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Les ex-archivés

Bienvenue !

Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » !
Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance !
Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite !    
En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle !
Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…

Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

Chez Maxim's (1/5)…

 

Parce qu’entre-temps, Gustave Morthe-de-l’Argentière repend contact avec Paul au moment de la naissance d’Annabelle. Et celui-ci l’invite à un déjeuner chez Maxim’s, rue Royale.

« Je suis très heureux de vous revoir, mais tout autant surpris… Parce que je ne sais toujours pas pour quelle raison vous avez reçu la rosette des chevaliers, figurez-vous ! »

Aveu d’impuissance du nouveau retraité parvenu au fait de sa carrière, qui fait suite à leur dernière rencontre dans le Gers.

« C’est pourtant simple ! Vous l’avez même eu entre les mains et sous les yeux. Mérites civils, ça évoque quoi, pour vous ? »

Bé plein de choses. Les secrets d’État, les fonds du grand emprunt revenus d’Angleterre comme par miracle après presque 20 ans de vaines enquêtes inutiles…

« Bé non ! C’est une raison politique. Cherchez bien ! Une « mission » commandée par Krasoski soi-même et dont a profité en première ligne Landau, en marge de la mission que vous m’aviez confiée. Donc, dans les deux cas du soir du second tour des dernières présidentielles, l’un ou l’autre me l’aurait attribuée ».

Propos qui plonge l’amiral dans un désarroi encore plus profond… Il ne voit vraiment pas.

Mais ce n’est pas de ça dont Paul veut parler dans le petit salon rouge du premier étage qu’il avait réservé pour l’occasion pour un prix exorbitant.

Peut-être l’actualité politique chargée de cette fin d’année ou les suites des voltiges de Paul au-dessus de la Manche.

 

« Les SIS, Mossad et CIA ont fait le ménage chacun de leur côté. Les services attribuent vraisemblablement la tuerie de Chevaline aux premiers. La mort de l’ambassadeur US à Bengali aux seconds et la CIA a changé de patron depuis la réélection de leur Président. C’était en stand-by jusqu’alors, au cas où le républicain l’aurait emporté. »

Quels rapports entre eux ?

« Les britanniques étaient sur la piste du correspondant européen qui réceptionnait et organisait les opérations d’Al-Qaïda en Angleterre depuis la Suède. Il s’agirait de la belle-mère du gars assassiné dans sa BMW.

Quant à Bengali, deux des gardes du corps qui ont été exécutés à cette occasion étaient justement des membres de la cellule Megiddo commandé par le colonel Jackson. Bras droit depuis l’Irak du patron de la CIA…

Enfin, le dernier d’entre eux est décédé dans un train de banlieue. Même si le FBI a classé l’affaire, et la centrale aussi. Non seulement ils étaient à Paris à l’occasion de votre attentat, mais ils sont aussi vraisemblablement responsables de la mort du Directeur Almont. »

Paul reste un moment ému au souvenir de l’ex-directeur « Europe de l’ouest », sauf Royaume-Uni. Un brave type qui lui avait fait faire ce qu’il avait eu envie de lui faire faire, finalement.

Un pro du billard à trois bandes.

 

« Et puis, des contacts secrets ont lieu avec les nouvelles autorités de Téhéran. Ils devraient déboucher sur l’ouverture de négociations franches et peut-être une levée des sanctions onusiennes à la veille de la fin de l’année prochaine.

Ce serait une bonne chose ! »

On parle de Paul même au Vatican…

« Ah oui ! Il faut que je m’inquiète de baptiser ma fille. Ses grands-parents semblent en faire une question incontournable. Un casus-belli. »

Non, pas pour cette raison : « Tout comme les britanniques vous doivent une fière chandelle, le Vatican se prépare à vous « distinguer » ! »

Allons bon, encore des discours à prévoir…

Mais ce n’est pas pour ces raisons que Paul s’est fendu d’une invitation dans ce lieu prestigieux de la gastronomie parisienne, conçoit l’amiral…

 

« Amiral, la dernière fois que nous nous sommes rencontrés, vous m’avez causé des « milliards-manquants », vous savez, ce petit-secret d’État que j’ai complétement oublié de mon côté. »

Oui, lui se souvient parfaitement, lui.

… Y’aurait-il du nouveau ?

« Je ne me souviens que par bribes de ce bidule sans importance là. Enfin plutôt par épisodes temporels. Notre aimable agent en charge de liquider les actifs fonciers de l’ancien trust anglais où ils étaient cantonnés, n’arrive pas à mettre la main sur quantité de minoritaires… Pas pour grand-chose, mais indispensable à identifier pour clore ce dossier. »

De quoi s’agit-il ?

« De quelques dividendes et plus-values à réaliser et répartir, mais qu’ils ne veulent pas lâcher, à Bercy, sans percevoir l’impôt correspondant… Vous voyez jusqu’où ils peuvent aller dans la radinerie… de vrais chiens ! »

Des chiens de combat, alors oui.

L’heure est grave : il n’y a plus de sou dans les caisses de l’État… alors on fait feu de tout bois !

« Et à propos, vous en êtes où avec votre contrôleur ? »

Il passe aux choses sérieuses.

« J’aurai sans doute besoin de vos petites-vidéos un jour prochain ou l’autre, d’ailleurs. »

Ce sera insuffisant, s’il croit pouvoir redresser 35 milliards d’assiette.

« C’est juste pour l’appâter. Mon idée est de les lui refiler sur une clé USB, avec deux ou trois documents compromettant qui le feront passer pour un espion et feront tomber ses redressements sur la MAPEA, s’il s’approche de trop près des affaires d’État. J’imagine que pépère est assez con pour ouvrir ces fichiers sur sa machine de travail. Et comme y sera glissé un virus qui se répandra sur tout le réseau de Bercy avant d’être actif à une date donnée s’il ouvre ces fichiers, en commençant par sa machine, ça mettra un tel bordel dans tous ceux-là, à Bercy, qu’il se fera épingler par ses services internes. »

Astucieux. L’amiral en rigole par avance. Et il a ce genre de « vers » dans ses archives ?

Il suffit de les réactiver.

« J’ai aussi des informaticiens qui en ont en stock… »

Notamment un virus dénommé « Cardo », émanant probablement du Maroc, qui a été mis en quarantaine dans les mémoires de la MAPEA.

« Un truc solide qui se reproduit tout seul via des réseau intranet et qui se commande depuis un téléphone portable. »

Astucieux reconnaît l’amiral.

« Ils pourront bricoler ce dernier petit piège. Mais seulement si le gugusse s’approche trop près de la vérité et veut en faire un usage prohibé. Et s’il est intéressé à se remémorer ses quelques comportements délictueux en vidéo, naturellement.

L’objectif est seulement d’atteindre la date limite de la prescription. Après, ce n’est plus notre problème : on aura fait notre part du boulot, point-barre, SAV compris ! »

 

L’amiral acquiesce d’autant mieux que les rapports entre l’état-major et le ministre, malmené par les fonctionnaires de Bercy, se tendent et qu’il est grand temps que tout ce cirque s’arrête s’ils ne veulent pas des mutineries dans les casernes.

« Vous vous rendez compte, on n’arrive pas à se sortir de l’Afghanistan malgré les promesses présidentielles et les efforts logistiques consentis par nos troupes.

Et puis on retarde à l’infini la prochaine opération « Serval » en Afrique alors que les djihadistes d’Al-Qami et leurs comparses sont presque aux portes de la capitale ! C’est insensé. Si on attend encore un peu, ce sera trop tard pour nos troupes déjà sur place. Il faudra les évacuer dans l’urgence en laissant le merdier derrière nous ! »

Paul en sait quelque chose : tout ce bordel met à mal la trésorerie de la MAPEA au même moment. « Maintenant, il est improbable qu’on passe la fin d’année sans dégât dans la trésorerie. Quant au début d’année 2013, je ne sais pas encore comment on va faire. Je vais être obligé de faire les payes de ma propre poche, figurez-vous… »

Parce que la famille Nivelle n’a plus une tune ?

« Elle n’en a jamais eue et les actionnaires minoritaires n’attendent qu’un appel au secours pour l’évincer… Con quand même après 4 générations ! »

C’est la quatrième qui bouffe toujours le magot…

Non, c’est la troisième, en principe. « Et on l’a déjà dépassée, mais ça n’augure rien de la suite. 

Comptez sur moi pour passer le relais à la suivante. Mais ce n’est pas de ça que je voulais vous parler… »

 

De se payer la tête du ministre de tutelle de son inspecteur, alors ?

« Parce que ça, je peux le faire ! »

Comment ça ?

« C’est un secret de polichinelle dans les hautes sphères étatiques. Tout le monde sait depuis 2001, que le bonhomme chargé de la lutte contre la fraude fiscale, il a des comptes non-déclarés en Suisse et ailleurs. »

Paul en tombe presque en tétanie. Pas possible ?

« 2001, vous êtes sûr ? »

Il n’a pas repéré son nom dans le listing de Gabrielle et ne connaît pas le nom de jeune-fille de son épouse.

Pour l’amiral, il faut faire l’effort de se souvenir de cet épisode peu glorieux de l’époque.

« Ça commence par un document interne de la DGSE de 1996 qui fait état de l'existence du compte bancaire de Rackchi au Japon, crédité de 300 millions de francs. Cette note de la DGSE est un message secret classé « urgent réservé » et envoyé par le chef de poste de la DGSE à Tokyo au siège des services à Paris le 11 novembre 1996. Elle fut rendue publique dans le livre « Machinations » des journalistes Laurent Valdiguié et Karl Laske. Où ils résument les informations obtenues d'un informateur baptisé du sobriquet « Jambage ».

La banque Tokyo Sowa voulait faire des affaires en France et la DGSE en examinait alors la probité. »

En 2001, à la veille de l’élection présidentielle française, Gilbert Flam, magistrat détaché à la DGSE (ancien collaborateur du ministre socialiste Georges Sarre et époux d'une élue socialiste de la mairie de Paris à l’époque), a ouvert une enquête au Japon pour vérifier des soupçons d'existence de comptes bancaires secrets du président à la Tōkyō Sowa Ginkō.

« Cette enquête a été considérée par Rackchi comme une manipulation politique qui aurait été commanditée dans le but de lui nuire à la veille de l’élection présidentielle.

Après sa réélection, en 2002, le directeur de la DGSE Jean-Claude Cousseran et Gilbert Flam ont d’ailleurs été limogés. »

Et puis il y a eu les interventions du général Rondot dans les affaires Cleastream qui n’ont pas éclairci la situation.

« La Présidence de la République a alors déclaré, au mois de mai 2006, que le Président n'avait jamais eu de compte à la Tokyo Sowa Bank. Elle a évoqué une « campagne de calomnies » remontant à 2001 « dont il a été établi qu'elles étaient sans aucun fondement ». Le 14 novembre 2006, la Présidence oppose à nouveau « un démenti catégorique ». »

Et jusqu’en 2008, après des morts suspectes dans l’entourage de Flosse en Polynésie « où le juge d'instruction du tribunal de grande instance de Papeete a procédé à une perquisition dans les locaux de la DGSE à Paris et a voulu vérifier l'existence du supposé compte japonais. Il s'est fait remettre par la DGSE dix-sept documents classifiés et placés sous scellés, liés aux activités de la Tokyo Sowa Bank.

Le 5 juin 2008, le juge Redonnet s'est même rendu au cabinet de Jean Veil, avocat de Rackchi pour placer sous scellés une enquête réalisée auprès de l'ex-Tokyo Sowa Bank et commandée par l'avocat. Cette enquête concluait à l'inexistence du compte japonais.

Mais Christian Charrière-Bournazel, bâtonnier de Paris, s'est opposé à la remise de ce document. En effet, un avocat ne peut être délié du secret professionnel, même par son client. »

 

Eh bien, pendant que les juges faisaient leur boulot pour n’aboutir à rien, les services faisaient le leur.

Par I-Cube
Jeudi 24 juillet 2014 4 24 /07 /Juil /2014 06:04
- Publié dans : Mains invisibles
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Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

Rencontre d’un nouveau type (2/2).

 

Et le lundi suivant, tout le monde est à poste à 9 heures du matin et jusqu’à 17 heures pour une semaine « non-stop », à farfouiller dans une ambiance de suspicion à découper à la hache, dans l’amoncellement de listings qui s’étalent et s’empilent partout.

« Et il n’y a que les trois premiers trimestres 2009 le reste arrive… »

Ils sont cinq payés à le regarder bosser…

De temps en temps Paul ou Isabelle débarque dans le container aménagé en bureau des archives.

« Vous ne manquez de rien, jeunes-gens ? »

La première fois, Denis demande pourquoi il faut tout imprimer : « Vous n’avez donc pas d’archive ? »

Non : c’est inflammable ! Une exigence des assureurs, des pompiers, de la DRIRE et du ministère.

« On numérise tout dès que c’est traité. On crypte pour des raisons de sécurité, on stocke sur informatique et on passe à la broyeuse pour revendre les détritus. C’est la raison pour laquelle ça nous demande tant de temps. Il faut recharger, décrypter, imprimer et recrypter avant de re-stocker informatiquement. Un système en principe inviolable puisqu’il y a des données strictement confidentielles et que personne, à part quelques-uns, ne connaît les codes générés par la machine et ce que renferme les documents. »

Toujours les foutus mesures de sécurité.

Il aurait demandé à avoir un terminal d’ordinateur, on le lui en aurait crypté un à lui.

« Et pourquoi nos GMS ne fonctionnent-ils pas ? »

Là encore, c’est brouillé. « Vous nous auriez pas demandé la version papier, on vous aurait installé dans la salle de réunion. Là, le bâtiment est également sous surveillance électronique, mais nous on peut utiliser nos portables grâce à un système centralisateur de cryptage. Rien ne sort d’ici qui ne soit pas tracé, vérifié et crypté. »

Pourquoi ne demande-t-il pas son habilitation-défense : « Ce serait quand même plus simple ! »

Il n’a pas du tout envie qu’on enquête sur sa vie… « Pour des raisons personnelles. Ma femme ! »

Elle est si moche que ça, se demande Paul pour lui-même, pour qu’il la cache ainsi ? Que ça a failli sortir de son orifice buccal, tellement c’est naturel de se préserver des mauvaises langues à propos de « sa » femme…

Et pourquoi autant de monde à le regarder travailler ?

« Parce que vous n’êtes pas habilité défense et chacun est assermenté et représente sa boutique ou son ministère pour être sûr et certain que vous n’emportez rien qui ne soit pas « sensible ». Juste l’accès aux comptes, aux justificatifs et rien d’autres. »

Justement, des justificatifs, il en manque…

« Faites-en la demande. Gérard est là pour vous les fournir. Et puis il a intérêt à les trouver, sans ça je fais faire une retenue sur sa paye des montants non justifiés… »

La tronche de Gérard qui n’en croit pas un mot : il connaît son patron.

Mais les autres, ils hésitent à pouffer de rire ou à écarquiller les yeux, selon !

« Vous pensez bien que si vous nous trouvez une dépense non-justifiée, tous ceux-là (Paul désigne les « consultants » d’un geste de la main), ils vont nous tomber sur le râble et leurs équipes vont entendre parler de leur hiérarchie pour avoir laissé passer « un risque-fiscal » non mentionné dans les rapports ! »

 

Le contrôle sur place se déroule de la sorte jusqu’à la fin du mois de novembre.

Entre-temps, Paul est papa d’un petite Annabelle et la maman se porte bien, merci pour elle, hors les effets de son « baby-blues ».

Il a fait plusieurs déplacements importants dont il va être question dans la suite de cette narration, notamment à l’étranger et jusqu’à Venise où il est prévu qu’il retourne pour Noël, au fin fond de la lagune où pourrit une « vieille-coque » sur laquelle il a flashé. Une belle goélette de 25 mètres à la flottaison qui attend l’âme-sœur qui saura la restaurer et lui redonner vie.

Mais l’affaire n’est pas faite : il faut des fonds et que Florence aille justement la voir d’abord. Ce qui explique que la belle-famille est venue jusqu’au pied de Notre-Dame de Paris, pouponner quelques jours avant et pendant Noël, alors que Florence et Paul baguenaudent autour du Grand-Canal, logés au Danieli… Une première pour tous les deux.

Tout le charme des 5 étoiles en contrepartie du prix d’un petit rejeton tout joufflu et tout rose. 

Et encore quelques-uns pour les fêtes de fin d’année des écoles-sup, a tenter d’y placer les queues de « flacons » de liqueur alcoolisée restés sur les bras : on passera « professionnel », désormais, avec des bouteilles spécifiques et des étiquettes uniques, sur une idée de Loïc que toute la bande approuve, ce qui a des exigences en terme de trésorerie.

 

Mais revenons au déroulé de cette phase de vérification.

Chaque soir, quand Paul est là, ou en tout cas avec Isabelle Nivelle, la pédégère, en présence de Gérard et des « consultants » dont le nombre varie au fil du temps, il y a un débriefing dès que Lespoix est reparti. On note et consigne ce sur quoi l’inspecteur-central a passé sa journée, ses questions, la liste des documents consultés et l’analyse de ses méthodes.

« Celui-là va nous faire chier… Sauf votre permission, Madame la Présidente. Je ne sais pas comment ce contrôle va se terminer, » fait l’avocat fiscaliste détaché par Safran. « Soit il repart avec un ticket de métro ou un timbre-poste rejeté, soit il va coûter un maximum. »

Mais quand on lui demande sur quel motif, il ne voit pas.

« Je vais vous dire, c’est après moi qu’il en a. Et c’est moi qui vais recevoir la doudoune sur des affaires qui ne concerne pas la boutique. Aussi, je vais vous faire venir mon conseiller-spécial s’il y consent et si vous le voulez bien, pour qu’il « respire » le bonhomme », se répand Paul lors d’un de ces soirs-là

De quoi veut-il parler ? Un excès de paranoïa ?

Pas du tout : il avait été prévenu.

Ça concerne des choses qui ne relèvent plus du secret-défense, mais carrément du secret d’État.

« Je suis désolé, mais même à ma patronne, je ne peux pas en parler. Je vous mettrai tous en danger de mort sauf autorisation expresse du président de la République lui-même… »

Ce qui l’étonnerait bien : il est l’héritier politique, pour avoir été un de ses conseillers, de Thiersmirant à l’origine de tous ces délires corruptifs qui gangrène encore la vie politique et publique du pays.

En ce qui concerne Paul, après tout, ils avaient tous fait des pieds ou des mains pour qu’il revienne aux commandes de la boutique, n’est-ce pas, alors maintenant, il faut assumer et jusqu’à désormais.

Ils doivent se douter que ce n’est pas pour rien, même si aucun n’a participé aux décisions, hormis Isabelle Nivelle.

 

« Voilà ce que je propose : on continue à lui mettre la pression, de façon à ce qu’il lâche l’affaire pour passer le plus vite possible à son second volet. À moi de le piéger pour protéger la boutique et me protéger également. Non pas que je fraude personnellement, mais il ne doit pas non plus avoir accès à ses fameux « secrets d’État ». On me surveille de très, très haut sur ce sujet. »

En fait, Paul aura déjà élaboré un plan avec l’amiral Gustave Morthe de l’Argentière, qui s’installera au Kremlin-Bicêtre dès avant la mi-décembre et fera venir sa lieutenant de maîtresse début janvier pour activer les croisements des fichiers de Gabrielle de Bercy et ceux des DVD de la CIA.

Mais pour ça, il faut que le Lespoix vienne faire son contrôle sur Paris. Ce qui ne saurait tarder s’il veut vraiment faire un « gros coup » !

Depuis toujours, Paul, Jean-Charles Huisne, revenu dans de meilleures dispositions, et l’amiral, savent que l’argent des détournements de 1991 du président défunt est rentré en France fin 2009, pour être aussitôt redistribué et affecté avant Noël de la même année à travers le grand emprunt de « Krasoski » tel qu’en atteste la loi de finances de mars 2010, que des faits qui doivent rester secrets.

Et, chose importante, le couperet de la prescription tombe seulement le 31 décembre 2012 à minuit et une seconde.

Naturellement, c’est ça et seulement ça qu’il s’agit de protéger à ce moment-là. On a beau avoir eu l’idée d’un rescrit ministériel validant la neutralité fiscale des montages conçus et réalisés à l’époque, devant neutraliser toute tentative de redressement comme d’un dernier atout-maître, ce qui est bien logique puisqu’il s’agit d’argent appartenant à la Nation, tout le monde commettrait une faute si un quelconque inspecteur venait à mettre le doigt dessus, même par inadvertance.

Paul a déjà eu à faire face à un juge d’instruction qui s’est vite fait oublier quand il a vu débarquer le commando de paras du Général Wimereux et a été remercié par la suite d’avoir ainsi su faire « le bon choix » par une promotion intéressante, de celles qui ne se refusent pas.

Avec ce fouineur de Pénis-Les-doigts, comme l’IC est surnommé « en interne », ce serait une personne de trop au courant du dispositif mis en place à l’époque. Et il ne mérite aucune promotion.

Or, l’occasion s’est présentée en première quinzaine de décembre.

Par I-Cube
Mercredi 23 juillet 2014 3 23 /07 /Juil /2014 07:03
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Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

Rencontre d’un nouveau type (1/2).

 

En attendant, passé la mi-octobre 2012 Denis Lespoix se lance à l’assaut de la MAPEA. Que ça a failli mal tourner, tel qu’il n’en menait pas large.

Le gardien fait barrage : « Vous êtes habilité défense ? », c’est la question clé du rubicond en uniforme noir qui fait cerbère dans la vie civile.

« Je suis inspecteur des impôts, je veux voir Monsieur de Bréveuil, votre Président ! »

D’abord, ce n’est pas le Président et personne ne rentre sur un site classé défense sans autorisation préalable du ministère du même nom.

Incompréhension mutuelle, telle que la tension monte d’un cran à chaque échange.

Finalement, Madame Nivelle, la pédégère, revenant de son déjeuner d’affaires en ville avec ses conseils qu’elle ramenait à la gare, arrive sur place dans sa Twingo de fonction.

« Ah ! C’est vous ? On vous attendait ce matin, pas à 14 heures ! » laisse-t-elle tomber narquoise et surprise.

« On a vraiment cru que vous aviez renoncé à ce contrôle. Vous êtes habilité défense ? »

Non.

« Je vous fais entrer, mais sans vos affaires et après une fouille au corps complète. Désolé, mais ce sont les consignes de sécurité très strictes du ministère ! Même les pompiers seraient obligés de s’y soumettre pour venir éteindre un incendie ! ».

Seulement pour ceux qui ne sont pas habilité-défense ne précise-t-elle pas.

Quelle drôle de boîte !

« On a déjà eu des histoires avec la DGSE, par le passé ! Ici, il y a quelques secrets dont l’armée ne souhaite pas qu’ils sortent », affirme-t-elle en guise d’excuse.

Et s’il refuse ?

« Vous repartez et allez demander cette habilitation aux ministères de la défense. Bon, ça peut prendre quelques mois, je vous préviens tout de suite, et ça n’est délivré qu’après une enquête approfondie sur vous ! »

Voilà autre-chose !

 

Une fois installé dans la salle de réunion dont il imagine à tort qu’elle devra lui servir de bureau, Madame fait un historique de son entreprise en présence du contrôleur de gestion qui aura rappliquer dare-dare et aurait dû être son seul interlocuteur.

« Ne vous offusquez pas, mais lui et son collègue, ou un agent de sécurité vous accompagneront jusque devant les toilettes si nécessaire. Aucun autre contact ne vous est autorisé dans l’enceinte du bâtiment, toujours ces mesures de contre-espionnage qui nous sont imposés par nos maison-mères et le ministère. »

Il veut voir Paul de Bréveuil ».

« Notre secrétaire général ? Il doit être quelle que part et devait vous accueillir ce matin. Il va arriver, parce que là il raccompagnait les auditeurs d’EADS et nos commissaires aux comptes à la gare, vue votre absence… »

La maison-mère et les CAC en déplacement pour le recevoir, lui l’IC de la capitale ?

Il ne pensait pas être aussi important.

Il veut voir la caisse, le dernier relevé bancaire et les livres légaux d’AG et de Conseil d’administration.

« La caisse ? Quelle caisse ? Celle du comité d’entreprise ? »

Il n’y a pas d’espèces qui circulent dans la maison, hors pour le CE et les personnels dans leurs effets … personnels.

« Les livres légaux alors ? »

Ils sont chez l’avocat de Paris, à sa disposition…

« Le dernier relevé du compte bancaire. »

On va lui trouver celui de la dernière période… Le temps de patienter, souhaite-t-il une boisson chaude ? Froide ?

 

Il tourne comme un fauve, surveillé par un ange-gardien en uniforme noir, assez impressionnant par sa corpulence, qui s’est installé à proximité de la porte, dans un coin, et a pris le relais de Madame Nivelle, bien succulente à ses yeux, et de son jeune contrôleur de gestion parti chercher le relevé demandé.

Celle-là, il envisage tout de suite de se la faire. Un bourgeoise quinqua, une « MILF » sapée pour au moins trois mille euros de fringues, ce doit être au moins une « cougar » qui aime se faire tringler dans des positions extravagantes s’imagine-t-il.

Et il commence à fantasmer sur des scènes démentes… même s’il préfère en général des chairs plus fraîches : il se fera une « douce-violence » !

Paul arrive sur ces entrefaites. Un bonhomme qui en impose immédiatement, rien que par sa présence, sa carrure, son charisme et son physique : il le déteste immédiatement et cordialement !

Celui-là, promis, il va « le faire pleurer », le faire chialer jusqu’à ce qu’il se traîne à ses pieds.

Peut-être même jusqu’à le pousser au suicide…

Il en est sûr.

« Bienvenue Monsieur Lespoix ! Désolé, mais nous vous attendions depuis la fin du mois d’août et ce matin, pas cet après-midi. Vous vous êtes vraiment perdu en route depuis tout ce temps ? »

Fin août ? Mais il n’était même pas en France à ce moment-là !

Perdu en route ? Non le taxi connaissait l’adresse.

« Vous comptez rester avec nous combien de temps ? »

Il ne sait pas et lui parle de ses difficultés à pénétrer dans l’enceinte.

« Oh ? Vous n’étiez pas prévenu ? Des mesures de sécurité indispensables ! Ici, on prépare la prochaine guerre. Vous ne verrez pas, mais ça se précise : nos armées vont encore devoir aller batailler et répandre le sang d’affreux terroristes sur un autre continent, pour que vous puissiez faire tranquillement votre travail, je veux dire en toute sécurité. Et ça se passe partiellement entre nos murs.

D’où toutes ces précautions, qui sont pour nous naturelles, notamment contre le risque terroriste et le risque d’espionnage. Savez-vous que la CIA a même tiré un missile contre le bâtiment il y a tout juste quelques années ? »

La CIA ? Dans quel piège est-il tombé ?

« Vous êtes descendu à quel hôtel ? »

Il compte reprendre le train du soir.

« Il faudra vous dépêcher. Celui de 21 heures est un tortillard ! Je vous conseille celui de 17 heures. Vous a-t-on proposé une boisson, au moins ? »

Oui : on ne l’achète pas avec un verre ou une tasse…

« En fait, c’est vous et vos activités que je suis venu contrôler. »

Paul commence à comprendre les avertissements de Jacques et de l’amiral Morthe de l’Argentière.

« Pas de problème : j’étais au courant avant même que vous ne reveniez d’Asie. Vous avez sonné à la bonne porte ! Je suis à votre disposition. Toutefois…

Mes comptes personnels ne sont pas ici et ont pour partie grandement été incendiés à l’occasion de plusieurs attentats dont j’ai été victime ».

Le prétexte de tous les fraudeurs : il tient son bonhomme !

Celui-là va le supplier de l’achever, ricane-t-il dans son for intérieur !

« Mais on doit pouvoir reconstituer l’essentiel. Aussi, je vous propose de revenir faire votre boulot d’abord ici sur les comptes de la société : nos consultants et conseils seront présents pour répondre à vos questions et vous verrez que tout est clean. »

Et Paul d’expliquer qu’outre le contrôle interne, les reporting mensuels aux maisons-mères génèrent également des audits trimestriels, en plus des travaux des commissaires certificateurs et des contrôles de la DGA et du ministère, le tout sous l’œil de l’AMF, puisque des sociétés-mères sont cotées à la bourse de Paris.

« Ils contrôlent jusqu’à la comptabilité-matière et au gramme près, dans la limite de la précision des instruments. Vous aurez accès à leurs documents, sur demande mais que pour consultation. »

Légalement, il ne peut pas en être autrement, de toute façon : on ne cassera pas sa procédure de redressement à ce jeu-là en le poussant à emporter des documents, ce qui est prohibé par la loi fiscale.

Et de préciser que viennent également contrôler l’activité les ingénieurs de la DRIRE.

« En revanche, les contrôles Urssaf se font sur dossier : ils nous connaissent. »

Et l’inspection du travail ?

« C’est du seul ressort du directeur régional. Il est habilité défense, lui ! »

Ambiance, quand Gérard, le contrôleur de gestion revient avec les deux feuillets du dernier relevé décadaire de la banque.

« Vous vous moquez ? »

Pas du tout : « C’est ce que vous m’avez demandé ! Il vous faut autre chose ? »

« Ok ! Je vais prendre ce train de 17 heures. Il est encore temps. Je reviens lundi matin par le premier train. D’ici-là, vous aurez le temps de me préparer une édition papier de tous les mouvements de comptes et copies de tous les justificatifs, y compris des payes et déclarations Urssaf, ainsi que les états de synthèse des trois dernières années. »

Une édition papier ?

Gérard à l’adresse de son secrétaire général : « Il est fou ? Il y en a pour des semaines-machine, en comptant le temps de recharger les fichiers dans la bécane ! »

C’est un peu ça…

« On commencera par l’année 2009. Ce qui m’inquiète, c’est plutôt de savoir où on va installer tout ça ! Gérard, il faut passer tout de suite commande d’une semi-remorque de papier à bande carole pour la grosse imprimante de l’atelier. Et puis louer un cabanon de chantier, un grand de 40 pieds, qu’on posera au milieu de la cour pour le laisser gratter tout ça ! Pensez aussi à faire un branchement électrique pour la lumière et le chauffer qu’on puisse y installer aussi « nos conseils ». »

Et un branchement téléphonique ?

« Non, il a son portable. Même si ça risque de ne pas fonctionner avec notre système de brouillage. »

Vraiment, dans quoi est-il tombé, se demande Denis pour lui-même ?

Par I-Cube
Mardi 22 juillet 2014 2 22 /07 /Juil /2014 07:03
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Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !  

 

Paul à Paris (2/2)

 

La petite troupe s’organise donc dans les jours qui suivent, Paul et Barbara se réservant l’X, Centrale, Pont, Mine et sup-aéro, HEC et l’ESSEC, le commando en quintet s’occupant de tout le reste, école d’ingénieurs comme écoles de commerce : un gros boulot !

Une bonne année : 2,5 millions euros de ventes hors-taxes, hors-droits, hors vignette de sécurité sociale, juste pour les fêtes de fin d’année, les cuvées « spéciales », royales et impériales ayant fait leur effet, écrasant et de très loin « la concurrence » qui était apparue l’année dernière.

Claire et Loïc, la baraquée et le minet des beaux-quartiers rempileront d’ailleurs dès le mois suivant. Pour le blé, bien sûr.

Une occasion pour Loïc de déménager définitivement en région parisienne du côté de la vallée de l’Yvette avec « sa fiancée » et pour Claire de s’enraciner à Paris-13 chez celle qui sera devenue sa « partenaire » de sensualité, pas encore pacsée, pour au moins un temps : joindre l’utile à l’agréable, n’est-ce pas…

Ils ne sont pas si fous, les jeunots de l’époque.

 

Et comme en plus ils ont de l’ambition, Loïc aura plus tard carte blanche pour embaucher à Londres et Berlin, décliner le concept partout en Europe du nord, jusqu’à devenir directeur commercial et faire grimper ainsi le chiffre d’affaires avec des progressions moyennes de l’ordre de 50 % d’une saison sur une autre pendant plusieurs années.

Parce que plus tard, il sillonnera également l’Europe du sud du neurone ainsi que l’Europe de l’Est des cellules grises et avec des produits-nouveaux, genre « parfum pour les dames » et autres gadgets luxueux, stylos, montres-uniques, bijoux, etc.

Sans manquer de balayer encore toute espèce de concurrence dans l’œuf avec tout ça dans les cadenciers, à chaque fois qu’il en trouve sur sa route, même parmi les « majors » du secteur des spiritueux qui s’y essayent et qui en deviennent les fournisseurs occasionnels de Jean-Charles.

Démarche plus facile…

Loïc, devenu un « incontournable » sur tous les campus en quelques années, que Paul n’aurait jamais pu en faire autant tout seul.

 

C’est d’ailleurs Loïc qui lui suggère de monter une société spécifique et dédiée à cette activité-là, début 2013 en « délocaliser » le siège en Irlande mais en gardant l’informatique en banlieue-sud de Paris, se gardant la possibilité de quelques entrepôts loués au mois dans les banlieues des grandes-villes pour préparer les commandes.

Il en devient même l’associé minoritaire et le dirigeant effectif et opérationnel dès l’automne 2014.

Ce qui libérera Paul de bien des contraintes à ce moment-là tout en lui gardant quand même la direction de droit et une carte de visite opportune depuis que celle de VIP-Dassault devient vide de sens.

Ce qui sera aussi l’occasion de « tester » de « l’optimisation fiscale » in vivo après les menaces de fin 2012.

On y reviendra

 

Parce que l’usine d’Aubenas doit aussi monter en puissance. Mais curieusement, le ministère qui prépare l’opération Serval début janvier, sans rien n’en dire à personne, prend des options mais ne commande rien.

Et quand il commande du matériel et des munitions, de tout façon il paye avec retard : priorités aux soldes alors que le nouveau programme de paye, Louvois, explose justement en vol à peu près à ce moment-là.

Ces andouilles ne l’avaient même pas fait « tourner en doublon » avec l’ancien système, tel que c’est un boxon pas croyable qui rajoute à la « mauvaise humeur » des biffins et des états-majors. De haut en bas et de bas en haut.

Il aura fallu l’abandonner rapidement avant la fin 2013 et l’opération « Sangaris » pour en revenir au « crayon et à la gomme », au « stylo et blanc-couvrant », comme chez les modernes.

Alors payer les cartouches…

Ça devient infernal pour la trésorerie de la MAPEA qui épuise vite fait les ressources du Dailly et les autorisations de dépassement de découverts, les reports d’échéances URSSAF et d’acomptes TVA et IS… Parce que ses propres clients ont du mal à faire rentrer l’argent.

Sombre fin d’année pour tout le monde.

Pour tout dire, le premier Conseil d’administration de 2013, celui qui arrête les comptes 2012 et convoque l’assemblée générale des actionnaires, constate un bénéfice dans les comptes, et sans « triche » des opérations de césure d’exercice, mais une trésorerie négative.

Et encore en plus un paquet de « hors-bilan » assez mal équilibré.

Il faut que ça se « décoince » rapidement.

 

C’est d’ailleurs à cette occasion, après en avoir parlé à Isabelle Nivelle, que Paul prend sur lui d’annoncer la création d’une branche d’activité nouvelle à valider par l’AG à suivre. Ce qui laissera béats les membres du comité d’entreprise : le patron décoiffe une nouvelle fois !

En effet, vu que Dassault s’apprête à sortir son premier prototype de drone, le « Neuron », alors que ceux de la MAPEA, hors le « 001 » qui n’en est d’ailleurs pas un, restent sur les planches à dessin, il faut penser l’avenir autrement.

Puisqu’on sait broyer finement toute sorte d’ingrédients dans les murs et ateliers du site, il serait temps d’avoir une activité contra-cyclique qui dépendrait non plus du bon vouloir des « guerroyants », mais de l’activité civile des maisons-mères.

Qui font dans l’aéronautique et le spatial, de leur côté, comme chacun le sait.

À savoir des matières premières de revêtements de surface haute-performance.

Autrement dit des « peintures » et enduits spéciaux…

Et ce jour-là, pendant qu’ils discutent de ça, ils ne causent pas de la trésorerie, qui aurait pu aussi être mise très à mal par le contrôle fiscal qui n’a heureusement pas abouti de son côté, mais qui n’inquiète plus personne depuis le début janvier 2013.

Et pour cause.

 

Le secteur « revêtement », ce sont quelques fournisseurs qui se comptent sur les doigts d’une main, des produits et pigments d’excellente qualité, mais particulièrement chers… comme tout le monde sur ce marché, d’ailleurs.

Et la maison « grand-mère » se verrait bien de rajouter cette corde à son arc, quitte à aller piétiner la concurrence jusque dans l’industrie automobile et le BTP !

Ils ont des capitaux à investir intelligemment, ce qui calme le comité d’entreprise qui commence à s’inquiéter sérieusement des plans de charge en pointillés… qui jouent au yo-yo et les laisse « béat » de leur patron… qui « décoiffe ».

Encore du boulot en perspective pour l’équipe dirigeante et les équipes « recherche & développement ».

Les premières livraisons sortiront en septembre 2013, après des tests préindustriels tout le long du second trimestre 2013.

C’est que les spécifications demandées par les avionneurs, c’est quand même assez coton à réaliser.

Mais ça mettra à l’abri des errements des politiques la boutique de la famille Nivelle pour quelques années.

Et puis vendre de la peinture à travers l’Europe et la planète, c’est plus présentable que de se dire « marchand de canon » (même si ce ne sont que les obus et missiles…)

 

De son côté, Paul essaye aussi de résoudre l’énigme des « comptes-fantômes » de Miss Gabrielle. Un sacré casse-tête au démarrage quand il a reçu les listings des 9.288 noms et plus de 4.600 adresses, en format PDF.

Et il ne peut pas se faire aider par Joëlle Lidoire, la « hackeuse » de la Cour des comptes, qui a divorcé depuis longtemps d’avec le père de ses enfants de l’époque de la mission « Isidore », après leurs folles étreintes du moment.

Elle essaye de « se recaser » avec bien du mal auprès d’un radiologue encore marié et il n’est pas question pour elle de mettre en danger cette nouvelle liaison…

Mais si. Même pour le plaisir !

Lady Joan qui a fait le déplacement à l’occasion de la naissance d’Annabelle ne sait rien du tout des dossiers de feu-Sir Thornner son époux. Son clerc est par monts et par vaux depuis qu’il a pris sa retraite. Et elle, à l’époque originelle du « trust SJ », elle portait encore des couettes-tressées, avec jupette à plis et chaussettes-montantes à pompons, en Suisse, pour être écolière à peine délurée.

Tout ce qu’elle veut bien faire, comme d’une grande faveur, c’est de transférer les archives, qui l’encombre, au Kremlin-Bicêtre et les quelques dossiers informatiques traitant des comptes et dividendes versés.

Mais rien de plus.

Tout juste joindra-t-elle le numéro de portable du clerc, obstinément silencieux pendant un temps, mais qui parlera plus tard de son unique contact : un certain Monsieur Robert, banquier à Londres mais vraisemblablement d’origine française d’après son accent. Un homme assez discret, paraît-il, pour ne s’être jamais montré : il ne connaît de lui que la signature en bas des mandats de gestion.

Jusqu’à ce que Paul ouvre enfin le fichier de Bercy !

Là, il se fait très vite une idée claire de l’entourloupe réalisée par ce « Monsieur Robert », sans doute aux ordres d’une cellule « opaque » de l’Élysée de l’époque.

Où Paul ne manque pas de se remémorer les « suicides » d’un ancien premier ministre de « Thiersmirant » et de son homme de confiance, « Grasse-œuvre », quelques mois plus tard, sis au « château » lui-même…

Sous les 9.288 noms « exotiques », très rapidement il repère celui de l’épouse du Président Rackchi et une adresse à Tokyo. Puis encore plein d’autres de la sorte.

C’est un véritable jeu de piste où il retrouvera début janvier tous les 580 noms d’emprunt des conjoints des ministres de la Vème Républiques dont certains sont déjà morts depuis longtemps, ceux de quelques 2.500 sénateurs et 3.800 députés, le reste étant à mettre sur le dos de quelques conseillers régionaux, en général maire de ville de plus de 100.000 habitants et souvent conseillers généraux en bon cumulards de la République qu’il n’a pas le temps ni le courage d’identifier.

Car début décembre, ce n’est seulement qu’une hypothèse à consolider et valider : tous ont « croqué » de cet argent-sale et détourné !

Au moins pour les « fruits » des placements effectués par ce « Monsieur Robert », banquier à Londres.

Ce qui reste invraisemblable, totalement incohérent, à moins de disposer ainsi d’une arme à scandale inimaginable sur tout le personnel politique du pays, tous partis confondus.

Une vraie bombe nucléaire à effet multiple si c’était le cas, prête à exploser en fragmentations létales d’où personne ne sortira indemne si elle venait à exploser.

Mais pour l’heure, ce n’est qu’une hypothèse qui se dessine dans la tête de Paul, qui resterait logique dans l’objectif de « Thiersmirant » de détruire les institutions à la tête desquelles il a été porté par le suffrage universel il y a bien des années.

 

Il ne reste plus, pour l’heure, à Paul que de remettre la main sur les fichiers remis par la CIA et feu le directeur Almont, via Emily Lison un soir d’assomption dans un restaurant sur la plage de Calvi.

Il y a une éternité de ça. Et où sont-ils donc, ces DVD ?

Puis à croiser les « noms » avec les conjoints, adresses, numéros de compte et d’en tirer des soldes, s’il en a le temps.

Par I-Cube
Lundi 21 juillet 2014 1 21 /07 /Juil /2014 07:07
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Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

Paul à Paris (1/2)

 

Le lendemain, il réceptionne son loft remis à neuf : il va pouvoir récupérer Florence le week-end suivant, avant de repartir sur Aubenas travailler un peu à l’avenir de la boutique.

Parce que reste également à organiser les activités de vente de flacons pour les fêtes de fin d’année sur les campus, puisque les élections des BDE sont en cours.

Ce qu’il fait les semaines suivantes. Et il compte passer la fin de la semaine en entretiens pour recruter quelques jeunes-hardiesses bienvenues à aider Barbara, sa secrétaire générale un peu débordée elle aussi par la préparation d’un éventuel contrôle fiscal, pour lequel elle se fait aider par Jean-Charles Huisne revenu à de meilleurs dispositions et ses compléments de retraite personnels.

Après tout, c’était lui qui avait fait les opérations comptables et déclaration des deux années précédentes.

Et comme à eux deux, ils s’étaient montrés particulièrement légers voire « mauvais » dans l’activité des ventes de flacons, l’année dernière, alors que Paul faisait son « tour du monde par les trois caps » à la voile pour se remettre de son attentat et prendre le temps de « calculer » le Nivelle 002, Paul est désormais certain que ce n’est pas dans leur périmètre de première compétence…

Les comptes, la logistique et l’organisation, oui, peut-être. La vente, sûrement non !

Il faut donc des « vendeurs », des commerciaux, des « vrais ».

De préférence des jeunots, n’ayant pas froid aux yeux, idéalement jeunes-mariés et déjà endettés jusqu’au cou avec les traites d’une maison et de son mobilier sur le dos : quand on a faim, on bosse !

Pourquoi spécialement ce profil demande un jour Jean-Charles ?

« Parce que comme ça, je suis sûr qu’ils vont tout faire pour faire les échéances de leurs remboursements en vendant plein de flacons ! »

Et si on met 8 % du chiffre réalisé en rémunération brute, 11 avec les charges sociales et qu’ils fassent 2 millions comme la première année, ça leur laisse 160 K€ à se partager à trois ou quatre, soit un bon salaire de cadre débutant…

De quoi en faire se lever plus d’un tôt le matin.

 

Mais pas seulement. Il faut aussi approfondir la gamme à proposer. Le flacon à 15 euros, c’est bien, mais c’est un peu « sec » avec des cartons de 12.

Faudrait faire des cartons de 6 voire des demis-cartons, faire des formats « magnum », des mignonettes, des assortiments de « paniers-cadeaux » et des picolos ou des chopines.

Et donc d’élargir aussi la gamme : des whiskies, de plusieurs provenances, certes, du bourbon d’accord, mais aussi du rhum, de la tequila, du saké et peut-être même du cognac et de l’armagnac ou encore d’autres choses plus « exotiques », abricot, kirsch, prune, café, liqueur de café, etc.

Bref, contacter d’éventuels fournisseurs en surcharge de stock. Pas évident de prime abord.

 

Un peu plus tard dans la saison, Jean Vecchia, le pote en charge de la garde du sémaphore au large des réserves immergées de fioul de la marine nationale planquées dans les fosses sous-marines de Saint-Florent, celui qui avait été tant révolté par l’attentat contre Paul il y a un an, apportera la solution.

Lui, il a des vignes sur les coteaux de Patrimonio et son fameux muscat. Une production contrôlée et presque confidentielle. Depuis toujours, il distille aussi du mauvais vin italien qui lui sert à couper ses propres consommations de productions locales, interdites à la vente.

En revanche, sa « grappa », elle décoiffe. D’autant qu’il peut distiller sur son bateau de pêche. Ce n’est pas commode, mais ça permet d’épuiser quelques tonneaux de mauvais vin sarde loin des côtes et des gendarmes attirés par les relents d’odeur caractéristique durant son voyage de retour le long de la côte occidentale de l’île.

Moyennant finances, il peut multiplier ses détours-là et même livrer à Sète ou ailleurs, près à embarquer sur un camion.

Pas très légal de faire avaler aux fonctionnaires que les distillations sont elles-mêmes sardes, mais à partir du moment où les droits d’importation, de consommation et de circulation sont payés à la douane locale et aux indirects, rien n’est interdit…

Cette année-là, il y aura donc deux cuvées spéciales : « La Royale-2012 », et « L’impériale-2012 », cette dernière redistillée une seconde fois pour augmenter le taux d’alcool, mais mélangée avec une pointe de liqueur de cédrat… Un vrai régal de feu qui titre jusqu’à 65° !

Ne pas abuser, parce que ça monte rapidement au cerveau…

Non seulement c’est « bonus » en mignonette pour les acheteurs d’autres choses, mais ça fera des ravages lors des dégustations… la concurrence naissante, complétement dépassée sur son propre terrain.

Pour le reste, Jean-Charles veut bien sillonner le pays à la recherche des quelques stocks disponibles indispensables. Il est mauvais vendeur, mais se révélera bon acheteur, finalement.

Peut-être même un peu trop, parce qu’au bout d’un temps, il n’y a plus vraiment de place pour mettre en bouteille et ensuite en carton, sous la haute autorité de Barbara dans les sous-sols des locaux du Kremlin-Bicêtre et ses « stagiaires » issus de quelques BDE de grandes-écoles.

 

Et pour les « vendeurs », ça eut été un beau moment de délires divers. Barbara a trouvé intelligent d’organiser des salons directement sur les campus de quelques écoles de commerce dont elle avait entendu parler, Paul lui interdisant d’aller chez ses clients d’HEC, ESSEC et compagnie, les quelques majors, puisque c’est là qu’il recrutait aussi les fameux membres-détachés aux basses corvées des BDE, comme la première fois.

En revanche, Toulouse, Rouen, Reims, Marseille, Bordeaux, Lille, Chambéry même et encore deux bonnes dizaines d’autres, ça l’enchante d’aller faire la promotion du deal et motiver les jeunes têtes à laisser leur CV.

La première short-liste est un peu courte d’autant qu’ils ont été une dizaine seulement à se présenter à la réunion de « présentation-approfondie » à l’Hôtel Méridien retenu pour se faire.

Pas assez pour ne faire que quatre RDV de présentation individuelle en fin de matinée.

Entre l’anarcho-syndicaliste et le soiffard, il n’y a que les filles qui semblent présentables et elles n’ont en tête que d’entrer dans des entreprises du luxe…

Plus facile à vendre, même si elles ne savent pas encore qu’en qualité « d’emploi-jeune », elles vont être traitées comme des bêtes, jusqu’à la limite du burn-out et payées avec trois fois rien.

Du vol, limite esclavagisme.

Mais elles ont accès à des « échantillons-maisons » dont elles raffolent. Alors que les bouteilles d’alcool-fort, ce n’est pas vraiment « leur truc ».

 

Donc début octobre, en seconde session, ce sont des stagiaires qu’on recherche : moins chers, plus motivés et brûlants de découvrir un métier sur le terrain.

À ce jeu-là, le permis de conduire étant le seul réel barrage à l’entrée, trois filles, Julie, Fabienne et Claire, plus deux types, Bertrand et Loïc sont retenus pour faire deux équipes de 2,5, avec une « flottante » en cas de panne ou de « lunaison » impromptue.

Les filles sont chargées de conduire sur la route du retour et les équipes ainsi formées se chargent des prises de RDV, de faire les RDV sur les campus, avec l’intendance qu’il y a autour, et d’administrer les relances et les commandes durant les trois prochains mois.

À Barbara de relancer les paiements et d’organiser les commandes et les mises en bouteilles et cartons avec les autres stagiaires des BDE recrutés chez les majors ou quelques emplois-aidés en renfort, les réceptions et les livraisons jusqu’à la fin de la période.

À Jean-Charles de coter les demandes, de trouver l’approvisionnement correspondant et de faire livrer sur le Kremlin-Bicêtre.

À Paul de glander et de surveiller tout ça de loin : il n’a pas trop le temps avec tout ce qui lui tombe sur la tête entre les fichiers de Gabrielle qui arriveront plus tard et à gérer à la fois la montée en puissance de l’usine et celle de « son » Denis d’inspecteur des impôts…

Dans compter, entre-temps, la naissance d’Annabelle qui lui met la tête sans-dessus-dessous et ouvre le compteur des nuits blanches pour les biberons de 4 heures.

 

Bertrand est un jeune d’origine portugaise, sympa, déluré, vif et … poilus. Une vraie barre bien fournie en sourcil au-dessus des yeux. Il a un emprunt à rembourser, parce que sa bourse n’est largement pas suffisante et que son co-loyer est bien cher dans la ville des ex-négrier-sur-Gironde. Celui-là logera dans les locaux du Kremlin-Bicêtre durant toute la période, de façon très discrète.

Loïc est plutôt « vieille-France », fin et raffiné, avec un humour à trois bandes, qui a scotché Paul sur ses connaissances des différents alcools-forts des belles provinces du pays et plaît beaucoup à Barbara qui lui trouve un « charme-fou »…

Mais oui, elle n’est pas encore recasée la minette, et un « petit-jeunot » pourrait faire son affaire, d’autant qu’elle a une chambre de libre dans son nouvel appartement parisien !

Celui-là fait l’ESC-Rouen, mais, si le premier est en première année, le second est mémorialiste et cherchera du travail en janvier. Il espère bien rempiler pour pouvoir se marier rapidement avec sa dulcinée…

Tant pis pour Barbara et ses projets de sensualité. Quoique… on ne jurera de rien en la matière : c’est qu’elle a une sacrée nature, quand elle veut quelle que chose, celle-là !

Paul en a même payé de sa personne, en son temps.

 

Julie est issue de Sup de co-Bordeaux, comme Bertrand. Une petite brune toute mignonne, avec des yeux bizarrement en amende qui lui donne un air asiatique prononcé, alors qu’elle ne l’est pas du tout et qui espère se faire un peu d’argent pour financer son échange avec l’université de Vancouver. Post troisième année…

Ce qui l’a rend « sympa », c’est son large sourire et ses dents du bonheur… en façade !

Fabienne est une belle plante issue d’Audencia à Paris 15ème (une sup de co qui prend des bacheliers) et son bâtiment étonnant et multicolore, la chevelure et les formes généreuses qu’elle sait mettre en valeur sans faire trop pute.

Une figure ovale avec un nez court et fin en bec de rapace, un décolleté vertigineux qui donne un aperçu irremplaçable sur son 110-bonnet double-D qui flotte harmonieusement sous des vêtements en mousseline semi-transparente du meilleur effet.

Un peu « épaisse » de la cuisse, mais qui saura faire le bonheur d’un type pas trop con.

Pour l’heure, elle a fait un numéro de charme à peine croyable à Paul, sans même se gêner de la présence de Barbara qui en a rougi à plusieurs reprises, très mal-à-l’aise pendant les entrevues.

Et que « je veux travailler avec vous ! » par-ci, et « que la vie doit être jouissive à vos côtés » par-là, « tout cela me plaît affreusement ! », « je ne sais pas ce que je pourrais faire pour vous ! », « Je ne sais pas si je pourrais dire non à toutes vos idées », ou encore, « j’ai envie d’être corps et âme à vous … et tous vos projets », toute émoustillée à l’idée d’être un jour le jouet de tous les muscles de Paul qui roulent sous sa chemise entrebâillée…

C’est dire !

Oui, parce que naturellement, à la moindre réplique ambiguë de Barbara, elle se retranche immédiatement derrière son masque d’innocence de pucelle qui ne pense que boulot…

Un sacré numéro !

Également en troisième année, elle cherche surtout et manifestement un mari qui l’entretiendra. Une feignasse dans l’âme, mais qui se donne tous les atouts à cravacher dur pour y parvenir.

Sauf que de l’avis de Paul, elle devrait chercher sa moitié à la fac de médecine, ou dans les écoles d’ingénieur du top 4.

Ce qui justement l’intéresse dans l’offre de la boutique…

D’ailleurs, dès que l’entretien prend un tour plus personnel, elle ne s’en cache pas, le dit et l’assume. Elle aussi, à court d’argent pour claquer tout son pognon en fringues et fanfreluches idiotes.

 

Quant à Claire, c’est une boxeuse, une kick-boxeuse, sans doute culturiste vue sa carrure et ses tatouages, en seconde année et en break pour un an, disponible pour plein de petits-boulots, du moment que ça rapporte, blonde « pas naturel » en dira Barbara, qui se veut de la race des dominantes, des femmes battantes, à qui rien n’est impossible même Paul pris au « bras-de-fer », doté d’un accent marseillais à couper à la hache pour venir de sup-de-co … Marseille.

Une folle du volant d’ailleurs, qui sera venue depuis sa location des quartiers-nord pour le RDV de 9 heures au volant de sa R5 toute pourrie pour avoir sans doute déjà fait trois au quatre fois le tour du monde et user son troisième moteur (on saura plus tard qu’elle en était à sa seconde boîte de vitesses et c’est sans compter l’embrayage et les disques de frein), en partant à 4 heures du matin, pour repartir aussitôt revenue faire son déménagement et partager une colocation dans le 13ème avec une de ses potes sur Paris avant minuit…

Du grand n’importe quoi !

Paul aurait voulu voir la tronche de sa voiture après ce raid de plus de 2.000 km en quelques 16 heures de conduite. Y’a encore des radars automatiques, sur le parcours !

Mais il ne l’a pas vue, pris pas son propre emploi-du-temps de ministre surbooké.

Par I-Cube
Dimanche 20 juillet 2014 7 20 /07 /Juil /2014 07:05
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Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

Gabrielle.

 

Elle se démène depuis le mois de janvier 2010 pour inventorier et évaluer les « SCI », SCPI et SII ramenées d’Angleterre par Paul de Bréveuil.

Sur 13 milliards d’euros, évalués à la louche et à coût quasi-historique, la moitié (46 %) ont pu être liquidé rapidement, avant la fin de l’année, sans effondrement du marché, parce qu’il s’agissait de SCPI cotées, adossées à un marché et tout en générant quelques belles plus-values surprises pour les plus anciennes participations seulement.

Un marché atone, certes, mais au moins existant.

Pas compliqué : gérées par des banquiers ayant pignon sur rue, à travers des filiales spécialisées, il suffisait de les contacter, de relever les cours et de se positionner à la vente.

S’agissant toutefois de droits immobiliers, les actes à rédiger par leurs notaires, les contre-expertises d’évaluation à réaliser, les rendez-vous de signature, tout ça a pris une majeure partie de l’année, bien qu’elles n’étaient pas trop nombreuses.

Et les interlocuteurs, étaient heureusement à-peu-près toujours les mêmes, ce qui a facilité les choses.

Il a surtout s’agit de constater des plus-values nettes, minorées hélas des coûts d’acte connexes.

C’est toujours de l’argent en plus, à sa place dans les caisses de l’État, et c’est bien là l’essentiel de l’agence pour laquelle elle travaille.

 

En revanche, les 12.000 et quelques vraies SCI, c’est une autre paire de manches. Beaucoup sont propriétaires d’immeubles, dont il a fallu des mois et des mois d’expertise sur le terrain pour évaluer réellement les actifs et beaucoup d’autres seulement des titres d’autres SCI, elles-mêmes ayant souvent des actifs mixtes, immeubles, bouts d’immeuble, parfois seulement des terrains ou des droits à construire, des baux à construction, le tout géré et administré par des « syndics » locaux.

Dans quelques cas, les SC n’ont que des prêts à leur actif, des sommes prêtées à des OPHLM sans grand espoir de remboursement, ou à quelques « institutionnels-sociaux » un peu plus solvables.

Parfois elles portent des dettes entre-elles. Parfois avec seulement une ligne d’écriture comptable, parfois avec des actes sous-seing privé, plus rarement sur actes authentiques, notariés.

 

Mais le pire, c’est que si les unes et les autres encaissent bien des loyers, des remboursements et/ou des intérêts, la gestion ne serait-ce que des comptes sociaux est rapidement devenu un enfer tel qu’il a fallu mobiliser rapidement une brigade entière d’une dizaine de spécialistes en détachement de Bercy pour centraliser l’ensemble et avoir une vue des flux à peu-près complète.

Et si ce n’était que ça !

Toutes ces SCI, outre que d’avoir des participations croisées pour la plupart, éclatées, dispatchées dans un maquis touffu tel qu’il est quasiment impossible de « consolider » l’ensemble selon la norme comptable habituelle, pour avoir toutes des « minoritaires », ont chacune une flopée d’associés à convoquer individuellement aux adresses contenues dans les registres sociaux pour tenir les assemblées générales ordinaires et obligatoires.

Ce n’est plus 12.000 mais 80.000 personnes physiques, quand on ressort les participations croisées « internes » à cette véritable nébuleuse intriquée.

On n’imagine même pas le coût postal, et surtout le travail de préparation qu’il peut y avoir derrière, ne serait-ce que pour transférer les sièges sociaux ailleurs que dans les cabinets de syndic-gérant les loyers et charges, et regrouper l’ensemble dans les locaux de Bercy !

 

Il aura fallu renoncer aux procédures statutaires, quand on avait les statuts envoyés par le clerc de l’étude de Lady Joan et procéder, en deuxième avis, par voie d’annonce légale dans un JAL.

Sans plus de succès d’ailleurs pour faire venir des gens vraiment pas intéressés du tout par le sort de leurs parts d’actifs.

Parce qu’au premier jet des convocations, pour changer l’adresse des sièges sociaux, dire que les comptes seraient arrêtés plus tard quand c’était nécessaire, faute d’élément fiable, et dire et décider qu’il n’y aurait pas de distribution de dividende ni même le versement d’acompte, sur 80.000, il y a presqu’autant de retours de LRAR, correspondant à un peu plus de 72.000 adresses, les autres s’étant vraisemblablement perdues !

Et dans le lot, de ces « minoritaires », ce ne sont toujours que les mêmes 9.288 noms exotiques à des adresses parfois tout aussi « exotiques ».

Environ 4.600 pour ces dernières.

À en perdre son latin… À croire que des immeubles complets sont peuplés de fantômes, toujours les mêmes, aux quatre coins de la planète.

Mais bon, l’année 2010 a pu ainsi être passée à faire le tri entre les urgences et de laisser de côté le sort des 12.000 SCI avant que d’y voir plus clair : l’urgence, c’était de faire rentrer les 3 milliards d’euro disponibles à l’occasion de la cession des parts de SCPI et autre SII cotées.

 

À la tête de sa petite cellule, Gabrielle Choisille se réservait les années 2011 et 2012 pour traiter du reste : normalement, on pouvait espérer remettre la main, à les liquider, sur les 10 milliards restant.

Ce qu’elle entreprend en mettant en vente les actifs immobiliers et en faisant du rentre-dedans chez les débiteurs « externes » à la nébuleuse, compensant entre eux les « internes ».

Reste qu’à la fin du deuxième trimestre 2012, après avoir bouclé la plupart des cessions dans de bonnes conditions, estime-t-elle, et parfois même de façon inattendue pour être mirifiques, telle que le Trésor a finalement encaissé plus que les 13 milliards attendus, elle reste avoir un problème de taille sur les bras.

 

Les minoritaires, et leurs droits de l’ordre de 15 % de l’ensemble, c’est environ 2,25 milliards d’euros d’actif et environ 150 millions/an de revenu encaissé par les syndics et dont le Trésor, s’il en a la charge, ne peut rien en faire !

Son directeur lui suggère de consigner tout ça, et leurs parts de plus-values, à la CDC, dont c’est le métier et la raison d’être : aux bénéficiaires, ayant-droits ou héritiers de faire valoir leurs droits dans le délai de la prescription trentenaire après dissolution.

Comme ils ne se sont pas manifestés, qu’ils sont injoignables à la dernière adresse connue et que ce n’est pas la CDC qui fera des recherches, c’est tout bénéfice pour le Trésor.

« Oui, mais l’impôt sur le revenu et les plus-values réalisées ? »

La question conne qui bloque le neurone du Directeur en charge de chapeauter les activités de Gabrielle et de son équipe.

On ne va quand même pas leur en faire cadeau, alors même qu’ils n’ont rien glandé, même si avec le régime des plus-values immobilières à long terme la recette risque d’être mineure par rapport au reste.

Quant aux revenus fonciers, ils leur sont dus, mais il n’y a aucun mécanisme de retenu à la source qui est prévu par les textes applicables alors qu’ils sont imposables, même en considérant qu’ils auraient pu être tous soumis au « forfait » du micro-foncier : ce n’est pas possible pour des SCI.

Et il n’est légalement pas non plus possible de faire un prélèvement forfaitaire de précaution, à titre conservatoire, sans risquer de paraître abusif et spoliateur : ce serait illégal.

Opération impossible à moins de se priver d’impôts supplémentaires sur au moins deux ans. Et, si ce sont biens des associés fantômes depuis l’origine, il faudra faire une croix sur l’IR dû pour les années prescrites. Trop considérable.

Il faut qu’il en réfère à sa hiérarchie…

Comme lui n’a déjà pas toutes les informations, bloquées au titre du « secret d’État », la hiérarchie n’en a pas plus est reste bien embêtée à trouver une solution…

 

Gabrielle a alors l’idée d’en référer à Paul de Bréveuil, celui par lequel ces fonds sont revenus au pays, dans une opération où elle-même n’avait pas la possibilité de poser toutes les questions souhaitées.

Et puis il lui reste en souvenir émouvant les fameuses et folles étreintes d’avec le bonhomme de l’époque où Jean-Charles, son chef, s’était envoyé en l’air avec l’anglaise à l’origine de toute cette fortune.

En trois ans de travail de forcené, elle n’a pas trop vieilli. Comme il y avait pris un plaisir non feint, peut-être méritait-elle un « repos de la guerrière » en compensation joignant sinon l’utile, au moins l’agréable.

D’autant que le temps est désormais lointain où elle faisait des folies de son corps jusqu’à plusieurs fois par jour !

Le problème du bonhomme, c’est qu’il est rarement à Paris.

Mais qu’elle finit quand même par le recevoir dans ses locaux de Bercy.

Pas tout-à-fait ce qu’elle espérait, puisque la réunion se passe en compagnie de Chrystelle, son adjointe.

 

« Beau boulot, ma chérie ! » Glops… Y’a « une » témoin ! On se calme Paul, on se calme.

« Mais pourquoi vous n’avez pas réuni toutes ces parts de SCI en une seule main pour faire une TUP (Transmission Universelle de Patrimoine) comme je l’avais suggéré ? »

Parce que ça n’est pas possible sans un audit des comptes et valeurs des biens détenus et que la moitié des 30 % des minoritaires reste inconnue.

« Tu veux dire 15 % des actifs sont sans adresse connue ? Ou encore 15 % des revenus, c’est ça ? Et personne ne s’est manifesté quand ils n’ont pas reçu leur acompte trimestriel de dividende l’année dernière ? »

C’est ça.

Paul fait un rapide calcul. « Tu sortais combien de rendement net ? »

5,27 % sur valeur de vente. Valeur réactualisée, donc.

« Des loyers nets de toutes charges qui étaient versés tous les ans ? »

Tous les ans, elle ne sait pas, mais probablement même tous les trimestres. « Ça devait être plus en pourcentage avant, peut-être 10 ou 11 % sur les immeubles les plus anciens, puisqu’ils n’étaient pas réévalués alors que les loyers l’étaient… »

Ce n’est pas ce qu’il cherche. C’était 5 % en valeur historique, très probablement.

Ce qui fait que depuis 1992, environ 5,6 milliards d’équivalent euro manquent à l’appel pour avoir été distribués.

« Dis donc, dans tes comptes, ceux rendus par Lady Joan, y’a-t-il des dividendes à encaisser dans tes rapprochements bancaires, en crédit ? »

Chrystelle cherche…

« Je n’ai pas souvenir de ça, Paul. »

Et l’autre de confirmer.

« Si je te suis bien, tes associés fantômes, ils encaissent leur chèque depuis l’origine, mais ne répondent pas aux convocations quand il s’agit de faire une plus-value. C’est bien ça ? »

Oui.

« Et alors, qu’est-ce qui t’interdit de leur faire un chèque pour les payer de leurs droits ? » Où est le problème.

« On ne sait pas s’ils paieront leur IR là-dessus, puisqu’on ne les identifie pas pour avoir de fausses adresses, ni si on doit leur appliquer un forfait libératoire et de quel montant, quand ils sont à l’étranger. »

Les rapiats !

 

Ils ont des contribuables inconnus aux adresses indiquées, qui encaissent bien les chèques, mais ils en sont à bloquer les versements dus à ces gars-là de peur qu’ils ne payent pas d’impôt dessus… Fabuleux !

Et ça ne donne rien quand Bercy croise les noms et adresses des bénéficiaires avec son propre « grand-fichier » des 33,7 millions de contribuables locaux, dont il est vrai qu’il n’y en a que 17,9 millions qui payent de l’IR.

« Oui, c’est ça ! On en a découvert des nouveaux inconnus au bataillon. »

9.288 noms pour environ 4.600 pour adresses.

Pas la mer à boire, quand même, s’étonne Paul.

« Tu sais quoi, si ça ne t’ennuie pas, tu me donnes le fichiers de ces citoyens-là et je me charge de les retrouver pour que tu puisses virer tout ça soit à la CDC soit à leur compte vérifié. Au moins tu auras leurs nouvelles adresses pour envoyer tes bulletins de recoupements. Ça te va ? »

Il ferait ça pour elle ?

« C’est vraiment très gentil de ta part, Paul. Tu nous libérerais d’une difficulté finale pour boucler ce dossier, tu sais. »

Il commence seulement à comprendre… que s’il y a 5,6 Md€ rien que sur 13 des 35 milliards ramenés d’Angleterre, il y a donc 15 milliards à rechercher sur la totalité de l’enveloppe, que des aigrefins encaissaient tous les ans en douce !

Et l’amiral aurait donc raison.

« On dîne ensemble ? »

Et lui de lui raconter qu’il va être bientôt papa, qu’elle en change de sujet aussitôt, ravie pour lui, mais déçue intérieurement à n’en rien laisser paraître !

Une « salope » avait retiré Paul « du marché » en ne prenant pas assez de précaution…

Combien étaient-elles ainsi victimes de ce « sale sort » là ?

Par I-Cube
Samedi 19 juillet 2014 6 19 /07 /Juil /2014 07:04
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Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

Denis Lespoix

 

Ce bonhomme-là, outre l’humour involontaire de sa mère quand il a s’agit de le prénommer, c’est un cas, une sorte de mutant, si on peut dire.

Un type qui a tout loupé dans sa vie, sauf, sauf… sa vocation !

Il est « moche », du style des petits-gros, chauve-sur-le-dessus et myope, la voix éraillée et la démarche mal assurée.

Quand il rit, ce qui lui arrive rarement, c’est pour découvrir ses dents jaunies au tabac de mauvaise qualité : alors il évite.

D’autant que rien ne l’amuse vraiment dans la vie, jusqu’au jour où…

Faut dire aussi que son cartable, d’une taille normale, traîne presque par terre tellement ses jambes n’ont pas fini de grandir, bien qu’il ait de grands pieds malhabiles qui trébuchent à la première occasion.

Il s’habille « trop étroit », la boutonnière faisant des plis, le bouton prêt à vous sauter au visage de son vis-à-vis, ce qui en rajoute à son côté « replet », avec des vêtements tâchés sous les aisselles, des pantalons laissant apparaître des traces d’incontinence ou de précipitations à sortir sa zigounette, sans doute trop petite pour la trouver tout de suite. Et une cravate, toujours la même, elle-même maculée de gras et autres restes de repas, le nœud noir de crasse de transpiration à force de le faire tous les jours au même endroit.

Le peu de cheveu que lui laisse sa calvitie, sont mi longs, sans doute brun s’il les lavait au moins une fois par semaine, ce qui n’est pas sûr.

Et pire que tout, pour couvrir ses odeurs de crasse et de sueur, il s’asperge d’une eau-de-Cologne bon marché, qui est entêtante dès la première respiration…

Un calvaire pour ses collègues de bureau qui apprécient plus que tout leurs déplacements « hors les murs », ou les siens.

 

Tout le monde ne peut pas être élégant et savoir prendre soin de soi et de son apparence. Mais lui, s’il n’avait raté que ça, ça irait encore.

Alors que c’est l’ensemble de sa vie qu’il a loupé ; jusqu’au jour où…

Fils unique, de père inconnu et de mère alcoolique, Marguerite Lespoix, aussi laide qu’une fleur est belle, alternant les cures de désintoxication et les delirium-tremens avec la régularité d’un métronome, il a été élevé en Picardie par sa grand-mère, Germaine épouse Lespoix, elle-même veuve et ouvrière agricole.

Son parcours scolaire est ponctué d’échecs (trois fois recalé au bac avant d’y renoncer) et pour s’éviter le travail dans les champs de betteraves-sucrières, il est monté « à la ville » comme stagiaire dans plusieurs entreprises d’Arras.

Jusqu’à ce qu’il se retrouve à classer des dossiers dans les sous-sols de l’hôtel des finances de la ville durant tout un été.

Tellement insignifiant, que les fonctionnaires des impôts l’ont véritablement oublié durant tout le mois de septembre, jusqu’à ce qu’il se pointe la gueule enfarinée dire son étonnement de ne pas avoir été payé de son mois de labeur souterrain, début octobre !

Qu’il a bien fallu le recaser dans le service…

 

C’est ainsi qu’il est devenu « contractuel » et a appris son métier de contrôleur des impôts sur le tas.

Au fil des années, il est devenu le champion local des procédures de redressement, se rendant indispensable auprès de ses collègues en matière de délai, de rappel, de suivi des dossiers de toute la brigade où il a été affecté, malgré ses odeurs.

Il tente à plusieurs reprises le concours, encouragé par ses collègues vérificateurs ou agents qui y verraient bien la fin de leur supplice et calvaire olfactif, mais qu’il rate tout aussi régulièrement.

Jusqu’à ce que le destin lui ouvre une porte, une seule.

Cet été-là, une stagiaire toute particulière passe ses vacances dans le service : la fille du sous-directeur, service de la fiscalité des entreprises. Le bureau en face du sien dans le couloir.

Une « chose » flasque et molle, tout aussi insipide, à l’odeur pareillement entêtante et repoussante qu’il avait su l’être, et qui tombe enceinte de ses œuvres avant la reprise des cours à la faculté de droit d’Amiens.

À peine fiancé, il se retrouve muté au grade de contrôleur par le tour extérieur : il n’était pas question que « beau-papa » laisse « sa petite » sans le sou, à condition que le jeune-papa « régularise ».

Et il ne s’est pas fait prier…

 

À la brigade, on le surnommait « brasse-bouillon », tellement il donnait l’impression de désordre à brasser plusieurs dossiers de contribuables en même temps : des dizaines.

Il n’empêche, il avait des résultats… Notamment parce qu’il avait compris qu’un contrôle fiscal, c’est finalement assez facile à faire, même pour lui.

Et puis, on le faisait tourner sur toutes les spécialités de la fiscalité, y compris à la fiscalité immobilière des marchands de biens. Ces contrôles sur pièces rendaient toujours des résultats, quelle que soit le secteur d’activité contrôlée, à tel point qu’il est monté à la capitale quand son épouse a dû suivre un cursus dans une banque du quai de la gare.

Lui, il est allé se planquer dans une direction territoriale de la rive droite de la Seine, avec le grade de contrôleur principal et tout un quartier où s’y faire les dents…

C’est là qu’est née sa véritable vocation : « Faire pleurer le contribuable ! »

Et du même coup, il a enfin trouvé son « utilité sociale »…

 

Un vrai « petit-flic », très à l’aise dans les fichiers informatiques de la maison pour aller y dénicher les vies parallèles des citoyens des beaux-quartiers, « reniflant » des liaisons extra-conjugales rien qu’aux notes de débit des banques, examinant et notant les jours et les heures des tickets de carte-bleue, la nature des dépenses, les débits, les crédits.

Devenu capable de dégotter des abus de toutes sortes rien qu’en lisant un relevé de compte bancaire.

Quasiment infaillible.

 

Une tactique qu’il avait pris l’habitude de résumer assez simplement : « Tout passe par la caisse ! » Il lui suffisait de rapprocher « toutes les caisses », de faire des balances d’encaissement/décaissement et de mettre en concordance avec les déclarations idoines.

Pas très compliqué, effectivement.

Même si pour être complet, dans une comptabilité d’engagement, il fallait aussi rapprocher les comptes, avec les mouvements « de caisse » (et de banque) après avoir réuni, les devis éventuels, les bons de commande, les bons de livraison quand il y en a et les factures.

Facile de repérer les anomalies dans ces conditions-là et de poser les bonnes questions, celles qui mettent en émoi… Parce qu’évidemment, trois ans plus tard, plus personne ne sait pourquoi il y a eu un subit accroissement de consommation d’eau, d’électricité ou de n’importe quoi d’autres … que lui n’expliquera que par une activité au « black » après avoir rejeté sur quelques détails ou erreurs (il y en a toujours) l’ensemble de la comptabilité présentée, permettant une procédure de taxation d’office…

Autrement dit d’évaluer les recettes imposables « au doigt mouillé » comme l’autorise la loi et la procédure de contrôle : au contribuable de se justifier…

Sinon, le redressement porte imparablement sur les différences d’avec les déclarations.

Facile, assume-t-il en toutes circonstances !

 

Mais son meilleur moment, c’est quand il convoque, en cas de contrôle sur pièce, le fraudeur dans les locaux de la direction et de poser la question qui tue : « Qui est-ce donc cette entreprise d’acupuncture ? »

Pourquoi elle a été payée sur le compte de l’entreprise ?

« Qu’est-ce que cet encaissement de 198,26 euros sur votre compte ? »

S’il savait d’où venait cet argent pour être capable de remonter les compensations en usant de son droit d’information et des fichiers du ministère, on ne la lui faisait pas à lui, notamment de l’étranger ou d’une région différente des affaires habituelles du contribuable. Forcément, c’est une « fraude ».

Alors, il « coinçait » le bonhomme. Ce fric venait de la vente à un particulier, éventuellement via e-Bay ou un autre, d’un bijou, d’un manteau, d’un bibelot, d’un meuble qui n’a pas pu être acheté en France puisque le gars n’a plus la facture. C’est donc qu’il y a une garçonnière au Luxembourg, en Suisse ou ailleurs, et une double-vie.

De quoi déclencher une EFSP dont il savait que les redressements seraient déjà acceptés sans aucune autre contrainte, et de « faire pleurer » le gusse qui sortirait ruiné de l’opération pour sauver son couple encore quelques semaines.

Sur pièce, il fallait le faire et tous ses collègues pouvaient s’en étonner !

Alors sur place, il excellait encore plus…

 

La « chose flasque et molle » qui lui servait d’épouse a fini par rentrer à Amiens, à proximité de papa-maman, avec le gamin sous le bras et un poste de sous-directrice d’agence bancaire locale.

Denis ne pouvait pas suivre : il était au paradis à Paris, sans « beau-papa » sur le dos.

D’abord, il remontait le week-end, puis une semaine sur deux.

Puis seulement quelques jours pendant les vacances scolaires pour voir grandir son fils sans lui, ce moment d’égarement : ce qu’il aimait avant tout, c’était de persister à « faire pleurer » le contribuable local, ses entreprises en province ou en banlieue.

Et de « faire du chiffre ».

Promus inspecteur par le « tour interne » pour le faire revenir à Amiens, il a très vite vu sa carrière s’arrêter quand il a quémandé un poste en région Paca, sur les conseils de ses collègues parigots qui en avaient ras-le-bol de l’avoir dans leurs pattes, en vue d’être nommé inspecteur principal.

« Beau-Papa » s’est opposé à ce départ alors que la « chose flasque et molle » venait de prendre amant, faisant sombrer son mariage, et était devenue directrice à Brest.

Il demeurera « inspecteur-central » tout le reste de sa vie.

D’abord à Bordeaux, puis à Toulouse et enfin dans une direction nationale, chez « les sabreurs ».

 

Cette année-là, quand il rentre de vacances en Asie, il a pratiquement bouclé son quota de l’année. Il a tout juste six rendez-vous de proposition de rectifications, dont une d’office, à signer alors que les avis finement motivés sont déjà tapés.

Il aurait pu passer son dernier trimestre à glaner quelques informations sur les clients et fournisseurs qu’il avait croisé chez les entreprises contrôlées, histoire de proposer à son IP ses propres prochains dossiers, et finir l’année en mode « café-concert » les après-midi. Quand ce n’était pas au « Pont des artistes », un rendez-vous d’amateurs de musique offert gratuitement par Radio-France aux premiers qui s’y pressent.

Sauf que le ministère, le bâtiment d’en face de la placette, de l’autre côté du métro aérien qui les sépare, à proximité du POPB, lui envoie plusieurs dossiers à traiter en urgence : La MAPEA, dans l’Ardèche, CAP-Investigations à Paris, une fondation archéologique dans le Var, avec un mandataire social commun, Paul de Bréveuil.

Et sur ce dernier, la copie classée de façon inexpliquée d’un avis de TRACFIN portant sur des mouvements de fonds plusieurs dizaines de milliards d’euros.

Des dizaines de milliards, qu’il s’en frotte les yeux pour réaliser…

Un bon pigeon tout rôti dans l’escarcelle ?

Par quelle divine faveur ?

Il ne cherche même pas à savoir : il fonce et constitue son dossier préalable durant tout le mois de septembre, entre deux finalisations de dossier en cours.

 

Paul de Bréveuil ? Une belle canaille, oui !

Le dossier TRACFIN fait bien mention d’un total de quelques 35 milliards d’euros transitant par un FDD constitué à la va-vite dont il est l’éphémère gérant, et qu’il dissout aussitôt, en moins d’un trimestre, sans même un compte bancaire resté ouvert à identifier.

D’où vient cet argent et qu’en a-t-il fait ?

Le redressement du siècle qui chauffe ! 35 milliards, vous rendez-vous compte !

Il peut faire rentrer au moins 21 milliards d’impôt fraudé, sans même compter les pénalités d’assiette et celles de retard… Un record absolu dans la maison pour une seule « touche ».

La MAPEA ? Une usine dans l’Ardèche, un siège à Paris, un logement de fonction dans la capitale. Sous-sous-filiale d’EADS via le motoriste Safran.

Une bonne raison d’aller « faire pleurer » ces matamores du CAC 40.

CAP-Investigations ? Liquidée, sans doute frauduleusement, après avoir encaissé 3,5 millions d’euros. Vraisemblablement la rapine d’un détournement…

Évidemment au profit du même bonhomme ne doute-t-il aucunement, d’autant mieux quand il sort les extraits de ses comptes bancaires personnels : là, il est une cible parfaite pour une ESFP saignante.

Celui-là n’a pas fini de pleurer !

Mais en creusant au-delà, il retrouve Paul de Bréveuil dans les fichiers de police et un certain « Newvox ».

Le dossier fait mention d’anciennes plus-values sur un hôtel particulier sis en la capitale où il fait un détour un soir pour se rendre compte qu’il s’agit d’un hôtel-appartement de long-séjour.

Une activité réglementée : le dossier des autorisations est-il complet ?

Il ne trouve pas le permis de construire…

L’hôtellerie ? Il y a des traces de virements de sommes importantes en Yougoslavie qui vont sur une SCI locale, ou ce qui en tient lieu…

Et puis, l’achat d’un voilier, un autre signe extérieur de richesse ostentatoire, ces mouvements de devises plus récentes avec l’Écosse, qui paraissent des plus suspectes.

Pourtant, les déclarations du citoyen semblent correctes et régulières, en tout cas cohérentes.

Puis plus récemment, trois autres SCI à Paris Vème, au Kremlin-Bicêtre et dans le Cher…

Qui achètent des biens, mais avec quel argent donc ?

Il sait aussi d’expérience qu’il y a toujours à gratter sur les FDG (frais divers de gestion selon l’ancienne définition comptable), sur les achats, sur les transports, les « missions », les locations d’hôtel, de voiture, les déplacements en train, les frais téléphoniques.

Denis jubile après plusieurs jours de recherche quand il découvre un hydravion, autre signe ostentatoire de richesse, l’outil indispensable pour réaliser des fouilles pour la fondation de Fox-Amphou, dans le haut-Var, dont son contribuable est Président intérimaire, des frais de bouche à Saint-Florent en Corse.

La, les garçonnières cachées du quidam ?

Et encore la trace de ses déplacements aux USA, au Canada, via les billets d’avion et jusqu’à Hong-Kong et Tokyo.

Un beau dossier qui « va faire pleurer ».

 

Fin septembre, il envoie donc un avis de vérification au siège parisien e la MAPEA et à celui de CAP-Investigation : IS, TVA, Taxes locales et enregistrement…

Le tout en lettres recommandées avec AR. Il déclenchera l’ESFP plus tard, quand il aura recoupé tous les éléments de ses vérifications sur place.

Et il se pointe 8 jours plus tard au siège de la première. Pour trouver porte close.

La concierge finit par laisser tomber que « le monsieur, il est plus là » et que la société a déménagé.

Dossier, pas à jour ? Il n’a même pas reçu l’avis de réception, ni même le retour de ses envois : on est dans le timing habituel de La Poste.

Il ira à l’usine en Ardèche : une sous-sous-filiale d’EADS ne se déménage pas comme ça !

Dans la matinée, de dépit, il se rend dans le quartier des Halles, siège de CAP-Investigation.

Il lui est beaucoup plus difficile de comprendre que si elle a été liquidée, c’est qu’elle n’est plus là et que les locaux ont été reloués dans l’intervalle à d’autres entreprises.

Ce qui le met de mauvaise humeur.

C’est tout juste s’il parvient à se retenir de débarquer à Aubenas par le train du soir : pas question qu’on lui reproche un défaut de procédure à avoir averti de sa venue à une mauvaise adresse. Un coup à casser la procédure.

Et puis il se ferait charrier par ses collègues alors qu’il tient le record du monde du redressement fiscal au bout de ses peines !

 

Alors, ce jour-là, il retourne signer de rage les avis de redressement en souffrance et recommence sa procédure sans que personne ne le sache en recherchant les bonnes adresses.

Il y a plusieurs de Bréveuil, avec cette particule des prétentieux. Il lui faut trouver la bonne adresse, à défaut de pouvoir utiliser celles établies par le service : le gars à la bougeotte dans ses domiciles, ce qui est plutôt un signe encourageant pour retrouver des turpitudes fiscales…

Et c’est ainsi qu’il débarque en deuxième semaine du mois d’octobre devant la porte de l’usine d’Aubenas.

Par I-Cube
Vendredi 18 juillet 2014 5 18 /07 /Juil /2014 16:32
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Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

Détour de Jacques

 

Florence et Paul poursuivent leur parcours vers l’atlantique à faire la tournée des chantiers navals et de quelques brokers connus de la côte, entre la baie d’Arcachon et La Rochelle, pour finir la semaine à « Château-sur-Cher » entre les murs de Mylène et ses fourneaux.

La saison n’est pas miraculeuse, mais elle estime que ce n’est déjà pas si mal pour un début.

Florence se sent bien chez elle, qu’elle a partiellement conçu, et supporte de moins en moins bien les trajets en voiture, tel qu’il est décidé qu’elle restera un temps sur place pour se remettre, au moins tant que les travaux de rénovation du loft parisien ne seront pas terminés.

Elle rentrera dès que possible à Paris pour finir sa grossesse.

De toute façon, Paul a l’intention de passer par Aubenas, où il aurait fait loger Florence chez sa patronne, Isabelle Nivelle, car si les dires de l’amiral se confirment, il s’agirait de faire monter sous pression les ateliers de poudre et de munition : si l’armée est engagée en opération en Afrique, les commandes de réapprovisionnement vont pleuvoir, tel qu’il serait temps d’acquérir des « options » sur les matières premières nécessaires pour y faire face.

Tant qu’à disposer d’une information « privilégiée », autant damer le pion à la concurrence, non ?

Et puis, on ne sait jamais : la menace d’un contrôle fiscal, ça se prépare également…

La perspective d’une longue étape n’enchante d’ailleurs pas vraiment Florence.

 

Il va pour reprendre la route le lendemain de son arrivée, vendredi soir, quand il doit retarder son départ. Jacques, son frère débarque dans l’après-midi, et pour le week-end, accompagné d’une superbe créature black-anthracite, montée sur échasses, à la taille ultrafine, mettant en valeur une forte poitrine ondoyante, ondulant du croupion de façon souple et pour le moins tellement incendiaire que toutes les têtes en tournent à s’en décrocher les mâchoires et au risque de s’en faire des torticolis.

Où donc son frère va-t-il pour dégotter des « mécaniques » pareilles ?

Évidemment, l’arrivée de Brigitte, sa nouvelle conquête, déclenche ipso-facto une réticence acerbe et instinctivement hostile de toute la gente féminine de l’auberge, clientes d’abord, Mylène tout de suite derrière et le petit personnel dans la foulée, Elsa et Virginie notamment, alors que les deux mitrons en ont les yeux exorbités depuis leur cuisine et que le chef de rang ne se gêne pas pour plonger profondément, avec insistance et intensité, dans le décolleté de la dame.

Une bombe atomique thermonucléaire, un appel public au viol, très sûre de son effet…

Et petit-père Jacques, pas fâché de la situation ainsi créée !

« Mon petit-frère Paul ! Quelle surprise ! Ravi de te croiser jusqu’ici. Tu connaissais déjà ce coin-là ? Ça tombe bien, il faut qu’on parle… »

Le tout, dans la même respiration.

Mais de quoi donc ?

 

De leur indivision successorale… « Je dois avoir le dossier dans le coffre de la voiture, d’ailleurs. Je vais te le chercher. » Alors que Paul ne demande rien…

Il se ballade avec les affaires familiales dans le coffre de sa Porsche, lui ?

Du coup Paul se retrouve seul avec la sculpturale Brigitte à qui il propose de s’attabler en attendant le retour de Jacques.

« C’est donc vous, le « grand-frère » ? »

Ouh là ! Ça commence mal cette affaire-là…

« Non, le cadet de la fratrie. Dites donc jeune fille, vous vivez où habituellement, comme ça, dans cette tenue ? »

Chez Jacques, depuis peu… « Il a du mal à vivre seul. Sans femme de ménage pour tenir son intérieur… »

Oui, tu parles : une femme de ménage ? Sait-elle au moins ce qu’est un balai et à quoi ça sert réellement dans la vie de tous les jours ?

Là-dessus, rapplique fissa Mylène en vue de casser le coup qui se prépare.

« Je vous sers quoi ? » Ton peu aimable.

Un Perrier-rondelle répond Paul armé d’un « s’il te plait ».

« Et à Monsieur ? »

Ah oui, vu comme ça, entre botox, ripolin, silicone, lifting et hormones, Brigitte fait parfaitement « transsexuel-opéré ». Paul n’a plus l’œil pourtant expert…

La dernière fois qu’il avait failli se faire avoir, c’était du temps du « Newvox ». Heureusement que Michel et Mylène faisaient la police autour de leur « poussin »…

Et depuis, ils avaient mis au point une stratégie pour éviter les malentendus, notamment parce que si la « candidate » n’avait pas les « yeux qui brillent », il déclinait.

D’autant mieux quand c’était un gay, un trav’ ou un trans’.

 

À savoir que si une « candidate-suspecte » se présentait au comptoir ou au restaurant pour demander Paul afin de profiter de « ses talents », elle devait passer une succession de tests, style : « Et avons-nous pris rendez-vous ? Qui vous envoie ? Quel est son pseudo ? Son prénom. De quelle ville ? »

Et enfin, « Pour quelle raison venez-vous ? » Et connaissait-elle les conditions ?

Comme la prestation était en principe gratuite, ou plutôt, « à votre bon cœur », le fait d’afficher un prix ou de répondre à côté à l’une des précédentes questions, Paul s’esquivait en prétendant poliment être indisponible.

Il en faisait de même quand la fille ne lui plaisait pas du tout, parce que le regard « terne » : il avait déjà ses exigences et préférences !

Évidemment, les « transgenres », opérés ou non, ils étaient les bienvenus, mais uniquement aux soirées du « Newvox ».

Interdits de séjour au restaurant et encore plus dans les chambres, des fois que le « taulier » ait pu avoir une puce à l’oreille qui se mette à le démanger entre deux cuites.

Dans ces cas-là, sans rendez-vous, c’était complet, même si toutes les tables étaient vides et les chambres désertées.

Quant aux rares RDV « à l’aveugle », ils n’étaient donnés que sur des indications sûres et « bouclées », vérifiées en amont.

 

Mais là, il faut dire qu’à part les pieds et la largeur des mains de Brigitte qui trahissent effectivement le genre de la personne, il y a de quoi enfumer n’importe qui de non-averti.

Et Brigitte de ne pas relever et de répondre de sa voix fluette : « La même chose, s’il vous plait ! »

Pour un cassage de coup, s’en est un beau et superbement réussi !

Qu’est-ce qu’avait donc derrière la tête son grand-frère ?

Qui revient d’ailleurs avant les Perrier-rondelle, en faisant mine d’être désolé.

« Je suis confus, je ne l’ai pas pris ! »

Tu parles, Charles…

Et de quoi veut-il parler ?

« C’est un peu compliqué, mais j’ai besoin de reprendre tes parts dans le cabinet (d’avocat au Conseil, du grand-père). Je prépare l’entrée d’un groupe de clients, eux-mêmes avocats à Chicago : on change de dimension, on s’internationalise, on se globalise, on se mondialise et ils apportent avec eux tous leurs dossiers en cassation et au Conseil d’État. Faut donc que je reprenne tes parts indivises pour les leurs refourguer tout en restant majoritaire. »

Tant mieux pour lui si les affaires marchent bien…

« En échange, toi qui n’y connais rien en droit, je te propose de reprendre la maison de Normandie (tenue par la gouvernante locale, Marie-louise et André, son mari de jardinier-métayer). C’est une charge à l’entretien, je le sais bien, mais je n’y vais jamais puisque j’ai celle de mon ex-beau-père qui est bien plus pratique et dont j’ai hérité. Je te propose donc de faire ça à dire d’expert et il est possible que je te verse encore une soulte. Mais désolé, je me ballade tout le temps avec ce dossier pour y revenir quand j’ai un peu de temps, et là, je ne l’ai pas pris. Je ne sais pas pourquoi ! »

Il aura changé de voiture pour impressionner sa « biquette »…

Et il a besoin de venir avec un canon pareil seulement pour ça ?

« Non, bien sûr. Je ne pensais pas t’y trouver. C’est juste un week-end en amoureux, loin du bureau. Une promesse ! »

Tu parles…

C’est Elsa qui fait le service… Et questionne Jacques sur ce qu’il veut : « Et pour vous, Madame, ce sera quoi ? »

« Elsa, je te présente mon frère Jacques… » intervient Paul.

« Mais oui, je sais qui c’est ! »

Elle exagère, quand même : « Un peu de respect, s’il te plaît. »

Jacques, lui n’a rien compris : il pense que la soubrette s’adresse à Brigitte.

« La même chose » intervient Paul.

« Et pour moi, ce sera un demi, s’il vous plait. Vous avez ça au moins, dans ce trou ? »

 

« Écoute, moi, je dois filer à Aubenas. Alors je te confie à la beauté du site et j’y vais. Pour tes histoires de succession, on se voit à Paris dès que possible. »

Jacques n’a pas fait tout ce chemin impossible, ni s’être mis en quatre pour trouver une péripatéticienne hors de prix mais irrésistible rien que pour ça…

« Attend, j’ai d’autres choses à te dire. Reste dîner avec nous au moins… Je t’invite ! »

Paul est chez lui, ou presque pour détenir la SCI qui a acheté le moulin et le loue à Mylène… qui commence ses retards à payer les quittances !

Non, il faut vraiment que Paul parte sur-le-champ.

« Alors on va faire vite… » et d’abattre sa seconde carte, comme on le lui avait suggéré.

« Tu vas avoir un contrôle fiscal », lance-t-il, alors qu’il s’apprête à grossir le problème.

Paul coupe-court une fois de plus : « Je suis au courant. Ne t’en fais pas ! »

Ah bon ? Il est déjà en cours.

« Non, mais j’ai mes sources. Et je sais même qui en a eu l’idée… Ne me dis pas que tu l’ignores, parce que tu étais présent quand ça s’est décidé ! »

Cassé.

Virginie et ses rondeurs sensuelles arrive avec le demi de Jacques et s’adressant à Brigitte lui demande : « Vos babouches, ils font les mêmes pour fille ? » en désignant les escarpins à talon-aiguille qu’elle porte aux pieds et élancent encore plus la silhouette de Brigitte…

« Parce que je les trouve vraiment très jolis ! »

« Mais qu’est-ce qu’elles ont toutes ? », demande Jacques.

C’est l’air du Cher, qui roule paresseusement à quelques mètres de leur table. « Ne t’en fais pas, c’est juste pour me rappeler qu’il faut que je file… La personne qui t’a donné l’adresse ne t’avait pas prévenu ? »

Prévenu de quoi ?

« Des effets de l’air du Cher… Un côté très aphrodisiaque, qui vire parfois à l’érotisme débridé et sans prévenir, tu verras.

Alors à Paris, mon grand-frère. J’ai été ravi de te croiser jusqu’ici. Mais la prochaine fois que tu veux me voir, même à l’improviste, essaye de passer un coup de téléphone avant. Pas comme la dernière fois… »

Paul se lève et prend congé non sans avoir fait le tour du personnel et embrassé Florence.

 

Ce qu’il n’apprendra que plus tard, c’est que Mylène et « ses » filles jouent ce jour-là un tour de cochon à Jacques et « sa bombe atomique », alors que Paul est sur la route.

Pas sûr que ses deux-là reviennent de sitôt…

Au commencement, Brigitte persiste à déclencher des œillades des clients masculins à la moindre occasion et de se faire aborder sans discontinuer durant le dîner et tout au long de la soirée.

Ce qui a le don d’exacerber les clientes attablées et de faire enrager Mylène qui redoute les retombées en termes d’image et de réputation pour son « petit-joyaux ».

Très vite, Elsa et Virginie entreprennent donc Jacques et sous le nez de Brigitte toute à l’effet qu’elle procure dans le cerveau reptilien des mâles de l’assistance.

Un peu gonflées, les filles, mais ça a le mérite de « décoincer » un Jacques, contrarié de n’avoir pas su entretenir l’intérêt de Paul.

Le dîner est servi sans scandale, et voilà que les mitrons reçoivent quartier libre et mission de tenir la jambe à Brigitte une fois les clients de passage du restaurant repartis.

Brigitte est ainsi à la fête, pendant que les avances de Virginie et Elsa se font plus précises, accompagnées de quelques attouchements, à l’égard de Jacques se croyant ainsi enfin définitivement irrésistible.

Il ne faut pas attendre longtemps pour que Brigitte s’éclipse dans le cellier-à-vin sous prétexte de découvrir des crus de choix, et pour un trio débridé, alors que Jacques, délaissé (il ne s’intéresse pas aux vins) ouvre sa porte aux deux demoiselles.

 

Là, elles lui font un numéro de strip-tease sur le lit après qu’il ait se soit brossé les dents et déshabillé.

« On se demandait par laquelle vous alliez commencer ? La brune ou la blonde ? » fait Elsa mielleuse.

« Cheveux courts ou cheveux longs ? » questionne Virginie en secouant d’un large mouvement de tête sa crinière brune.

« Petits seins ou belle poitrine ? » poursuit-elle…

« Fesses serrées ou … « en formes » ? » rajoute Elsa qui agite son buste dénudé laissant voir ses jolis petits tétons roses en faisant mine de retirer sa culotte, alors que Virginie montre et fait virevolter les siens massifs et de couleur brune.

Jacques, mis « en appétit », dénoue sa serviette ceinte autour de la taille sur son manteau adipeux abdominal des gens qui mangent trop riche, absolument ravi de montrer sa nudité déjà au garde-à-vous.

Et là, les deux filles feignent l’étonnement en se regardant mutuellement dans le même geste et éclatent de rire en mirant le sexe tendu de Jacques !

« – Pas possible ! Tu as vu le tout petit bout de chipolata ? 

– Est-elle cachée, là ou quoi ?

– C’est fou que ça puisse être aussi petit ! » répond sa comparse entre deux quintes de rires… « Tu crois qu’elle fonctionne quand même ?

– En tout cas j'ai déjà fumé des joints plus gros que ça.

– Pourtant, ses pieds sont si grands…!

– Tu sais, elle est comme celle de mon petit frère qui est âgé de 9 ans.

– Ben oui, maintenant je comprends pourquoi il a une Porsche.

– Mon Dieu, elle est si petite que je pourrai même lui enfiler mes bagues !

– Tu sais, maintenant pourquoi il faut juger les gens sur leur personnalité. »

Jacques se défend : « Ce n’est pas la taille qui compte… » bredouille-t-il.

« – Peut-être, mais avec un handicap pareil…

– De toute façon, depuis le passage de Paul, je suis tellement dilatée que je ne sentirai rien ! »

Et dans le même mouvement concerté, elles ramassent leurs affaires et s’en vont toujours en riant aux éclats, sans que Jacques, qui proteste, ne puisse les retenir.

Soirée frustrante…

D’autant que Brigitte tarde à revenir, très occupée par les deux mitrons.

Et le lendemain, Mylène en mère-maquerelle parfaite, leur fait : « Alors les garçons, c’était bien le transsexuel ? »

Mais non, tu parles. « Pourquoi, elle a réussi à mouiller vraiment ? Vous y êtes arrivés, vous êtes sûrs ? »

Glops !

« Il paraît que ça suce mieux que ne saurait le faire une fille… et pour cause ! »

Protestations outrées des garçons.

« Rigolez pas, j’en ai vu assez dans ma vie. Mais chez celui-là, il n’y a vraiment rien de vrai, même pas les dents… Du beau boulot ! »

Dur, dur…

Par I-Cube
Jeudi 17 juillet 2014 4 17 /07 /Juil /2014 07:03
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Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

Putsch en perspective (2/2)

 

« Je vais partir à la retraite et ne pourrais pas suivre l’évaluation de cette menace sur nos institutions. Il me faut un relais. »

Paul n’est plus d’active et ne compte pas reprendre du service.

« Il n’est pas question de ça. De toute façon ça pourrait paraître suspect à mon successeur. En revanche, vous pourriez réactiver « CAP-Investigations » et m’offrir un bureau dans vos locaux. »

Et de son côté, il pourrait alors organiser ses sources de renseignement…

« J’ai d’ailleurs un excellent officier de liaison à vous présenter. Une personne, pupille de la Nation, sortie du rang, engagée à 18 ans chez les biffins. Tireur d’élite, vice-champion interarmes de clause-combat, stage de para, de cocoï, nageur de combat certifié, stage de survie en milieu hostile, excellents états de service en tant que sous-off, qui a fini pilote d’hélicoptère à l’Alat, et a été blessée salement au combat en Libye pour s’être comportée en héros et ramener son commando en entier dans une situation de combat difficile.

Depuis, elle ne vole plus et nous l’avons récupérer à la DRM. Mais si je la laisse moisir aux archives, on va la perdre. »

Il en parle comme s’il s’agissait d’une femme…

 

« C’est le cas. Et c’est là où ça coince. Je pensais vous la confier à mon service dans vos locaux, alors que vous étiez encore un « jeune-loup » solitaire qui a le culot et l’impertinence de réussir tous les coups tordus qu’on lui confie. Maintenant j’ai à faire à un homme en voie de se marier et bientôt avec charge de famille, donc largement assagi, ou en voie de l’être, inhibé jusqu’à en être quasi-castré : vous n’avez même pas répondu aux avances de l’enseigne Hamida hier soir, comme elle vous le proposait !

Ce qui change tout. »

Parce qu’il voulait aussi qu’il grimpe sur l’enseigne d’hier et demain l’officière qu’il veut mettre entre ses pattes ?

« Pas vraiment, mais au moins un tringleur, on sait comment ça fonctionne. Or, et de plus, ce que vous m’avez raconté hier soir sur vos fantasmes sexuels d’ado dépasse l’entendement, ce qui me fait douter de votre équilibre mentale, alors même que vous repoussez l’occasion que je vous mets sous le nez… Dommage, elle en pinçait réellement pour vous, la petite Hamida ! Bref, tout cela est contradictoire et me fait hésiter à vous confier cette mère célibataire de lieutenant.

Je suis bien embêté… »

Alors n’en parlons plus : « Je vais aller réveiller Florence et préparer notre départ. »

Non, qu’il attende, ce n’est pas tout.

 

« Je l’ai appris avant-hier, mais si cela est confirmé, c’est une information qui vous concerne. »

De quoi s’agit-il ?

« Il est parvenu à nos augustes oreilles une information comme quoi l’archi-grand-maître d’un ordre maçonnique états-uniens a fait récemment un court séjour dans notre capitale…. »

Oui, bon et alors ?

« C’était pour rencontrer votre frère en compagnie du vénérable de sa loge. »

Paul sait son frère être passé sous le bandeau…

« Et c’était uniquement pour vous. Ils ont même décidé de déclencher un contrôle fiscal sur vos activités. »

Comment ça ?

« Le ministre du budget, Kakazucack, celui qui veut vendre le CDG et rayer d’un trait de plume jusqu’à 31 régiments pour payer les supplétifs scolaires, est un frère-maçon. Et si c’est l’agent du fisc que nous croyons qui s’occupera de vous, un certain Denis Lespoix, et ça ne s’invente pas un nom pareil tellement c’est absurde, il a la réputation d’être un « sévère » dans un service qui fonctionne au coupe-coupe et à la tronçonneuse. Rappelez-vous alors que nous avons un dossier sur ce personnage : c’est un adepte des voyages en Thaïlande pour y pratiquer assidûment un tourisme sexuel débridé avec et sur des petits-garçons, ce qui est un délit chez nous… Au cas où, seulement s’il voulait en savoir trop sur les « affaires d’État ». »

Voilà qui rappelle à Paul le choix de Jean-Charles Huisne et Gabrielle Choisille par le ministère de la défense en 2009, pour venir l’épauler dans la gestion des fonds rapatriés d’Angleterre…

« J’ai même des photos non-masquées, pas comme les vôtres avec Mylène… Mais pas de vidéo pour le moment. »

Que l’amiral ne s’en fasse pas : Paul saura garder les secrets d’État qui n’existent pas.

« Et puis question fiscale, je ne risque rien : je paye beaucoup d’impôts, taxes et cotisations, beaucoup trop même, et sans parler des tiers provisionnels qui ne correspondent à rien, pour être sûr d’être en règle… »

Ce n’est pas une garantie : « Avec ces gars-là, ce sont quelques nuits blanches qui chauffent pour vous ! Ils vous sapent le moral pour être persuadés que vous êtes né fraudeur… C’est le B.A-BA de leur métier ! »

 

« Il n’empêche, pensez à réactiver CAP-Investigations ».

Voilà qui étonnerait bien Paul. « La boîte n’existe plus pour avoir été incendiée et liquidée par les barbouzes de Krasoski. Mes associées sont dispersées et je ne sais pas où crèche notre cheville ouvrière, dite « DD » pour « disque-dur »… Amiral, même pour vous faire plaisir, de toute façon, où la mettrais-je ? »

Les locaux du Kremlin-Bicêtre ont su démontrer qu’ils étaient parfaitement adaptés pour héberger un centre opérationnel d’écoute et de collecte de renseignements…

« Je ne vous demande pas une réponse tout de suite. Idem quant à la pêche aux fonds manquants, mais songez-y quand même, car il s’agit de reprendre le contrôle de l’héritage de l’Arsouille et de ses complices. Je reprendrais contact quand je serai définitivement retraité, de toute façon. »

Il sera toujours le bienvenu pour partager un repas ou un verre de l’amitié.

« Mais dites-moi, pourquoi la franc-maçonnerie internationale s’intéresse tant à moi ? »

Que Paul devine par lui-même, parce qu’il n’a que des hypothèses à formuler.

« Nous supposons que vous avez dû contrarier quelques projets relatifs à vos exploits de cet été. Et nous ne savons pas lesquels. »

 

Sur ce, arrive Madame l’amirale avec Florence accrochée à son bras : « Alors les garçons, déjà en train de papoter sur vos conquêtes de pouffiasses respectives ? »

Pas du tout…

L’amiral : « Très chère, qu’allez-vous imaginez donc ? Nous en terminions avec nos « secrets d’État ». »

Ah non : « Il vous reste des lacunes, amiral, avec tout le respect que je vous dois ! »

Comment ça ?

« Vous plaisantez, capitaine ! Vous en avez dit trop ou pas assez, là. »

Paul rappelle qu’il ne se souvient jamais de rien. « Mais il me semble que vous ne savez pas pourquoi vous m’avez remis la légion d’honneur hier soir ! »

Mais si : « Pour services rendus. Civils et militaires. Et ils sont nombreux, notamment depuis la fin du mois dernier… », au-dessus de la Manche.

Que Paul aurait été élevé au grade de chevalier un 14 juillet, avant ses exploits du 27 ?

« Ce n’est pas cohérent ! »

Effectivement : voilà bien une ânerie !

« De vos efforts d’avoir renflouer le Trésor de la République, et de quelle façon ! »

Là Paul n’en sait rien, c’est « secret d’État », même s’il n’est question que de ça depuis son arrivée dans le Gers. Mais que l’amiral note qu’il s’est contenté de rajouter une sardine supplémentaire sur son uniforme de réserviste, pour « cette cause-là ».

« De quoi s’agit-il, alors ? »

« Vous avez dit « civils »… On se revoit seulement quand vous aurez trouvé, amiral ! »

Grand moment de doute pour l’amiral. Même que profitant de cette « pause », son épouse revient à la charge.

 

Elle sait ce qu’elle sait, elle… Plongée directe du nez de l’amiral dans son bol de café et ses pensées qui se mettent en mode « alternatif »…

« Avez-vous bien dormi au moins, mon cher Paul ? »

Il a été gâté : un vrai régal.

« Vous lui avez raconté quoi, à Florence, pour qu’elle soit ainsi ? »

Que des secrets de bonne-femme…

« Je lui ai surtout expliquée comment se passe un accouchement. Et puis elle m’a raconté ses inquiétudes d’avenir avec un numéro comme vous ! Alors je l’ai rassurée : un enfant, ça sert à sceller la vie d’un couple. Sauf chez les psychopathes. »

Quelles inquiétudes ?

Florence est à son tour en plongée-profonde dans son café.

« –Très cher, si elle apprécie vos duos comme toute femme amoureuse, qu’elle semble également consentir à vos « écarts », trios, quatuors et quintets …

– … quintets ? Quand ça ? »

L’amiral se retient de pouffer, manquant de s’étrangler ; quant à Florence, elle en devient presque pivoine…

« … elle n’en reste pas moins une femme qui s’inquiète toujours pour l’avenir de ses enfants. Alors je l’ai rassurée pour savoir de quoi je cause puisque j’en ai élevé 8 toute seule : l’enfant ramène toujours le père, du moment qu’elle sait accepter certaines choses et en prendre sa part. N’est-ce pas mon cher Gustave ? »

L’amiral s’est remis aux abonnés absents, tout occupé à se verser un grand jus d’oranges fraîchement pressées.

De toute façon, s’il avait pu glisser toute sa longue silhouette efflanquée dans le verre pour s’y noyer-disparaître, il l’aurait fait.

Et elle, tout sourire, mi-figue-mi-raisin, de continuer sur sa lancée.

« Parce que ne vous imaginez pas un seul instant que nous, vos femmes, nous ne connaissons pas vos petits-secrets et différentes frasques peu avouables.

Si nous sommes en général la femme d’un seul homme, on doit aussi savoir accepter et composer avec les travers de vos sales caractères. Et puis comme dit Florence, parfois, ça fait des vacances ! »

Florence aurait voulu disparaître à son tour…

« Sauf votre respect, Madame, vos cochoncetés ne nous regardent pas, vous savez ! » intervient Paul gentiment et avec un large sourire.

« Cochonceté ? C’est mignon, ça… Un mot que je ne connaissais pas. Vous l’avez inventé pour me faire plaisir ? »

Il répond par l’affirmative, même si ça fait plusieurs années qu’il l’avait entendu.

Et elle persiste à continuer.

« Non seulement on connaît tout, tôt ou tard, de vos soi-disant aventures qui vous transforment en sex-toy pour quelques pouliches adeptes de la promotion-canapé, mais nous ne sommes dupes de rien. Après tout, c’est bien ce qui a su nous séduire au moins une fois, n’est-ce pas ? Tout le sel de la vie qui rend supportable toutes les épreuves qu’elle nous sert et vous ramène de toute façon au bercail…

Et j’imagine que vous en avez autant à servir à votre moitié, enfin, vos deux-tiers. »

Le jour où Paul écrira ses mémoires, il appellera ça « Les mille-quatre-cents coups d’un capitaine » !

« 1.400 ? Seigneur-doux-Jésus ! … Ô grand Dieu ! » s’exclame-t-elle très étonnée.

Florence en reste tétanisée, quand elle repense à ses trois partenaires exclusifs, quatre en comptant le flirt de son « premier baiser » au lycée qui n’est pas allé plus loin…

L’amiral, quant à lui, conforte son opinion quant à l’immense vantardise de son ex-subordonné. Qui en rajoute pour l’occasion :

« – Peut-être 2.400, je n’ai pas fini l’inventaire… Et vous savez, ce n’est pas si extraordinaire que ça, quoiqu’en pensent certains ici. En 20 ans, c’est à peine plus qu’un « coup » tous les trois jours… Imaginez-vous seulement après vos 30 ans de mariage, ça fait presque 11.000 occasions nocturnes à ne manquer sous aucun prétexte. Et alors, si comme je l’ai suggéré, vous faites aussi à mâtine et à l’heure de la sieste, il n’est rien que du très banal…

– Vous n’êtes même pas marié, dites donc…

– J’ai déjà « du vécu ».

– Ah bon, quand même. Vous voulez dire que vous n’avez pas eu à séduire et honorer 2.400 orifices différents, dans ce cas-là ? 

– Quelques dizaines, tout au plus, mais plusieurs fois ! Qu’allez-vous donc imaginer ? ». Sûrement plus quand même.

Mais elle n’a pas à savoir…

D’ailleurs, elle préfère cette « version-là », manifestement.

« Vous m’en dédicacerez un exemplaire, au moins ! J’adorerai lire ce livre ! », glousse-t-elle rassurée.

Naturellement. « Mais le manuscrit est encore dans le clavier. »

« …Resterez-vous déjeuner ? » finit-elle par lancer…

 

Étonnante !

Non. « L’invitation nous honore et il nous est difficile de la refuser. Mais il n’est pas de si bonne compagnie qui soit qui ne se quitte : nous avons de la route à faire et quelques obligations incontournables qui me commandent de ne pas y consentir… avec toute la gratitude qu’il vous ait due, bien évidemment.

Faut que je prenne congé et ma douche avant de faire nos cartons. »

Comment ça ? Paul est venu tout crotté de ses crapettes nocturne dans SA piscine, s’inquiète l’amiral tout d’un coup ressuscité …

« Pas du tout, mais je dois me rincer de l’eau de javel : ça pourrait nuire à mon teint hâlé d’estivant ! »

La réplique fait rire Madame aux éclats.

« Je garde Florence pour son petit-déjeuner… Vous pouvez disposer, mon ami, si mon mari a fini de vous torturer avec toutes ses histoires à dormir debout ! »

Par I-Cube
Mercredi 16 juillet 2014 3 16 /07 /Juil /2014 07:02
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Avertissement : Ceci est un roman, une fiction, une « pure construction intellectuelle », sortie tout droit de l’imaginaire de son auteur. Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies), y compris sur la planète Terre, y est purement, totalement et parfaitement fortuite !

 

Putsch en perspective (1/2)

 

L’amiral n’a pas répondu à la question : « Où voulez-vous en venir, Amiral ? »

Il est perdu à faire l’inventaire de ce qu’a été capable de faire Paul en catimini.

Lui-même lui donne l’ordre d’aller espionner les chinois sur leur denier chasseur, le J20. Et le bonhomme, au lieu de se contenter de faire un reportage photo des plus classiques accompagné de quelques commentaires tirés de la presse ou d’internet, s’en va voler dessus pendant presqu’une heure, et invité par les chinois eux-mêmes en plus !

Il circule ensuite vers le Japon sous couvert de vendre ou d’acheter quelques alcools forts à destination des promotions de grandes-écoles, accompagné de deux reprises de justice en cavale, en plein tremblement de terre qui dégénère en crise nucléaire civile.

On le retrouve ensuite aux USA à New-York, Chicago et en Californie à tenter de vendre les actions des MacShiant, qu’il refourguera à un des rares leaders mondiaux francophone des alcools fort.

Et il clôt sa mission d’aller jusqu’à Moscou faire un vol sur le T50, chasseur de dernière et cinquième génération avec la bénédiction du Kremlin. Tout en nouant des liens au Bourget avec Paul Allen qui prépare de son côté un avion suborbital et tout en aidant les commerciaux de chez Dassault à vendre le Rafale en faisant la « vedettes américaines » avec ses exploits aériens circumpolaires, en Inde, dans la péninsule arabique et encore ailleurs. Tout cela sans jamais faillir ni à sa mission, ni à sa charge de dirigeant de la MAPEA, ni à ses propres objectifs meurtriers…

Un large chapeau.

 

Ah oui : « Où voulez-vous en venir, Amiral ? »

C’est que la situation a changé depuis mai 2012…

« L’actuel Président ne tiendra pas les engagements du précédent à l’égard des forces armées.

On s’attend à des réductions d’effectifs comme jamais vues et à des restrictions budgétaires plus que drastiques.

Comprenez que ça n’amuse pas les étoilés que vous rameniez 35 milliards d’euro sous leur patronage, coiffant ainsi toutes les polices et experts du pays sur le coup depuis 20 ans et qu’on nous retire d’Afghanistan en vue de faire des économies pour payer 60.000 instituteurs analphabètes supplémentaires ! »

Et ils savent de quoi ils parlent, les militaires, pour les récupérer tous aux journées d’appel pour les séries d’évaluation et de tests grandeur nature.

« Le tout pour satisfaire des promesses électorales débiles, qui ne correspondent en rien à la situation économique du pays ni à ses urgences, et au détriment de 50 à 100.000 biffins, le quart ou la moitié des effectifs alors qu’ils se préparent à aller se battre en Afrique ! C’est se foutre du monde. »

Ah bon ? Après la Libye, l’Égypte et ses émeutes ? La Syrie et sa guerre civile ?

« Pour l’heure on n’en sait trop rien. Le Tchad ou le Ténéré, contre des éléments d’Aqmi où nous avons encore des otages retenus, vraisemblablement : les nouvelles ne sont pas bonnes. »

Et alors ?

 

Il n’en saura pas plus ce soir-là : l’épouse de l’amiral entre dans la pièce…

« –Très cher ! Il est tard et plus que temps d’arrêter de torturer notre invité aux échecs.

– Il vient de me battre !

– Grand Dieu ! Pas possible ? Mon cher Paul, vous n’avez même pas eu la courtoisie de laisser gagner votre supérieur ?

– J’ai bien essayé, Madame, mais sauf votre respect, ça n’a pas été possible… C’est lui qui au contraire a tout fait pour que je gagne… »

Elle rit de la boutade et s’adresse à son mari : « Très cher, je vais me coucher et vous rappelle à l’occasion à vos devoirs conjugaux ! »

Splendide, la sexa Caroline Morthe de l’Argentière et sa libido à satisfaire !

Et l’amiral de bondir d’un bloc : « Le meilleur moment de la journée ! »

« Ah, amiral ! Vous devriez essayez aussi le matin et à l’heure de la sieste. Ça vous en ferait trois ! »

« Cessez de dire des sottises, Paul » réplique l’amirale. « Vous devriez plutôt vous occuper de rendre vos hommages vespéraux à votre future moitié… enfin, vos deux-tiers, devrais-je dire… »

Un tiers suffira, si on compare seulement les masses corporelles…

Quoique…

« L’enseigne Hamida vous pilotera jusqu’à sa chambre… Mais n’abusez pas du dévouement corps et âme du personnel, s’il vous plaît, surtout des corps. »

Et les voilà qui prennent congé, bras dessus-dessous comme deux tourtereaux qui roucoulent à la perspective de leurs « agitations » et trémolos sensuels à venir, laissant Paul seul avec une espèce de grosse boule… de fesses, de cheveux, de poitrine…

« Je vous guide, mon commandant. Si vous voulez bien me suivre… »

Et ainsi de parcourir les longs couloirs et escaliers à la queue-leu-leu jusqu’à une chambre située au premier.

Une fois arrivés, après avoir bien roulé de la hanche, de la fesse et du croupion sous le regard médusé de Paul, l’enseigne se retourne pour lui faire face, la poitrine frétillante, les yeux brillants dans la pénombre du couloir : « Je crois que votre dame dort profondément, mon commandant. Si vous ne voulez pas la réveiller et que vous avez besoin de quoique ce soit, je dis bien de quoique ce soit, ma chambre est juste au-dessus et je ne verrouillerai pas ma porte. N’hésitez pas à me déranger à n’importe quelle heure : je suis à votre entière disposition et ce serait un grand honneur pour moi de vous servir ! »

Le mot de trop… Honneur n’a jamais voulu dire « ça ».

Elle fantasme, là, elle aussi !

« Merci, j’essayerai de m’en souvenir. Bonne nuit et à demain ! »

(…)

 

Le soleil est à peine levé que l’amiral patauge déjà tout en souplesse dans sa piscine située juste sous les fenêtres de la chambre de Florence et Paul.

Ce qui réveille ce dernier…

« Un petit bain matinal ? » propose l’amiral.

Pourquoi pas ? Le temps de passer un maillot de bain : « Continuez, je vous rattrape ! »

Florence sort de son sommeil. Elle a passé sa nuit entre rêves et cauchemars, s’agrippant à une falaise pour ne pas tomber dans le vide, tellement la literie est souple et creusée par la masse, le poids de Paul.

Les rêves étaient quant à eux de type « érotique », quand elle s’accrochait à « son sauveur » à s’enrouler autour de lui…

Ce qui a ravi Paul une partie de la nuit, parce qu’elle roulait sur lui en de douces étreintes nocturnes.

 

L’eau est fraîche et le « petit-personnel » s’active déjà à dresser un buffet digne d’un bataillon de GM du Club Méditerranée aux abords de la piscine.

Les deux hommes finissent par sortir de l’eau, l’un par l’échelle, Paul tout en puissance, directement sur le bord à la force des bras, pour s’éponger et s’attabler.

« Alors, amiral, vous allez finir par me cracher le morceau ? »

De quoi parle-t-il ?

 

« Ah oui… J’ai beaucoup réfléchi à notre conversation d’hier soir. Je ne sais pas si vous êtes l’homme qu’il me faut, finalement. Et pourtant, vous réunissez tous les atouts indispensables. »

Quelles raisons pour ces réticences soudaines ?

« Je vous explique. Hier soir, j’en suis resté aux rapports entre l’actuel pouvoir politique, ses projets d’imposition… Rendez-vous compte, 22 milliards supplémentaires tout de suite plus sans doute 33 l’année prochaine, soit 55 par an au total, presque 20 % de plus de ponction dans les portes monnaies… Et ses économies, c’est sur le seul format des armées alors que l’état-major s’attribue vos prouesses à rapatrier 35 milliards ! »

Bon et alors ?

« Et alors, mon petit-vieux, d’une part il en manque 15 à 20… »

Comment ça ?

« Je vous ai dit qu’on sait compter à la DRM, et pas que nous. Vous faites 5 % de rendement annuel sur 22 milliards pendant 17 ans, et normalement vous auriez dû récupérer non pas 35 milliards, mais 50. »

Il y a pu y avoir de « mauvaises affaires » en 17 ans. Et puis il compte mal l’amiral. Les dollars à l’entrée n’ont pas la même valeur que les euros à la sortie…

« Oui, naturellement. Mais 5 %, c’est un minimum, surtout quand on parle d’immobilier avec les plus-values à faire. Et souvenez-vous que les OAT, les bons de caisse du Trésor, le placement des plus basiques, quoi, étaient à 4,96 % dans les années 90. Et je ne compte pas les coups en bourse à faire non plus… Bref, il en manque un minimum de 10 à 15 milliards, peut-être 20, quelle que soit la façon dont on compte. C’est autant de « fuites » qu’il s’agit d’identifier et de récupérer ! »

Effectivement. « Je n’y suis pour rien… ». L’amiral le sait bien : « Vous n’avez fait que ramasser le solde restant. Le stock disponible, bien sûr. »

 

Et alors ?

« Alors, je suis en manque d’un côté de 20 milliards et vous seul connaissez assez bien le dossier, jusque sur le bout des doigts, pour mettre la main dessus. De plus vous êtes reconnu par tout le monde comme un héros et considéré comme un agent « fiable et patriote », carrément intouchable.

Par ailleurs, tout le monde vous guette, surtout à l’étranger, et malgré tout ça, vous avez démontré que vous êtes capables d’agir sous couvert sans que personne ne s’en rende compte chez nous et parmi nos espions d’élite. Fabuleux, non ? »

Pour les milliards-manquants, les dossiers et fichiers sont à disposition et ils ont des experts plus pointus que ne saurait l’être Paul.

Pour le reste, ce n’était que question de circonstance et d’opportunité. Il veut en venir où, l’amiral, là ?

 

« Si je vous dis que demain il va s’organiser un putsch de séditieux visant à un coup d’État et au renversement de ce gouvernement d’incompétents doublés d’arsouilles, ou au moins les héritiers directs des précédents, vous faites quoi ? »

Qu’il ne dise pas à Paul qu’il est en train d’organiser tranquillement un putsch depuis son chez lui gersois !

« Amiral, je prends mon fusil et s’il réussit, je rejoins le maquis, et pourquoi pas jusqu’en Corse ! Jamais je ne participerai à ce type d’aventure. Et je ne crois pas ça possible : la grande muette se souvient autant des Bonaparte, que des Boulanger ou que du fameux « quarteron » d’officiers félons d’Alger ! »

L’amiral se met à rire à la renverse sur son fauteuil.

 

« Il ne s’agit pas de participer, mais de le prévenir pour l’empêcher. C’est la seule façon démocratique de sauver nos budgets, jeune chien-loup ! »

Plus son « petit-vieux », désormais ?

« J’aime bien votre fougue à vouloir mordre pour défendre les institutions de votre pays. »

Mais soyons sérieux : « Quand on en sera à réduire nos effectifs pour devoir sanctuariser la dissuasion nucléaire et se payer avec les pets de sansonnet restant nos cartouches et vos missiles, que le boulot de l’aviation reposera entièrement sur les drones, que nos unités d’élite seront dissoutes et qu’il nous restera que quelques artilleurs, une ou deux compagnies du train et du génie, imaginez-vous bien, capitaine, que les laissés-pour-compte en deviendront plus que rancuniers.

Déjà, des groupes paramilitaires se constituent en pseudo parti d’extrême-droite, alors que les mêmes s’en constituent autant à l’extrême-gauche, considérant eux que notre nouveau président trahit déjà ses promesses électorales et ne va pas assez loin dans les réformes promises !…

En bref, une situation explosive qui va aller en enflant et qu’il s’agit pour nous de contrôler avant qu’elle ne dégénère en guerre civile et débouche sur un ou plusieurs coups d’état …

Parce que demain, quand il faudra gérer l’équivalent de 10 divisions complètes ou même seulement la moitié, de vétérans aguerris et rancuniers, pour peu qu’ils soient encadrés par des sous-offs sûrs de leurs devoirs envers l’armée nourricière et se choisissent quelques officiers supérieurs charismatiques avec une grande gueule, je ne donne pas cher de nos institutions ! »

Déjà, il se sent bien isolé chez « les étoilés » à agiter la probabilité de la menace…

« À la DRM, nous avons un indicateur du moral des troupes. Il évolue surtout en fonction des primes de risques et de missions versées à la troupe ainsi que des perspectives d’en toucher. Rendez-vous compte que même à l’occasion des émeutes dans les banlieues, il a à peine bronché ! »

Indicateur proche de la nullité sous Rackchi, à 5 % sous Krasoski et désormais à plus de 20-25 % sous Landau et son ministre Leriant…

Et les foirades successives du logiciel de paye « Louvois ».

Et ça pourrait grimper très vite ! « Pour peu que le pays ait à affronter une crise financière, quelques émeutes de banlieue, des attentats islamistes, ou je ne sais quel scandale de corruption, les choses pourraient vraiment devenir très explosives. »

À la DRM et autres de prévenir…

« C’est tout juste s’ils ne font pas exprès de ne pas savoir ni de comprendre ! »

Ok pour Paul, mais : « Et qu’est-ce que vous voulez que je fasse si le pouvoir politique joue les sourd-muet sur le sujet ? »

Les autistes, plutôt…

Par I-Cube
Mardi 15 juillet 2014 2 15 /07 /Juil /2014 07:02
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