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Les Ex-Archivés

Amis visiteurs !

Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » !
Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance !
Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite !    
En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle !
Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…
16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 05:05

Vous avez fini de pleurer le dernier des géants ?

 

Alors j’y reviens comme promis, la peine, l’émotion et l’exaltation de la messe mondiale retombées.

Parce que ça vaut le détour…

 

Nelson Rolihlahla Mandela, dont le nom du clan tribal est « Madiba », né le 18 juillet 1918 à Mvezo, mort le 5 décembre 2013 à Johannesburg a été l'un des dirigeants historiques de la lutte contre le système politique de ségrégation raciale (apartheid) avant de devenir président de la République d'Afrique du Sud de 1994 à 1999, à la suite des premières élections nationales non raciales de l'histoire du pays.

 

Pour en arriver là, il faut rappeler que le Congrès national africain (ANC), où il entre en 1944, lutte contre la domination politique de la minorité blanche et la ségrégation raciale menée par celle-ci.

Devenu avocat, il participe à la lutte non-violente contre les lois de l'apartheid, mises en place par le gouvernement du Parti national à partir de 1948.

Or, l'ANC est interdit en 1960, et la lutte pacifique ne donnant pas de résultats tangibles, Mandela fonde et dirige la branche militaire de l'ANC, Umkhonto we Sizwe, en 1961 !

Et il mène une campagne de sabotage contre des installations publiques et militaires.

Le 5 août 1962, il est arrêté par la police sud-africaine sur indication de la CIA, puis est condamné à la prison et aux travaux forcés à perpétuité lors du procès de Rivonia.

Il sera longtemps considéré comme un terroriste…

 

Après vingt-sept années d'emprisonnement dans des conditions souvent très dures, et après avoir refusé d'être libéré pour rester en cohérence avec ses convictions, Mandela est relâché le 11 février 1990. S'inspirant alors de la pensée Ubuntu dans laquelle il a été élevé, il soutient la réconciliation et la négociation avec le gouvernement du président Frederik de Klerk.

En 1993, il reçoit avec ce dernier le prix Nobel de la paix pour avoir conjointement et pacifiquement mis fin au régime d'apartheid et jeté les bases d'une nouvelle Afrique du Sud démocratique.

 

Après une transition difficile où de Klerk et lui évitent une guerre civile entre les partisans de l'apartheid, ceux de l'ANC et ceux de l'Inkhata à dominante Zoulou, Nelson Mandela devient le premier président noir d'Afrique du Sud en 1994.

Il mène une politique de réconciliation nationale entre Noirs et Blancs ; il lutte contre les inégalités économiques, mais néglige le combat contre le sida, alors en pleine expansion en Afrique du Sud.

Après un unique mandat, il se retire de la vie politique active, mais continue à soutenir publiquement le Congrès national africain tout en condamnant ses dérives.

 

Impliqué par la suite dans plusieurs associations de lutte contre la pauvreté ou le sida, élevé au rang de patrimoine commun de l'humanité, il demeure une personnalité mondialement écoutée au sujet des droits de l'homme et est salué comme le père d'une Afrique du Sud multiraciale et pleinement démocratique, qualifiée de « nation arc-en-ciel », même si le pays reste confronté à de graves problèmes d'inégalités économiques, de tensions sociales et de replis communautaires.

 

Nelson Mandela a eu plusieurs vies : Militant communiste, prisonnier pacifiste, Président charismatique.

Il fut aussi le seul récipiendaire du Prix Nobel de la Paix à recevoir au préalable le Prix Lénine, puis la Médaille de la liberté, la plus haute distinction américaine.

Faut le faire !

 

Quel fil rouge a bien pu relier toutes ses vies successives et d’apparence quelque peu contradictoire ?

On risque parfois l’hypothèse que confirmeraient certainement ses geôliers, puis les Afrikaners qui négocièrent avec lui la fin de l’apartheid : L’itinéraire de Mandela fut dicté par sa foi chrétienne, un cheminement qui le conduisit de la violence à la rédemption.

Mandela a permis la réconciliation non seulement des Noirs avec les Blancs sous un même drapeau national, mais – ce que l’on néglige souvent, vu d’Europe – la réconciliation entre les peuples Noirs.

Car du temps de l’apartheid, l’hostilité entre les Xhosas (l’ethnie de Mandela) et les Zoulous (l’ethnie du président actuel, Jacob Zuma) était au moins aussi vive qu’entre Blancs et Noirs.

Au temps de l’apartheid, les Zoulous se rallièrent souvent aux Blancs contre les Xhosas, de même que les minorités indiennes et métisses.

L’Afrique du Sud reste un puzzle ethnique qui compte non pas plus de deux camps adverses mais bien une myriade.

Quoi de plus chrétien (huguenot) enfin que la « Commission pour la Vérité et la Réconciliation », fondée par le Président Mandela et présidée par Desmond Tutu ?

Au lieu de vengeances et de règlements de comptes, attendus et redoutés après des années de violences interraciales, cette Commission fut basée sur la confession et le pardon : La plupart de ceux qui acceptèrent de reconnaître leur faute, voire les crimes commis au nom de l’apartheid ou contre l’apartheid, Blancs et Noirs, furent amnistiés.

Nombreux, à l’exception des crimes les plus graves, furent ceux qui s’en retournèrent à la vie civile, exonérés par leur aveu.

 

Si l’on contemple l’histoire du vingtième siècle, les hommes d’État qui améliorèrent notre monde et dont le nom mérite d’être retenu, bien peu nombreux furent porté par la foi, une foi religieuse ou quasi religieuse et non par une idéologie : Paradoxe d’un temps que l’on dit laïc mais, en vérité, hanté par la transcendance ou son désir…

 

Rappelons que l'apartheid a été appliqué de 1959 à 1979 dans le Sud-Ouest africain (actuelle Namibie), administré par l'Afrique du Sud, mais existait depuis bien avant.

La politique d'apartheid fut le « résultat de l'anxiété historique des Afrikaners obsédés par leur peur d'être engloutis par la masse des peuples noirs environnants », après leur peur d’être « avalés » par les anglo-saxons.

Les lois rigides qui en résultèrent, « dictées par une minorité blanche dynamique obsédée par sa survie » en tant que nation distincte, furent ainsi le résultat d'une confrontation, sur une même aire géographique, d'une société surdéveloppée, intégrée au premier monde avec une société de subsistance, encore dans le tiers monde, manifestant le refus de l'intégration des premiers avec les seconds.

Avec la volonté manifeste de revaloriser les différentes ethnies du pays, l'Afrique du Sud fut aussi alors l'un des très rares états centralisateurs à prêcher le droit au séparatisme.

 

L'apartheid a été progressivement réformé en Afrique du Sud durant les années 1980 avec l'instauration de droits politiques aux indiens et aux métis avant d'être aboli en 1991, à la suite de l'arrivée au pouvoir de Frederik de Klerk et de la libération début 1990 de Nelson Mandela, leader mondialement reconnu de la lutte contre l'apartheid, emprisonné durant vingt-sept ans, devenu en 1994 le premier président noir de l'Afrique du Sud.

 

Petit rappel chronologique et synthétique :

1948 – Victoire du parti national, qui met en place la politique de l’apartheid selon laquelle les peuples de races différentes ne peuvent pas vivre ensemble dans l’égalité et l’harmonie.

Dans un premier temps, ces nouvelles lois systématisent et institutionnalisent l'application de lois raciales déjà existantes en Afrique du Sud.

1949 – Loi sur l'interdiction des mariages mixtes (Prohibition of Mixed Marriages Act).

1950 – Loi d'habitation séparée (Group Areas Act) répartissant racialement les zones urbaines d'habitation.

La loi d'immoralité (Immorality Act), qui lui est liée, pénalise les relations sexuelles entre Blancs et non-Blancs.

Elle renforce le champ d'application d'une loi homonyme adopté en 1927.

Loi de classification de la population (Population Registration Act), distingue les individus selon leur catégorie raciale attribuée (blancs, noirs, coloureds et indiens).

Loi de suppression du communisme (Suppression of Communism Act), permettant d'interdire tout parti politique catalogué comme communiste par le gouvernement.

1952 – Loi sur les laissez-passer (Pass Laws Act) faisant obligation aux Noirs ayant plus de 16 ans d'avoir sur eux un laissez-passer, c'est-à-dire un document ressemblant à un passeport intérieur qui stipulait s'ils avaient une autorisation de présence dans certains quartiers blancs au-delà des horaires de travail.

1953 – Loi sur les commodités publiques distinctes (Reservation of Separate Amenities Act) ségrégant les toilettes, fontaines et tous les aménagements publics.

Loi d'éducation Bantoue (Bantu Education Act), concernant le programme scolaire des Noirs.

Retrait du droit de grève aux travailleurs noirs, interdiction de la résistance passive.

1954 – Loi de relocalisation des indigènes (Native resettlement Act) : Permet de déplacer les populations noires vivant en zones déclarées blanches.

1955 – Rédaction de la Charte de la liberté par les mouvements anti-apartheid.

1956 – Loi sur le travail et les mines (Mines and Works Act) renforçant la discrimination raciale dans le monde du travail.

Renforcement de la loi sur le contrôle de la migration (influx control) en vigueur depuis 1923.

1959 – Loi sur la promotion de gouvernements noirs autonomes (Promotion of Bantu Self-Government Act), spécificité de l'apartheid, créant les bantoustans sous administration des non-Blancs.

Création du Congrès panafricain.

1960 – Interdiction de l'African National Congress (ANC) et des autres mouvements nationalistes africains à la suite du massacre de Sharpeville.

1963 – Deux ans après les débuts de la lutte armée de l'ANC, Nelson Mandela est condamné à perpétuité pour terrorisme et enfermé avec d'autres chefs de l'ANC.

1970 – Loi de citoyenneté des Noirs des homelands (Black Homeland Citizenship Act) « retirant » la citoyenneté sud-africaine aux Noirs issus de communautés ethniques relevant de bantoustans déjà créés.

1974 – Décret sur l'Afrikaans, obligeant toutes les écoles bantoues à dispenser en afrikaans les enseignements de maths, de sciences sociales, d'histoire et de géographie du niveau secondaire.

Exclusion du représentant sud-africain de l'Assemblée Générale des Nations Unies (mais l'Afrique du Sud, membre fondateur, n'est pas exclue de l'ONU).

1976 – Loi sur l'interdiction de l'accès à la formation professionnelle aux Noirs.

Sanglantes émeutes contre l'apartheid dans le township de Soweto.

Indépendance du Transkei (bantoustan de l'ethnie Xhosa), non reconnue par la communauté internationale.

1977 – Embargo onusien sur les ventes d'armes destinées à l'Afrique du Sud.

Mort en prison de Steve Biko, chef de la « Conscience noire ».

Indépendance du Bophuthatswana (bantoustan de l'ethnie Tswana), non reconnue par la communauté internationale.

 

Et puis le reflux :

1979 – Abrogation de l'apartheid dans le Sud-Ouest africain/Namibie, administrée par l'Afrique du Sud.

Assouplissement dans la réglementation du travail : Les travailleurs noirs sont autorisés à se syndiquer ce qui amène à la création de la « National Union Mineworkers » et à la COSATU.

Indépendance du Venda, non reconnue par la communauté internationale.

1981 – Indépendance du Ciskei, non reconnue par la communauté internationale.

1982 – Attentat de Church Street à Pretoria, le plus sanglant des attentats commis au nom de la lutte contre l'apartheid.

1983 – Création d'autorités locales noires élues pour gouverner les townships (mais les élections organisées en 1984 sont largement boycottées).

1984 – Entrée en vigueur d'une nouvelle constitution, validée par referendum, avec la création d'un parlement tri-caméral ouvert aux Indiens et Métis.

1985 – Révolte des townships.

1986 – L'état d'urgence est déclaré dans le pays.

Guerre civile au Natal entre mouvements noirs.

Abolition des lois symboliques de l'apartheid comme le passeport intérieur.

Nomination du premier ambassadeur américain noir en Afrique du Sud.

Adoption par les États-Unis de sanctions économiques contre l'Afrique du Sud.

1989 – Frederik de Klerk devient président de la République et annonce des réformes fondamentales.

Il négocie avec l'ANC.

1990 – Indépendance de la Namibie.

L'ANC, le Parti communiste et tous les mouvements noirs sont légalisés.

Nelson Mandela est libéré, après vingt-sept ans de captivité.

1991 – L'apartheid est officiellement aboli le 30 juin.

1992 – Referendum auprès de la population blanche par lequel celle-ci appuie à 69 % les réformes du président de Klerk.

1993 – Le Prix Nobel de la paix est attribué à Nelson Mandela et Frederik de Klerk.

Rédaction d'une constitution transitoire.

1994 – À la suite des premières élections nationales et non raciales, le congrès national africain remporte les élections générales et Nelson Mandela devient le premier Noir à accéder à la présidence sud-africaine.

Mise en place d'un gouvernement d'union nationale (ANC, parti national et parti Zoulou).

1996-1998 – La « Commission vérité et réconciliation », présidée par l'archevêque Desmond Tutu est chargée d'enquêter sur les violations des droits de l'homme commis de 1960 à 1993 et d'éclaircir les crimes et exactions politiques commis au nom du gouvernement sud-africain mais également les crimes et exactions commis au nom des mouvements de libération nationale.

Les 22.000 victimes identifiées recevront chacune 3.900 dollars.

 

Merci Madiba.

Et respects.

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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 10:55

 

 

Les bien-pensants à l’œuvre

 

Maintenant, on nous parle de plus de régulation et d’un État entrepreneur – combien d’échec de plus pour tordre le cou à cette ineptie ?

 

La crise financière puis économique que nous vivons est l'occasion pour tous ceux qui vivent de la régulation de demander un renforcement de l'encadrement des sociétés financières par les pouvoirs publics.

Plus de régulation pourquoi pas ?

Mais rappelons-nous qu’il est plus facile de surveiller un sac plein de puces qu’un homme malhonnête – vieux proverbe catalan.

La plus grande partie de la population croira plus facilement à un gros mensonge qu’à un petit.

Quelle chance pour les dirigeants que les hommes ne pensent pas – dixit un « grand démocrate » allemand.

 

Début 2008, il y a plus d’un an, la dette publique des Etats-Unis se monte à environ 9,5 billions de dollars (+ 600 milliards chaque année ou 1,7 milliard chaque jour*), ce qui représente environ 65 % du PIB annuel, soit proportionnellement moins que la France (dette publique française : 1,4 billion d'euros ou 2,2 billions de dollars).

La dette publique US s'élève à 32.000 dollars par habitant, la dette publique française à 35.000 dollars. De ce côté-là, la France a donc déjà dépassé le niveau américain (même chose pour l'Allemagne).

 

Dans des conditions normales, lorsqu'un pays accumule les déficits extérieurs, sa monnaie ne tarde pas à en pâtir.

Dans le cas des USA, il a fallu attendre assez longtemps avant que ce principe ne se vérifie. En effet, le dollar étant une monnaie de réserve, et pour beaucoup une monnaie refuge, le monde entier, en effectuant des placements ou des investissements aux USA, contribue à rétablir l'équilibre et à cacher le déficit extérieur permanent.

La Chine, à elle seule, y contribue pour 10 % (excédent de 1.300 milliards de dollars) mais la part des détenteurs de pétro-dollars est bien plus élevée.

L'endettement des ménages aux USA totalise 14 billions de dollars, soit 47.000 dollars par habitant (trois fois plus qu'en France).

L'économie américaine (FED) a créé une masse de liquidités qui a permis de maintenir artificiellement la croissance à un niveau élevé.

Les particuliers croyaient s'enrichir grâce à l'immobilier ; en réalité, ils s'appauvrissaient.

 

Par exemple, une famille empruntait 400.000 dollars afin de s'acheter une maison en valant 500.000.

Trois ou quatre ans plus tard, la valeur du bien étant passée à 750.000 dollars, le banquier encourageait ses clients à emprunter 200.000 dollars de plus pour s'offrir, disons, une grosse voiture, des biens de consommation, un voyage autour du monde ou les frais d'études des enfants.

Avec une hypothèque supplémentaire, aucun problème... Et puis, quelque temps plus tard, l'immobilier plonge, le banquier demande à son client de rembourser plus vite ou de fournir de nouvelles sûretés, il augmente ses taux – normal puisque l'emprunteur est moins solvable.

C'e fut ainsi le début de la catastrophe, surtout si le client venait à perdre son emploi.

 

Finalement, la famille se retrouve à la rue, les mains vides.

Le banquier, le promoteur immobilier, le marchand de 4x4 et tous les autres gonfleurs de PIB, eux, ont fait des affaires en or.

Malgré la mauvaise conjoncture, ils ont le temps de voir venir en attendant la prochaine bulle.

 

Et en plus, il faut les aider à tenir la tête hors de l’eau avec de la « monnaie inventée » !

 

La crise a éclaté pour de bon et le niveau réel d'endettement faramineux s’est révélé.

Il y aura nécessairement une coupe brutale (et pas seulement aux Etats-Unis).

L'annulation d'une grande partie de la dette financière ruinera de très larges couches de la population (les fameuses « classes moyennes »), les faillites vont se multiplier, l'État et les collectivités locales deviendront à leur tour insolvables, entraînant sans doute l'effacement ou le gel de leur dette.

 

Une chose reste certaine : on ne fera pas de cadeaux aux ménages, leur dette ne sera certainement pas annulée, ils seront les seuls à faire les frais de la crise avec les chômeurs.

Il suffit de voir ce qui s'est passé en Argentine en 2001-2002.

 

Les vraies réformes n'auront pas lieu. Bruxelles et la démagogie bat son plein. On veut paraît-il s'attaquer aux paradis fiscaux (mais sans mettre en cause Jersey et Monaco, qui sont dans l'UE sans y être – d'ailleurs ces paradis fiscaux n'ont pas grand-chose à voir avec la crise actuelle – pour le grand capital, le monde entier est un paradis, à commencer par la City de Londres).

 

On propose de réglementer les fonds spéculatifs (que l'on a autorisés partout et qui continuent d'attiser la crise jour après jour).

On s'apprête à « réformer » le FMI moribond pour lui donner un rôle de supervision universelle.

On parle à tout bout de champ de « nouveau Bretton Woods » (alors que ce qui en sortira n'aura rien à voir avec l'esprit de 1944, bien au contraire.)

Les gens qui ont créé cette crise ne peuvent pas la résoudre.

Nous ne verrons la couleur ni de notre plan d’épargne retraite, ni de notre pension de retraite.

Ne vous méprenez pas, c’est une bonne nouvelle.

Cela signifie que la structure économique que nous avons connue est en train de s’effondrer et qu’elle va connaître une période très difficile.

Bien sûr, il y aura des blessés, mais pour la plupart d’entre nous, cela nous permettra de nous réveiller et de reconnaître que nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes.

 

« Lorsqu'un gouvernement est dépendant des banquiers pour l'argent, ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement qui contrôlent la situation, puisque la main qui donne est au-dessus de la main qui reçoit. [...] L'argent n'a pas de patrie ; les financiers n'ont pas de patriotisme et n'ont pas de décence ; leur unique objectif est le gain. » – Napoléon Bonaparte

 

Thomas Jefferson était si persuadé du rôle pervers des banquiers internationaux qu'il a pu écrire : « Je considère que les institutions bancaires sont plus dangereuses qu'une armée. Si jamais le peuple américain autorise les banques privées à contrôler leur masse monétaire, les banques et les corporations qui se développeront autour d'elles vont dépouiller les gens de leurs biens jusqu'au jour où leurs enfants se réveilleront sans domicile sur le continent que leurs Pères avaient conquis. »

Voilà comment Jefferson avait prophétisé, il y a plus de deux siècles, la crise actuelle.

 

« L’homme raisonnable s’adapte au monde ; l’homme peu raisonnable persiste à vouloir adapter le monde à lui même. Par conséquent, le progrès dépend de l’homme peu raisonnable. Le progrès est impossible sans changement, et ceux qui ne peuvent pas changer d’avis ne peuvent rien changer ». – G. Bernard Shaw

 

Mon cher I², il faut provoquer les élections anticipées et nous allons sauver le monde.

 

VCRM

 

I-Cube : J’adore tes citations en te signalant que ce sont les financiers qui ont volontairement créé la crise économique actuelle, pour avoir pris le pouvoir à peu près partout à travers les hommes qui défendent leurs intérêts.

Ici en « Gauloisie pervertie », mais ailleurs dans le monde entier.

Et ils sont toujours « aux manettes ».

 

Une élection demain ?

Mais ça ne changera que les têtes, pas les principes portés par les « sachants » que tu décrivais hier : Il va nous falloir plusieurs générations pour dégoupiller, déminer le terrain et les « bombes à retardement » laissées dans leur sillage.

Puisqu’ils ont commencé bien avant nous, bien avant qu’on commence vraiment à comprendre où ils veulent en venir, bien avant que l’on retrouve leurs méthodes mises en place et qu’on invente la façon de les retourner contre-eux.

 

En plus, je me sens bien kon en découvrant au fil des jours toutes « ces choses », dont je savais l’existence et leur comment du pourquoi, mais sans comprendre, pour ne pas le voir, le « fil rouge » !

 

Et puis « sauver le monde », pourquoi faire ?

Pour en faire quoi, en fait ?

Le confier à d’autres « utopies consenties » ?

 

Laisse-moi me saouler la tronche à m’en déchirer le foie pour oublier, oui !

De toute façon, je n’aurai pas plus mal aux cheveux pour autant…

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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 10:50

 

Portrait de l’Homme bien pensant et politiquement correct


Il est contre la peine de mort et pour l'avortement.

Il soutient les sans-papiers et les mal-logés.

Il milite pour la protection de l’environnement.

Il défend les droits des femmes et des minorités.

Il s’oppose à la répression policière et encourage la prévention de la délinquance.  

Il se bat pour la retraite à 60 ans et rejette les fonds de pension.  

Il est très attaché à l'État providence, aux services publics et à l'école laïque.

Il réclame l'annulation de la dette des pays les plus pauvres.
Il s’élève contre les licenciements et les délocalisations. Il approuve toutes les grèves par principe. 

Il refuse la mondialisation néo-libérale, craint le pouvoir des multinationales et des « gros actionnaires ».

Il déteste l'argent et la spéculation financière.

Il est très critique à l’égard de l'Amérique. Il rejette sa puissance économique et militaire, et son industrie du divertissement.

 

Il a des valeurs et aime le faire savoir : il répète partout qu’il défend l'égalité des chances et les libertés individuelles ; il prône la solidarité entre les citoyens et combat les « injustices sociales ».

Normal, il est bien pensant et vote pour les parties des « progressistes ».

Dans la vie courante, tous ses vêtements et tout son électroménager ont été fabriqués dans le tiers-monde par des ouvriers payés une poignée de dollars et non syndiqués.

 

Il manifeste contre les démocraties à chaque sommet du G8 et de l'OMC, il ne s’oppose jamais aux violations des droits de l'Homme dans les dictatures dites de gauche (progressistes). 

Il ne fréquente que les cliniques et hôpitaux privés, ses enfants ont une nounou à demeure, sont inscrits dans une école privée et feront leurs humanités dans une université américaine.

 

En ville, il ne se déplace qu'en voiture. Il déteste le vélo et encore plus les transports en commun à cause de la foule et des odeurs.

Ses revenus mensuels lui assurent le strict minimum : un bel appartement dans un immeuble bourgeois sans immigrés et situé dans un quartier tranquille, une femme de ménage non déclarée, des vacances hors de prix dans un pays pauvre.

Et la cohérence ?

 

Ces petites contradictions n’ébranlent pas sa bonne conscience.

C’est un saint !

Restait à lui trouver un ennemi crédible : le rôle du méchant a été attribué à l’unanimité au Libéralisme.

Il lui aura suffit d’un slogan publicitaire – « Le monde n’est pas une marchandise » – pour rendre son cri audible.

Reconnaître l’universalité de l’échec économique du communisme (« l’économie planifiée » et sa fille adultère « l’économie mixte »), c’est nécessairement, observons-le en passant, dénoncer un certain nombre de mensonges qui accompagnent le communisme depuis sa naissance et lui sont en quelque sorte consubstantiels.

 

Le premier de ces mensonges, c’est la négation de l’échec, l’affirmation que, si l’on excepte quelques points de détail d’ailleurs inévitables, le bilan est « globalement positif ».

 

Cette thèse prêterait à rire si elle n’avait été soutenue pendant plus d’un demi-siècle par la quasi-totalité des « intellectuels » français, Sartre à leur tête, – au point qu’intellectuel veut dire chez nous « intellectuel de gauche », lequel n’est reconnu et n’existe qu’à ce titre.

 

L’aveuglement, la fourberie ou la lâcheté, la célébration ignominieuse de la misère, de la peur comme principe de gouvernement, de la déportation et de la mort, telles sont les qualités intellectuelles qui donnent droit en France à la parole et qui continuent de le faire.

 

Une politique anticapitaliste sabote le fonctionnement du système capitaliste de l'économie du marché.

Si l'interventionnisme ne rapporte pas les succès escomptés, cela ne démontre nullement qu'il soit nécessaire d'adopter le socialisme.

Cela prouve simplement la futilité de l'interventionnisme.

 

Tous les maux que les somptueux « progressistes » interprètent comme faillite évidente du capitalisme ne sont en réalité que le résultat de leur ingérence dans le mécanisme du marché, ingérence qu'ils prétendent être si profitables.

 

Seuls les ignorants qui identifient à tort interventionnisme et capitalisme, croient que le socialisme représente le remède contre ces maux.

 

VCRM

 

I-Cube : Très fine l’analyse qui est derrière le dire, l’ami !

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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 10:47

 

De Mars 2009….

 

À cause de l'importance des nationalisations, des services publics, il subsiste en France une très vaste clientèle électorale qui dépend de l’État à laquelle l’État a accordé des privilèges substantiels – garantie de l'emploi, retraites plus favorables – et qui tient à les garder ; elle est donc hostile à la libéralisation, à l’égalité des chances… finalement.

 

Dans la réalité, on libéralise, on privatise, on s’ouvre aux échanges internationaux.

Cette évolution est mondiale, elle va jusqu’à toucher des pays comme l’Inde, qui a été longtemps très dirigiste.

Mais sur le plan idéologique, l’insurrection farouche contre le libéralisme se développe et s’intensifie sur le plan verbal. Comme l’idéologie est une construction qui n’est pas tirée des faits, elle se perpétue indépendamment de la réalité.

On peut trouver dans le système libéral des quantités de défauts, des injustices, beaucoup d’inégalités, des malhonnêtetés, des ratages.

Or, il faut bien noter toutefois que les seuls pays où l’on a créé une protection sociale efficace sont les pays capitalistes.

D’abord parce qu’il faut être riche : vous ne pouvez financer une protection avec une économie qui ne marche pas.

Ceci est contredit en France grâce à l’endettement, mais pour combien de temps encore ?

 

L’économie est la science – ou la discipline, si on préfère – qui étudie les choix individuels et leurs conséquences sociales. Elle pose l’hypothèse que les choix individuels sont motivés par l’intérêt personnel dans un sens plus ou moins large.

Même s’il est en partie altruiste, l’individu pose ses choix de manière à atteindre une position préférée dans l’échelle de ses préférences.

Qu’arrive-t-il si on suppose que les individus ont la même motivation quand ils participent aux affaires publiques que quand ils vaquent à leurs affaires privées ?

 

L’hypothèse semble raisonnable : l’individu ne se métamorphose pas quand, du marché ordinaire, il passe au domaine de la politique, quand il devient politicien ou fonctionnaire.

Les politiciens et les bureaucrates (nom que les économistes donnent aux fonctionnaires et autres salariés du secteur public) ne sont ni plus ni moins que des hommes ordinaires.

 

Prenons d’abord des politiciens. Le premier objectif d’un politicien est d’être élu ou réélu.

Le politicien réussit à se faire élire en offrant à ses électeurs – ou, au moins, à la majorité d’entre eux – les politiques publiques qu’ils souhaitent. Une fois l’élection terminée, le marché politique s’étend aux assemblées parlementaires et autres assemblées d’élus.

Afin d’obtenir l’appui de ses collègues pour faire adopter la mesure pour laquelle ses commettants l’ont élu, le politicien est disposé, à charge de revanche, à voter pour les politiques que ces autres politiciens, pour les mêmes raisons, souhaitent voir adopter.

Les politiciens s’échangent des appuis entre eux, ils s’échangent des « politiques publiques ».

 

La concurrence sur le marché politique rend dès lors l’État incontrôlable. Elle produit un enchevêtrement incontrôlé de politiques publiques.

Car la raison profonde en est qu’une politique publique s’impose à tout le monde, même à ceux qui ont voté contre. Dans la mesure où la bureaucratie (fonctionnaires) étatique exerce un contrôle sur les choix publics – et seule l’étendue de ce contrôle est en question – ces choix refléteront davantage les intérêts des bureaucrates que les préférences des citoyens en général.

Logique.

 

À part les politiciens et les bureaucrates, on doit tenir compte d’une autre sorte d’intermédiaires dans les processus de choix publics : les groupes d’intérêts. C’est pourquoi les contribuables sont souvent exploités par les intérêts organisés (agriculture, docker, électriciens, etc.). Les politiciens détournent couramment le sens des mots pour légitimer l’intervention de l’État dans la sphère privée des individus, et restreindre ainsi leurs libertés.

Les libertés individuelles sont d’autant plus en danger que l’uniformisation est poursuivie par les partis de gauche et de droite ; ceci pour des raisons cependant fortement différentes.


Tandis que les premiers y voient un moyen de réaliser une hypothétique justice sociale et de construire une société selon leurs plans égalitaristes, les seconds, emmenés par les lobbies économiques, se prennent à rêver d’individus formatés selon leurs besoins, et de conditions adéquates pour ce qu’ils imaginent être une compétition économique internationale alors qu’il s'agit d’échanges volontaires et pacifiques.

De plus, la droite, piégée par son acceptation tacite de la croissance ininterrompue de l’État providence, se voit obligée de défendre l’uniformisation pour tenter d’en limiter les coûts.

Or, les libertés individuelles ne peuvent être sacrifiées ni sur l’autel de l’idéologie, ni sur l’autel de l’efficience économique.

 

Il y a six implications principales du poids de l’État qui expliquent sa relation adverse avec la prospérité :

 

– 1 : L’extraction de ressources, qui inclut les impôts et leur prélèvement, l’endettement, l’inflation et la réglementation ;

– 2 : L’inefficacité du secteur étatique en raison de l’absence du « signal » des prix et de la mesure du profit ;

– 3 : La substitution au secteur privé, auquel les dépenses de l’État livrent une concurrence déloyale ;

– 4 : Les mauvaises incitations liées aussi bien à la fiscalité qu’aux dépenses ;

– 5 : L’inhibition de l’innovation que cause la rigidité des structures (CNRS) et des processus étatiques et 

– 6 : L’affaissement moral qu’implique la dépendance sociale ainsi que la violation des choix personnels et des droits légitimes de propriété.

 

Le marché libre et la société civile, c’est-à-dire les personnes directement touchées par les décisions qui les concernent, peuvent non seulement produire les biens et les services nécessaires à leur bien-être, mais peuvent le faire mieux et moins cher que l’initiative étatique.

La gauche ne manque pas une occasion pour qualifier la politique économique de « Bling-Bling » d’ultralibérale et cela dans un pays ou le PIB dépend pourtant de l’État à hauteur de 55 %.

Ridicule à en pleurer !

 

Maintenant que le communisme a disparu, il est redevenu une utopie pure, elle est donc parfaite, par définition.

Quand on compare une « utopie parfaite », qui a l’avantage de ne pas exister, à la réalité et la pratique du libéralisme pourri de défauts, on défend nécessairement et farouchement la première.

Les libéraux français sont à ce point terrorisés par l’idéologie socialisante qu’ils multiplient les professions de foi sur la solidarité et l’anti-thatchérisme.

 

Quant aux gaullistes, (UMP) ils n’ont jamais été libéraux.

La France gaulliste des années 60 est une espèce d’Union soviétique qui a marché, grâce à un compromis entre droite et gauche pour construire une économie planifiée, avec néanmoins un secteur privé suffisant, afin que l’économie respire un peu.

Il est frappant de constater que la planification préparée sous Vichy, dans le cadre d’une économie de pénurie, a été reprise telle quelle à la Libération par les technocrates gaullistes : commissariat au Plan, nationalisations, etc.

Il a longtemps subsisté, à droite, un consensus pour une économie très largement administrée, dite « économie-mixte », contre le libéralisme « anglo-saxon », méprisable quant à lui.

 

L'Europe, pendant tout le XXème siècle, s’est offert une sorte de guerre civile incessante, une guerre entre États à l’intérieur même de l’Europe. Et elle a inventé tous les systèmes totalitaires : bolchevisme, fascisme, nazisme, avec quelques produits latéraux moins virulents (à prouver), Salazar au Portugal, la junte grecque, Franco en Espagne.

Alors qu’elle était dominante au début du siècle, elle a échoué.

 

Il y a eu énormément de gens qui ont été soit les acteurs, soit les complices, soit les clients passifs et indulgents de l’idéologie communiste.

La droite française n’a pas véritablement compris la grande mutation qui s’est produite dans le monde à la suite de la chute du communisme.

Il faudrait un renouvellement intellectuel et politique de la gauche comme de la droite en France.

Or, la gauche et la droite sont accrochés à des thèmes complètement passéistes. La gauche au « socialisme de marché », la droite au « gaullisme historique », qui ne correspondent plus ni l’un ni l’'autre à la situation actuelle.

 

Le respect scrupuleux des faits dans l’analyse de la crise actuelle devrait s’imposer… Hélas, non !

Le PS français (en grande partie) est désormais, en Europe, la seule gauche de gouvernement à se cramponner aux thèses sommairement anticapitalistes et antilibérales inspirées par une sorte de trotskisme moisi : même avec le recul, ses échecs économiques fracassants de la période 1981-1984 ne l’ont pas amené à une révision intellectuelle, bien qu’il ait dû modifier sa pratique sous la contrainte des réalités.

 

L’idéologie, n’étant jamais tirée des faits, ne se sent jamais réfutée par eux. Pourtant, comme toutes les nations modernes, la France aurait besoin d’un parti de gauche s’inscrivant sans ambiguïté à l’intérieur du modèle démocratique d’économie de marché qui a finalement prévalu dans le monde.

La vieille doctrine révolutionnaire selon laquelle le socialisme doit s’assigner pour but de changer de société, n’a engendré, partout et toujours, que des catastrophes : ça se sont des faits !

Elle ne suscite, à ce jour au PS, que de navrantes déclarations sans aucun contenu pratique, alors qu’une dose raisonnable de réflexion pragmatique serait la bienvenue. Parmi eux se trouvent, certes, bien des gens intelligents, désireux et capables de procéder à la mise au point des idées qui devraient aujourd’hui guider un grand parti de gauche.

Cette décision, tous les socialistes européens y ont procédé : les socialistes allemands, portugais, espagnols, britanniques, scandinaves – même l’ex-Parti communiste italien.

Mais pas les socialistes français. Car ce ne sont pas les plus intelligents d’entre eux qui, en France, dans leur propre parti, tiennent le haut-parleur. Ils sont réduits au silence et contraints de cacher leurs doutes par les excommunications des aboyeurs de slogans.

 

Encore une contradiction : battu en brèche tous les jours au niveau idéologique, le capitalisme est vigoureusement courtisé au niveau pratique.

Aussi bien les pays dits socialistes (Chine, Vietnam) que ceux du tiers monde font appel aux investissements, à l’aide technologique, à la capacité importatrice des pays capitalistes développés dont ils proclament, d’autre part, le système mortellement atteint.

 

Néanmoins, la désinformation continue grâce aux mythologies politiques soigneusement entretenues au profit d’une minorité vivant à l’abri de des crises économiques.

 

VCRM

 

I-Cube : Ce que tu décris est très exactement une photo « copier/coller » de la situation économique et politique du pays des « Gaulois pure souche » de 1788 à 1799…

 

Il suffit de changer les noms, les catégories « socioprofessionnelles », les « castes » et les « idéologies » existantes (Montagnard/Jacobin ; physiocratique/universaliste classique), les conflits des rois et princes européens.

 

Mais il paraît que l’Histoire ne balbutie pas, ne repasse jamais deux fois les plats, dit-on.

 

Seulement quand la sagesse des peuples progresse, pense-je…

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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 03:58

 

L’année dernière,

 

Arrivé trop tôt sur un « campus d’élites » en l’état de futur achèvement, pour y discourir de rémunération devant quelques centaines d’étudiants venus jusqu’ici « pour faire du fric » (c’est ce qu’on leur apprend à apprendre), je m’installe au fond de l’amphi. Il m’est attribué pour l’heure suivante et je me vautre silencieusement sur les derniers rangs à écouter l’orateuse qui tient, vaille que vaille en haleine son auditoire avant qu’il ne s’endorme définitivement sur des notions plus que parfaites de « Marketing » appliqué.

Tout le monde connaît le « B.A. BA » du comment on vous fait acheter des trucs dont on vous fait croire que vous êtes « Out », « Has been », pour ne pas dire ringard si vous n’éprouvez aucun besoin à leur égard.

 

Au passage, ça me fait assez souvent marrer : Toutes les pubs que vous voyez, que vous entendez, que vous lisez, toutes sont issues des meilleurs études de marché des marketeurs appliqués sortis de la même usine d’élites.

Et j’ai toujours noté deux choses :

On ne parle, dans ces pubs, que de choses qu’on ne parvient pas à vous refourguer (vérifiez : en ce moment, ce sont les voitures qui engagent la bataille des prix. Vous verrez qu’à l’approche des fêtes, ce sera la dernière Barbie, l’I-pad, les séjours au soleil à pas cher ou le dernier film qui a fait un flop à acquérir au plus vite en Blue-ray !) ;

– Les communications d’institutionnels mettent toujours en avant le point faible de la marque, le prix d’excellence ayant été remporté par « La vie Auchan, pas la Vie Austère » (terrible les champs dans une boîte de conserve aseptisée de 10.000 m² ! Tu parles d’une promenade pour les gamins…).

En ce moment, c’est « Orange » que c’est même le paradis d’être accueilli au téléphone par le SAV de votre « bébé-box » qui ne vous file même pas le téléphone, en réplique à cette contre-pub abominable de l’archi-ringard du « il a free, il a tout compris ! ». Terrible de s'identifier à ce winner-là !

Plus caricatural que ça, c’est assez difficile.

On avait bien eu un temps le « Pourquoi payer plus cher ! » lancé par une marque discount alimentaire, style, « t’es l’archi-rois-des-kons si tu ne viens pas illico claquer ton fric pour m’acheter ma « mer-de » »…

 

Y’avait eu aussi le truc délirant du marketing d’Évian (du côté de la station balnéaire des eaux propres et fortement minéralisées du même nom) : Dans le temps, on y voyait un grand gars à poils, marchant (pour qu’on ne voit pas son sexe) et buvant au goulot de la bouteille fétiche.

C’est qu’en même temps, il pissait dru, comme le « Manneken pis » de Bruxelles, son urine faisant une belle parabole montante avant de redescendre sous l’effet de la gravitation environnante !

Bingo ! Déjà que pour boire, pisser et marcher en même temps, ça n’a rien d’évident.

Mais alors pour pisser de la sorte, il devait au moins avoir l’érection du siècle et une « toute petite » pour qu’elle soit cachée par la jambe avancée.

Et ça eut duré des années avant qu’on vire l’empaffé qui avait inventé ce délire graphique (et même animé) !

Depuis, ils sont passés à « revitalisez-vous », ça rajeunit que d’en boire, etc. suite à une nouvelle étude de marché qui voulait mettre l’accent sur la recommandation des pédiatres pour utiliser l’eau des alpes dans les biberons.

Rassurez-vous, n’importe laquelle est valable, sauf que celle-là est un peu plus diurétique que les autres.

Que pas du tout avaient dit toutes les mères : « Mon bébé, il boit à mon sein et à rien d’autre ! Pas question que je prenne le risque de le déshydrater par mégarde ! »

Alors, ils ont fait un délire de cinéma d’images de synthèse, où on a pu voir des « bébé-rigolards », s’éclater de jouissance dans de l’eau jaillissante d’une évocation spermatique à peine voilée : les mamans aiment, paraît-il !

 

Dans le style « pub ratée », on voit en ce moment sur les panneaux parigots des affiches pour NRJ, la radio qui reste jeune !

Avec des nymphos ravagées de 70 à 80 balais habillées « d’jeun’s sexy » ou des « pépés » du même âge fringués en « rock-star ».

Je serai « jeune », je passe illico sur radio-bleue : pas question de m’identifier à « ça » !

On a vu aussi la pub sur les bagnoles où tout est présumé « parfait » au-delà de l’excellence : arrêt sur image, zoom avant, un moucheron n’a pas sa place sur le capot, la voix off l’efface en deux clics !

Un flop : la perfection n’existe pas, même chez les « pubeux » et de toute façon, elle est hors de prix ! Autant acheter un Mercédès, même d’occasion : elle tiendra mieux le coup !

Bref, du marketing de merde…

 

Je rappelle quelques règles : Celle que j’ai retenue c’est l’approche des « 4P » (Facile pour moi, c’est aussi le critère retenue par l’administration fiscale dans sa circulaire de 96 sur les Associations à but non-lucratif) : Product (produit), Promotion (Publicité), Price (Prix) ; Place (distribution).

(Dans la circulaire fiscale, le 4ème « P », est remplacé par « profits », ou plutôt quoi que ce qu’on n’a pas le droit d’en faire !)

Certain rajoute un 5ème P : Packaging (emballage).

Un peu court, mais c’est comme ça : on part du produit et on vous force à l’acquérir là où vous divaguez !

Du coup, on est passé depuis quelques temps au « 5C » (plus compliqué, hien ?) :

– Company (Société : Gamme de produits – Image au sein du marché – la Technologie – la culture de l’entreprise – les objectifs, nananni, nanana !).

– Customers (Clients : la taille du marché et sa croissance – segments du marché – les sources d'information sur le client – facteurs saisonniers – processus d’achat [par impulsion ou par prudence]).

– Competitors (Concurrents : direct, indirect – parts de marché – les forces et les faiblesses des concurrents).

– Collaborators (Collaborateurs : distributeurs – fournisseurs – détaillants, etc., Mais pas les meks dans la boutique, hein : c'est que des sous produits d'esclave !).

­– Context (Contexte : facteurs macro-environnementaux, juridiques, financiers, politiques… genre à éviter : PlayBoy chez les Talibans !).

 

Là encore, personnellement, j’aurai fait l’inverse en commençant par l’identification d’un besoin qui intéresse la production (parce qu’elle sait y répondre : c’est son métier), donc d’un marché (où il se situe, quelle est sa masse, son évolution, sa segmentation, sa réglementation, ses contraintes, etc.).

Et je « markète » à l’envers : Qui fait quoi sur ce marché (la concurrence et la distribution) ?

Question essentielle, non ?

Soit je peux m’y faire une place et on y va, soit je ne peux pas parce qu’il est saturé ou complexe, je suis trop cher, je n’ai pas les moyens ou il est trop étroit, et je passe à autre chose (voire je l’abandonne).

Le « M3P » maison :

« M » pour marché (sa consistance, sa topographie, ses volumes…),

« P » pour prix (par segment de marché),

« P » pour positionnement (du prix par rapport au produit et ses qualités attendues par les segments du marché),

« P » pour produit (adapté au positionnement par rapport au prix pour le marché [segmenté] que je veux aborder).

Enfin, quand je lis une étude de marché, c’est comme ça que j’aime à les lire.

Au moins, on sait tout de suite si on peut faire face à la contrainte prix par rapport aux volumes à espérer.

 

Et quand j’en fais moi-même, je pars forcément du marché et des panels existants (segments/volumes, place de la concurrence directe et des produits de substitution).

Je croise le tout en fonction des « volume/prix » et des secteurs (géographiques, socioprofessionnels, âge, sexe, niveau de revenu, etc.).

Je détecte ou non une « carence », ce qui me fait décider ensuite du produit adapté et de son packaging pour communiquer sur le « positionnement » qui fait la synthèse des attentes retenues (détectées éventuellement par un enquête sur panel/terrain) que je cible.

Un exemple : Club Med s’est rendu compte d’une carence évidente de « l’esprit club » (le tout compris) dans le haut de gamme. Il l’investit à tour de bras (pour répondre aux attentes de « ses » fidèles devenus plus riches) en ce moment (les villages-loft 5 tridents).

C'est comme ça qu'on procède et ça évite les erreurs : Pas question de livrer de la viande de cheval en Bretagne ou dans le Sud-est. Pas question de louper la quenelle de Lyon dans la vallée du Rhône, du Calavdos en Normandie, du 4x4 en montagne, de la pièce de transmission évidée dans l’industrie aéronautique, du Coulter dans la Creuse, etc.

Et le tout en fonction du circuit de distribution retenu que fréquente la cible.

Pas compliqué, quoi !

On distingue alors la distribution de masse et numérique, et la distribution sélective (plus étroite).

Et le mek qui fait de la masse sans du numérique, il est mort.

Quant au type qui s’amuse à faire du sélectif sans un effet de notoriété, il restera avec ses camions pleins comme un œuf à deux jaunes sur l’aire de parking de la boîte.

Simple quoi ?

Après, il est question « d’animer », de communiquer, de faire de la promotion, de la mise en avant, de la pub plus ou moins ciblée, juste sur les emplacements choisis.

Ça marche si tout est cohérent et durable (notamment le service après-vente : faudrait pas non plus que mes clients soient déçus trop vite) !

 

M’enfin, je ne suis pas un spécialiste, donc je laisse causer la dame !

Elle en arrive à la fin de son exposé (qui consistait à tracer à grands traits le comment et le pourquoi en insistant lourdement sur la finalité d’écouler la production à tout prix... Mais pas n'importe lequel non plus, le optimisé seulement) et demande à ses chères têtes blondes, qui manifestement étaient assommés à découvrir la matière et leur prof, s’il y avait des questions.

Là, rien. Ensemble vide.

Ils avaient tous hâte que ça se termine.

 

Je lève donc la main (des fois, faudrait que je sois aussi manchot, vraiment !)

« Madame, je ne comprends pas pourquoi vous n’abordez pas la question de l’accessibilité de l’acheteur (dont on sait qu’il n’est pas forcément le consommateur ni l’impulseur) au produit ou inversement ? »

« Que voulez-vous dire ? »

Bé qu’on peut avoir le meilleur produit au monde, le mieux markété possible, le plus ajusté, etc., si le prix est inabordable et/ou s’il n’est pas disponible en rayon aisément pour le client, personne ne l’achètera !

Réponse : « Là n’est pas la question ! »

Ah bon ?

En voilà une qui n’a pas dû vendre grand-chose dans sa vie, même pas son kul, s’il est resté fermé à clé ou mis à prix à un niveau himalayen !

Mais bon, elle doit avoir des talents cachés, puisqu’on m’a dit plus tard que c’était le « must » de ce qu’on faisait de mieux en matière d’enseignement du marketing…

Alors que j’avoue que, sur le moment, j’ai cru que je m’étais vraiment trompé de campus !

Là encore, personnellement, j’aurai rebondi à cette question sur, au moins, la stratégie marketing, l’importance de la communication, la notion de notoriété (toutes choses qui doivent faire partie d’une « bonne étude de marché »), la logistique, n’importe quoi, la « grande équipe » que forme une entreprise qui « assure » en amont et en aval de la production et qu’il convient de motiver et d’embrayer derrière sur les mécanismes de fixation de rémunérations motivantes… l’essence de mon cours à moi (c’était marqué sur la porte de l’amphi, en plus) !

 

Et puis que je me suis vous ai réveillé un peu toutes ces « chères têtes blondes boutonneuses et éliteuses » avec mes petits graphiques, mes mille anecdotes, les théories les plus fumeuses sur mon sujet pour oublier l'incident.
Et je fais des efforts : je suis bien meilleur sur la fiscalité, mais cette année-là, je devais passer la main à un conseiller de Cour d’appel administrative qui était en vacance de poste…

Faut bien recaser les « bons amis » du Président, et à moi, on me faisait une fleur à me garder… sur autre chose : les effets de la bonne gestion des compétences, tiens !

Et que « mes petits-gars », passée la dernière minute impartie, ils ne voulaient même plus me lâcher la caouanne, à me harceler de questions toutes plus pertinentes les unes que les autres.

D’ailleurs, il a fallu que je réorganise le plan de mon cours dans l’urgence, pour répondre à toutes leurs attentes !

Du coup, trop de bonnes notes en fin de cycle (pas de ma faute – enfin si ! – si ils ont pratiquement tous captés du meilleur) et que quand il a été question de mon renouvellement de contrat sur le sujet, moi qui voulais revenir à la fiscalité, je me suis rappelé de la nullité des profs d'élite.

Alors, je me suis arc-bouté et j'ai fini par décliner toute reconduction.

 

Jusqu'à eu avoir proposé de faire un cours de marketing, la prochaine fois, histoire de postuler au poste de la pisse-froid.

Mais à quoi bon : si même les élites restent médiocres, après tout, pourquoi leur refiler du caviar quand ils n’en veulent pas ?

Tant pis pour l’Avenir : les meilleurs apprendront sur le terrain à faire des étincelles, les autres finiront au contrôle de gestion.

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 05:20

 

« C’était une belle jeune fille, grande, élancée, à la voix douce et parfois persuasive : j’aurais pu être son père, elle aurait pu être ma fille. Elle était la collaboratrice d’un de mes clients.

Nous nous sommes rencontrés. Je devais la conduire vers un transfert de techniques juridiques tel qu’elle devait ensuite pouvoir mettre en place et piloter des dispositifs de rémunérations motivantes et hors charges pour son patron et le réseau de clients pour lequel ils travaillaient.

 

Nous avons beaucoup échangé par courriel et téléphone et j’ai pu mesurer, tout au long de ces longs mois, l’acuité de sa vive intelligence, son verbe mesuré, ses raisonnements bien carrés, bien ficelés. Une jeune femme « bien ».

Très bien même. Dans son travail, dans sa tête, dans sa vie, jusqu’à ce qu’elle rencontre l’accusé.

 

Je n’ai pas compris tout de suite ce qui se passait, mais à un moment donné, il y a eu des retards, des oublis, des manqués dans nos relations de travail.

Disposant de son numéro de portable, j’ai cherché à plusieurs reprises à la joindre.

Les premières fois, elle restée aimable et concentrée sur mes dires.

Au fil du temps, je sentais bien que hors les horaires de travail habituels, je la dérangeais : je n’ai donc pas insisté.

Son patron d’Oncle s’est ouvert à moi des difficultés qu’elle rencontrait comme pour me dire qu’il ne fallait pas trop lui en vouloir. De toute façon l’essentiel des clauses de notre contrat avait été déjà et correctement exécuté, il me fallait juste contrôler, avant les phases finales successives, que tout était juridiquement et économiquement impeccable.

 

Jusqu’au jour où elle nous a rejoints lors d’une séance de travail, les yeux rougis, l’air un peu hagard. Ailleurs, comme absente.

Au cours du déjeuner qui a suivi, elle m’a présenté l’accusé.

J’ai rapidement compris qu’il y avait « une histoire » entre eux, trouvais curieux qu’elle s’entiche d’un homme visiblement plus âgé qu’elle.

Elle, qui avait suffisamment de charme pour « emballer » sur un simple claquement de doigt qui elle aurait pu vouloir.

 

Vous savez Monsieur le Président, Messieurs les assesseurs, Mesdames et Messieurs les jurés, les « histoires de couple », c’est un peu de la magie. Ça a comme un côté surréaliste qui en fait justement tout l’inattendu, toute l’alchimie.

Je ne me suis inquiété que la fois suivante, au moment où elle commençait à porter des vêtements à manche longue, des cols roulés. Mais sans plus : nous n’étions pas intimes.

Elle a simplement eu à me dire, l’avant dernière fois que je l’ai vue, que ça ne se passait pas très bien. Que l’accusé était férocement jaloux, voulait lui interdire d’aller travailler, ne voulait plus que je la joigne au téléphone ni qu’elle ne m’appelle.

« As-tu prévenu ton patron ? »

À cette question, elle a répondu que non, mais que je lui rendrais service si par hasard je cessais de remplir mes obligations contractuelles.

Comme il n’en était pas question, un engagement étant un engagement, le seul pouvant le délier étant mon client lui-même ou un cas de force majeure, je lui ai expliqué que c’est d’elle que devait venir la rupture, pas de moi qui restais au service de mon client.

 

Sur le coup, je n’ai pas su comment elle a su y faire, mais effectivement, mon client a mis fin à nos relations, très correctement dans les semaines suivantes.

Ce n’est que plus tard que j’ai appris qu’elle avait pris prétexte de quelques allusions graveleuses que j’aurai émises à son égard et qu’elle aurait pris comme une tentative de harcèlement.

Mon client me connaissant pourtant de longue date, très embêté par ces accusations à peine voilée, a préféré ne pas m’en parler sur le moment.

Il a bien fait, je me serai offusqué, comme outragé et à juste titre, en plus.

Et nous n’aurions pas pu renouer nos liens de confiance qui vont jusqu’au-delà du respect mutuel, d’une certaine qualité d’amitié réciproque, mais plus tard.

 

Je n’ai revu la victime que quelques mois plus tard. Elle s’est ouverte avec beaucoup de franchise sur le calvaire inconcevable que cet homme, dont elle restait encore amoureuse comme ouvertement victime d’un syndrome de Stockholm, lui avait fait subir : coups, humiliations diverses et jusqu’au viol en bande organisée, dont la Cour et les débats ont pu examiner jusqu’à l’écœurement tous les détails.

 

Je ne suis pas partie civile, je ne suis pas un accusateur, je ne suis ni juge ni flic, juste un témoin de moralité, totalement étranger à cette affaire. Je ne compte pas non plus n’être que celui chargé de vous dire tout le bien que je pensais de la victime, jeune femme délicieuse, promise à un bel avenir professionnel, soucieuse de fonder un foyer et d’élever des enfants qui auraient fait la joie de ses propres parents, ici encore assis, effondrés.

J’admets leur douleur comme d’une évidence, qui même en laissant toute compassion de côté, est si triste à évoquer, car elle n’est feinte : ils sont abattus comme toutes les personnes qui font face à un tel drame !

Je sais, j’ai aussi été retenir mes larmes sur les bancs d’une Cour qui jugeait l’assassin de mon père, il y a si longtemps que j’en ai encore la gorge nouée quand j’y repense.

Je sais…

 

Je sais et pourtant ce n’est pas ce à vous que je m’adresse, mais à l’homme dont vous allez avoir la lourde tâche de juger les actes.

Je ne le connais pas mieux que vous. A priori c’est mon frère, mon frère d’espèce humanoïde, la même créature de sang et de chaire que vous et moi, issu de la même gamète originelle, du même souffle et respirant le même air que moi.

Je ne lui veux aucun mal, je ne préjuge ni de son passé, ni de son avenir, ni de sa vie à lui, ni de son mental : il est mon égal en toute chose et mérite toute mon attention comme je souhaiterai que l’on soit tous les uns envers les autres attentionnés à autrui, mais !

 

Mais !

Posez-lui la question qui me brûle la gorge et met le feu à mes pauvres neurones : N’est-il vraiment né QUE pour avoir battu si souvent, humilié si fréquemment, torturé avec une telle ardeur et jusqu’à tuer avec délectation sa victime ?

Qu’elle quelle soit ?

Ou juste va-t-il nous servir une nouvelle fois l’histoire de la passion qu’il avait pour cette femme, au-delà du raisonnable, de l’amour qui rend fou ?

Peut-on décidément être né pour tuer, même d’amour ?

Ou n’a-t-il définitivement rien compris à l’amour entre deux êtres ?

 

Mesdames et Messieurs, Monsieur le Président, Messieurs les assesseurs, il ne pourra jamais répondre à cette question, ni lui ni ses avocats qui tâcheront de vous faire prendre des vessies pour des lanternes : C’est leur rôle dans ce drame.

C’est vous qui devrez répondre pour lui en espérant que dans 10 ans, 20 ans, je ne sais pas encore, il ne soit même plus capable de s’identifier que par son numéro de matricule, toutes remises de peine confondues.

 

En ce qui me concerne, je me contenterai de votre réponse et prierai tous les jours pour ne pas être en vie le jour où il ressortira libre de recommencer… une autre « histoire d’amour fou »…

Je craindrai pour mes filles.

Merci. »

 

On m’avait dit de faire court.

On m’avait dit de ne pas en rajouter, de rester « sec ».

« Des faits, des faits et une synthèse ».

J’ai fait ce que j’ai pu.

Et me voilà reparti au fond de la salle à la recherche d’une place assise, dans le triple silence des regards assassins de l’accusé et de ses deux avocats.

Je me retourne et tend le bras vers ces trois-là.

L’un plonge ses yeux sur ses pompes, l’autre détourne le regard vers ses papiers, le troisième est la tête dans son cartable à terre.

Le Président fait entrer le témoin suivant.

 

15 ans !

Après deux longues plaidoiries à effets de manche où ils se sont débrouillés pour tenter de faire gober le drame d’amour…

Qui n’ont pas été suivies.

Il aura à peine mon âge quand il ressortira, dans 8 ans, remise de peine et préventive inclues.

C’est vraiment insupportable pour le prix de la vie d’une jeune fille de 29 ans privée à jamais de son avenir à elle.

Née pour le sordide plaisir d’un étrangleur de passage.

Quelle incommensurable dérision…

 

Peine à peine équiovalente, il y a quelques années de ça, pour ce fils d’un ami pris dans le tourbillon de sa jeunesse impulsive.

Une soirée un peu abreuvée. Une jeune fille qui s’enferme avec lui dans la salle de bain.

Le « fiancé » officiel qui défonce la porte, engage le coup de poing.

8 jours d’arrêt de travail, plainte au commissariat pour « coups & blessures ».

Garde à vue, puis, deux jours plus tard, plainte de la demoiselle pour « viol avec violence » qui sauve ainsi son espérance d'hymen légitime.

Incarcération durable…

Jugement : 12 ans pour un « coït interrompu»…

 

Lui, 2 années de préventive, 4 ans de soins obligés en milieu carcéral, sortie marié à 25 ans et mon pote enfin deux fois grand-père depuis. Mais il ne sera jamais médecin, sa vocation première.

Sa « victime », un an de plus, ne s’est toujours pas mariée, se drogue et vit de débauche et de rapines.

 

Quels gâchis…

Au final, je ne sais pas si nous sommes jamais nés et préparés pour vivre ce genre de tranches de vie.

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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 05:06

 

Le libéralisme est-il de « droâte » ?

 

En fait, c’est sous ce titre que « Valeurs Actuelles » a récemment publié une série d’articles. Faut-il rappeler que « Valeurs Actuelles » est vraisemblablement aux frontières du libéralisme et du conservatisme.

Le dernier article était signé de Claude « Peau-lin », philosophe éminent, qui précisément se situe quelque part entre conservatisme et libéralisme.

 

Cette position intellectuelle ambiguë vient certainement d’une méconnaissance de la pure pensée libérale, en particulier d’Hayek, mais tout aussi bien de Bastiat – surtout Bastiat – et Turgot (on relève d’ailleurs la même ambiguïté chez Tocqueville, voire Constant).

Pour Claude « Peau-lin », la philosophie a laquelle ressortit le libéralisme est « celle-là même qui se trouve inspirer aussi le socialisme, celle qui affirme que l’homme réalise sa nature par l’assouvissement de ses désirs. Certes libéralisme et socialisme diffèrent, mais seulement dans l’ordre des moyens ».

 

Analyse irrecevable.

L’opposition entre libéralisme et socialisme est totale et inévitable, parce qu’il s’agit de deux anthropologies opposées. Léon XIII et la doctrine sociale de l’Église catholique n’ont cessé de l’affirmer : « l’erreur du socialisme est une erreur sur la personne humaine ».

On opposera aussi Hobbes et Locke : l’un estime que « l’homme est un loup pour l’homme », l’autre pense que les hommes, à la différence des loups, sont tournés vers l’harmonie, le contrat et la paix.

 

À la lecture de l’article, on peut comprendre d’ailleurs ce qui est exclu de l’analyse de Claude « Peau-lin ». C’est que l’intérêt personnel ne peut être satisfait qu’au service des autres, que l’homme ne peut s’épanouir qu’au contact des autres, et non pas au détriment des autres.

Les socialistes sont des gens profondément pessimistes sur la nature de l’être humain, toujours avide, toujours destructeur.

Destructeur des autres, destructeur des plus faibles, destructeur de la nature maintenant.

Voilà pourquoi ils veulent une société organisée pour protéger l’homme contre l’homme.

Ils finissent ainsi par détruire et la liberté, et la propriété, et l’homme lui-même.

 

C’est la raison pour laquelle, contrairement à ce qu’avance « Peau-lin », il n’y a aucune convergence possible entre les deux philosophies. Il est vrai que la mode est au relativisme et quoi qu’il s’en défende « Peau-lin » suggère qu’il y a quelque part de vérité dans le socialisme.

Il n’y a pas davantage de convergence entre les systèmes économiques, entre le marché et le plan, comme le pensent les prophètes du tiers système comme Schumpeter, Burnham, Galbraith et autres : « La concurrence libérale a logiquement mené à une incessante concentration industrielle et financière, donc à la domination du marché par des oligarchies restreintes également censées agir pour le bien-être de tous ».

C’est voir le libéralisme à partir de Davos, ou dans les seules colonnes des journaux financiers.

En réalité, il n’y a aucune concentration observée qui serait due à la concurrence, toute la concentration à laquelle « Peau-lin » se réfère est celle des oligarchies publiques, avec les atteintes que les États portent régulièrement au libre-marché concurrentiel à travers ses réglementations, ses protectionnismes, ses corporatismes, ses syndicalismes.

Il est vrai que « Peau-lin » voit peut-être le libéralisme à travers la cohorte de polytechniciens énarques qui pantouflent dans les grandes sociétés clientes de l’État français.

Mais ce libéralisme à la française n’a rien à voir ni avec la philosophie libérale ni avec le marché, qui sont fondés sur la liberté et la responsabilité d’êtres humains appelés à servir la communauté.

 

Niko

 

Nota I² : Délires et billevesées !

 

Le libéralisme… existentiel n’est ni de « droâte », ni de « gôche », bien au contraire.

Il est dans la pensée, les actes et la faculté d’agir sur les situations à rencontrer, pour soi et pour autrui.

C’est la petite « part de divin » que nous portons chacun en nous.

Pour ceux qui ne sont pas croyants – mais c’est la même chose – ça s’appelle « Liberté ».

 

Et la Liberté exclue de facto toute règle à l'exception remarquable d'une unique : La seule règle qui compte, c’est la notion de responsabilité, individuelle et/ou collective.

Le rôle de « l’autorité déléguée » que sont les États « libéraux » ou toutes délégations « publiques » (pour être pris comme ce qui n’est pas « privé » mais partagé) est, et n’est seulement, que dans sa capacité de rendre responsable jusqu’au bout et que mort s’en suive, tout à chacun de ses actes, dires et pensées, individuels et/ou collectifs.

 

Or, ça n’existe nulle part. Ni à « droâte », ni à « gôche » ni ailleurs (sauf peut-être au milieu de l’océan, seul sur ton bateau [*]) : les uns comme les autres iront jusqu’à te dire ce que tu dois bouffer (et que même si tu le bouffes pas, tu le payes quand même !).
Et chacun et tout le monde de s'abriter encore derrière l'irresponsabilité de fait pour dire et faire n'importe quoi... La grande faillite de nos nations ! 

 

[*] : « Homme libre, toujours tu chériras la mer ! » Charles Baudelaire.

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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 04:48

 

À nos enfants !

 

J’accepte de lire enfin dans son intégralité le contrat tacite qui m’est soumis ci-dessous et que je signe et paraphe tous les jours sans me poser une seule question.

 

Peu importe mes croyances ou mes idées politiques, le système mis en place dans notre monde libre repose sur l'approbation tacite et vertueuse de ce contrat passé avec chacun d'entre nous, dont voici dans les grandes lignes le contenu :

 

1) J'accepte la compétition comme base de notre système, même si j'ai conscience que ce fonctionnement engendre frustration et colère pour l'immense majorité des perdants.

 

2) J'accepte d'être humilié ou exploité à condition qu'on me permette à mon tour d'humilier ou d'exploiter quelqu'un occupant une place inférieure dans la pyramide sociale.

 

3) J'accepte l'exclusion sociale des marginaux, des inadaptés et des faibles car je considère que la prise en charge de la société a ses limites.

 

4) J'accepte de rémunérer les banques pour qu'elles investissent mes salaires à leur convenance, et qu'elles ne me reversent aucun dividende de leurs gigantesques profits, qui serviront à dévaliser les pays pauvres, ce que j'accepte implicitement.

J'accepte aussi qu’elles prélèvent une forte commission pour me prêter de l'argent qui n'est autre que celui des autres clients.

 

5) J'accepte que l'on congèle et que l'on jette des tonnes de nourriture pour ne pas que les cours s'écroulent, plutôt que de les offrir aux nécessiteux et de permettre à quelques centaines de milliers de personnes de ne pas mourir de faim chaque année.

 

6) J'accepte qu'il me soit interdit de mettre fin à mes jours rapidement, en revanche je tolère qu'on le fasse lentement en inhalant ou ingérant des substances toxiques autorisées par les états.

 

7) J'accepte que l'on fasse la guerre pour faire régner la paix.

J'accepte qu'au nom de la paix, la première dépense des États soit le budget de la défense.

J'accepte donc que des conflits soient créés artificiellement pour écouler les stocks d'armes et de munitions et faire tourner l'économie mondiale.

 

8) J'accepte l'hégémonie du pétrole dans notre économie, bien qu'il s'agisse d'une énergie coûteuse et polluante, et je suis d'accord pour empêcher toute tentative de substitution s'il s'avérait que l'on découvre un moyen gratuit et illimité de produire de l'énergie, ce qui serait notre perte.

 

9) J'accepte que l'on condamne le meurtre de son prochain, sauf si les États décrètent qu'il s'agit d'un ennemi et nous encouragent à le tuer.

 

10) J'accepte que l'on divise l'opinion publique en créant des partis de droite et de gauche qui passeront leur temps à se combattre en me donnant l'impression de faire avancer le système.

J’accepte d'ailleurs toutes sortes de divisions possibles, pourvu qu'elles me permettent de focaliser ma colère et ma haine vers les ennemis désignés dont on agitera le portrait devant mes yeux.

 

11) J'accepte que le pouvoir de façonner l'opinion publique, jadis détenu par les religions, soit aujourd'hui aux mains d'affairistes non élus démocratiquement et totalement libres de contrôler les États, car je suis convaincu du bon usage qu'ils en feront.

 

12) J'accepte l'idée que mon bonheur se résume au confort, à l'amour et surtout au sexe, et ma liberté d'assouvissement de tous mes désirs, car c'est ce que la publicité me rabâche toute la journée.

Plus je serai malheureux et plus je consommerai : je remplirai mon rôle en contribuant au bon fonctionnement de notre économie.

 

13) J'accepte que la valeur d'une personne se mesure à la taille de son compte en banque, qu'on apprécie son utilité uniquement en fonction de sa productivité plutôt que de sa qualité, et qu'on l'exclue du système si elle n'est plus assez productive.

 

14) J'accepte que l'on paie grassement les joueurs de foot ou des acteurs pervers, et beaucoup moins les professeurs et les médecins chargés de l'éducation et de la santé des générations futures.

 

15) J'accepte que l'on mette au banc de la société les personnes âgées dont l'expérience pourrait nous être utile, car étant la civilisation la plus évoluée de la planète et de l'univers connu et inconnu, nous devons postuler que l'expérience ne se partage ni ne se transmet.

 

16) J'accepte que l'on me présente des nouvelles négatives et terrifiantes du monde tous les jours, pour que je puisse apprécier a quel point ma situation est normale et combien j'ai de la chance de vivre en occident.

Je sais et admets qu'entretenir la peur dans nos esprits ne peut être que bénéfique pour nous tous.

 

17) J'accepte que les industriels, militaires et politiciens se réunissent régulièrement pour prendre sans me concerter des décisions qui engagent l'avenir de ma vie et de ma planète.

 

18) J'accepte de consommer de la viande bovine traitée aux hormones sans qu'on me le signale explicitement.

J'accepte que la culture des OGM se répande dans le monde entier, permettant ainsi aux trusts de l'agroalimentaire de breveter le vivant, d'engranger des dividendes conséquents et de tenir sous leur joug l'agriculture mondiale.

 

19) J'accepte que les banques internationales prêtent de l'argent aux pays souhaitant s'armer et se battre, et de choisir ainsi ceux qui feront la guerre et ceux qui ne la feront pas.

Je suis parfaitement conscient qu'il vaut mieux financer les deux bords afin d'être sûr de gagner de l'argent, et faire durer les conflits le plus longtemps possible afin de pouvoir totalement piller leurs ressources s'ils ne peuvent pas rembourser leurs emprunts.

 

20) J'accepte que les multinationales s'abstiennent d'appliquer les progrès sociaux de l'occident dans les pays défavorisés.

Considérant que c'est déjà une embellie de les faire travailler, je préfère qu'on utilise les lois en vigueur dans ces pays permettant de faire travailler des enfants dans des conditions inhumaines et précaires.

Au nom des droits de l'homme et du citoyen, j’accepte que nous n'ayons pas le droit de faire de l'ingérence.

 

21) J'accepte que les hommes politiques puissent être d'une honnêteté douteuse et parfois même soient totalement corrompus, puisqu’ils sont « des élus ».

Je pense d'ailleurs que c'est parfaitement normal qu’ils soient « défaillant », au vu de toutes les fortes pressions qu'ils subissent.

Mais, pour l’immense majorité restante, par contre, la tolérance zéro doit être de mise dans toute sa rigueur.

 

22) J'accepte que les laboratoires pharmaceutiques et les industriels de l'agroalimentaire vendent dans les pays défavorisés des produits périmés ou utilisent des substances dangereuses pour la santé, interdites en occident.

Au moins ils participent à l’écoulement des stocks et servent de cobayes gratuits pour la Recherche !

 

23) J'accepte que le reste de la planète, c'est-à-dire quatre milliards d'individus, puisse penser différemment que moi à la seule condition qu'il ne vienne pas exprimer ses croyances chez moi, et encore moins de tenter d'expliquer mon Histoire avec ses notions philosophiques primitives que je considère par avance comme désuètes.

 

24) J'accepte l'idée qu'il n'existe que deux possibilités dans la nature, à savoir chasser ou être chassé.

Et si je suis doué d'une conscience et d'un langage, ce n'est certainement pas pour échapper à cette dualité, mais seulement pour justifier pourquoi nous agissons de la sorte.

 

25) J'accepte de considérer mon Passé comme une suite ininterrompue de conflits, de conspirations politiques et de volontés hégémoniques, mais je sais qu'aujourd'hui tout ceci n'existe plus car nous sommes au summum de notre évolution, et que les seules règles régissant mon monde sont la recherche du bonheur et de la liberté de tous les peuples, comme je l'entends sans cesse dans les discours politiques.

 

26) J'accepte sans discuter et considère même comme vérités intangibles toutes les théories proposées pour l'explication du mystère de nos origines.

Et j'accepte que la nature ait pu mettre des millions d'années pour créer un être humain dont le seul passe-temps soit la destruction de sa propre espèce en quelques instants.

 

27) J'accepte la recherche du profit comme but suprême de l'Humanité et l'accumulation des richesses comme l'accomplissement de toute vie humaine.

 

28) J'accepte la destruction des forêts, la quasi-disparition des poissons des rivières et de nos océans.

J'accepte l'augmentation de la pollution industrielle, la dispersion de poisons chimiques et d'éléments radioactifs dans la nature.

J'accepte l'utilisation de toutes sortes d'additifs chimiques dans mon alimentation, car je suis convaincu que si on les y met, c'est qu'ils sont utiles et sans danger.

 

29) J'accepte la guerre économique sévissant sur la planète, même si je sens qu'elle nous mène vers une catastrophe sans précédent.

 

30) J'accepte cette situation, et j'admets que je ne peux rien faire pour la changer ou l'améliorer.

 

31) J'accepte d'être traité comme du bétail, car tout compte fait, je pense que je ne vaux guère mieux.

 

32) J'accepte de ne poser aucune question, de fermer les yeux sur tout ceci, et de ne formuler aucune véritable objection car je suis bien trop occupé par ma vie, mes désirs, mon sexe et mes soucis.

J'accepte même de défendre à la mort ce contrat si vous me le demandez.

 

33) J'accepte donc, en mon âme et conscience, indubitablement de façon définitive, cette bienheureuse vision de ma « condition humaine », que vous placez devant mes yeux pour m'empêcher de voir la réalité des choses.

Je sais, pour en être intimement persuadé, que vous agissez pour mon bien et pour celui de tous, et je vous en remercie vivement, émerveillé par tant d’acuité intellectuelle.

 

(Proposé par Amitié sur la Terre, le 11 septembre 2003)

 

Je signe où au juste ?

Avec mon propre sang tant qu’à faire ?

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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 05:56

 

Ou l'analyse des erreurs radicales et persistantes

 

J'étais à la recherche du dossier bleu !

Chez moi, ça s'entasse en tas, au gré des « urgences » et c'est toujours traité en mode « lifo » (Last In, First Out). Normalement, au soir, il n'y a plus rien...

Mais bon... Le dossier bleu, il n'était même pas en dessous de la pile et je me souvenais qu'il était urgent, lui aussi !

Donc j'ai rangé « mon bordel » et ai découvert une perle, bien confortablement installée entre deux « urgences » d'il y a bien des années !

 

Ch. Morel était alors DRH de chez Renault. Et il menait une réflexion sociologique sur les processus qui poussent les individus à agir contre le but recherché, les erreurs qui mènent à des catastrophes...

 

Vous connaissez naturellement l'histoire du « Pont de la rivière Kwaï » ?

Parabole de la décision absurde, nous dit Ch. Morel : le colonel Nicholson, combattant héroïque s'il en est, s'est attelé à la construction d'une œuvre au plus grand profit pour son ennemi, et a déployé en cela un zèle absolument sans précédent !

Sa décision est alors vide de sens parce qu'elle n'avait pas d'autre but que l'action elle-même.

Il a fallu plusieurs raids aériens meurtriers pour empêcher l'armée de son impériale majesté d'utiliser ce pont pour le ravitaillement de ses armées.

 

Comment et pourquoi donc une organisation persévère dans une erreur, alors que la solution semble évidente ?

« Lorsque l'on est en face d'une erreur radicale et persistante, alors il y a très probablement une ou plusieurs erreurs de raisonnement, combinée(s) à un mécanisme collectif qui fait que les gens sont dans une sorte de souricière, et certainement une mauvaise gestion du sens de l'action ».

La décision absurde n'est donc pas seulement une décision non pertinente, puisqu'elle se caractérise par cette persistance dans l'erreur : un individu, ou un groupe, agit de manière durable contre le but recherché !

 

En observant des cas relevés dans sa vie personnelle et professionnelle, ainsi que les accidents technologiques sur lesquels on peut trouver facilement des rapports d'enquête, notre DRH se penche dans son livre (*) sur les dysfonctionnements à l'origine de ce genre de décisions.

« Les erreurs de représentation sont souvent présentes dans les processus qui mènent à des décisions absurdes, à la différence des erreurs d'attention, de transgression ou de simple méconnaissance technique ».

 

Ce sont des raccourcis intuitifs, qui ont l'apparence de l'évidence, et sont éminemment fréquents dans l'évaluation des risques.

En effet, la probabilité associée intuitivement à un événement dépend beaucoup de l'état de confiance ou de méfiance dans lequel on se trouve au moment de l'appréhender.

C'est l'essentiel des accidents de la route, mauvaise gestion des risques, mauvaises appréciations de la situation, mais pas seulement.

Les managers de la NASA, confiants dans le caractère tempéré du climat en Floride, avait décidé de lancer la navette Challenger malgré les mises en garde des ingénieurs inquiets de l'état des joints en cas de coup de froid.

Cette très faible probabilité climatique se produisit, avec l'accident tragique que l'on connaît.

 

Il note également qu'il est difficile de raisonner sur deux priorités simultanées, comme l'illustre l'histoire d'un équipage qui concentre son attention sur l'état du train d'atterrissage et omet de surveiller le niveau de carburant, retardant trop l'atterrissage de l'avion : il finit par s'écraser, faute de carburant !

Idem pour l'accident du Mont Saint-Odile : tout à la concentration des manœuvres d'approche de l'aéroport, personne dans le cockpit de l'avion n'a vu que la pente de sa descente dans la nuit était trop forte !

 

Le plus surprenant est que ces biais coexistent avec des raisonnements « analytiques, méthodiques, déductifs, prudents, et cela dans des organisations de type scientifique ».

Ainsi, la même personne, ou la même organisation, amenée à utiliser un schéma cognitif rudimentaire va aussi appliquer une compétence de type scientifique.

Et d'en déduire que les situations de stress favorisent les modes de raisonnement enfantins, perceptifs et intuitifs, qui paraissent alors plus comme économes en énergie qu'un raisonnement analytique.

 

Dans les décisions absurdes, les processus collectifs, liés aux dysfonctionnements d'une organisation, se rajoutent à ces erreurs élémentaires de raisonnement.

Parfois, la division imprécise du travail et le silence sur les désaccords qui donne l'illusion de l'unanimité, sont autant de facteurs qui favorisent la persistance dans l'erreur.

Et de citer en exemple un épisode qui a marqué l'histoire de la firme Coca-Cola : lors d'une réunion, les directeurs généraux furent invités à goûter une nouvelle formule de cette boisson.

La plupart des participants étaient sceptiques quant à son goût, mais leur réaction fut polie, ce que le patron de la firme interpréta comme une absence de désaccord.

Le produit fut donc adopté, et... connut un échec commercial retentissant !

 

J'ai personnellement vécu le même genre de situation : mon pédégé de réunir tous ses cadres supérieurs et les commerciaux pour nous faire goûter des pâtes à truffe !

Pas terrible à la papille, mais « parfaitement cuite al dente ».

Sa bêtise eut été de donner son avis le premier. Nous nous sommes tous rangés à son avis « autorisé » de, non, pas gastronome mais de... patron !

Perso, j'avais traduit qu'il voulait imposer ce fournisseur dans le cadencier et avais juste émis un doute quant à la compatibilité avec le « goût gaulois ».

 

Idem dans cette commission de « cadres dirigeant » d'une autre grosse entreprise nationale en préparation d'une commission paritaire disciplinaire.

Le gars dont on devait décider la mise à pied, pour avoir agressé un collègue et lui avoir infligé des blessures portant à plus de 8 jours son ATT, était parfaitement ivre du matin au soir, jusqu'à venir au boulot en titubant et ce depuis des mois !

Le premier qui prend la parole notre « Chief superior », qui nous explique que tout le monde doit donner un avis et le motiver. Puis passe la parole au directeur de site qui n'en pouvait plus, nous indiquant que son collaborateur avait été par deux fois à l'origine des deux débuts d'incendie sur son site et que plus personne ne voulait travailler avec lui dans son équipe. D'autant que dans les périodes de « calme », il cuvait au fond de la réserve.

Bien !

 

La cause semble entendue : en faisant masse face aux syndicats qui soutenaient le gugusse, il devait pouvoir s'en remettre aux services sociaux pour se soigner, n'est-ce pas ?

Vous savez quoi ?

Le deuxième qui cause est toubib responsable d'une maison de retraite et nous cause longuement de la maladie qu'est l'alcoolisme.

Le troisième c'est moi : radical à souhait, intraitable, comme d'hab, pour les décisions qui tombent sous le sens. Je plaide que si ce gars-là avait besoin de soins, il fallait les lui fournir mais que nos boutiques ne sont pas équipées pour cela et de rappeler qu'un directeur de site est pénalement responsable des accidents provoqués par les types dont il a la responsabilité.

Bé, à la fin de cette réunion préparatoire, on me fait savoir qu'on n'a pas besoin de moi pour la commission à suivre.

Ce type-là n'a pas eu de sanction (grande victoire du combat syndical radical et protecteur) et est mort renversé par un 48 tonnes, que les pompiers ont mis une bonne heure à nettoyer la chaussée de tous les débris épars !...

 

Pour expliquer ce phénomène, Morel, identifie trois rôles principaux dans toute organisation moderne : le manager, l'expert, et le candide, ce dernier se définissant par opposition à l'expert.

L'importance relative de chacun de ces trois acteurs caractérise un modèle d'organisation : hiérarchique, technique, ou décentralisé.

L'analyse des interactions entre ces trois types d'acteurs permet alors de mieux comprendre comment une organisation peut accoucher d'une décision absurde.

 

Dans le « modèle hiérarchique validé », le manager est l'auteur de la solution absurde, et il est soutenu par l'expert, le candide étant absent.

Ce processus serait particulièrement le fait d'organisations « dont l'activité est techniquement si sophistiquée que les managers sont en même temps des experts ».

En cas d'erreur majeure, l'expert hésite à alerter le manager, alors que le manager interprète le silence de l'expert comme une confirmation du bon choix effectué.

De cette manière, « une confiance injustifiée envers une fausse piste se construit collectivement ».

 

Dans le « modèle décentralisé », le candide produit une solution absurde, pendant que le manager et l'expert restent plus ou moins passifs.

L'accident de Tchernobyl en est une illustration : les conducteurs ont pris des initiatives dangereuses, alors qu'une partie essentielle de l'expertise était absente.

 

Erreurs individuelles ou dysfonctionnements collectifs, dans les deux situations, la conséquence est l'éloignement progressif du but initial.

Les décisions absurdes sont en effet caractérisées par une certaine perte de sens à cause d'une définition imprécise des objectifs, trop globaux, ou même contradictoires. « Il est plus facile de produire des solutions que de réfléchir à des objectifs ».

C'est sans doute le cas de la crise des « subprime » et des « actifs toxiques » que tous les acteurs ont dispersé à travers le monde financier.

Voire dans l'absence de réaction pluri-décennale dans l'affaire Madoff.

 

Dans d'autres cas, l'action devient le but ultime de la décision.

C'est particulièrement le fait d'une organisation où le management est « axé sur les processus, par opposition au management axé sur le résultat ».

Ce qu'on retrouve dans l'accident Kerviel, pense-je.

Et l'auteur de relever avec ironie : « c'est donc plutôt dans de grandes organisations, disposant de moyens importants, qu'on trouve des "Ponts de la rivière Kwaï" » !

 

À titre personnel, je constate surtout qu'il y a toujours des « trios » dans les bonnes organisations : le financier, le commercial, le « producteur ».

Quand c'est « l'ingénieur » qui dirige la boîte, ça donne Citroën : des voitures géniales mais souvent invendables. Le cas typique jusqu'à la caricature étant « Concorde » : Les ingénieurs savaient faire, avaient envie de faire et avaient vendue l'idée en affirmant que la vitesse des avions doublait tous les 10 ans, seul moyen, d'ailleurs, de faire face à l'accroissement du trafic qui doublait alors tous les 5 ans !
Et personne de penser dans leurs rangs qu'on pouvait aussi doubler les capacité d'emport, genre 747...

Quand c'est le « commercial » le manager de la boutique, on va avoir des dépenses de marketing ahurissantes et un retour sur investissement absolument nul : on le retrouve dans le luxe, les parfumeurs avec plus ou moins de bonheur, tellement les marges sont immenses.

Quand le patron c'est le « financier », la boutique va être « bridée » dans son expansion et finira par mourir faut de se renouveler.

Ça ce voit rien qu'à la lecture de ses bilans : « croissance molle » sur marché porteur ! Un comble...

 

Personnellement, il m'amuse de passer, tour à tour, pour un « expert » ou un « financier », voire un « commercial » que je ne suis pas. Ça c'est mon rôle de « patron redresseur ».

Mais quand tout va bien, j'adore jouer le « candide ».

C'est tordant quand on est le « patron » qui décide in fine !

Mais à condition de ne pas en abuser...

 

Reste que ce que ne nous dit pas Morel, c'est que les bonnes armées, nous a appris Napoléon (le « cousin qui a réussi »), c'est un stratège, des capitaines jeunes et ambitieux et des sous-officiers ayant de la bouteille et l'expérience de la bataille.

Mais on rentre déjà dans un domaine hors sujet de son bouquin...

 

(*) Christian Morel est docteur en sciences politiques, et l'auteur de deux ouvrages :

« Les Décisions absurdes » (2002, Gallimard, Bibliothèque des sciences humaines) qui a été primé par l'Académie des Sciences morales et politiques, et a reçu le Grand Prix 2002 du livre de management et de stratégie (l'Expansion-McKinsey).

« La Grève froide » (1981, Les Editions d'Organisation, réédité aux Editions Octares) qui est une référence pour les spécialistes des relations sociales.

Par Christian Morel : Pas celui de la banque homonyme !

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1 mars 2009 7 01 /03 /mars /2009 06:02

 

 

Sarko commençait déjà à m'agacer !

 

Dans la vie, il y a deux types de personnes : seulement deux, pas trois !

Ceux à qui vous pouvez confier votre portefeuille et les autres...

 

C'était marqué sur sa « tronche », Cécilia, la première Dame du moment de mon pays, pour ne se comporter que comme une poule de luxe - et encore... enfin passons : c'est sa vie privée ! On ne peut reprocher à personne son manque de « classe » - puisque dès qu'elle a une carte de crédit ouverte sur le compte du Trésor, « l'argent des z'autres », c'est pour aller claquer du pognon dans les boutiques branchées, fait indéniablement partie de la seconde catégorie !

À son présidentiel mari de faire le ménage dans son ménage : après tout, il serait bon qu'il portasse aussi la culotte !

 

Que le « candidat Sarko » aille prendre quelques jours de repos son élection devenue définitive pour le quinquennat qui vient, chez des amis fortunés, là encore, passe encore : Ça ne nous regarde pas ! Il peut avoir les amis qu'il veut.

 

Que le Président de la République se fasse payer des vacances de plouc à manger du hot-dog, dans une location saisonnière financée par « d'autres z'amis », là, il commence à m'asticoter le neurone !

Comme si, moi, français, je n'avais pas les moyens de lui offrir des vacances de rêves avec tous les impôts que je paye (enfin, pas moi : tous les autres) et dont il est responsable !

Suis-je donc aussi nain que ça, pour qu'il aille faire l'aumône auprès de Cromback de chez Tiffany et Agostinelli de chez Lazard ou encore de chez Prada pour son épouse ?

Mon oseille pue-t-il à se point là que celui qui a sollicité mon suffrage puisse le dédaigner ?

Moi qui croyais que l'argent n'avait pas d'odeur, il faudra que je vérifie !

Et puis pourquoi 2 « contributeurs volontaires » ? Ni l'un ni l'autre ne sont assez « riches » pour ce genre de « largesse » d'une autre ère ?

Où sont-ce des contributions forcées ? Du racket présidentiel ?

 

Passe encore que nous ayons élu un Président dispendieux qui ne sait vivre que sur un train de vie somptuaire : après tout, nous avons été quelques dizaines de millions à le choisir collectivement !

Mais qu'il puisse préciser dans les colonnes d'un quotidien national l'identité des généreux mécènes comme seul remerciement, ça a quelque chose de particulièrement indécent, un peu comme si tout le peuple de France devait remercier ces deux marques de luxe en y allant s'y fournir !

Des coups de pieds au kul, oui !

Plus de TROIS ANS de Smic pour 15 jours de vacances, j'aurai nettement préféré faire une collecte nationale volontaire : à 60 millions de français, ç'aurait pu ne revenir à moins d'un dix millième d'euro, et ç'aurait été plus décent... en attendant le retour de l'impôt médiéval de « droit de gîte » des seigneurs capétiens et épiscopaux !

 

En attendant, j'aimerai bien, en qualité de fiscaliste, que ces sommes soient considérées comme non déductibles des comptabilités des entreprises d'où elles sont sorties. À moins que les généreux donataires, personnes physiques, soient eux-mêmes imposés comme d'une rémunération personnelle (y compris les charges sociales qui vont avec : ça renflouera un peu les caisses de nos régimes sociaux) ou comme un avantage en nature pour notre Ô combien vénéré Président, taxable entre ses mains, comme pour n'importe quel quidam. Voire une distribution de bénéfice taxable sur une assiette de 125 % de l'article 111 du CGI.

 

On aura noté que la jurisprudence est fournie en application de cette partie là du Code : Immeuble mis gratuitement à la disposition (CE 23 Nov. 1983, n° 35917), prise en charge des dépenses personnelles (voyages, restaurant, réceptions, téléphone, voiture : CE 22 Déc. 1982, n° 28185 ; 13 Mai 1992, n° 71495 ; 12 Jan. 1994, n° 82160 ; etc.)

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