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Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet.
Pauvre Marianne...
Un peu de pub :
Ekole des impôts de Clermont
L’autre fois, il y a longtemps, de passage par le ressort de l’université de Clermont, le petit aréopage de chefs d’entreprise réunis par l’agence locale Banque de France pour venir m’écouter causer des « périphériques de rémunération », notoirement hors charges sociales et à « fiscalité allégée » voire inexistante, a eu un succès inattendu. À quelques notabilités assidues au cocktail dinatoire qui suivait, d’autres venus de la Caisse des dépôts, des banquiers locaux et même de l’université qui abritait nos ébats doctrinaux, s’étaient joins quelques profs de l’école des impôts toute proche.
Je fais mon speech habituel, avec quelques traits d’humour dès le démarrage pour « chauffer » un peu la salle et enchaîne derechef sur l’exposé ponctué par quelques croquis lumineux avant de passer à des résultats chiffrés.
Comme d’habitude, je vois des mâchoires choir ici où là avec plus ou moins de rapidité, des pairs d’yeux s’écarquiller avec plus ou moins d’émerveillement : j’appelle ça « mettre en érection le neurone » !
Tout l’argent que je leur faisais miroiter qu’il suffisait de se baisser pour le ramasser, pensez donc qu’ils n’en étaient pas insensibles, tous ces « petits patrons » qui s’emmerdaient tard le soir loin perdus dans le « ventre mou » du centre de la « Gauloisie ».
Sauf, sauf un quarteron de « boutonneux », mal fagotés au fond de la salle, que je sens dubitatifs et même rétifs à s’agiter sur leurs sièges dans la pénombre.
Ça ne manque pas : au jeu des « questions/réponses », une fois l’exposé terminé, d’abord le « chef », puissance invitante, qui commence par dire longuement qu’il reste coi.
Puis son adjoint qui tente de vendre sa soupe bancaire par derrière et passe la parole à son collègue de la CDC.
Je reprends le flambeau en expliquant tous les mérites de ces deux vénérables institutions et en refaisant l’historique de leur procédé phare depuis les années 1973 et les évolutions notables jusqu’à nos jours : eux, c’est vrai, ils sont désormais à la « pointe du progrès », notamment pour la CDC qui a racheté la boîte qui faisait du sur-mesure.
Et comme la gestion de fonds n’est pas mon métier mais le leur, je reste très à l’aise pour être à la fois critique est parfaitement flagorneur.
Arrive « les gars du fond » : Leur jar se présente comme étant sous-directeur de je ne sais quoi en matière d’administration fiscale !
Je vois le TPG local, au premier rang, enfin s’éclairer d’un large sourire quand l’autre parle d’abus de droit, de montages scabreux et dilatoires, de détournements de la loi, etc.
« Vas-y mon coco, enfonce toi bien mon chéri », pense-je dans ma Ford intérieur, debout sur l’estrade allant de droite et de gauche à pas lent en l’écoutant religieusement.
Et je réponds : « Monsieur le Directeur, s’il s’agissait de fraude, d’abus de droit ou de quoique ce soit d’illégal voire même d’illégitime, pensez bien que je ne serai pas là à vous dévoiler de pareils mécanismes !
D’ailleurs, ce n’est pas moi qui les ai inventés, puisque je n’étais pas encore né, mais ni plus ni moins que le Législateur assisté par une administration formée de zélés serviteurs dont vous faites partie.
Et je vous rappelle que vous êtes payés, et mal rémunérés peut-être, pour appliquer la loi, il s’agit pour tous y compris vous et vos élèves d’appliquer sans frémir, la loi et toute la loi, mais rien que la loi !
Vous ne le feriez pas, que vous manqueriez bien naturellement à votre mission première ! »
Et de rajouter que pour moi, l’esprit de fraude, la fraude elle-même est un cancer, un sida contre lequel je suis le premier à lutter « d’autant plus qu’on arrive à peu près à des résultats comparables en restant dans le domaine légal : Un comble ! ».
Pour expliquer je sors un transparent que je colle sur le rétroprojecteur et trace à mainlevée un vieux croquis de derrière les fagots qui montre un espace divisé en deux par une ligne verticale rouge.
D’un côté, le champ du « légal », de l’autre côté le champ des « interdits ».
« Ça c’est votre domaine d’intervention, votre espace de compétence et nous voulons tous que vous y fassiez le ménage avec rigueur. C’est la partie illégale qu’il vous faut redresser quand quelqu’un s’y situe ! »
En haut dans la partie « champ légal », je trace un arc de cercle vert, qui ne rejoint pas la droite verticale rouge : « Là (en désignant le bas), le champ du possible, au-delà, le « champ de l’impossible ! » et de coller des petite croix bleues partout dans le « possible/légal ».
Mon doigt glisse sur le « champ de l’impossible/légal » : « Là c’est mon domaine de compétence ! Repousser les frontières de l’impossible, tel est mon métier d’ingénieur ! »
Conclusion, nous ne sommes pas concurrents (ce qui est faux naturellement).
Et je finis par quelques chiffres indiquant que depuis un demi-siècle, il y a eu des centaines de milliers d’entreprises globalement contrôlées tous les 3 ou 4 ans qui ont usé sans en abuser de tout ou partie de ces « périphériques de rémunération » offerts par la « très grande sagesse » du législateur : « Et sans aucun redressement sur le sujet ! ».
TPG et puissance invitante ? Aux anges !
Et que Dukon continue pour avoir gardé le micro : il fait machine arrière et n’affirme plus que j’incite à la fraude les pauvres kontribuables réunis ici ce soir-là, qu’il ne doute pas de la parfaite légalité des schémas que j’ai exposés, mais il insiste sur le fait qu’il considère que très globalement, n’importe qui est susceptibles de frauder le fisc : tous des fraudeurs qui s’ignorent en somme !
Le laïus classique enseigné, que dis-je, le crâne bourré, du postulat des inspecteurs ex-polyvalents !
Raclement de gorge des uns et des autres, qui tout d’un coup se sentent plus ou moins à l’aise du dérapage qu’on leur impose, hors sujet : ils ont hâtent d’aller au buffet dînatoire qui les attend.
Je tente de clore rapidement la polémique naissante : « Vous savez, Monsieur le Directeur, je vais vous dire ce qu’on observe sur le terrain et que vous ne voyez pas forcément ! Il y a partout des erreurs. Partout. Absolument partout. Même en matière d’impôt ou de taxe déclarative.
Dans toutes les organisations humaines, c’est au minimum 2 %. Mais parfois, on peut aller jusqu’à 15 %. Le pompon revient à la Taxe Professionnelle : 90 % des déclarations sont fausses, mais dans les deux sens, l’un compensant sans doute l’autre.
Viennent ensuite les autres impôts locaux, qui ne sont pas déclaratifs, avec un taux de 50 %, toujours dans les deux sens, et l’ISF : La peur du contrôle fait faire des âneries aux assujettis, qui oublient de revaloriser leurs biens et de déduire leurs passifs déductibles.
On trouve ensuite les déclarations d’IR et d’IS, avec des taux de l’ordre de 5 à 15 % selon la « taille » des assiettes.
La TVA subit aussi un taux d’erreur de l’ordre de 5 à 6 % : C’est un impôt simple, mais quand même. Et on retrouve le taux de 2 % chez les notaires (il y en avait plein dans l’auditoire, je le savais), qu’ils arrivent parfois à corriger, mais pas tout, le reliquat étant sans doute évalué à 1 pour 2.500.
Bref, pour ne pas polémiquer et vous dire qu’en définitive, on est très loin de l’esprit de fraude qui suppose la recherche intentionnelle d’éluder l’impôt ou la taxe.
Et là, on retombe à 5 ou 6.000 kontribuables sur les 35 millions existants en comptant les entreprises, soit à peine 1 sur 70.000. »
Je ne lui ai pas dit, mais c’est pareil quand il s’agit des redressements que fait l’administration fiscale : globalement, tous sont entachés d’erreurs. Quand ce n’est pas l’assiette, c’est la procédure, voire les deux. 9 fois sur 10, on choisit de laisser passer : trop long, trop coûteux de combattre la mauvaise fois des agents ou leur amateurisme. Sur le restant, une fois sur deux, ils sont passés à côté de l’essentiel.
Et une fois sur deux, on se bat avec succès, parce que ça vaut la peine.
« Ce qui m’étonne le plus, c’est qu’au total, j’estime à entre 8 et 12 % le manque de PIB de la Nation, environ 150 à 190 milliards d’euros par an qui s’évaporent dans la nature sans laisser de traces. Je le sais, parfois je le croise et cet argent vient alimenter les 20 à 30.000 milliards d’argent sale qui circule dans le monde entier… trois fois rien et pourtant !
Si l’on estime à 25 % du PIB les prélèvements fiscaux de toute nature, le manque à gagner de cette « évaporation » est donc de l’ordre de 46 à 48 milliards/an, moins que les « niches » qui sont officiellement évaluées à hauteur de 66 à 70 milliards par votre propre ministère.
Non, Monsieur le Directeur, le français n’est pas un fraudeur qui s’ignore : il est même plutôt parfaitement honnête, finalement.
Car s’il reste 10 % du PIB qui s’évapore, ce n’est pas le fait de 10 % de la population, mais bien plus de quelques aigrefins de voyous en col blanc qui échappent encore et toujours à vos services : Il faut réclamer plus de moyens et surtout vous faire aider par d’autres administrations chargées de traquer tout ce fric qui est néfaste à une saine émulation concurrentielle… »
Applaudissements debout !
Faux-kuls, va !
La « puissance invitante » monte sur scène pour inviter tout le monde à passer dans la salle d’à côté.
Plus tard, bien plus tard, après que je fis le tour des petits groupes qui souhaitaient quelques éclaircissements sur tel ou tel point de mon exposé, ledit Monsieur de l’ékole des Impôts vient à son tour m’aborder, la mâchoire quelque peu crispée.
Comment j’évalue les 10 % de PIB manquants ?
« Je le vois tous les jours dans les comptes des entreprises ou des contribuables qu’on me montrent. Il suffit de lire entre les lignes et de faire parler les chiffres. »
Blême le gugusse.
Pour finir par me demander d’intervenir dans ses murs…
« Si c’est pour rendre service à mon pays, pas de problème. Si c’est pour vous donner les « trucs » des fraudeurs, sachez que vous n’aurez aucun nom et que je ne parlerai que de défuntés ou d’opérations prescrites ».
J’attends toujours !
Inco à raison : on n’est vraiment pas sorti de l’auberge avec des gugusses pareils !
Quoiqu'à y regarder de
près...
C'est ce que suggérait un commentaire d'un supplément économique d'un grand quotidien du matin à propos des résultats de la cuvée 2008 de l'impôt de solidarité sur la
fortune.
Il faut cependant préciser un point de calendrier : la collecte 2008, dont on connaît maintenant les résultats définitifs, porte donc sur l'ISF payé en 2008, sur la base du patrimoine évalué au 1er janvier 2008.
Il est probable que cette année, avec la crise, le rendement sera plus faible : à force de surexploiter aux vitamines la poule aux œufs d'or, elle finit par ne plus rien avoir à pondre.
La crise provoquée et aggravée par le délire interventionniste étatique a fait s'effondrer
la valeur de certains patrimoines, ce qui se répercutera forcément sur l'impôt 2009.
En attendant, la mauvaise indexation de l'ISF, qui ne prend pas en compte l'ampleur de la flambée de l'immobilier jusqu'en 2008, très supérieure au taux moyen d'inflation, a encore entraîné une progression du nombre de foyers redevables.
On en est en 2008 à 565.966, contre 527.866, soit 38.100 foyers de plus.
Il faut rappeler qu'en 2003, ils n'étaient que 296.795 !
On constate presque un doublement du nombre de familles concernées en 5 ans, qui ne correspond évidemment pas à l'évolution réelle et durable des patrimoines, mais à un gonflement des prix de l'immobilier et de ceux des valeurs cotées en bourse, deux éléments qui se sont effondrés avec la crise.
En 2007, le patrimoine taxable avait progressé de 8,6 % (dont 6,6 % pour les valeurs mobilières et 12,3 % pour les immeubles).
De plus en plus de ménages avaient donc dépassé le seuil fatidique d'imposition de 770.000 euros et auront acquitté l'impôt, en juin dernier, au moment où la valeur d'une partie de leur patrimoine chutait sensiblement.
Gag !
En revanche, les contribuables ont en moyenne déboursé moins, l'ISF passant en moyenne de 7.637 euros par foyer à 6.732.
Eh oui !
C'est la conséquence directe de la loi TEPA, qui a prévu que les contribuables peuvent imputer sur leur ISF 75 % du montant qu'ils ont directement investi, ou via un holding, dans le capital d'une PME, mais à hauteur du plafond de 50.000 € par foyer (soit 66.666 € d'investissement quand même) !
La gauche s'était élevée contre cette « scandaleuse mesure d'aide aux plus riches », mais elle a toutefoir permis de lever 1,1 milliards de capitaux propres et permanents de plus pour les PME.
Un gros ballon d'oxygène (parfois déjà en compte-courant d'associé dans les dits-comptes desdites entreprises... Pour faire les fins de mois !).
Par ailleurs, l'État tarde à leur payer les 10 milliards de créances du plan de relance de « Bling-bling », argent déjà taxé à l'IS avant même d'être encaissé, remarquons-le...
De plus, on ne voit pas bien où est le cadeau, puisque cela ne peut concerner que 75 % de ce montant investi et que cette imputation ne peut dépasser 50.000 euros : Dans tous les cas, il s'agit bien d'un dessaisissement, d'une dépossession du contribuable.
Il est vrai que dans ce cas cela revient à réduire l'ISF, la recette fiscale espérée, contre des titres de Sarl ou de SAS dont ils ne reverront la couleur que dans bien des années, sous forme de dividendes... À nouveau doublement taxé (une fois à l'IS 33,33 % puis à l'IR, au taux progressif moyennant un abattement de 40 %, + la Csg, la Crds et les prélèvements sociaux... L'État n'est jamais perdant à ce jeu-là bien huilé et toujours efficace.
Et puis faut-il rappeler qu'une réduction d'impôts n'est pas un cadeau, mais simplement le fait qu'on rende aux gens une partie de ce qui leur appartient, qu'on leur avait pris de force dès lors qu'il l'utilise comme la loi le leur impose de le faire.
Cet assouplissement a un peu desserré la contrainte, puisque l'ISF a rapporté en 2008, 3.810 millions d'euros contre 4.031 en 2007.
Ce n'est donc qu'un petit ballon d'oxygène.
L'ISF, même ainsi allégé, fait figure d'extraordinaire archaïsme. En effet, la plupart des
pays du monde qui avaient mis en place cet impôt l'on supprimé, à commencer par presque tous les pays européens, Allemagne, Italie, Espagne, Autriche, Finlande, Suède, Irlande, Pays-Bas,
Luxembourg, Danemark,...Il n'y a plus dans le monde que quatre autres pays qui l'appliquent, et encore avec des taux moins progressifs que les nôtres.
Inutile de dire que dans un monde globalisé, et plus encore dans l'Union européenne sans frontières, cette spécificité française a été une catastrophe économique, mais aussi fiscale.
En moyenne, chaque jour, deux contribuables (par définition parmi les plus gros contributeurs fiscalement) quittaient le territoire.
Depuis les débuts de l'ISF, on estime ainsi la délocalisation en raison du seul ISF à environ 200 milliards d'euros, ce qui entraine une perte fiscale de 15,9 milliards : l'État, sur ces mécanismes-là d'imposition, est donc au total perdant.
D'autant qu'il le sera, toutes choses égales par ailleurs, par rapport au statu quo ante, au moment de l'ouverture des successions et autres passages de génération...
Moins de matière à taxer, on peut effectivement baisser les taux, remonter les planchers, ce n'est que justice fiscale par rapport à ceux qui sont allés voir ailleurs, ont voté avec les pieds depuis des années.
Et à travers lui, tous les citoyens défenseurs assidus du « Service public » sont également les grands perdants de ce délire.
Comment s'en étonner, quand on sait que le patrimoine est déjà taxé à l'occasion des
mutations (par exemple d'un héritage) et que, s'il a été constitué à partir de revenus, ceux-ci ont déjà subi une des taxations les plus progressives avec l'IR.
Certes, année après année, face à ce désastre dans tous les domaines, on a bricolé quelques aménagements : le fameux bouclier fiscal, pour éviter le « syndrome de l'île de Ré », qui limite à 50 % l'ensemble des prélèvements ISF, IR et impôts locaux ou encore, comme déjà indiqué, la déduction de 75 % d'un investissement dans une PME.
C'est une réaction typiquement française : on a conscience du désastre provoqué, mais, au lieu d'en supprimer la cause, on bricole quelques aménagements qui ne satisfont personne.
Marrant !
Même en matière de TVA ont y vient à créer des niches surabondantes mais Ô combien nécessaire pour tenter de ne pas assassiner tout le monde.
Avant-hier, les travaux à domicile,
Puis hier les services à domicile ou à la personne.
Demain la restauration hors du foyer... Souvenez-vous, il y a à peine trois décennies, manger à la cantine collective locale était hors du champ d'application de la TVA !
Une époque qui s'est perdue pour se restaurer à la coupure méridienne avec l'invention du ticket-restaurant déjà pre-payé à hauteur de 60 % par les entreprises, qui ont dû subventionner leur cantine en les donnant à gérer aux Comité d'entreprise, qui eux-mêmes n'en pouvaient plus à finalement sous-traiter le problème à 19,6 %...
Très drôle les retours de bâtons.
Non, finalement, ce qui m'inquiète beaucoup plus dans cette affaire, c'est que « l'exode fiscal » diminuerait : on ne compterait plus qu'un citoyen votant avec les pieds tous les deux jours.
Je ne sais plus où ai-je lu ça, mais de savoir que les « riches » sont en voie de disparition dans mon pays, ça m'inquiète lourdement : qui va donc payer demain les augmentations de recettes fiscales ?
Qui va assumer l'endettement colossal accumulé en quelques mois ?
Si on ne peut plus « taper sur les riches », on va franchement avoir l'air kon, à queuter pour quémander notre RSA !
Histoire fiscale trouble d'un honnête citoyen commerçant.
Il a commencé à travailler tôt comme apprenti boucher. Quelques années plus tard, il épouse la fille du patron et reprend la boutique de Beau-papa en gérance. Les affaires fonctionnent bien, la famille s'agrandit et quand Belle-maman se retrouve en difficulté financière dans sa toute nouvelle situation de veuve éplorée, c'est l'occasion pour lui de s'endetter un maximum à la fois pour libérer les locaux en centre-ville et pour installer un supermarché, portant une enseigne dynamique, en périphérie de la ville.
Il monte donc sa petite SARL optant pour le régime de la fiscalité des sociétés de personnes, semi-transparentes de « l'article 8 », comme la loi l'y autorise, qui porte l'activité et accueille toute la famille dans « la maison du gardien » attenante sur le terrain tout nouvellement viabilisé du magasin : l'impôt est dû par les associés et non par la société elle-même.
Une idée de l'expert comptable : il n'aura pas à payer la taxe sur les véhicules de sociétés (nous avons déjà rencontré ce genre d'ânerie : un classique !) sur la « 106 Pigeot » de madame, mis à l'actif du bilan !
Naturellement, c'est dur les premières années et la concurrence est féroce avec les tenants « du centre-ville ». Les déficits s'accumulent quelques temps, lui permettant de s'exonérer de fait de toute charge fiscale pendant quelques années.
Puis, à force de travail et de persévérance, les courbes finissent par s'inverser dans le bon sens en quelques années et il engrange les résultats d'une activité saine.
La dernière année de prescription des déficits reportables, il subit son premier contrôle. Normal. L'inspecteur redresse des évaluations de stocks, refusant de comprendre qu'une bouteille de vin à l'étiquette tâchée est définitivement invendable, quelle que soit la qualité du vin qui est dedans.
Ça se tâche à l'occasion de manipulations un peu brutales qui cassent l'une d'entre elles, dans les cartons. Pour peu que le carton incriminé soit stocké au-dessus d'autres et que l'on ne s'en aperçoive pas tout de suite, c'est toute la pile qui devient invendable !
Rien de plus : c'est du bon travail, un honnête citoyen qui paye ce qu'il doit à qui il le doit.
Pourtant, partant du principe que les états comptables sont donc faux, l'inspecteur rejette la comptabilité et taxe d'office, réclamant à la fois l'impôt direct et la TVA sur l'écart, en plus des pénalités saignantes et des intérêts de retard.
Passons : en trois ans, on revient à une situation normale. Au deuxième contrôle, notre contribuable avait pris l'habitude d'avoir un commissaire aux comptes qui signait des « PV » de destruction en partageant les bons crus avec son client. Le Service pouvait toujours « aller se brosser » !
La vie continue, la concurrence s'installe de l'autre côté de la ville, mais ça passe.
Arrive un jour une inondation : le ru qui ne court pas loin déborde sur la zone ! Le magasin est sous deux mètres d'eau pendant une journée, lui, son épouse et la petite dernière se font hélitreuiller au petit matin depuis le toit où ils ont trouvé refuge dans la nuit.
Au lendemain, c'est le désastre. Pet au casque et rupture d'anévrisme pour Monsieur. Madame se débrouille donc pour mettre tout le monde au chômage technique et essaye de sauver ce qui peut encore l'être. L'assureur s'énerve à attendre le décret de « catastrophe naturel ». Et on redémarre l'activité comme on peut, quelques semaines plus tard, sans une once de trésorerie !
Ça tombe bien, un supermarché, c'est d'abord une usine à cash, quand on a de la marchandise. « Turn-over » du stock entre 8 jours pour l'ultra-frais et 21 jours pour l'épicerie, hors les vins et alcools qui peuvent rester des années en réserve ou sur les étagères des gondoles, quand c'est bien géré et selon les rayons !
Paiement à 90 jours fin de mois quand la loi n'impose pas 30 jours fin de mois... Plus on en fait et plus il y a du cash disponible.
Mais la santé de Monsieur est chancelante. On met donc en place une gérance-libre et on sort du bilan la résidence principale qui est au fond du parking. Pour faire bonne mesure, l'expert-comptable, transforme la SARL en SAS et change de régime fiscal l'entreprise pour soumettre l'activité à l'IS : C'est l'occasion ou jamais d'éponger les déficits fiscaux à l'IR dus à la « catastrophe nautique » par l'imposition immédiate de toutes les plus-values potentielles, plus la cession du stock qui sera payé à la petite semaine.
Le Service enregistre l'opération et encaisse l'impôt sur les soldes sans rechigner.
L'année suivante, au mois de mai, on demande à Monsieur sa déclaration BIC à l'IR des résultats de la société... Monsieur un peu remis de ses efforts à surmonter la maltraitance de dame nature à son égard, se déplace explique que la société n'est plus soumise à l'IR, mais à l'IS et qu'elle a effectué sa propre déclaration et payé son acompte d'IS. « Bien Monsieur, c'est une erreur. »
En juin, il reçoit une mise en demeure de fournir sous 30 jours une déclaration BIC à titre personnel pour les résultats de sa société.
Il y retourne, réexplique sa situation, dictée par ce que lui a dit de dire son expert comptable. « Bien Monsieur, c'est une erreur. »
En juillet, il reçoit un avis de redressement au titre de la procédure de taxation d'office, motivé par le défaut de déclaration !
Il en fait un collapsus cardiaque : le Service, dans sa grande mansuétude, prend la totalité du Chiffre d'Affaires des trois dernières années, l'abat de moitié, divise par trois et retient ce montant ! Faramineux...
Naturellement, l'avis d'émission d'une créance de TVA arrive derrière, avec pénalité, selon le même calcul bizarroïde.
Madame, entre les visites à l'hôpital de long séjour, les passages chez l'expert-comptable, trouve le temps d'expliquer au Service, l'erreur commise. « Bien Madame, c'est une erreur. »
Mois d'août : papier bleu, papier vert, papier rouge en rafales serrées pour les vacances et une saisie du compte bancaire du couple plus un avis à tiers détenteur (ATD) sur les redevances de location-gérance...
C'est elle qui en fait une attaque cardiaque : Pompier, hôpital service des urgences, elle est sauvée in extremis. Monsieur, en apprenant ça par sa fille s'en arrête de respirer définitivement dans la nuit sans raison physiologique apparente.
Obsèques, Madame absente pour cause déprime sévère. Ouverture de la succession.
Le fils aîné revient en trombe de sa résidence Australienne où il a fait métier d'étudier de près la faune bigarrée pour une agence scientifique locale et s'enquiert d'un notaire.
Le notaire, commence à comprendre... qu'il ne comprend rien. Il joint quand même Madame la Directeuse des services, en voisin, qui lui explique qu'il s'agit d'une erreur.
S'il s'agit d'une erreur, le passif fiscal putatif est sans fondement : on ouvre donc la succession sur un actif sain, magasin, terrains, fonds de commerce inclus, net du point de vue fiscal et social.
Madame rentre chez elle pour découvrir que sa porte a été fracturée par le Commissaire de Police qui a permis à l'huissier du Trésor de faire une saisie-inventaire des biens meubles et immeubles.
Elle en profite pour placer sa tête dans le four resté sur place. Quand un robot quelconque se met en marche au petit matin, c'est le feu d'artifice. Les pompiers réussissent à préserver la bouteille de propane au fond du jardin, mais ne laissent que ruines et cendres détrempées à la police qui ramasse un cadavre calciné.
Ça facilite le travail du notaire : actif successoral réduit et il peut faire deux actes le même jour !
Succession du père qui va à la mère et aux enfants, succession de la mère qui va aux enfants : deux fois les droits ! Il faut vendre d'urgence le magasin au gérant qui l'achète à bas prix, largement en dessous de la valeur déclarée en succession : il n'a pas beaucoup d'argent et le banquier est devenu soudainement méfiant de la précipitation qu'il découvre !
Les enfants repartent chacun chez soi avec leur chagrin et un tout petit-petit pécule, quelle que part, mis en compte.
Une année passe. Un jour, Mademoiselle reçoit dans le HLM de sa ville lointaine une mise en demeure de payer des trucs à 6 chiffres et en euro...
Elle s'enquiert de la conduite à tenir auprès de son frère, qui ne tarde pas à recevoir le même papier du fisc français, jusque dans sa brousse à wapitis.
En qualité d'ex-associés de la SAS pour en être les héritiers, le Trésor fait jouer son « super-privilège » et son droit de suite sur les impôts et pénalités (qui ont enflé entre temps) au titre du passif fiscal pourtant normalement éteint avec le décès des parents.
Elle fait comme Maman dans le temps passé et va voir le Service. C'est un peu compliqué : elle n'a demandé qu'une demi-journée de congé à son employeur. Elle est promenée de bureau en bureau toute la journée, pour finalement s'entendre dire que : « Bien Mademoiselle, c'est une erreur. »
Épuisée, elle pense en avoir terminé.
Pas du tout : à l'occasion d'un stage pour devenir infirmière-chef, elle tente de retirer de l'argent à un distributeur automatique de billet et la machine lui avale sa carte : Interdite bancaire !
Le temps de comprendre d'où cela vient, elle retourne furieuse auprès des Services des impôts dont dépend sa ville natale. « Bien Mademoiselle, c'est une erreur. »
Plus inquiet, le fiston qui entend l'affaire finit par me passer un courriel : je ne sais pas comment il a pu récupérer mon adresse, mais comme nous avions barré ensemble il y a déjà quelques décennies autour de la « Corsica Bella Tchi-tchi », je parviens à joindre rapidement sa sœur.
Le GPS finit par m'amener jusqu'à elle, entre deux portes du service de néo-natalité où elle œuvre. « Le dossier ? Quel dossier ? - Les avis d'imposition, les ATD, les courriers, je ne sais pas moi ! ». Elle scanne tout ça le soir et je la rappelle le lendemain : « Vous avez oublié de me faire copie des courriers de réponse de l'administration et ceux de vos parents ! - Je n'ai rien d'autre. » Qu'à cela ne tienne, je prends RDV avec l'inspecteur en charge du dossier.
Celui-là fait mine de le découvrir en même temps que moi et constate, sûr de son fait, qu'il n'y a jamais eu contestation écrite des impositions !
« Pardon ? » fis-je avec mon air méchant, et un accent soudainement à couper à la tronçonneuse, genre « berger Corsu têtu comme un âne » qui voit arriver un képi de garde-champêtre à l'horizon...
Le type lève les yeux sur moi et sent instantanément que le bureau où il nous reçoit va devenir très vite trop exigu pour ma carrure de 2ème ligne ventripotente, et décide de passer fissa la « bomba Corsa » à son chef, lisant dans mon regard la signature de futurs attentats du Canal UC ou un autre, il ne sait pas trop !
Nous finissons par être reçus par Monsieur le Directeur. Lui aussi découvre le dossier et comprend vite les errements de ses prédécesseurs : « Bien Monsieur, c'est une erreur ! »
Nous nous rendons compte tous les deux que « tout le truc », et depuis des années, c'est que confiant dans l'avis autorisé mais oral des agents dévoués à des grades divers, ont été rendus sans le moindre papier de confirmation ou d'infirmation, ni d'une part ni d'une autre !
Officiellement et sur dossier, rien n'atteste que ces citoyens là ne sont pas d'ignobles fraudeurs et tricheurs, de la pire espèce, de celle qui vole 66 millions de gaulois directement dans la poche de chacun !
Sur le coup, il promet une remise totale de tout, à titre gracieux, et sans condition, sous huitaine ! « Eh bien vous allez me l'écrire, cette fois-ci, Monsieur le Directeur ! » Il en est d'accord... « Maintenant ! »
Pas facile, mais il calme la tempête en obtempérant gentiment.
Et une fois le papier en main, je lui fais : « Et puis non ! Vous allez aussi restituer la valeur actualisée de toutes les saisies effectuées, intérêt légal majoré en sus. Je vous laisse 15 jours et pas plus ! ».
Là il tousse !
Nous savons l'un et l'autre qu'il ne peut pas : il faut en passer par une procédure contentieuse, un détour par le Directeur régional, compte tenu du montant, éventuellement une décision du Tribunal Administratif.
Alors là, il a le tort de m'évoquer un bon avocat fiscaliste pour accélérer la procédure. « Si je prends un avocat, ce sera un pénaliste. J'ai d'ailleurs une lettre à mon ami le premier substitut du Procureur de votre bonne ville prête à être timbrée !
- Le Proc... ?
- Naturellement ! Quand le Service dépouille une famille honnête au nom de la loi républicaine qu'il est censé appliquer, alors que c'est un détournement de la dite loi commune, ça s'appelle du vol en bande organisée ! D'autant qu'il y a déjà 2 cadavres et que vous persistiez à en générer 2 autres ! »
« C'est déjà du ressort de la Cour d'Assise, et la récidive est une circonstance aggravante ! »
C'est faux, naturellement, dans la pratique, même si ça reste vrai en théorie. Mais l'effet attendu est immédiat : le gars ne se voyait pas être entendu dans le box des accusés, lui ou son confrère, face à un jury populaire.
Inimaginable...
Alors, va pour la remise gracieuse de tous les encours et une reconnaissance de créance sur le Trésor imputable sur tous les impôts directs de Mademoiselle, qui l'exonère de Taxe d'habitation et d'impôt sur le revenu pendant une bonne décennie, peut-être deux !
Je n'en reviens pas de ce délire (complètement illégal !)...
Il en rédige lui-même le modèle de lettre qui doit accompagner ses déclarations futures et ses avis d'imposition à retourner en paiement.
La sœur de mon ancien pote est ravie, des étoiles qui scintillent plein les yeux et me prend pour un génie ! Le dirlo va encore alimenter la paranoïa qui règne dans les services quand je présente ma carte !
C'est la France qui marche, ça, qui se lève tôt et qui voit la « valeur travail » être récompensée...
J'en rigole tristement encore dans mon petit « tas de boue à roulette » qui s'enfonce doucettement dans les embouteillages qui protègent l'accès de la Capitale.
Car j'ai envie de pleurer : Mon pays à moi, celui où force reste à la Loi, celle qui fonde le Droit, jusqu'aux droits de l'Homme soi-même, qui laisse piétiner par des abrutis censés l'appliquer, la loi fiscale...
Cette loi fiscale qui justement permet de financer équitablement toute l'activité de l'État qui vise à la protection de la « Loi » et du « Droit » !
C'est désespérant que de devoir encore en passer sur des cadavres...
Faut que je vous en fasse un « post ». Pour partager et oublier la méchante nature non-humaine de ses hommes de papier-là !
Voilà qui est fait ce matin.
Le Drame des Antilles Françaises...
Mais tout autant des DOM d'une façon générale : La vie y est chère !
Ah que même, notre Ô combien vénéré Président, ex-candidat du pouvoir d'achat et du désendettement public, ça ne le tourneboule par outre mesure (que celle de ne pas prendre un gifle trop forte aux prochaines élections de juin prochain : Pensez donc, il va pouvoir se débarrasser d'une égérie devenue insolente, à savoir « Rachida Mimi », consignée pour un moment à Strasbourg !)
Mais... pas que !
Car si la vie est chère outre-mer, ce n'est pas que la faute aux béqués, ni même à la tarification de la continuité territoriale, ah que non !
Et personne de vous le dire, jeunes gens !
C'est la faute à « l'octroi de mer »... Un truc purement « franco-gaulois » comme on en a connu jusqu'en 1959, et depuis Louis XVIII pour le territoire métropolitain mais pas continental qu'est la Corsica Bella Tchi-tchi !
Une vraie tare à retardement, enfonçant l'économie insulaire dans un désert
sur-subventionné et sous équipé...
C'est une taxe française applicable à la plupart des produits importés dans les DOM (hors Saint Barthélémy et sa voisine Saint-Martin, fiscalement « privilégiées », elles ! Pensez... Pas fous, ceux-là !)
Elle est en vigueur en Outre-mer et est perçue par les Douanes.
Sa création remonte au XVIIème siècle. Pas moins !
Elle était alors appelée « droit de poids ».
Le nom « d'octroi de mer » ne lui est officiellement donné que par la loi du 4 juillet 1866, sous le second empire donc, qui accordait aux « colonies » une certaine indépendance commerciale.
Cette taxe ne s'est appliquée uniquement que sur produits importés jusqu'à la loi de 1992, prise en application d'une décision du Conseil européen du 22 décembre 1989, qui a étendu la taxation aux productions locales pour mettre en conformité cette taxe avec le principe de non-discrimination d'origine européenne.
Car la CJCE (Cour de Justice de la Communauté Européenne) a eut jugé en 1992 (le 16 juillet 1992, Administration des douanes et droits indirects contre Léopold Legros et autres, affaire C-163/90, recueil de jurisprudence 1992 page I-04625) que l'octroi de mer était une taxe d'effet équivalent aux droits de douanes. Donc « interdite par le traité CEE en raison de l'obstacle aux échanges entre États membres que cela constitue, et ce malgré le fait que l'octroi de mer était perçu même sur les biens provenant d'une autre partie du même État membre » (la France).
L'octroi de mer, dans sa version originale, était donc contraire aux principes du Marché commun car percevoir une taxe au franchissement d'une frontière régionale segmente le marché.
L'horreur européenne !
Du coup, la loi de 1992 a déterminé les modalités d'un régime fiscal de « l'Octroi de Mer » pour dix ans, laissant en particulier aux Régions la possibilité d'accorder des exonérations de la taxe aux productions locales pour des motifs de développement économique soumises à l'accord de la Commission européenne (dans son rôle de contrôle des aides d'État et sa règle des « minimis »).
Devant arriver à expiration le 31 décembre 2002, ces modalités ont néanmoins été prorogées d'une année à la demande expresse de la Ministre de l'Outre-mer.
C'est que sa recette servait déjà exclusivement l'économie publique locale...
En 2004 ce régime « exotique » a pu ainsi être consolidé pour 10 ans par la loi du 2 juillet 2004 (n° 2004-639) relative à « l'octroi de mer » qui autorise des écarts de taxation au bénéfice des productions locales dans des conditions fixées par une décision du Conseil de l'Union Européenne du 10 février 2004 et aménage la répartition du produit de la taxe entre les collectivités bénéficiaires.
Le 17 décembre 2003, la Commission Européenne se prononçant en faveur du maintien de ce
régime pour une durée de 10 ans, le décret d'application est publié le 1er janvier 2005 (n° 2004-1550 du 30 décembre 2004).
Faut-il en rire ?
Que les îliens se révoltent parce que la vie est trop chère sur leurs îles, on peut comprendre, d'autant que les tarifs vont de 2 % à 50 % (50 % sur les tabacs et le Rhum, 40 % sur les vidéos et films de sexes, etc....).
C'est dire s'ils ont bien raison de hurler au scandale et de nous asséner des vérités incompréhensibles telles que la vie est 30 % plus chère chez eux que chez nous !
La distance n'est pas toujours une référence, d'autant que les distilleries de rhum ne se situent pas sur le continent européen, mais aux Antilles voisines battant pavillon étranger !
C'est que « l'octroi de mer » est une ressource financière absolument essentielle des communes locales, les gueux !
En Martinique, « l'octroi de mer » représente 48 % des rentrées fiscales des communes de moins de 10.000 habitants et 37 % de celles des communes de plus de 10.000 habitants.
Les conseils régionaux peuvent même y adjoindre un « octroi de mer régional » perçu au profit de la région (maximum légal à 2,5%).
Mais heureusement il est des exonérations spécifiques, car le but de « l'octroi de mer » est de « créer une distorsion fiscale afin de protéger la production locale de la concurrence extérieure » (sic).
Mais si !
Tout principe européen bu, naturellement...
Certains biens, comme des matières premières ou des équipements sanitaires, peuvent également bénéficier d'un régime de dérogation.
La loi régissant « l'octroi de mer » prévoit ainsi la cohabitation d'un régime général et de 3 listes annexes de produits bénéficiant d'une taxation spécifique.
Ces listes sont propres à chaque région, et sont classées suivant trois lettres, A, B et C : pour les produits présents à l'annexe A, l'écart de taxation ne peut dépasser les 10 points de pourcentage ; pour les produits présents à l'annexe B, l'écart de taxation ne peut dépasser les 20 points de pourcentage ; pour les produits présents à l'annexe C, l'écart de taxation ne peut dépasser les 30 points de pourcentage.
Dans les régions de Guadeloupe, de Guyane, de Martinique et de la Réunion, sont soumises à
« l'octroi de mer » :
- L'importation de marchandises ;
- Les livraisons de biens, faites à titre onéreux, par des personnes qui y exercent des activités de production. Sont considérées comme des activités de production les opérations de fabrication,
de transformation ou de rénovation d'un bien meuble corporel, ainsi que les opérations agricoles et extractives.
La livraison d'un bien s'entend du transfert du pouvoir de disposer d'un bien meuble corporel comme un propriétaire.
Les prestations de service n'entrent pas dans le champ d'application de cette taxe.
La base d'imposition est constituée par la « valeur en douane » au sens de la réglementation communautaire, et pour les livraisons de biens produits localement, par le prix hors taxe sur la valeur ajoutée.
Car ça fonctionne dans les deux sens du commerce îlien (importation/exportation) mais pas au même taux non plus pour les « exportations » y compris vers la « Gauloisie métropolitaine » en principe exonérées (article 4-1° à 3°), les taux sont carrément divisés par dix, mais c'est variable d'un produit à l'autre puisqu'il n'y a que « l'octroi de mer régional » à acquitter...
Idem pour les livraisons entre Guadeloupe et Martinique (Article 4-4° de la loi)...
La liquidation intervient sur la déclaration en douane ou sur les déclarations trimestrielles souscrites par les assujettis auprès de la recette des douanes territorialement compétente en notant
une dispense de souscription pour les assujettis dont le chiffre d'affaires relatif à leur activité de production est inférieur à 550.000 euros (Article 5).
Autrement dit, tout est cher, parce que les responsables politiques du coin, normalement élus par les consommateurs et électeurs locaux, ne renoncent pas à « passer sous la toise » tout
produit « importés » pour financer l'autosuffisance alimentaire desdits locaux !
Un peu ubuesque, ce truc-là !
Mais silence, personne n'en pipe mot... quand il s'agit de « l'argent des z'autres », on ferme sa grande gueule !
Sauf à être absolument ignoble comme moi, bien sûr !
Je suis né comme ça, je n'y peux rien !
Et la « taxe-poisson » qui se prend dans les filets...
Souvenez-vous, c'était en 2006, puis en novembre 2007 et pour la dernière fois en mai 2008 : l'augmentation du gazole provoque des mouvements de pêcheurs avec blocage des ports.
En novembre 2007 le chef de l'État, « Bling-bling soi-même » toujours prompt à faire le coup de poing et doubler « Fifi le grand guignol » dès qu'il peut, descend au Guilvinec, lâche un ensemble de mesures et très vite crée une taxe de 2 % sur la vente du poisson dans les grandes surfaces, destinée notamment à financer les « aides à la modernisation de la pêche » ainsi décidée à la va-vite.
Cette taxe est bien sûr immédiatement attaquée à Bruxelles par la grande distribution qui crie à la mesure anticoncurrentielle.
Le procès n'a pas encore trouvé d'issue à ce jour.
Mais entre temps Paris a débloqué des fonds pour les pêcheurs à la suite des blocages de ports de mai 2008, même si Bruxelles retoque une partie des 15 mesures prévues par le gouvernement.
Mais voilà, par malchance, le prix du gazole vient de s'effondrer cet hiver.
Du coup la Fédération du Commerce et de la Distribution, auteur du recours judiciaire contre la taxe, demande au gouvernement de supprimer cette taxe qui n'a plus de raison d'être.
Logique, non ?
Ah que, ah que... Pas si simple mes bons z'amis.
Parce que le produit de la taxe ne va pas directement de la poche du consommateur de poisson au marin-pêcheur de poisson, mais passe par la grande surface qui fait office de collecteur de taxes (un peu comme la TVA) et par l'État, grand pourvoyeurs d'aides aux râleurs et autres inconséquents irresponsables.
Parce que pas fou, Bercy, c'est jamais lui qui paye : non là, cette fois-ci encore c'est le consommateur qui casque : il aime à acheter du poisson très cher, rendons-le encore plus coûtatif !
Ca c'est moderne !
Suivez le raisonnement : si nous étions en pays de liberté, naturellement, pour moderniser l'outil de travail, on en réparti le coût dans le produit vendu.
Logique.
Mais pas en « Gauloisie exceptionnelle »... Le Marin-pêcheur, il continue de vendre sa camelote à bas prix, mais on taxe le konnard de consommateur : ça c'est l'intelligence en marche de l'énarchie dominante assise sur la « pensée unique » servie à longueur d'onde !
Du coup, la modernisation du secteur, mesure structurelle au demeurant indispensable (parce que franchement, ils z'ont quelques décennies de retard sur la concurrence niponne, nos bretons), ne va pas s'arrêter parce que le prix du gazole s'effondre, tiens donc !
Billevesées !
Même s'ils étaient capables de financer leurs pêches avec du gazole moins cher, tu penses bien que l'énarchie ne va pas lâcher le morceau pour si peu : elle se sent investie d'une responsabilité solidaire et nationale envers les pêcheurs de la contrée et continuera à percevoir la taxe au nom de la modernisation !
Plaisanterie très « franco-gauloise » bien entendu, on ne supprime jamais le
principe des aides au prétexte que les circonstances qui lui ont donné naissance ont disparu !
Pas plus qu'on supprime une taxe qui fait vivre l'usine à gaz étatique !
Elles persistent dans leur principe, même si justement elles n'ont plus d'utilité et que leur quotité est mécaniquement réduite à néant : Il faudrait aussi supprimer la
recette fiscale qui fait vivre toute la chaîne fiscale ? N'importe quoi, les amis...
Ça va pas dans la tête, là ?
Mais il y a quelques raisons de rester vigilant : le prix du gazole, c'est certain nous disent les économistes, va ré-augmenter.
Et même si, comme ce n'est pas impossible, les pêcheurs reprennent le blocage des ports pour obtenir de nouvelles aides, alors là, il y aura matière à rappeler l'historique vécu !
C'est alors, vous le verrez, qu'on devra, dans l'urgence, redoubler d'effort à piquer le pognon à ce konnard de consommateur qui persiste à manger du poisson de haute mer (et d'élevage) au lieu de son futur tourteaux de soja (comme les bovins, naturellement) promis par le Département de l'agriculture à Washington !
Avec une taxe à 4 % pardi !
Comme disait ma grand-mère, plus c'est cher, meilleur c'est !
Encore un attrape-gogo bien réglé, comme sur du papier à musique !
Ma grand-mère, elle n'avait pas tout compris, mais était une accro du marketing appliqué !
L'mpôt de succession aux USA...
« Baraque au-Bas-mât », tout nouveau 44ème président des USA, va rétablir la « death tax », l'impôt de succession, la « taxe sur la mort ».
Carnassier, va !
Celui-ci devait disparaître en 2010 en application d'une loi votée sous « Bu-Bush », mais sera rétabli en 2011 à son niveau originel, c'est-à-dire celui existant sous Clinton (l'homme à la pipe historique...).
À cette époque, chaque individu avait le droit de léguer hors impôt 600.000 $ et le reste était taxé à 55 % (sans compter les impôts de succession que beaucoup d'États ajoutent) : il en restait donc un gros bout quand même.
Un legs direct à la seconde génération, qui par le cumul de cette taxation, finissait par être taxé d'à peu près de 80 % (globalement 30 à 40 % en « Gauloisie supérieure » en 3 générations, mais sans les effets de l'ISF, ce qui ramène à doubler l'impôt de « mainmorte » dans notre bel hexagone).
Un système toutefois beaucoup plus sévère qu'en « Gauloisie éclairée » post-sarkosienne.
Un système qui avait ses défenseurs dont et même parmi les plus grandes fortunes du pays.
C'est par exemple le cas de Warren Buffett, le président de « Berkshire Hathaway », qui a fait la une des médias en donnant la quasi-totalité de sa fortune à la fondation de Bill (sans lequel je ne pourrai pas vous écrire, ni compter : merci à lui) et Melinda Gates, sa douce à lui.
Buffett explique que la force de l'Amérique, ce ne sont pas les grandes fortunes passées mais celles qui se créent chaque jour grâce à l'audace et à l'imagination d'entrepreneurs partis généralement de rien.
Transmettre des très grandes fortunes à des héritiers aboutit le plus souvent à donner d'énormes pouvoirs - par le poids de l'argent faut-il reconnaître - à des héritiers qui ne sont pas forcément capables d'en faire le meilleur usage et sont une des raisons d'inefficience de l'économie nationale, inefficience dont Buffet a d'ailleurs fait son beurre et sa crème en rachetant les actions de sociétés en perdition gérées par la seconde ou la troisième génération.
C'est dire s'il sait de quoi il parle, le bonhomme !
C'est d'ailleurs le sens d'une vieille maxime du vieux continent : « la première génération crée, la seconde maintient et la troisième bouffe tout ».
Bien entendu, quand la troisième n'a pas tout bouffé, la quatrième se retrouve héritière d'une « dynastie familiale » à la « gauloise » et survit à la tête d'entreprises parfois monstrueuses, en pleine expansion en s'assurant le concours de quelques personnalités exceptionnelles, prises en dehors de la famille...
Bon, il y a des exceptions aussi : Peugeot, Pinault, Arnaud, Lagardère, mais c'est parce qu'il y a aussi quelques « astuces fiscales » qui permettent d'échapper à la « main de Dieu » en usant de quelques ficelles laissées par ses saints ici ou là, au gré des lois de finances successives du pays.
Le bien fondé de cette taxation se vérifie en quelque sorte en regardant le classement annuel des grandes fortunes américaines publié chaque année par Forbes Magazine : le pourcentage de la « new money » excède 50 % et la « death tax » a réduit l'« old money » autour de 40 %.
Une campagne habilement menée par des lobbyistes était cependant parvenue en 2001, au nom de la défense des PME, à exempter ou réduire drastiquement les impôts, même sur les plus grandes fortunes (le dernier « effort » de l'école de Chicago).
Il semble que le gouvernement de « Au-bas-Mât » maintiendra la « death tax » mais à un niveau tel qu'elle touche les grandes fortunes mais pas les petites et très petites entreprises qui sont l'une des forces des Etats-Unis : les sept premiers millions de dollars de la succession d'un couple seraient exemptés et l'excédent taxé à 45 % et non plus 55 %.
Le choix de ces seuils résulte d'une habileté politique : la loi qu'avait signée « Bu-bush junior » comprenait une diminution progressive des taux et une augmentation du montant détaxé.
Les seuils ci-dessus sont le niveau prévu pour 2009 ; et donc le Congrès n'aura qu'à geler la « death tax » à son niveau actuel.
Politiquement beaucoup plus facile que d'avoir à créer des seuils et des taux à partir de rien.
Le passage de cette loi est donc fort probable.
Mais on peut aussi avoir une autre lecture : Le nouveau gouvernement américain - issu des urnes le 4 novembre dernier, mais tout juste aux manettes le 21 janvier suivant seulement - va avoir besoin d'argent pour financer par ailleurs la baisse d'impôt promise à la « middle class » et pour faire aboutir le « dada » clintonien de « medical care act »...
Peut-être bien que l'on bougera les taux ou les seuils...
Plus de « old money » pour les nécessiteux : serait-ce ça le « néolibéralisme » d'outre-Atlantique ?
C'est encore Warren Buffett qui sauvera ainsi son fonds de commerce pour un moment et durablement, à la génération suivante, via (parce qu'il y a aussi des « astuces fiscales » même aux USA) d'autres fondations et le fameux « Trust » (qui assure des « rentes » auxdits héritiers)...
À ce sujet, s'il existe un classement des « privates fortunes », où la « new money » US truste le top du classement mondial, il en existe aussi un autre...
Celui de « l'Index of Economic Freedom » publié par le Wall Street Journal et « Heritage Foundation »...
Autrement dit « l'index mondial de la liberté économique »... 179 pays y sont classés selon une batterie de critères inchangés depuis l'origine (ou presque) et 4 inclassables, comme l'Irak, l'Afghanistan, le Soudan ou le Lichtenstein (allez savoir pourquoi ?).
Il est censé refléter le « degré de libéralisme » (avancé) des pratiques économiques d'un pays à un autre.
Comme à l'accoutumée, Hong-Kong, pourtant rattaché aux tsars de Pékin, tient le haut du pavé...
Les USA sont classées 6ème, derrière, Singapour, l'Australie, l'Irlande et la Nouvelle-Zélande.
Mais devant le Canada, le Danemark, la Suisse et la Grande-Bretagne...
Rappelons qu'il y a dix ans (1999), la « Gauloisie supérieure » se classait encore à la vingtième place, occupée actuellement par la Belgique, derrière le Japon et devant Macao.
L'an dernier, pour être vraiment de méchants « ultralibéraux » sous « Fifi I & II », nous étions classés 48ème.
Aujourd'hui, c'est la Qatar qui occupe ce classement, derrière Malte, mais devant le Mexique...
Pour nous retrouver coincés entre... (ne rigolez pas, les Amis, c'est sérieux !) l'Ouganda de l'ex-dictateur Amin Dada et la Roumanie de feu l'autre dictateur exécuté après les folles journées de coup d'État postcommuniste d'antan !
À la 64ème place...
Sous « Fifi III ».
La faute aux exonérations de la TEPA et des successions de « Bling-bling » ?
Peut-être qu'un jour on arrivera au niveau de la Corée du Nord (179ème) ou du Zimbabwe (178ème).
Télédéclaration de TVA et autres tracas.
L'autre jour, je faisais mes comptes avant d'aller voir un de mes clients en proie avec sa TVA. C'est l'avant-dernier jour ouvrable potable pour faire quelques virements de-ci de-là, histoire d'ajuster les encaissements/décaissements entre divers régimes fiscaux.
Comme à mon habitude, j'ouvre la fenêtre idoine sur le site de mon banquier (celui avec qui je ne suis pas encore fâché, qu'il n'en revient pas lui-même).
Par malchance, c'est plus celle-là, mais une autre. Je retrouve la clé et le code...
J'y entre. On me demande de décliner mon identité et tout le bazar (hormis mes quartiers de noblesse que j'ai fort nombreux malgré mon sobriquet d'Ignoble).
Les comptes... Je pointe les soldes du premier, du second et du troisième.
Paf ! Au moment d'imprimer, je me retrouve sur hotmail...
Je recommence et re-identité, identifiant, codes et tout le bazar (hormis mes quartiers de noblesse que j'ai...).
J'évite la case « impression » et tente d'aller sur les comptes-titres. Le lien ne s'ouvre pas, que j'en déconnecte bêtement le site pour me retrouver sur la page d'accueil de Hotmail une seconde fois...
Que je suis têtu comme un âne Corsu et que je recommence. Identité, identifiant, codes et tout le bazar (...que j'ai fort nombreux...).
Rien à faire pour avoir la valeur des titres placés en Sicav pro domo...
J'empoigne mon téléphone la bave me montant aux lèvres : ça fait deux heures que je suis dessus, je ne vais pas arriver à faire mes virements...
Pépère est en vacances ! La douce voix m'indique qu'il faut que je joigne un autre correspondant à tel numéro.
Ce que je fais fissa... Mais le deuxième pépère est en train de déjeuner !
J'enrage.
L'agence étant ouverte à midi et pas très loin, je prends mon clic et mon clac et vais avec mes petits papiers au guichet, fulminant à l'idée de louper l'heure de l'apéro !
Quand je manque de sucre, ça me fait mal au crâne et j'ai l'humeur pas commode.
La gentille dame m'explique avec un sourire à désarmer une armée de Saddam Hussein qu'elle ne peut pas me renseigner : il faut que j'en passe par internet !
Je rentre et recommence idiotement au lieu d'aller oublier mon triste sort.
Avec à peu près le même résultat.
Finit par arriver le co-quidam au bout de son téléphone qui m'explique que je n'ai pas le code pour les opérations sur titres.
« Et pourquoi donc ? - Je vous les donne ! »
Tu parles : tous ces machins sécuritaires pour finalement me dire les bons codes et bonnes manip sur une ligne téléphonique non cryptée ! J'aurai pu être n'importe qui, c'était du pareil au même !
Il me file les renseignements et me revoilà à refaire mes identités, identifiant et autres codes (hormis... malgré mon sobriquet d'Ignoble !) pour accéder à mes Sicav Trésorerie. Ouf !
Et à que, je fais comment pour « racheter », virer, reprendre et refiler là où il faut ?
Re téléphone... Le type ne comprend pas, puis finit par se renseigner et me renseigner sur la bonne manipulation.
Ouf !
Il est 15 heures...
Quatre heures pour 3 opérations, là où au guichet, ou par télécopie il me fallait à peine 30 minutes d'antan !
Vive le progrès informatique !
Merci Bill Gates...
Têtu et subodorant quelques arnaques malvenues et irrécupérables à en cette avant-veille de Saint-Sylvestre, je confirme le tout par télécopie avec un message sur la boîte vocale du sieur
« pas en vacances » (il n'est déjà plus là, lui...) lui indiquant mes opérations du jour à exécuter avant le 31 décembre date de valeur.
Et je file... pour tomber entre les pattes d'un client qui ne comprend rien à ce qu'il lui arrive. Un type très bien qui, de chômeur fin de droit la cinquantaine engageante, s'est retrouvé il y a 3 ans « patron chez lui » avec pour clients quelques PME qui l'apprécient pour son talent à « pisser de la ligne » de programmation pour des robots d'usinage à commande numérique.
Bon, la compta, les déclarations et tout le toutim, ce n'est pas vraiment son truc et il a gentiment sous-traité le problème à son comptable préféré.
Jusqu'à ce que ce dernier lui propose de réaliser ses déclarations par télédéclaration.
Pas de problème les premiers temps, mais à la déclaration de TVA de septembre 2008 ça eut dérapé.
Habituellement, et comme tout le monde, il est prélevé une fois.
Mais là, pour une raison inconnue, l'Administration, dans son immense sagesse, le prélève une seconde fois pour le même montant et le même motif de punition quelques jours plus tard.
Le temps de réagir et voilà un troisième prélèvement qui se présente.
Ordre est donné dans l'urgence à la banque de refuser la ponction illégale. L'expert-comptable est appelé à la rescousse et ne comprend rien à la situation.
Pas le temps de prendre contact avec le Service et il reçoit une AMR avec mise en demeure de payer faute de quoi le procureur de la République, rien de moins, sera saisi derechef...
Incident de paiement en Banque de France, l'Administration dans un raisonnement tout à son honneur du respect des lois fonde juridiquement sa réclamation sur le 3ème prélèvement rejeté.
Un peu lourd pour une TVA déjà payée deux fois et qui n'est manifestement pas due... Trois trimestres d'un coup, soit 6 en un an, à raison de 19,6 % du CA HT, on en est à 58 % du CA HT du trimestre !
Ubuesque !
Le cabinet comptable tente d'intervenir, mais au lieu d'apporter une solution, l'Administration campe sur ses positions et les entretiens téléphoniques avec les agents ne donnent rien.
Le chargé de dossier reste sur ses positions et son supérieur hiérarchique qui a signé le document répond que même s'il « a signé la mise en demeure, il ne sait rien ! »...
Si !
Dire que celui-là a réussi un concours pour signer des choses qu'il ignore, c'est bête comme chou !
Un délice !
Je suis donc appelé à la rescousse... en urgence. RDV est pris au pied de l'hôtel des impôts local.
J'y suis un peu à la bourre et déjà passablement énervé par mes mésaventures informatiques du moment, avant que ça ne ferme, avec mon client et le comptable qui suit le dossier, aux heures d'ouverture sans RDV, pour prouver la bonne foi du quidam et démontrer à l'Administration qu'elle a grand tort d'insister, relevés bancaires en main...
Meuglements derrière la lucarne du « Grand Ordinateur de Bercy » détaché dans le bureau de l'inspecteur... Il ne comprend rien : pour lui, les sommes sont dues.
Et devant mon énervement que je sais doser à volonté, il finit par avoir la brillante idée de botter en touche, dépassé par la situation et de nous renvoyer tous les trois sur un coup de fil au gestionnaire du compte dudit « client », trois étages plus haut après une heure d'énervements et diverses onomatopées !
Pépère, sûr de son fait commence par le prendre de haut, comme si j'étais un voyou du plus bas étage (je prends tout sur moi et commence, en réplique, à chevaucher un de mes grands chevaux du jour) !
On finit fissa dans le bureau de l'IP qui entendait mes beuglements du bout de son couloir et j'explique que je me constitue partie civile à une plainte qui sera déposée demain matin à la première heure sur le bureau du Procureur, mon ami bien-aimé, pour escroquerie en bande organisée par fonctionnaires dans l'exercice de leurs fonctions !
Les mots qui font mouche : « Ce n'est pas la correctionnelle qui vous pend au nez, mais la Cour d'Assises ! »
L'IP commence à nous regarder avec un autre œil, un peu comme un Objet de Contrariété à l'Avancement Méritoire (OCAM) et file, jusqu'à chez son sous-directeur, l'étage encore au-dessus...
Il est 17 heures, les locaux se sont vidés, mais ça avance : Je réclame la restitution immédiate du trop-perçu faisant don dans un élan de générosité dépassé des intérêts dus par la Nation, bonne mère...
Mais à cette heure-ci, un sous-directeur n'a pas envie de prendre une responsabilité qui le dépasse déjà et fait référence à son propre Directeur des services, joints sur les pistes d'une station hivernale de saison par portable interposé pour non seulement accepter de signer l'abandon des poursuites, mais également une créance sur le Trésor...
Ça va faire diminuer les statistiques de résultats du Service, mais les quelques milliers d'euros que ça représente valent peut-être mieux qu'un procès en pénal promis pour être retentissant !
On ne repart pas avec un chèque, mais c'est tout comme, avec une lettre de désistement en main qui va permette la restitution de la provision et l'effacement de l'infamie de l'incident bancaire.
Et dire que l'informatique devait simplifier la vie du quidam !
On en est encore loin.
Il fallait lire jusque-là !
Monsieur le Sénateur Philippe Adnot (élu du suffrage indirect, celui des « bons amis de l'Aube ») avait demandé très tôt si, pour bénéficier de la réduction d'ISF de l'article 885-0 V bis nouveau du CGI à hauteur de 75 % et dans la limite de 50.000 € par an du montant des investissements dans le capital d'une PME, il aurait pu être raisonnable d'envisager le montage suivant :
Constatant qu'avec 50.000 € par foyer, il n'était guère possible de financer une activité dévoreuse de capitaux (genre recherche et développement hors du « fond de la cuisine »), que les familles soumises à l'ISF n'étaient guère nombreuses alors même que les projets étaient nombreux, il lui paraissait intéressant de « mutualiser », en les concentrant, plusieurs « généreux z'apporteurs de capitaux » sur un même projet.
En fait, il attendait une réponse inverse, pour mieux justifier d'amendement à venir, pour être présenté pourtant comme un fervent défenseur des mesures de réduction d'ISF...
Le montage décrit est relativement simple : Vous prenez quelques 10 « golfeurs chics », vous leur faites souscrire chacun quelques 10 % du capital social d'une Sarl.
Avec les 500 K€ collectés, vous allez voir votre banquier préféré pour lui emprunter, via un leasing classique de quoi acheter pour 1 M€ de matériel de mesure, de recherche, d'analyse, « clé en main », qu'il vous « loue » gentiment pour 110 K€/an avec option d'achat pour 1 euro au bout de 5 ans.
Vous récupérez la TVA (200 K€) pour payer (presque) les deux premières annuités, faites un différé de paiement à vos locataires, agrégés de « sciences & techniques appliquées », en charge de mettre au point « LE boulot de 12 » autobloquant par cryogénisation rampante que le monde entier attend avec impatience sans même le savoir.
Vous pourriez d'ailleurs au passage trouver 10 autres foyers fiscaux soumis « à l'ISF à 50.000 € » et faire une Sarl sœur, voire plusieurs « jumelles », pour atteindre le financement de projet de 2, 10, 20 millions d'euros.
Pourquoi pas ? Sauf qu'on se heurterait peut-être à la règle des minimis d'origine européenne, dérogatoire pour la circonstance pour porter le plafond des aides indirectes reçues à 1,5 M€ par PME, au lieu des 200 K€ de droit européen commun...
Dans le tas, quelques-unes de vos jumelles paieront aussi les « chercheurs & leurs z'assistantes » pendant les 2 ou trois ans nécessaires, et de recommencer l'opération tous les ans, avec un autre projet (y'a pas que le boulon de « 12 » dans la vie ; j'ai ainsi vu un système de plaques en acier qu'il suffit de sertir avec la machine adéquate pour remplacer utilement les rivets, vis, clous et autres chevilles afin lier deux poutres en bois en mal de financement) ou toujours le même !
L'objet de la première Sarl est très officiellement de mettre à disposition du matériel au bon endroit et entre de bonnes mains, pour faire aboutir des réalisations industrielles.
On ne cause pas d'immobilier, absolument pas.
Le leasing se dénoue normalement avec le banquier au bout de 5 ans, les machines louées sont recédées aux utilisateurs moyennant un vil prix (pré-négocié et éventuellement cessible à la concurrence) qui va représenter la plus-value à distribuer aux associés en un dividende (imposable : double imposition, à l'IS et à l'IR après abattement de 40 %) exceptionnel et final (à moins que vous ne choisîtes la cession des titres pour leur nouvelle valeur comptable (IR à 27 %).
Entre temps, la Sarl aura repayé de la TVA sur les loyers et un peut-être un peu d'IS sur les commissions éventuellement encaissées ou l'écart entre « loyers » et « sous-loyers ».
Est-ce bien légal ?
Réponse : « Il apparaît que les opérations ont été structurées à la seule fin de permettre aux souscripteurs de bénéficier de l'avantage fiscal, en leur faisant notamment prendre un risque limité économiquement à celui d'un prêteur de deniers et non pas un réel risque de participation au capital inhérent à la souscription au capital de PME non cotées. (...) », répond le Service de la Ministre.
Faut dire que d'avoir sur les bras des machines à payer au banquier, dont l'utilisateur final est parti avec la caisse et l'assistante dans des pays plus accueillant à la recherche appliquée, banquier qui n'hésitera pas à vous poursuivre même après avoir refourguer le « matos à un casseur », c'est vraiment pas la même chose que de se faire piquer la « caisse et l'assistante » parties dans un pays ensoleillé un jour de grande pluie... en direct !
Mais pire que ça : « Ces montages sont susceptibles d'être critiqués sur le terrain de l'abus de droit par fraude à la loi. Ils peuvent conduire à une remise en cause de l'avantage fiscal consenti aux bénéficiaires. »
C'est-à-dire avec pénalités d'assiette au taux majoré de la mauvaise foi, plus les pénalités de recouvrement de la même qualification, plus les intérêts eux-mêmes au taux majoré !
La bonne affaire, au final !
Pour le « fiscaliste du premier degré », l'investissement doit être en capital (or, il l'est normativement), susceptible d'être perdu par insuffisance d'activité ou pertes trop onéreuses (or, c'est aussi le cas) !
Pour le « fiscaliste du deuxième degré », il faut que l'investissement soit direct. Il l'est aussi, bien que
justement, le procédé permette des « effets d'échelle » (multiplication des apporteurs de fonds) qui seraient interdits autrement, alors même que le « principe de neutralité
fiscale » (notamment en matière de leasing, y compris immobilier : il y a une chiée quantité de textes qui fixent tout ça !) n'a pas à devoir distinguer véritablement entre
financement en apports ou par « comptes courants » (emprunt).
Mais bon, le « fiscaliste du troisième degré » vous expliquera qu'on entre justement dans la « zone molle » (et floue) des « incertitudes fiscales », puisqu'il s'agit du domaine de « l'exception dans l'exception ».
Il n'empêche, rajouter une condition, d'origine « doctrinale », non précisée par la loi elle-même, expression de la souveraine et « très grande sagesse du Législateur », (à savoir prendre un « risque » d'insolvabilité qui soit supérieur à celui du banquier, pris comme un « prêteur à gage »), c'est un peu piétiner devant la Haute Assemblée son propre desiderata !
Passons, ce n'est pas la première couleuvre avalée toute crue...
Car le « fiscaliste du quatrième cercle », l'élite du pays en la matière, qui pense et rédige encore et toujours « la doctrine administrative » qui est opposable au fisc, pense surtout à ne pas filer des cadeaux à des hurluberlus qui peuvent payer (même quand il s'agit de « Nanar le flambeur »... quoique !) !
On veut bien que vous jouiez au casino, mais à condition d'y laisser vos plumes.
« Si ce n'est pas au croupier, c'est à la banque ! » Quand vous entrer dans une salle de jeu (ou que vous grattiez votre ticket de loto), ce ne serait pas drôle que vous puissiez ressortir plus riche qu'appauvri !
Alors le « fiscaliste du 5ème dan » va se mettre en quatre pour vous combattre le problème. Il va vous montrer que « Le Forestier » loue bien ses camionnettes et camions un peu partout en France et est éventuellement susceptibles d'entrer dans le cadre de la loi. Idem pour l'entreprise « Kiloutou » qui vous prête marteau-piqueurs, tournevis et jusqu'à la grue qui soulève les trains moyennant un loyer, que d'autres vous louent sans sourciller le pèse-bébé pédiatrique en passant par la table de radiologie, le scanner, l'IRM et vos bouteilles d'oxygène comprimé.
Alors pourquoi pas celle qui vous loue l'oscilloscope à neutron ou le microscope à particules électroniques ?
Est-ce donc la durée (de la location) qui y change quoique ce soit ?
Curieux, d'autant que le législateur lui-même, toujours dans sa « très grande sagesse », soumet l'octroi définitif de l'avantage fiscal au quidam « joueur de golf chic », à la condition d'une détention minimale des titres souscrits jusqu'au 31 décembre de la 5ème année qui suit la souscription (art. 22 de la loi n° 2007-1822 du 24 décembre 2007, dite loi de finances pour 2008 ! C'est pas moi qui le dis, c'est le texte lui-même...).
Aux « fiscalistes du 6ème dan » de trancher : le juge de l'impôt sera-t-il saisi un jour de l'affaire ?
À n'en pas douter, il devrait suivre l'avis du « 4ème dan », puisqu'il est issu de la même promotion de
l'ENA... Sans doute pour asseoir son avis sur une de ses turpitudes interprétations juridiques habituelles : la volonté du législateur qu'il dira être ceci ou cela...
Forts de cette analyse raffinée, « VCRM » et « Inco » vont vous monter une boîte qui ne fera que de la location de matériel scientifique à qui veut à durer courte et de prendre le risque « industriel » de rester avec du matos obsolète sur le parking au bout de deux ou trois ans.
Ils feront comme Citer, Hertz, Avis ou Europcar font avec leurs voitures neuves : ils revendront leur matériel d'occase à la première occasion !
Et moi je vous expliquerai que c'est quand même kon de prendre le risque de passer pour un voyou aux yeux du fisc pour 50.000 malheureux euros, à vous qui payez tellement d'impôt sur le revenu que ça en devient vraiment indécent !
Autant user de « votre boutique », pour lui louer son matos via votre Sarl « sœur », qui achètera celui qui lui est destiné avec vos économies (et l'aide d'un banquier, tant qu'à faire). Mais vous aurez pris la précaution soumettre cette Sarl au régime de la semi-transparence (de l'article 8 du CGI) réservée aux Sarl « réputées de famille » (décret n° 55-594 du 25 mars 1955) pour y cantonner ces biens, devenus professionnels, exclus de l'assiette d'ISF (et hors du champ d'application de l'article 885-0 V bis, lui tournant ainsi sciemment le dos).
Et à vous d'y faire quelques déficits imputables sur votre assiette d'IR, faute de fixer des loyers raisonnables (au profit de « la boutique » qui va se faire des bénéfices en or non distribués pour ne pas payer le bon prix, gonfler ses capitaux propres, se valoriser à outrance et écraser sa concurrence), ce qui va entrainer une diminution drastique du niveau de plafonnement de votre ISF, hors même le jeu du bouclier fiscal !
Bon d'accord, à un moment votre « boutique » est aussi garante de votre Sarl semi-transparente vis-à-vis du banquier, que celle-là elle n'a pas d'argent pour désintéresser ce dernier utilement, les remboursements seront pris en charge par la « boutique », et du coup intégralement déductibles, intérêt et principal, d'où l'art de déduire des opérations en capital... à votre choix !
Vous n'aurez plus besoin de vous énerver à chercher le moyen d'investir de l'argent, qu'on vous demande de perdre pour « faire propre », sur des projets que vous ne maîtrisez pas...
Juste pour plaire à tous les « fiscalistes (natifs) gaulois ».
Car il est un principe clair, non écrit mais qui devrait être connu de tous : « Ne demande jamais rien au fisc, mon fils ! Et tu vivras heureux... »
Entrer dans une des « niches » proposées aux meilleurs d'entre-nous, et les emmerdements ennuis vont pleuvoir
comme à Gravelines les obus ! Ils sont nés pour ça, faut pas croire !
D'ailleurs, ce 17 juillet dernier, au Sénat en séance des questions écrites, la TEPA, voulue si attractive par « Bling-bling » et sa clique, commençait à se faire mordre par les fonctionnaires zélés chargés de l'appliquer...
Je ne vous raconte pas dans 2, 3 ou 4 ans, avec les premiers « contrôles surprises » !
Mais bon, ce que je vous en dis, n'est-ce pas !
Petit témoignage de la vie d'un chef d'entreprise
Ces propos sont rapportés par l'Ifrap, qui les a recueillis et publiés (et que je reprends avec leur aimable autorisation).
1 - « Je dirige une PMI classée pour la protection de l'environnement prestataire de services pour l'industrie chimique. Nous sommes certifiés ISO 9001 et 14001. Chaque administration (DRIRE, DOUANES, DGCCRF...) qui nous contrôle est organisée en strates (départementale, régionale...) qui ne communiquent visiblement pas entre elles. Nous devons leur fournir d'innombrables rapports sur notre activité : mensuel, trimestriel, annuel, décennal... »
Ce gars-là paye manifestement un comptable, sans doute expert en la matière, à en oublier les déclarations relatives à la législation du travail, de la sécurité sociale, de l'hygiène et de la sécurité, des impôts directs, des indirects, des commissions de l'environnement, des risques majeurs voire naturels, des transports (à moins qu'il ne transporte aucune de ses productions) des chambres régionales ou départementales de l'industrie (ses « élus »), des élus locaux, maire, député, sénateur, des associations pour la sauvegarde de je ne sais quoi, des pompiers, des gendarmes, etc.
« Je me suis « amusé » à plusieurs reprises à leur transmettre des informations farfelues dénuées de sens, elles ont été visiblement très bien digérées par ces organismes papivores. En revanche, un retard dans une déclaration et c'est le rappel à l'ordre immédiat. »
Et encore, il n'est pas comme mon cousin, agriculteur en « Corsica Bella Tchi-tchi », de la fameuse « filière agricole » accusée de tous les maux du temps de Marion, qui a fini par arracher sa vigne emmerdé qu'il était, tous les jours de la semaine, au moins une fois, par un de ces quidams payés avec ses impôts, nés juste pour l'empêcher de travailler et de gagner assez pour les payer...
« Bref, quel gâchis ! Car le temps passé à toutes ces paperasses inutiles n'est pas consacré au travail dans nos ateliers, laboratoires et bureaux d'études à développer de l'activité industrielle qui permettrait de générer des emplois productifs. Excusez-moi, je viens de lâcher le gros mot incompréhensible pour nos énarques « dirigeants » leur administrations : « emploi productif » ! Et dire que certains d'entre eux se désolent que nos PMI ne consacrent pas plus d'énergie pour exporter ! »
Bé oui, c'est plus facile de faire des plans sur la comète que de suer à produire : tout le monde vous le dira !
« Un jour, excédé par un énième contrôle tatillon, j'ai proposé à l'inspectrice de la Drire de la prendre en stage pendant 15 jours et de lui donner à remplir tous les « états » qu'elle nous réclamait. « Ce n'est pas aux Fonctionnaires de la République à remplir vos obligations, Monsieur » ai-je eu simplement en retour. »
Le gag !
La nana incapable de remplir les formulaires qu'elle distribue sagement !
« Pour réformer en profondeur l'État Mr Sarkozy ne devrait-il pas diligenter des auditeurs auprès des administrés qui subissent l'administration afin de les écouter ? »
Euh... là, il y va fort. Perso, je m'abrite derrière le Commissaire aux comptes et lui demande de me certifier qu'aucun risque n'a été omis avec d'éventuelles conséquences sur les comptes par mes équipes internes.
Depuis que je lui ai démontré que les payes étaient fausses et que par conséquent il certifiait des bilans faux dans mon dos, il s'est enfin mis à bosser, le gueux !
2 - Par ailleurs, on peut annoncer une bonne nouvelle à tous les kontribuables du pays : Ils deviennent « trop citoyens » !
Toujours l'Ifrap s'inquiète que les rendements des contrôles fiscaux, en progression lente depuis des années, passe subitement de 12.450 millions d'euros en 2004 à 8.810 millions en 2006 (dernier chiffre connu) !
Presque 30 % de moins en 2 ans !
Eux s'imaginent que c'est parce que les PME ne peuvent plus absorber le coût des redressements envisageables sans mourir (après avoir vécu à crédit sur le Trésor bafouant le principe d'égalité de la République, piétinant la concurrence par des moyens illégaux !)
Ce qui voudrait dire que tous les patrons de PME sont des « tricheurs et des voleurs » obligés qu'ils sont de survivre au pied du mur le couteau à la gorge en frauder le fisc !
Il y a deux autres explications :
- Les entreprises sont devenues vertueuses, à force d'être cernées de toute part par « déclarations spontanées et obligatoires » interposées (cf. § 1 supra) ;
- Les « fiscalistes » sont devenus trop bons pour des inspecteurs devenus trop kon !
Perso, j'aime bien la deuxième hypothèse. D'abord, parce que c'est ce que je constate sur le terrain : il est rare de ne pas pouvoir « casser » un redressement pour cause de procédure ou défaut d'interprétation « légitime » de faits comptables.
Ensuite parce que réellement, la complexité du droit fiscal et comptable est devenue telle que trop souvent, même les « experts » de Bercy s'y embrouillent les pinceaux, voire violent par ignorance, ou délibérément, les lois qu'ils sont chargées d'appliquer au nom du peuple français.
D'ailleurs, il m'arrive parfois d'user de la prolongation du délai de réclamation ouvert par un contrôle pour réduire encore la doudoune de quelques clients qui n'avaient pas vu telles ou telles mesures favorables auxquelles ils avaient droit : le plus dur étant passé, c'est alors le moment d'agir (et quasiment sans droit de réponse de l'administration qui ne peut plus émettre de redressement).
Enfin, parce que ça flatte mon ego personnel : nous sommes en train de gagner la bataille du « chat et de la souris », David contre Goliath !
Car, pour moi qui reste dans « les petits secrets de famille » et de fabrique de mes bons clients (genre « trucs » qui ne doivent surtout pas se voir, le premier test étant l'expert-comptable et le second le Commissaire aux comptes), je constate que le taux de fraude évolue plutôt à la hausse, d'une façon globale... Ce qui somme toute, n'est pas rassurant...
Trop fort les meks !
Jusqu'au prochain collectif budgétaire... Mais là, on commence à avoir une sérieuse avance !
Avec un demi-siècle de retard sur les USA : belle performance !
Nous aurons bientôt un nouvel outil juridique de croissance à notre disposition !
Si tout va bien, naturellement.
Petit inventaire de ce qui existe :
D'habitude et pour l'immense majorité des laborieux que nous sommes presque tous, nos gains se résument à un salaire, assortis de quelques périphériques en plus.
Le salaire ne nécessite pas d'investissements corporels pour son acquisition, mais juste une formation dispensée par les meilleures écoles du monde, un peu de sueur et de discipline, et un employeur qui va... les employer pour fabriquer et vendre un produit ou un service à sa clientèle, « son » marché.
Le salaire est chargé et est en général imposable (pas pour tout le monde, mais ça existe pour 17 millions de foyers fiscaux).
Les périphériques de rémunération sont en général « hors charges » (les charges sociales elles-mêmes, dans certaines limites et sous conditions, les tickets restaurants, les chèques vacances, un bout de la carte orange, les remboursements de frais, éventuellement forfaitisés s'ils sont utilisés par le salarié pour faire face à des dépenses inhérentes à son emploi, etc.).
Et parfois défiscalisés, soit sous forme de forfaits minimalistes imposables (le logement de fonction, voiture de fonction, le matériel NITC, les plus-values sur les stock-options, etc.) soit totalement (les charges sociales dans certaines limites et sous condition - mais c'est juste un décalage d'imposition, l'épargne salariale, la participation aux résultats de l'entreprise - mais pas l'intéressement à la performance de son équipe - petit clin d'œil à Inco, Charly, Jasmin et d'autres - qui est normalement imposable sauf cas particulier).
C'est le lot commun !
Et si on se débrouille bien, on parvient à minimiser ces coûts obligatoires, à un strict minimum, même pour les plus hauts revenus du labor...
Mais c'est une autre affaire, réservée à quelques spécialistes, manifestement.
Naturellement, tous ces coûts sont déductibles des résultats de l'entrepreneur, qu'ils soient lui-même soumis aux BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux), aux BA (Bénéfices Agricoles) ou au BNC (Bénéfices Non Commerciaux), voire à l'IS (Impôt sur les Sociétés).
Mais il est beaucoup d'autres coûts, mais pas tous, qui fournissent au final son propre « résultat d'activité professionnel », chargé et imposé à son tour !
Pour échapper à cette cascade, il est courant d'user d'une « société » (c'est une fiction juridique bien réelle depuis les phéniciens), une sorte d'être moral, par opposition aux êtres physiques, qui peut ou ne peut pas être imposé à titre principal.
On note ainsi un bestiaire magnifique, qui démarre avec les sociétés dites « transparentes », qui ont une réalité juridique indéniable, mais dont on fait comme si, du point de vue fiscal, elles n'avaient ni patrimoine ni revenu...
Pour passer par les sociétés « semi-transparentes » de l'article 8 du CGI (par opposition aux précédentes), que vous connaissez tous pour la plupart.
Des sociétés civiles qui gèrent un bout de patrimoine commun aux associés et n'ont pas d'autre vocation que de recueillir des activités réputées civiles (sans ça elles deviennent « opaque par mégarde »), en y incluant les sociétés commerciales dites « de personnes » qui recueillent des activités commerciales (SNC, SCS, etc.), dans lesquelles tous les associés sont responsables des dettes de la société !
Celles-là existent et produisent leurs effets entre associés et à l'égard de tous les tiers, sauf... le fisc qui ne ramasse les impôts sur les résultats de l'activité qu'entre les mains des associés et les Urssaf également quand elles ne sont pas civiles, mais dès qu'elles sont civiles professionnelles.
Dans ce bestiaire, nous avons également des « hybrides ». On les dit aussi « translucides » (la lumière passe mais est transformée) : Elles ne sont pas soumises à l'IS des « sociétés opaques », mais les associés payent de l'IR uniquement sur les résultats servis, comme si il s'agissait d'un dividende (RCM) de société soumise à l'IS (alors que ce sont souvent des plus-values sur valeurs ou des revenus fonciers).
On peut signaler les « ubiquites », car elles sont normalement « semi-transparentes », mais par l'effet d'une option d'origine, elles se soumettent au régime de l'IS, impôt des « sociétés opaques » (l'Eurl par exemple), ou inversement (SARL de famille normalement à l'IS qui repassent à l'IR), voire le cas particulier les sociétés de « promotion-vente », des marchands de biens, etc.
Naturellement, il y a la grande majorité des êtres moraux, qui sont dits sociétés « opaques » (SA, SARL, SAS, Selarl, etc.) qui payent l'IS (à deux taux en fonction du niveau des résultats atteints), dans lesquelles les associés ne sont pas responsables des dettes et engagements de la société, ce qui est confortable...
Et pour la forme, nous vous signalons les « trous noirs », d'où il peut ressortir de l'IS mais uniquement sur les revenus du patrimoine, mais jamais rien d'autres sur les revenus d'activité (associations, fondations) voire rien du tout dans les « copropriétés » dont la personnalité morale reste ténue (alors que les indivisions, peuvent avoir une personnalité morale encore moins affirmée, restent traitées comme des sociétés semi-transparentes : c'est comme ça !).
Naturellement, cette classification est immensément réductrice et recouvre une myriade de situations différentes, qui peuvent également être mâtinées de mesures spécifiques à l'implantation (les ZRR, les ZRU, la Corsica Bella Tchi-tchi, les Dom, les Taaf) ou propres à l'activité (les sociétés d'auteurs) ou à leur forme (coopératives, GIE, société à capital variable), voire entrecoupés des régimes dits « micro » (mais réservé à l'IR)...
Le confort des sociétés dites de capitaux (responsabilité financière limitée aux apports) a un coût :
- On paye finalement deux fois l'impôt sur les mêmes sommes, une fois l'IS et une fois l'IR sur les dividendes versés mais seulement quand ils sont versés (moyennant abattements, corrections, bouclier fiscal et tout le bazar) alors que dans les autres on ne paye que l'IR, mais même si aucun dividende n'est versé (fastoche !) ;
- On ne peut pas déduire les déficits (sauf cas particulier des dépôts de bilan pour les sociétés nouvelles, sauf à avoir disposer d'un autre avantage fiscal, notamment le crédit d'impôt à la souscription, voire cette année l'imputation directe sur l'ISF dû pour certaines opérations).
Comme normalement, on ne crée pas une société pour faire des pertes (c'est dans le Code civil : c'est fait pour partager des bénéfices ou réaliser des économies entre associés), le choix paraît simple...
Que nenni ! Le salarié ne fait jamais de déficit professionnel catégoriel imputable sur tous ses autres revenus pour réduire son assiette imposable... alors que fiscalement parlant, il le pourrait si l'occasion venait à se présenter (ça m'est arrivé une fois, mais que d'acrobaties pour faire valoir le bon droit, tellement ça heurte le bon sens !).
Le commerçant (ou le dentiste) voire l'ancien salarié qui a pour client son ancien patron (après les quelques errements de la
Cour de Cassation sur ce sujet et les emmerdements encouragements provenant des Urssaf Assedic) peut le faire... Mais que sur ces revenus professionnel de même nature
(fiscale) !
Le pédégé de sa « petite entreprise » (c'est plus compliqué pour la SARL : il faut vérifier l'aspect minoritaire ou majoritaire de la qualité du gérant) est assimilé par la loi à un salarié...
Mais les dettes de cautionnement sont réputées des opérations en capital non imposables, donc non déductibles quand il s'agit de passer à la caisse pour honorer ses dettes !
Et ses autres pertes d'exploitation sont perdues si il dépose le bilan. Le panard !
Eh bé non avec la LME promise : on pourra avoir des sociétés de capitaux dont les pertes (notamment des premières années d'exploitation, les plus dures : il faut tenir 5 ans pour qu'une boîte soit considérée comme viable !) vont pouvoir imputer leurs pertes comme si elles étaient semi-transparentes !
Ouf !
Et de repasser à l'IS normal passée la difficulté de l'incubation et de l'éclosion !
J'entends d'ici là le cri de victoire de l'Ifrap et des « Business Angels » qui se cachent derrière !
Le bestiaire va donc s'agrandir : on aura les « Caméléons » (en plus des « Fiducies » amenées par Vil-Pain, que je n'avais pas mentionné jusque là : encore un truc compliqué, mais qui ne vaut qu'entre sociétés soumises à l'IS alors que partout dans le monde il n'y a pas cette réduction là !).
Bienvenue à la nouvelle à naître dans le pays de « Gauloisie passionnante » !
Avouez que ça méritait un « post », car on attend avec impatience l'élaboration de la doctrine officielle de la DGI quant à leur traitement fiscal !
En effet, sont-ce des structures qui ne pourront imputer lesdits déficits que sur des profits de mêmes catégories (doctrine officielle approuvée par la jurisprudence du Conseil d'État) ?
Devront-elles être « à titre professionnel » ou ouverte à d'autres types de revenu et ouvertes à des investisseurs « petits épargnants » ?
Dans quelles limites et à quelles conditions ?
Parions que ce sera comme pour la Fiducie : un truc à faire exploser les statistiques des redressements d'ici 4 à 5 ans tellement c'est simple !
C'est si vrai, que je ne sais même pas s'il faut les doigts des 2 mains pour compter toutes les fiducies créées depuis 2 ans...
En priant très fort d'avoir tort : car ce serait là une innovation majeure, un demi-siècle après le monde des anglo-saxons qui a réussi à monter des monstres avec ce schéma là (Microsoft, Appel, Google et e-bay pour les plus connues, du temps où elles étaient domiciliées dans les garages paternels de leurs fondateurs) !
Car de toute façon, nous avions déjà à peu près l'équivalent dans nos escarcelles avec ce qui existe !
Je ne vous dirais pas comment ni quand c'est possible, ce serait trop long... et très technique !
Mais on savait faire (avec deux sous de bon sens) !
Résultats, les banquiers et autres ingénieurs, princes de « haute finance », vont simplement pouvoir appâter encore mieux le quidam avec un sigle tout neuf dotés des 1.000 vertus qui vont le faire devenir attractif aux yeux du béotien !
J'en rigole déjà !
Car, les « sociétés » au sens large, peuvent « aller avec » avec d’autres, tout autant que les premières.
Suite du texte : http://infreequentable.over-blog.com/article-6538086.html
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