « malfaisant » ! J’avoue qu’une combinaison pareille est assez plaisante : d’une pierre trois coups. Il suffira à NS de provoquer une élection anticipée et toutes les bombinnettes et chausse-trappes mises en travers de son chemin auront fait « pschit » pour reprendre son expression.
PhM – Vous me décevez… Je vous rassure, ce n’est pas la première fois.
JM – Comment ça, Monsieur le Suprême ?
PhM – Je parlais de l’avenir de la Nation et de son peuple et vous me racontez de sordides recettes de cuisines cousues fil blanc, anticipées par tout le monde depuis belle lurette. Notre souci est plutôt d’espérer que la Gauche revenue aux affaires saura poursuivre les réformes indispensables sans défaire le travail déjà effectué ! Personnellement, j’en doute : ces gens là n’ont pas vraiment montré qu’ils savaient résister aux pressions de l’opinion et de la rue !
JM – Rassurez-vous, ça ouvrira les portes à la génération des Juppé, en plus que de leur fournir le temps nécessaire pour se préparer. Pas dans le cas contraire.
PhM – Vu comme ça oui ! J’y ai pensé. N’empêche en 2012, ça ne va pas être facile, dans ces conditions là ! Le handicap sera vraiment très lourd par rapport à nos partenaires européens.
JM – Juppé et ses caciques ne sont de toute façon pas dans la course, cette année. Il leur faudra bien le temps de se refaire une virginité, d’incarner le changement et le redressement durable. Quant aux autres, les félons, pour les plus malins, ils y vont lentement. Pour les autres, la perspective d’un maroquin, même hypothétique, est plus forte ! Ils s’y grilleront les ailes aussi sûrement qu’Icare ! Et de quatre, en somme !
PhM – J’avais espéré ne pas en arriver à un pareil gâchis en même temps que j’œuvrais pour un autre destin pour mon pays, figurez-vous.
JM – Je le sais. Moi aussi… On fait avec ce qu’on a sous la main, que voulez-vous ! Dites donc, et vos fraternelles humanistes, on ne les entend plus guère ! Est-ce un silence voulu ?
PhM – On ne les entend plus parce qu’elles se replient « sur des positions préparées à l’avance », selon la formule consacrée. C’est le syndrome de l’huître. Elles restent actives, d’abord pour leur survie, ensuite pour reprendre la main dès l’automne et mener une vie dure à la nouvelle équipe, quelle qu’elle soit. Je vous le dis : « fortes turbulences » politiques à l’horizon à signaler.
JM – On fait quoi, nous, pendant ce temps là ?
PhM – On fait comme d’habitude. De toute façon notre Président va devoir très vite prendre position. À nous de les lui préparer. Nous faisons ce qu’on nous a demandé de faire, chacun dans notre coin. Je vous suggère néanmoins de laisser du temps au temps.
JM – Comment ça ?
PhM – En lui préparant une sortie sans prise de position immédiate sur les échéances. Je vous verrai bien écrire une sorte de testament sur l'état du pays, se réservant une prise de position officielle, son sentiment personnel pour plus tard. Disons une semaine ou deux avant le premier tour. Ou carrément entre les deux tours. Les choses vont encore évoluer, croyez-moi !
JM – Et si pour une fois on s’épaulait mutuellement ?
(PhM éclate de rire)
PhM – Pour rejouer « Le Dîner » à nous deux ? Vous plaisantez ! Nous ramons dans la même équipe, mon cher, et depuis si longtemps que je ne nous vois pas en train de préparer un putsch afin de dégoter un nouveau Bonaparte ! Le Destin nous en offre déjà un, servi sur un plateau, en plus et volontaire pour aller se faire pendre ! Que demander de plus ? Aux électeurs de le prendre ou de l’envoyer à Saint Hélène, à défaut de guillotine !
JM – Très drôle, la perspective ! Toujours pas de thé ?
PhM – Non, merci. Vraiment.
 
(Tombé de rideau)
(Fin de l’acte I)
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15 mars 2007 4 15 /03 /mars /2007 11:29
Aux plaisirs du palais – (Comédie dramatique en 3 actes et en prose !)
 
Avertissement : Ceci est une œuvre de totale fiction. Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé, a fortiori à naître, ne peut qu’être pure coïncidence totalement fortuite, fruit de l’aléa propre au pur hasard. Tout rapprochement incongru relèverait donc de la plus haute fantaisie et son auteur se verrait impitoyablement poursuivi en justice pour répondre du préjudice qu’il aurait pu ainsi créer.
 
Acte I – Scène V
 
(Entrée de JM).
 
JM – Bonjour Jacques !
JC – Salut Jéjé. Une biscotte ?
JM – Non merci. J’ai déjà mangé. Tu voulais me voir, mais j’ai peur de n’avoir pas compris si c’était ce matin ou à l’heure de la sieste ?
JC – Moi non plus. Comme tu étais là, je n’allai pas te laisser faire tapisserie dans l’anti-chambre. Juste 5 minutes. J’ai « Conseil ». Le temps de me préparer un sandwich… Au camembert ou au saucisson à l’ail, à ton avis ?
JM – Tu es dégueulasse ! Je ne saurai jamais comment tu arrives à avaler ça entre deux repas.
JC – Bon, trêve de gourmandises.
JM – Si tu veux me voir en coup de vent c’est que tu n’as toujours pas pris ta décision.
JC – Exact. Si tu n’existais pas, il faudrait t’inventer.
JM – Alors juste une piqûre de rappel. Nous en avons déjà discuté depuis des mois.
JC – Je sais. Tu vois, je me disais qu’il me manquait encore un an ! J’ai un gouvernement qui ne récoltera pas les fruits de son travail. Jean-Pierre était bien, mais j’aurai dû le virer sur l’histoire de la canicule et pas après. Villepin aurait eu le temps de faire de l’or avec ses doigts et de nous casser NS. Quoiqu’à ce jeu là, je ne sais pas s’il est si adroit que ça, finalement.
JM – Il est toujours temps de le casser. Je résume : nous le tenons et les dossiers sont prêts à sortir.
JC – N’empêche, pour Clearstream, nous avons bien fait d’enterrer… Nous ignorions que Dominique s’était mis en avant aussi bêtement. Et puis il fallait protéger MAM.
JM – Il n’y a pas que ça, tu le sais bien.
JC – Bof, les photos compromettantes ? Cécilia a failli tout faire rater en découvrant les frasques de son mec trop tôt. C’est un pétard mouillé.
JM – Il y a tout le reste. Et pour les deux camps, mon ami !
JC – Je sais. Mais pour le moment, ça doit rester dans les cartons. On les utilisera plus tard. Je ne veux pas finir en « Pasqua bis ».
JM – Alors, tout ce que tu as à faire, c’est de répondre à deux questions, Jacques.
JC – Lesquelles ? Je m’en pose assez comme ça, tu sais.
JM – Toi qui es ici depuis 12 ans après avoir ramer pendant 20 ans pour y arriver, tu es le seul à savoir si c’est un cadeau empoisonné ou non.
JC – Ça l’est. Une belle machine à broyer, bien huilée. Et imparable.
JM – Qui veux-tu broyer ? NS ou la gauche ? Quel est ton pire ennemi ?
JC – Pas la gauche. SR est nulle et ne mérite pas d’entrer dans mon sillage, mais ses équipes ne le sont pas. Et puis de toute façon, ici c’est comme un pétrolier doté d’un moteur de solex, sans frein à main et sans guidon… Tout court sur son erre ! Alors avant d’arriver à changer de cap du pays tout entier, faudrait d’abord le torpiller.
JM – Ce qu’a failli faire Mauroy…
JC – Et puis il a explosé en vol. Non je ne crois pas qu’ils puissent repasser le couvert deux fois. Mais si c’est la gauche qui me succède, il y a toutes les chances que ce soit l’un d’entre nous qui y revienne en 2012. Alors que si c’est NS, il est loin d’être sûr qu’il puisse doubler la mise. Or, c’est à cette époque là que tous les régimes sociaux seront en faillite, sans compter que l’État ne pourra plus les financer. Que le pays qui sera exsangue à force de faire fuir ses œuvres vives, ses cerveaux, ses capitaux et ses entreprises… Nous serons aux mains des fonds de pensions américains.
JM – Nous le sommes déjà.
JC – Mais ils restent. C’est quand ils s’en iront que ça n’ira plus du tout, mon ami.
JM – Ne va pas me dire que tu te préoccupes de l’avenir du pays, maintenant ?
JC – Non ! Naturellement. C’est juste une question de calendrier. Ou on enfonce NS et c’est un boulevard royal offert à Royal, ou on le laisse faire et il n’aura même pas d’état de grâce pour lui. Il va merder pendant 5 ans, avant de refiler le « bébé à la gauche » qui criera au scandale et coulera le pays encore plus vite après. Adieu l’Europe, notre leadership et tout le bastringue. Moi, je n’y serai de toute façon plus pour voir la cata !
JM – Pour ça, il suffit que tu te présentes.
JC – C’est aussi ce que je me dis. Mais non ! Même pas ! Tout ce que ça aura pour conséquence c’est de faire exploser le parti. Et là on est mal pour un retour aux affaires 5 ans plus tard. Tu as vu combien d’énergie il a fallu, même pour moi pour arriver jusqu’ici ? Et puis NS est capable de se retirer, dans cette hypothèse. Il est jeune, il peut encore attendre son tour. Et moi je n’y serai plus pour lui barrer la route au tour suivant ! Donc si je fais ça, c’est lui qui viendra ici en 2012 et pas Juppé. Ou un autre. Si je ne le fais pas, il arrive tout de suite puisque Juppé n’est pas prêt. Pour plus tard, il faudra qu’il marche d’abord à le piétiner, le  NS. Tu imagines le bordel ? On tourne en rond !
JM – Et les juges, ils ne te font plus peur ?
JC – Ils n’ont rien à me reprocher. Tu verras, ça fera pschhhhhit ! Pour le reste Jean-Louis a déjà les solutions, si ça devient trop chaud. Je l’ai mis en place au cas où… Non décidément, ce n’est pas la bonne façon de faire. J’aurai dû partir plus tôt en campagne, occuper la place ! Mais ça aurait empêché d’avoir un bilan acceptable en mettant en plus la rue à feu et à sang ! On aurait été obligé de reculer sur tout, comme pour le CPE.
JM – Nous l’avions analysé. Il n’empêche que sauf miracle, tu t’es laissé enfermer dans un piège institutionnel de calendrier. Nos plans de « terre brûlée » ne fonctionnaient qu’avec un délai de mise en œuvre de plusieurs semaines. Une dizaine. C’est désormais trop court. Qui n’avance pas recule dans un monde qui bouge tout le temps, tu le sais bien !
JC – Je sais. On s’est fait avoir. Quqoiqu’en politique rien n’est joué jusqu’au dernier moment. Il fallait quand même bien du temps pour faire les réformes que nous avions envisagé. Et du calme.
JM – Il n’est donc pas trop tard encore. Il faut que tu répondes à la deuxième question. Où les nuisibles sont-ils les moins nuisibles pour toi ?
JC – Je ne sais pas. Ici, c’est quand même une formidable tour d’observation. Bien utilisée, elle peut faire souffrir. Dehors, l’air y est plus sain et il suffit de se glisser entre les orages.
JM – Donc tu restes !
JC – Aucune idée encore !… Je ne sais pas… Tout ce que je sais, c’est que je ne veux pas faire de cadeau à NS ! Il en va de l’avenir.
JM – Tu n’imagines pas qu’il puisse réussir ?
JC – Tu rêves ? Tu le connais comme moi ! Il n’a rien dans la tête et n’est arrivé en politique que par la promotion canapé ! C’est son truc à lui, ça ! Sauter sur la fille du patron ! Tu parles d’une vision politique du pays ! On peut trouver mieux, non ?
JM – Alors c’est simple ! Dès qu’il sort de son ministère, tu n’as qu’à le soutenir. J’écoutais l’autre jour Maurice Druon lui dire qu’il était son fils spirituel. Que si il n’y avait plus qu’un gaulliste, c’était lui ! Et l’autre andouille de bicher comme une vierge effarouchée qui vient de goûter le délice d’une main aux fesses, jusqu’à en avoir le rouge au front, dis donc ! Devant les caméras !
JC – Ah oui ?... Je ne peux pas en dire autant…
JM – Vierge ? Tu es né dépucelé au berceau, toi ?
JC – Non ! Quel con tu fais ! Je n’ai jamais été gaulliste. Pompidolien peut-être, mais gaulliste, jamais !
JM – Je sais. Il n’empêche, raconter qu’il a été le meilleur, que tu es fier de lui passer le relais non seulement tu fais plaisir au parti, dont tu sais bien que ce ne sont pas non plus des gaullistes pour les avoir tous éliminés, mais juste des hommes de pouvoir, et en plus c’est facile : tu n’as qu’à vanter ses grandes qualités et sa volonté de bien faire coûte que coûte, quels que soient les moyens. Les gens comprendront que ce sera avec une armée de CRS, la continuité en plus… C’est tout son thème de campagne sur la « rupture douce » qui s’effondre. Et trop tard pour en trouver un autre !
JC – Quelles qualités ? À part niquer tout ce qui passe en travers de son chemin, je ne vois pas bien.
JM – Mais d’avoir su tenir, contre vents et marées et contre toi ! D’avoir fait sa traversée du désert et te prendre à revers. C’est pas mal pour un jeune con ! Et sans coucher avec la fille du patron, cette fois ci !
JC – Arrête ! Ça m’écoeure rien que d’y penser !... Cette idée là est bonne. Il faut que j’y réfléchisse. S’il résiste à ça, c’est que vraiment il y a un dieu pour les ordures !
JM – Je te prépare ça !
JC – Si tu veux. Un, je ne sais pas si tu ne vas pas avoir une autre idée d’ici là, ni ce qui va se passer dans ce cas là ! Deux, je n’ai pas encore décidé si il fallait le tuer autrement, en reprenant la main, par exemple.
JM – Ce que je remarque, c’est que dans les deux cas, c’est Royal ton successeur !
JC – Pas si l’autre con fait une ânerie monstrueuse…
JM – Il n’en a pas fait et tu peux même l’en féliciter à l’occasion.
JC – Ou si il se passe quelque chose façon Zapatero !
JM – J’espère que tu plaisantes ! Ça ne ferait que le renforcer.
JC – Non ! Pas du tout. Il aura été le ministre de l’intérieur qui n’aura pas su prévoir ni avertir. Déjà que son bilan sur la délinquance s’effiloche au fil du temps… Même si la suite sera de la faute de son remplaçant intérimaire, le peuple saura qu’il a été nul sur ce coup là, manquant totalement et définitivement de vision de l’avenir. Le successeur n’aura qu’à affirmer que le sujet de la menace terroriste n’a jamais été abordé avec lui au moment du passage de témoin, voire de se taire pour jouer au fusible, et c’est gagné. Et là, je peux reprendre la main en me disant trahi. Comme le peuple, quand il a peur, vote à droite, je n’ai plus de souci. Et lui est mort.
JM – Ne me dis pas que tu attends ce genre de délire pour te décider ?
JC – J’ai jusqu’au 16 mars pour rendre mes 500 signatures. En fait, je vais devoir annoncer ma position très vite. Faut pas que je prenne le peuple en otage de mon silence. Et, puis d’ici après, un attentat anodin contre une centrale nucléaire perdue en pleine campagne, c’est à la fois suffisamment grave et ça ne mange pas de pain.
JM – Ah non, Jacques ! Ne joue pas avec ça !
JC – On verra. Mais tu as raison : ça n’arrivera pas ! Faut pas non plus parier sur le pire. Bon, faut que j’y aille. On réfléchit à mon discours d’adoubement chacun de son côté et on se revoit tout à l’heure. Sandwich à l’ail alors, pour le « Conseil » ? Ah ! Et puis une petite cannette, tant qu’on y est !
JM – N’importe quoi ! À tout à l’heure.
(JC sort).
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14 mars 2007 3 14 /03 /mars /2007 11:22
Aux plaisirs du palais – (Comédie dramatique en 3 actes et en prose !)
 
Avertissement : Ceci est une œuvre de totale fiction. Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé, a fortiori à naître, ne peut qu’être pure coïncidence totalement fortuite, fruit de l’aléa propre au pur hasard. Tout rapprochement incongru relèverait donc de la plus haute fantaisie et son auteur se verrait impitoyablement poursuivi en justice pour répondre du préjudice qu’il aurait pu ainsi créer.
 
Acte I – Scène IV
 
(Entrée de MB et de DDV).
 
MB – Asseyez-vous Monsieur le Premier Ministre. Je vous sers quelque chose ?
DDV – Non merci, Monsieur le Directeur. Je n’ai pas trop de temps avant de recevoir les quelques habitués d’avant le « Conseil ». Veillez à ce que Monsieur le Président sache que je l’attends, s’il vous plaît.
MB – Je l’avertis. Juste un coup de fil.
(MB se saisit d’un combiné téléphonique)
MB – Monsieur le Président, Monsieur le Premier Ministre vous attend dans le petit salon…. Bien Monsieur le Président. Je lui en fais part.
(S’adressant à DDV)
MB – Il arrive. Je crois savoir qu’il est avec son secrétariat. Encore quelques secondes, m’a-t-il dit.
DDV – Merci… Comment est l’humeur ici ?
MB – Ah ne m’en parlez pas ! Personne ne sait plus sur quel pied danser ! Personne ne comprend ce qui se passe. Tout le monde s’inquiète de voir notre Président dans cet état là ! Lui si prompt à gagner toutes ses batailles électorales, il s’est figé en spectateur du cirque d’une campagne au lieu d’y participer. Ça sent la fin de règne !
DDV – Toutes ses campagnes, il ne faut pas exagérer, quand même. Au moins le « château » n’est pas assiégé ! Nous pouvons continuer jusqu’en mai à agir pour le bien de notre pays et dans la sérénité, en plus !
MB – Je vous l’accorde… Je n’ai pas connu, comme vous, l’époque attristante de la dissolution ni celle de la cohabitation qui a suivi.
DDV – Ni celle de la campagne 2002. C’était une autre ambiance, mon cher ! Mais… je constate que personne ne prépare ses cartons. Pas comme chez moi, de l’autre côté du fleuve. Les broyeuses fonctionnent déjà nuits (z’) et jours.
MB – Nous n’avons pas reçu d’instruction dans ce sens…
DDV – Je n’en ai pas donné non plus.
MB – Si vous croyez que je dois m’en préoccuper…
DDV – Je n’ai pas dit ça. C’était juste un constat. Et c’est bien naturel. Dans mon cas, ma mission se termine en mai de toute façon. En juin au plus tard. Et comme mai est un mois court pour être un mois de plus plein de semaines de 4 jours, on prend de l’avance.
MB – Ça veut dire qu’il y a un avenir après les échéances, ici et pas ailleurs ?
DDV – Je n’ai pas dit cela non plus. Il est sûr qu’il n’y en a pas ailleurs alors qu’ici rien n’est tranché, semble-t-il.
MB – Est-ce rassurant ?
(Entre JC)
JC – Messieurs ! Bonjour ! Est-ce qu’il reste un truc à grignoter ici ?
MB – Monsieur le Président…
DDV – Bonjour, Maître !
JC – Mon bon Chambellan et mon Grand Vizir ! Quelle joie !… J’espère que je ne vous ai pas fait attendre. C’est journée « Conseil » aujourd’hui crois-je me souvenir ?
MB – C’est exact. Votre Conseiller personnel est déjà arrivé et vous attend dans l’anti-chambre.
JC – Ah ? Je croyais l’avoir fait mandé pour le déjeuner seulement. Il a quelque chose d’urgent à me dire ?
MB – Pas que je sache…
JC – Bon.
MB – Mais, je ne sais pas tout.
JC – Bon, très bien ! Je le reçois sitôt Monsieur notre Grand Vizir sorti.
MB – Bien, Monsieur le Président.
JC – Autre chose, Monsieur Mon bon Chambellan ?
MB – Non.
JC – Alors vous pouvez l’informer. Merci.
MB – Bien entendu. J’y cours, Monsieur le Président.
(MB sort)
JC – Alors quelles nouvelles, mon bon Vizir ?
DDV – À quel sujet, mon Maître ?
JC – S’il vous plaît, arrêtez de jouer votre Vador ! Je ne suis pas Yoda, tout de même !
DDV – Oui mon bon Maître !
JC – Ni Harpagon ! Je ne cours même plus après mes cassettes, que je n’ai d’ailleurs jamais eu !... Puisque c’est Cassetta et Mery qui les avaient !
DDV – Comme vous le souhaitez, mon Bon Seigneur !
JC – Aaah ! Vous me faites monter la tension. Nous en sommes où avec NS ?
DDV – Il est en bas, à la salle du « Conseil », mon Bon Seigneur.
JC – Je ne vous demande pas ça ! Dans les sondages ?
DDV – Il a su stopper sa chute et se maintient. Sa concurrente a du mal à l’inquiéter. Pour l’instant, le bénéficiaire des dernières heures reste le candidat centriste. Et les extrêmes. À gauche, ça reste stable. Les Verts s’émiettent, comme prévu. Les candidats de l’extrême droite sont sans doute sous évalués comme en 2002, mais il n’y a pas de frémissement. La presse se déchaîne sur les « petites phrases », glose à en perdre haleine sur le centriste, mais reste sous contrôle, mon Bon Seigneur.
JC – Le pays se divise-t-il ou s’éparpille-t-il ?
DDV – Il n’y a pas encore de signe de cristallisation bi partite. Je pense qu’il n’y en aura pas, mon Bon Seigneur. Le candidat centriste trouble seulement un peu plus le jeu que prévu.
JC – Il s’évanouira le soir du premier tour. Ce n’est pas bien grave, à moins qu’il efface SR ou NS ou qu’il se retrouve face à JMLP. Ce n’est pas totalement improbable.
DDV – Que dois-je faire, Mon Maître ?
JC – Arrêtez avec ça Dominique ! Il faut continuer à travailler, sortir les décrets, préparer le pays et mettre de l’ordre dans les finances. Il nous reste un mois. Qu’on puisse rendre des comptes nets à l’audit qui va suivre. Il faut que l’avenir du pays soit le mieux encadré possible.
DDV – Bien mon Bon Seigneur. Il en sera fait selon vos désirs… Me permettez-vous de m’enquérir de vos intentions ?
JC – Non mon Bon Vizir ! Je n’ai encore pris aucune décision de toute façon.
DDV – Bien mon Maître ! Et pour le « Conseil » ? Pas de mesures spécifiques ?
JC – Non ! On fait comme d’habitude. Vous les laissez présenter leur travail. Je vous file la parole. Vous brossez dans le sens du poil et c’est pesé, emballé ! Faites entrez Jérôme et descendez faire patienter vos ministres ! J’en ai encore pour quelques minutes !
DDV – Oui, mon Maître !
JC – Faites moi plaisir, Dominique ! Appelez moi Monsieur le Président.
DDV – Naturellement, Monsieur le Président… mon Maître et Bon Seigneur !
(DDV sort de la pièce pendant que JC se tartine un morceau de pain avec de la confiture).
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13 mars 2007 2 13 /03 /mars /2007 11:14
Aux plaisirs du palais – (Comédie dramatique en 3 actes et en prose !)
 
Avertissement : Ceci est une œuvre de totale fiction. Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé, a fortiori à naître, ne peut qu’être pure coïncidence totalement fortuite, fruit de l’aléa propre au pur hasard. Tout rapprochement incongru relèverait donc de la plus haute fantaisie et son auteur se verrait impitoyablement poursuivi en justice pour répondre du préjudice qu’il aurait pu ainsi créer.
 
Acte I – Scène III
 
(Entrée de MCCG accompagnée de AL).
 
CC – Tiens ! Bonjour les filles !
MCCG – Madame la conseillère en communication-opinion, bonjour ! Que la journée vous soit favorable et agréable.
AL – Bonjour Claude. Avez-vous vu votre père ?
CC – Merci, Madame la Secrétaire Générale ADJOINTE ! Oui, il est levé depuis un moment. Et déjà il promène sa mauvaise humeur dans les couloirs d’à côté.
MCCG – Merci j’y vais !
CC – Non une seconde. J’aimerai que vous me disiez avant, quelle « opinion-communication » vous lui portez !
MCCG – Rien de particulier. C’est « Conseil » des ministres tantôt. J’ai donc les dossiers habituels.
CC – Aucun sondage ou mauvaise nouvelle du parti ?
MCCG – Pas que je sache. La routine.
AL – Exactement ! La routine… Quelques bruits de bottes autour du golfe persique, des Talibans qui font couler le sang dans la péninsule. Des flots d’hémoglobine en Irak. La routine te dit-elle !
CC – Pas de ça dont je vous cause ! Je suis la campagne présidentielle, comme vous le savez ! Pas de coup tordu dans les tuyaux hors les rapports habituels et les notes blanches ?
AL – Non tout va bien. Les candidats font leur campagne. FB continue de rêver et de s’agiter. NS se promène aux frais du contribuable avec toute son escorte et occupe le PAF. SR en fait de même sur la caisse noire de son parti, quant aux autres, ils n’en démordent pas : ils vont changer le monde !
CC – Parfait.
MCCG – Reste une inconnue. Que va donc finir par décider de faire votre père ?
CC – Vous lui poserez la question vous-même !
AL – Nous nous en garderons bien. Ça le met dans une humeur de chien. Il va finir par avoir un ulcère ! C’est ton avis qui peut nous intéresser.
CC – Je n’en ai pas. Ma mère dit qu’il s’en fout, mais que si on le motivait par-dessous la ceinture, sans coup bas naturellement, il sortirait rugir un grand cas coup que tout le monde s’écraserait. Lui dit qu’il en dort mal et c’est ce qui le gêne.
AL – Mais ton avis… à toi ?
CC – Si j’étais une fille intelligente, je ferai déjà circuler mon CV dans quelques grandes boîtes du genre à avoir des placards dorés. Or, je ne l’ai pas encore fait : Ca pourrait nuire ! Ma mère me verrait bien dans les draps d’un judoka, mais j’ai déjà donné. Et moi sur la côte ouest des USA pour renifler l’air du Pacifique et faire entrer mon fils dans les meilleures universités. Par conséquent, je ne vous suis pas très utile pour savoir si vous devez déjà faire vos cartons et préparer vos mutations respectives. Pour le moment « stand by ».
AL – Et demain ?
CC – Demain est un autre jour. Vous verrez.
MCCG – À votre avis, quand organiserez-vous une « communication » autour de l’annonce de sa décision ?
CC – … Ça va dépendre du contenu et du déroulé des événements. Si il renonce, il l’indiquera, sans doute avant le départ de NS du ministère de l’intérieur. S’il avait dû ne pas y renoncer, il serait déjà sur son cheval à parcourir le pays. Il y a eu plusieurs opportunités, mais aucune assez forte pour lui forcer la main. À mon avis, on va vers une surprise, « La » surprise du siècle, mais laquelle, je n’en sais strictement rien.
AL – Bref, nous ne sommes toujours pas plus avancées. Et la publication des candidatures par le Conseil constitutionnelle ? On va bien savoir s’il a ou non préparé son dossier…
CC – En principe. De toute façon, c’est déjà prêt. On verra bien le moment venu.
AL – Bon, on va te laisser, il faut que nous y allions.
CC – C’est moi qui vous laisse. Servez-vous tant que c’est chaud. De toute façon, il va réapparaître : il aura fini sa pomme et il est insatiable, vous le savez !
AL – Très juste. Une tasse et puis on y va !
(CC se lève et s’en va)
CC – Salut les filles ! Amusez-vous bien !
AL – Bonne journée !
MCCG – Celle-là ! Mon Dieu, plus ça va et moins je la supporte. Du thé ou du café ?
AL – Tu es cruelle. Un jus d’orange, s’il te plait. Il n’empêche que je ne comprends pas ce qu’il nous arrive. Normalement si JC était un homme honnête, il aurait dû soutenir le candidat de sa famille politique, comme tous les autres, même du bout des lèvres, ou déclencher une tempête dont il a le secret en le désapprouvant. Ou encore faire des signes tangibles…
MCCG – Normalement. Mais il n’est pas normal, ce gars là. Non seulement il faut une sacrée dose de mégalomanie pour arriver là où il est et surtout, dans les conditions où ça s’est passé. Et en plus il pense d’abord avec sa braguette comme tous les autres…
AL – À son âge ? Tu rigoles !
MCCG – Y’ pas d’âge pour ça ! Tu le sais bien. Deuxièmement, s’il se dévoile dans un sens ou dans un autre, il n’est plus le Président qui préside mais, au mieux le vieux con qui se tire et au pire un candidat en campagne comme tous les autres. Et alors là, tous les coups seront permis ! Plus il attend, plus il a les mains libres !
AL – Mais enfin, c’est une campagne dure. Son camp a besoin de savoir !
MCCG – Attends ! Ils savent. De temps en temps, il leur fait bien envoyer des signaux subliminaux… Et que je soutiens NS, et que dans le cadre de la procédure du parti, mais JC est hors parti, etc, etc. ! Ouvre les yeux… C’est une armée fantomatique qu’il a, le petit NS ! Ils retourneront tous leur veste le moment venu.
AL – Tu crois ?
MCCG – Tu crois que ce gars là sait seulement avec qui il va gouverner ? Quel premier ministre il va choisir et pourquoi ? Il l’a promis à tout le monde, c’est sa technique !
AL – Et alors ? Ils le font tous !
MCCG – Oui mais lui a les mains vides. Tant qu’il n’aura pas un blanc seing venu du palais, il n’a rien. Et puis ils ont tous trop peur de paraître trahir. Ils savent ce qu’il en coûte. Pas de signe et JC les laisse se dévoiler à petits pas pour mieux les contrôler.
AL – De toute façon, je ne suis pas sûre que NS souhaite le soutien du Président. Ni que lui, il le lui donnerait.
MCCG – C’est effectivement un soutien à double tranchant. La question ne se posera même pas si JC se décide à y aller.
AL – Quand même ! Gagner une bataille électorale en 6 semaines, il serait très fort.
MCCG – Moi, je ne suis pas sûre qu’il ait envie de la gagner, justement. Qu’il y aille ou non. Son seul risque, s’il y va, serait de se faire débarbouiller par le parti.
(Entre JC)
JC – Ah ! Vous êtes là mes bonnes fées ! On papotte chiffon ou recette de cuisine ?
AL et MCCG – Bonjour Monsieur le Président.
AL – Nous sommes à votre disposition.
JC – Si ça pouvait n’être pas que des mots et si vous n’étiez pas mariées toutes les deux, je vous montrerai de comment j’en disposerai. Mais là j’ai la dalle. Vous venez. Je crois que j’ai une journée un peu chargée. On mange quoi à midi, vous le savez ?
(Les trois personnages sortant ensemble dans le bureau contigu)
AL – Je crois savoir que vous devez recevoir votre directeur de cabinet dans quelques instants et qu’il est prévu que vous ayez un entretien avec son « Altesse » le Premier Ministre avant le « Conseil », comme d’habitude. Et vous déjeunez avec votre ami personnel, Monsieur…
JC – Annie, ce n’est pas une altesse ! Combien de fois il faudra que je vous le dise pour que vous imprimiez ?
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12 mars 2007 1 12 /03 /mars /2007 11:13
Aux plaisirs du palais – (Comédie dramatique en 3 actes et en prose !)
 
Avertissement : Ceci est une œuvre de totale fiction. Toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé, a fortiori à naître, ne peut qu’être pure coïncidence totalement fortuite, fruit de l’aléa propre au pur hasard. Tout rapprochement incongru relèverait donc de la plus haute fantaisie et son auteur se verrait impitoyablement poursuivi en justice pour répondre du préjudice qu’il aurait pu ainsi créer.
 
Acte I – Scène II
 
(Entrée de BC-CDC).
 
BC – Bonjour, ma chérie !
CC – Bonjour, Mère ! Avez-vous bien dormi ?
BC – Naturellement, ma chérie ! Que nous a donc préparé notre maître d’hôtel, ce matin ? Ah ! Ils sentent bon, ces croissants… As-tu vu ton père, ce matin, ma chérie ?
CC – Il vient de sortir. Pas de bonne humeur ! Toujours ses questions métaphysiques !
BC – Décidément, au fil du temps il devient velléitaire ! Tu verras, ma chérie, on a raison de dire que la vieillesse est un naufrage. Dire que du temps où nous n’étions pas encore mariés, il dansait au milieu de tous. C’était lui qui souriait à tout le monde ! Il était le centre de tout. Il était le plus grand et le plus beau.
CC – Il sourit toujours et il est au sommet : au moins tout le monde le voit !
BC – C’est exactement ça, ma chérie ! Toujours à se montrer, faire le cabot, dès qu’il peut. Hélas, quant au reste, il n’a plus personne autour de lui à qui piquer des idées ! Remarque, à force de les vider tous ainsi les uns après les autres, ils ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes. Et encore. Épuisés !
CC – Vous êtes dur pour papounet, Mère…
BC – Arrête de l’affubler de ce sobriquet ridicule et insupportable ! Tu n’es pas la fille de n’importe qui ! Je t’en prie ! Reprends-toi !
CC – Oui, Mère. Il n’empêche que vous vivez de châteaux en palais depuis fort longtemps grâce à lui !
BC – Certes. Quelles bâtisses ! Tu étais trop jeune pour te rendre compte : l’hôtel de ville était infernal ! Dès que tu échappais à la surveillance de tes nounous, c’était tout le personnel qui se mettait en chasse séance tenante, tellement c’était immense ! J’avais peur pour toi : il y avait des rats ! Ici c’est presque pire : il y a même des endroits affreux que je ne peux pas re-décorer à mon goût dans les sous-sols. Même ma chambre anti-nucléaire est hideuse et d’un mauvais goût écoeurant. Le seul avantage, c’est qu’il y a un parc. Étriqué, certes, mais c’est mieux que rien. Et puis de château, j’ai le mien, bien gardé par le peloton de gendarmerie local alors que je n’ai jamais l’occasion d’y aller… Quel dommage ! J’aspire à la verdure, à l’air sain des campagnes. Et le parc y est vaste. Et même au-delà, puisque nous avons pu, dans le temps, faire racheter quelques terres qui le prolongeaient par qui tu sais pour éviter que des romanichels ne viennent s’y installer. Quelle horreur !... La ville m’étouffe : il y a décidément trop de gens ici !
CC – Vous veniez de vous plaindre qu’il s’agissait d’un désert rempli de fantômes, tout sec d’idée ! Ce n’est d’ailleurs pas la première fois. Il y a cinq ans, souvîntes-vous…
BC – Assez ma fille ! Tu n’es qu’une sotte ! Il y a cinq ans, tout le monde nous donnait à faire nos cartons. Vois ce qu’il en est !
CC – Au même point !
BC – Insolente !
CC (en aparté) – Décidément, c’est une manie ce matin !
BC – Tu devrais penser à te recaser, ma chérie, au lieu de te plaindre. Il te manque un homme dans ta vie. C’est plus facile pour une femme d’en avoir un sous la main que de devoir déménager en permanence et vivre au crochet de ses parents. À ton âge ! Pense donc plutôt à ton fils !
CC – Oui Mère ! J’aurai l’outrecuidance de vous rappeler que j’ai un chez moi en ville…
BC – Je sais, ma chérie : ton baise-en-ville. Tu peux y recevoir qui tu veux, d’ailleurs. Nous ne t’avons jamais rien empêché. Même si tu en as abusé maladroitement. Après tout, les hommes sont assez tartuffes pour nous faire croire qu’ils se sentent séduits. C’est leur hypocrisie et c’est notre lot de devoir les supporter ainsi.
CC – Je n’abuse pas : je vis. Et aujourd’hui, ma vie passe aussi par mon père à qui j’aimerai que vous pensiez un peu ! Il ne va pas bien pour rester indécis jusqu’au bout des ongles, en ce moment et je m’inquiète pour sa santé.
BC – À qui ?... Ah oui, je vois de qui il s’agit ! Je ne l’ai pas revu… Comment veux-tu que j’y pense alors que je me fais du souci pour ton avenir ! Tu sais, rien ne pousse à l’ombre des chênes… Tu devrais y songer. Essaye au moins d’avoir une situation, ma chérie ! Une vraie.
CC – Mère, vous n’allez pas céder à la sinistrose. Pas vous ! Mon avenir est auprès de vous : vous êtes bien contente de me supposer votre bâton de vieillesse…
BC – Vieillesse ?... De qui tu parles ? De ton père ?
CC – Oui, Mère ! Il n’a plus cette « pêche » qui vous plaisait tant ! Il ne va pas bien. Il baisse les bras. Il ne sait même plus ce qu’il doit faire. Il faut faire quelque chose.
BC – Tu sais ma chérie, chez lui c’est une question d’hormone et d’estomac. L’estomac vide, il n’est bon à rien. Et pour le reste, il manque tout simplement de stéroïde ou de testostérone ou de quelque chose du même nom, je ne sais plus bien. Ça va revenir dès qu’il verra un jupon à son goût. Ne t’en fais pas ! Je le connais, celui là, crois-moi !
CC – Il n’y a pas que ça dans la vie. C’est l’envie qui lui manque.
BC – C’est bien ce que je te dis : je le connais, c’est passager ! Il a toujours été comme ça. Un cyclotomique, dans son genre, toujours à vouloir séduire. Peut-être sont-ce les phases de la lune. Faut que j’en parle à ma voyante. Si j’ai le temps. Là, ma chérie, je dois filer voir mes gens compter les pièces jaunies de la cagnotte de la Fondation, après m’être recoiffée chez Oscar. Je suis toute échevelée ce matin ! Une horreur ! Ah ! J’oubliais : et passer faire quelques essayages chez notre couturier avant le déjeuner. Je te laisse.
(BC se lève et s’en va).
CC – Bonne journée, Mère !
BC – Ah ! J’y pense, si j’y vois un judoka à peu près potable et pas trop bébête, je lui porte ton numéro de portable ?
CC (indignée) – Mère !...
BC – Bonne journée, ma chérie ! Ne mange pas trop : pense à ta ligne !
CC – Oui, Mère !
 
CC – (En aparté) : Décidément, ce n’est pas mon jour ! L’un me demande de manger et l’autre de faire régime ! Ils vont finir par m’enrager, aujourd’hui !
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