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Les Ex-Archivés

Amis visiteurs !

Oui, entrez, entrez, dans le « Blog » de « l’Incroyable Ignoble Infreequentable » !
Vous y découvrirez un univers parfaitement irréel, décrit par petites touches quotidiennes d’un nouvel art : le « pointillisme littéraire » sur Internet. Certes, pour être « I-Cube », il écrit dans un style vague, maîtrisant mal l’orthographe et les règles grammaticales. Son vocabulaire y est pauvre et ses pointes « d’esprit » parfaitement quelconques. Ses « convictions » y sont tout autant approximatives, changeantes… et sans intérêt : Il ne concoure à aucun prix littéraire, aucun éloge, aucune reconnaissance !
Soyez sûr que le monde qu’il évoque au fil des jours n’est que purement imaginaire. Les noms de lieu ou de bipède et autres « sobriquets éventuels » ne désignent absolument personne en particulier.
Toute ressemblance avec des personnages, des lieux, des actions, des situations ayant existé ou existant par ailleurs dans la voie lactée (et autres galaxies) y est donc purement et totalement fortuite !    
En guise d’avertissement à tous « les mauvais esprits » et autres grincheux, on peut affirmer, sans pouvoir se tromper aucunement, que tout rapprochement des personnages qui sont dépeints dans ce « blog », avec tel ou tel personnage réel ou ayant existé sur la planète « Terre », par exemple, ne peut qu’être hasardeux et ne saurait que dénoncer et démontrer la véritable intention de nuire de l’auteur de ce rapprochement ou mise en parallèle !
Ces « grincheux » là seront SEULS à en assumer l’éventuelle responsabilité devant leurs contemporains…
12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 03:39

 

Une place de choix, dans « mon cimetière » personnel…

 

J’en ai eu deux, à peu-près comme tout le monde. Ma grand-mère paternelle était une grande femme blonde, fine et distinguée.

Une femme que je n’ai connue que sourde et effacée, mais qui pensait à venir voir ses petits-enfants par l’escalier de service, en cachette, sans se faire remarquer, pour leur refiler des pièces de 5 francs en argent massif.

Ces pièces-là, je les ai toujours. Et aussi bien enfoui au fond de mon cœur, comme d’un éternel remerciement, de son amour de grand-mère, dans une famille où les gestes de tendresse à l’égard de « petiots » étaient si rares pour prohiber toute « animalité bestiale » et indigne, avec tous mes remerciements pour tous ces témoignages qui restent incandescents.

 

Celle dont je veux parler aujourd’hui, c’est l’autre. « Mamy ». La Corse, née dans un village accroché sur la montagne face à la mer Tyrrhénienne, dans un autre siècle où je n’étais pas encore né, lors du millénaire précédent.

Une grande femme, blonde, au regard bleu, aux formes sensuelles, mais que je n’ai connue qu’âgée, déformée par l’arthrose, suant dès potron-minet dans les jardins de la maison du village, un autre village, celui de son époux, mon « Papy ».

Je n’ai que peu de souvenirs de celui qui a épousé ma grand-mère à Paris, alors que tout deux trainaient à Bastia où ils ont grandi pour partie.

C’était entre-deux guerres. « Papy » se promenait depuis la « der des ders » avec un rein en moins, alors que son frère a vécu l’enfer toute sa vie d’avoir été gazé sur le front, crachant ses pauvres poumons durant de si nombreuses décennies…

Ils n’ont jamais parlé de leur guerre, ni l’un ni l’autre.

Ma Grand-mère non plus.

Ce devait être terrible.

 

Tout ce qu’on sait, c’est qu’elle a longtemps pleuré son « grand frère Maxime » : elle était la petite dernière d’une nombreuse fratrie et « Maxime » devait être ce second père qu’elle a connu dans sa prime jeunesse, à la mort de mon arrière-grand-père, alors qu’elle a été exilée à Calvi, chez sa sœur aînée.

Un phénomène, la sœur aînée.

Une petite-vieille rabougrie dans son fauteuil, à l’esprit vif, au regard plein de tendresse, la Signoria Maria, épouse de Sghio Alexandre !

Quand mon « papa à moi » (celui qui…) débarquait, il allait droit au placard où se tenait « sa » bouteille, la seule qu’il partageait avec elle : une liqueur fortement distillée des orangers amers du domaine d’un peu plus haut !

Un secret de famille que je ne goûte plus : les oranges ne sont plus ramassées par personne. Tout juste les citrons payent le type qui les vend et encore : C’est parce qu’ils poussent tout seuls.

 

Maxime, chirurgien dans le civil, officier mobilisé, il est tombé en faisant son devoir pour la patrie lors d’un assaut à la tête de sa compagnie alors qu’il l’emmenait sous le feu ennemi, le crâne déjà pris dans le pansement d’une première blessure.

Il est revenu, oui revenu, presque quatre-vingts ans plus tard sur le tapis de ma grand-mère…

Sous la forme d’une minuscule photo de médaillon !

Soixante ans qu’elle nettoyait ce tapis tous les jours et tout d’un coup, un « papier » iconoclaste apparaît au beau milieu.

Elle va pour le jeter, ce papier, le met dans la poche et pris d’une subite impulsion, le retourne et reconnaît son frère bienaimé perdu depuis si longtemps !

Le choc…

Le cliché a été agrandi. Il trône désormais en bonne place dans la bibliothèque de ma « Môman » auteuse de mes jours.

Mais on ne sait toujours pas d’où il vient : Ma Grand-mère n’avait pas de médaillon à photo.

Jamais eu…

 

Ma grand-mère, elle s’est donc mariée, a vécu entre Paris et la « Corsica-Bella-Tchi-tchi », a eu deux enfants. L’un, mort-né étouffé par le toubib qui l’a étranglé avec le cordon ombilical, l’autre, bien plus tard, ma « Môman à moi » (et à ma sœur…), auteuse de nos jours !

J’étais le premier et le premier, un garçon en plus, c’est beau comme un camion neuf dans ces familles où il n’y a que des veuves, saignée par les combats.

Un amour né instantanément ce jour-là, que je ne méritais même pas, et qui perdure encore !

Je lui ai tout fait avalé : mes caprices de sale môme, mes raccourcis à la noix, mon esprit frondeur, mes effronteries, mes désordres légendaires, ma crasse sous les ongles, mes doigts dans le nez et j’en passe…

Elle avait une âme de poète dans son long veuvage, écrivait des acrostiches, des alexandrins, ventant son petit-fils, sa fille, ma sœur, son mari, son fauteuil, ses meubles, ses plantes, que sais-je encore !

« Mamy, tu racontes toujours les mêmes choses ! Et en plus c’est triste ! » lui ai-je fait un jour où je passais la journée avec elle…

Sale môme : Elle s’est arrêté d’écrire dans la seconde et aujourd’hui, que je regrette, mais que je regrette la bonne odeur de l’encre, le crissement de la plume Sergent-major sur son papier jauni.

Elle avait tant de choses à nous dire !

 

Au village en été et les jeudis à Paris que nous passions avec elle, on faisait « dictée ». Une corvée.

Mais tes leçons d’orthographe et de grammaire, je n’en ai pas prises assez : je faute encore à tire-la-Rigault, alors que tu maîtrisais si bien le « francilien natif » et le Corsu.

Tes études, tu les as regrettées quand ton père t’a affirmé que le Certificat d’études, c’était largement suffisant « pour une fille ».

Tu as travaillé « aux écritures » dans une grande banque, forçant « la rage » de ton frère survivant, pour qui une femme devait se consacrer exclusivement à tenir son foyer.

Sacré « Tonton », celui-là ! Réputé impotent, la casquette vissée sur le crâne, le kul coincé dans son fauteuil assis derrière ses lunettes épaisses, j’ai connu sa voix rocailleuse dirigeant « sa nichée » depuis le fond de son salon avec sa canne.

Mais quand il a cru qu’il se faisait cambrioler, le gendre a failli en recevoir un coup sur la tête au milieu du vestibule !

Ton autre sœur était de la même veine : des âmes bien accrochées à leurs certitudes, le caractère flamboyant et noueux comme des pieds de vigne, la verve haute.

L’invention du téléphone a été une horreur, pour toi, ma grand-mère : Vous y passiez des journées entières. Elle, à déverser ses commentaires sur untel ou unetelle selon la mode du moment, toi, à en attraper des boutons de fièvre à lui donner la réplique.

 

Tes certitudes ? Vivre dans l’Honneur et la Probité ! Toute une vie et quoiqu’il en coûte…

Tes doutes ? Je sais ! Tu me l’avais promis, à moi : « S’il y a quelque chose après la mort, je te le ferai savoir ! »

Euh… Pas la nuit et pas avec un drap sur la tête, hein ! Et tu laisses les chaînes au vestiaire, s’il te plaît…

Sale môme, affirme-je.

Et puis la vie a passé.

Tu es d’abord tombée une première fois. Impossible de te relever. Justement, sur le fameux tapis.

Pas grave, tu savais que comme tous les soirs, quand je rentrerai du boulot, je formerai ton numéro de téléphone, laisserai sonner deux coups et raccrocherai.

Toi, tu devais former mon numéro en réponse, laisserai sonner deux coups et raccrocherai.

Tu le faisais tellement rapidement que je me suis toujours dit que tu attendais cette heure-là de la soirée à côté de la machine à coudre Singer, meuble sur lequel était posé l’appareil à se sonner.

Et si nous avions des choses à nous raconter, on se rappellerait après le dîner.

Ce soir-là, tu n’as pas fait le signal.

Et je suis parti en catastrophe à ton secours, laissant tout en plan et tout le reste, conduisant comme un dingue dans mes raccourcis parisiens, laissant la voiture sur le trottoir, moteur tournant au ralenti, portière ouverte, arrachant la poignée de la porte de ton immeuble qui ne voulait pas s’ouvrir et à grimper quatre à quatre ton escalier, la clé de ta porte en main.

Il faisait noir. Tu n’as pas répondu à mon interrogation.

Grosse frayeur.

Et je t’ai trouvée allongée sur ton tapis, restée là depuis le matin, ankylosée, frigorifiée.

 

Tu es aussi tombée, bien avant, dans la rue. Tes beignets au chocolat que tu cherchais à ramasser sur la chaussée, achetés comme d’une gourmandise pour te régaler au soir, c’est moi qui les ai mangés. Quand je t’ai retrouvée alitée à la clinique locale, les deux poignets cassés.

Je m’en souviens : c’était un week-end du premier novembre et nous devions exporter la voiture de ma mère jusqu’à Calvi en passant par Ajaccio.

Le petit week-end d’amoureux, « Môman » l’a passé à ton chevet, pendant que nous descendions la voiture à Marseille avec « mon Papa à moi » (celui qui…).

La forêt de Vizzavone était magnifique, sous les châtaigniers qui perdaient leurs feuilles dans tous les tons du jaune/vert au marron/ocre. Un vrai beau et grand souvenir, pendant que tu souffrais…

Nous sommes même passés par le Village et le petit rosé de la cave, picolé sur le balcon au soleil était tellement bon, que « mon Papa à moi » (celui qui…), il a failli roupiller au volant sur la route menant à Belgodère : J’ai fini le trajet à sa place depuis Ponte-Leccia.

Tu en as gardé le souvenir de nombreuses et douloureuses séances de rééducation, après le martyre d’avoir dû attendre que le toubib local rentre de son week-end de la toussaint pour te remettre tes os en place avec ses broches qui dépassaient de ton derme.

Et tu n’as plus jamais pu tricoter, de ces pulls que j'ai encore, bien rangés au fond de l'armoire, car ils grandissaient avec moi…

 

Il devenait de plus en plus évident que, par la suite, tu n’avais plus faim, plus soif, faisais n’importe quoi avec tes médicaments, que ma sœur, habitant à proximité et en charge de son aîné à elle ne pouvait pas non plus tout faire.

« Môman », « au grand cœur et au petit appartement », s’est débrouillée pour te trouver une « maison » pour vieux. Au diable Vauvert.

On a pu te ramener rapidement sur Paris grâce au « cousin Tiberi ».

Merci à lui et pour l’éternité : j’ai pu te visiter sur le chemin du retour du boulot, presque tous les soirs.

Et tu es tombée une troisième fois. Devant l’ascenseur. Col du fémur rompu.

Pour finir par t’éteindre en une lente agonie dans l’enceinte d’un hôpital de long séjour, où je passais tous les soirs pour t’entendre râler à propos du service et de ta voisine de chambrée.

 

Même Pau-Mi a fait le détour pour venir à tes obsèques.

J’étais si triste en ce jour de printemps.

Mais ta vie a continué. La mienne aussi. C’était l’année de la naissance de l’aînée de « ma nichée », et je ne savais pas qu’un jour j’allai raconter la suite comme d’un témoignage urgent à laisser à la postérité.

Son prénom, c’est le tien.

Il s’est imposé à moi dans la minute qui a suivi sa conception. Ça m’a refait le coup deux autres fois…

Depuis, plus rien.

Ta maison a été vidée, avant : Tu sais que j’ai récupéré tous tes meubles que tu souhaitais me voir « garder ». Les dictionnaires de Papy, ses livres d’histoires, des bibelots et chandeliers. C’est petit chez moi, j’ai bien eu du mal à tout caser.

Ma sœur a pris ton fauteuil. Et longtemps elle ne s’y est pas assise : Tu étais déjà dedans à regarder sa télé, comme tu le faisais devant la tienne.

Tu ne m’as pas fait ce coup-là avec tes bergères, heureusement.

Mais tu m’en as fait un autre, encore plus totalement pendable !

 

Depuis quelques mois, je sortais avec mon aînée dans sa poussette pour aller aux Halles où elle était tombée amoureuse du cheval noir du manège dominical.

Tous les dimanches ou presque, après ou avant avoir été voir les animaux en cage sur front de Seine.

Ça ou les ballades en forêt : c’était l’occupation des week-ends. Quel que soit le temps.

Pas très loin, il y a un marchand de confiserie au kilo.

En face, il y avait un marchand de vieilles cartes postales, disparu depuis fort longtemps maintenant.

Tu me connais, moi et les vieilleries, ça fait deux : Enfant du consumérisme, quand ça ne marche plus, c'est bon pour la poubelle, même les miettes de pain : ne râle pas ! Je sais que tu les ramassais pour les oiseaux. Pas moi.

Pourtant, au fil des passages, je me mets plus ou moins à fouiner dans cet amoncellement de vieilles choses, même pas dignes de brocante.

Je commence par des vieilles images de Paris, puis passe à la Corsica.

Ajaccio, Corte, les rivages, Bastia, Calvi. La Scala de la Santa Regina, Saint-florent, le tout venant tout droit de l’entre deux guerres, en noir et blanc, donc, mais jauni.

À aucun moment, je n’ai imaginé en acheter une : vraiment trop moches et assez loin des photos que je peux ramener de mes étés successifs sur place.

Dix fois, vingt fois, plus d’une année durant, j’ai cette même carte-postale en main, que je replace consciencieusement dans l’ordonnancement du vendeur à l’étalage.

Arrive mai. Je me dis que ça peut éventuellement faire un cadeau de fête des mères. Mais franchement, mettre 10 balles pour une vieillerie sans aucun charme, ce n’est même pas un cadeau décent.

Et je repose le paquet calvais à chaque passage.

 

La date approche et je n’ai toujours pas d’idée de cadeau. Et je repasse avec mon ainée devant le marchand de bon-becs et, pendant qu’elle fait son choix, je fouille les carte-postales déglinguées.

Je retrouve les mêmes. Je repose les mêmes.

Je reprends « LA » carte postale. Je la repose. Je la reprends et la retourne une première fois. Je la reprends en regardant la date : août de l’année de naissance de ta fille. Avant sa naissance donc.

Mais aucun intérêt pour la fête des mères : vraiment trop moche.

Même chose le week-end suivant. J’hésite. Le texte n’a aucun intérêt : « Bon souvenir de Calvi ! » adressée à une inconnue.

M’en tape. Je range, m’en vais et reviens : Elle est signée de ton nom.

Sur le coup, je pense immédiatement à mon cousin, celui qui fait « facho mégrétiste » dans le civil, et que je me vois bien la lui refiler, puisque, dans mon esprit, ce ne peut-être que sa grand-mère à lui qui peut signer ça et ayant les mêmes initiales.

Et puis non, ce serait trop. De toute façon, je cherche une ânerie, n’importe laquelle, mais pour la fête des mères.

On s’en va.

Je retourne sur les lieux. Pas possible qu’il ait pu vendre en broc’ un truc envoyé par sa grand-mère à une inconnue : si c’est bien dans son esprit de radin, il n’a jamais eu la possession de cette carte !

Je la reprends. C’est bien la bonne signature. Mais pas celle de sa grand-mère : la tienne !

Et dire que je n’ai pas reconnu ton écriture !

Moi qui peux l’identifier à tous les coups entre mille pour t’avoir vu tracer tant de poèmes !

LE cadeau pour ma « Môman » ! Drame : je n’avais plus 10 balles sur moi…

Panique, les dabs dans le quartier sont vides ou défoncés… Je cours dans tous les sens jusqu’au centre Beaubourg, pour en trouver un de valide.

Et je rentre avec la carte.

 

Et tu sais quoi « Mamy » ?

Il a fallu que ma « petite sœur à moi », celle que si elle n’existait pas, il faudrait quand même l’inventer, de me donner bien plus tard la signification de ce dernier épisode pour le moins absolument hasardeux.

Là, comme ça, un jour à table où nous mirions de loin « TA » carte postale trônant à coté de la photo de Maxime elle me sort l'air vachement sérieux : « Elle t’a toujours dit qu’elle te ferait savoir, à toi et rien qu’à toi ! »

Savoir quoi ?

S’il y avait quelque chose après la mort, bien sûr.

 

Sacrée « Mamy » ! Une parole de Corsu… L’honneur !

Tout ça, même au-delà de la mort !

Il t’en a fallu des manœuvres invraisemblables pour que cette carte-postale reviennent dans la famille plus de soixante-dix ans après que tu l’aies touchée !

Et que ce soit moi, qui résistais tant pour ne pas la reconnaître, qui ai pu mettre la main dessus à force de croiser et recroiser ma vie…

Chapeau !

 

Franchement, je t’adore.

Puisses-tu voir la lumière divine pour l’éternité.

Je n’y aurais pas accès, mais au moins, je sais que toi tu l’as.

 

Merci à toi pour tout cet amour (que je ne mérite même pas !).

Et que de toute façon, je ne pourrai jamais rendre à qui que ce soit, tellement c’est trop gros.

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Published by L'ignoble infreequentable - dans Mon cimetière...
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commentaires

14/06/2010 11:12



Ne pleure pas : Elle vit encore, dans nos coeurs et son amour la porte au Seigneur !



l'autre 13/06/2010 11:23



SNIFFF !