Les syndicats de cheminots préparent la grève.
Pas de quoi en faire un scoop !
Si scoop il devait y avoir, c’est plus dans le « retard à l’allumage » avec lequel ils ont pris cette décision applicable… seulement dans 3 semaines !
« Sarkoléon » va nous faire son « one man show » ce soir, à 20 heures : il a encore un coup d’avance pour expliquer pourquoi il a été élu et sur quel programme (dont il nous redira qu’il tiendra toutes les promesses) !
Pas de surprise de ce côté-là !
Le thème ? Finalement pas les tests ADN remboursés pour « faciliter » le regroupement familial dans le cadre de sa loi sur la migration, proposés sur simple demande ! Non : c’est voté !
Sur les retraites des régimes spéciaux… qu’il est question d’aligner sur le régime… non pas de Monsieur Toutlemonde, mais celui des fonctionnaires !
Si !
Voilà qui est bien drôle : diviser pour mieux régner diront les mauvaises langues ! Peut-être, mais en tout cas c’est de « bonne guerre ».
Le problème n’est même pas là : L’alignement devait être sur les régimes de droit commun de l’immense majorité des prolétaires de ce pays que nous sommes à peu près tous. Y’a comme de la candidature spontanée à « l’Ordre du Tartuffe » (cf http://infreequentable.over-blog.com/categorie-1249476.html). Mais attendons pour voir, puisque ce n’est peut-être que la première marche d’un long escalier !
Résumons le propos des retraites « privilégiées ». On n’y compte pas moins de 9 iniquités injustifiables, hier et aujourd’hui, par rapport au commun des mortels !
Neuf ! Pas moins… Même si hier on mettait la rue à feu et à sang pour les maintenir aux plus nombreux.
1 – La première des inégalités tient dans la durée de cotisation.
« Ballamou » nous a fait le coup des 160 trimestres. Il faudra en accumuler 164 en 2012 (la prochaine législature), pour une pension à taux plein…
Depuis 1948, dans la fonction publique, elle est restée taclée à 37,5 années de cotisation pour aborder un « taux plein ». Soixante ans plus tard, le delai va passer à 40 ans par la grâce de la loi Fillon… (celle sous Chirac/Villepin).
Elle peut descendre à 25 ans pour les officiers de la « grande muette », 15 pour le biffin de base.
On prend note que chez les salariés des IEG, SNCF et RATP, on est toujours à 37,5 ans !
Conséquence, tout ce petit monde là part plus tôt que n’importe qui à la retraite, tout en cotisant nettement moins !
2 – Deuxième inégalité, conséquence de la première : l’âge effectif de la retraite.
Officiellement, il est de 60 ans dans le privé et le public, voire moins quand on peut justifier d’un nombre de 160 trimestres (cas des personnes ayant cotisé dès l’âge de 14 ans : il y en a encore !).
Ou plus si l’envie vous en prend, avec un taquet à 65 ans (mais seulement dans le privé et à condition de ne pas pouvoir justifier de ses trimestres : place aux jeunes, que voulez-vous !)
À la RATP comme à EDF, l’âge est ramené entre 50 et 60 ans selon la catégorie du salarié et entre 50 et 55 ans à la RATP.
Dans la réalité « vraie » de tous les jours, l’âge moyen de prise de retraite est de :
61,3 ans dans le privé ;
57,6 ans dans la fonction publique ;
55,4 ans pour les personnels des IEG ;
55,1 ans pour les agents de la SNCF ;
54,8 ans pour les agents RATP ;
Et 50,3 ans pour les agents de conduite de la SNCF…
3 – Autre conséquence, la troisième inégalité tient dans la durée de retraite elle-même.
Il se trouve qu’un fonctionnaire vit plus vieux qu’un salarié du privé (la fameuse espérance de vie).
Attention les yeux : Si dans le privé on ne profite de son « inactivité » que 17,7 ans en moyenne, chez le fonctionnaire de base « tout mélangé », on y reste 22,3 ans ! 26 % de plus…
La différence enfle jusqu’à la démesure dans les métiers « réputés pénibles ».
23,9 ans pour un agent EDF/GDF,
24,8 ans pour un agent RATP (vous savez, ceux qui travaillent sans voir le soleil que s’en est terrible pour leur santé dans les sous-sols… mais aussi ceux qui bougent leur volant dans les bus : c’est une moyenne),
26,4 ans pour un agent de la SNCF (et pas seulement ceux qui se lèvent à pas d’heure pour faire bouillir de l’eau pour leur locomotive : on parle toujours en moyenne !).
Et l’on retrouve bien plus que 6,5 années d’écart d’âge de la prise de retraite, puisque la survie en inactivité peut être, en moyenne de 8,7 !
Gain mécanique : + 33 % pour les mieux lotis !
Source : Le point de cette semaine, page 16 !
On note que les femmes sont plus profiteuses que les hommes, gagnant 4 à 5 ans… C’est dire si nous savons les « bichonner » avec amour !
4 – Quatrième inégalité : la cotisation soi même.
10,50 % à 10,65 % du salaire brut pour les salariés de droit privé,
7,85 % plus un bout sur une part des primes dans la fonction publique,
7,85 % à la SNCF et à la RATP,
et 12 % à EDF sur les salaires hors prime !
(Source : Le Monde du 10 septembre dernier)
Et on s’étonne que ceux là soient déficitaires…
Passons encore sur le cadre cotisant : il faut compter 20 %, dont seulement 16 points vont à « l’acquisition de droits » !
25 % des montants en plus rien que pour assurer une pénible revalorisation des points acquis !
Et encore, l’Agirc parle de fusionner avec l’Arcco (pour les non cadres qui ont une rémunération supérieure au plafond du régime général).
C’est dire aussi comment la valeur du « point cotisé » augmente insidieusement plus vite que la valeur du « point de pension »…
5 – Cinquième inégalité : le mode de calcul.
Chacun sait qu’un fonctionnaire a droit à une retraite de 75 % de la moyenne des 6 derniers mois de traitement, hors prime.
Plus majoration pour enfant…
Le dernier traitement pour les agents EDF/GDF ;
Idem à la SNCF, mais plus les primes ;
Les 6 derniers mois à la RATP.
Au mieux : 50 % des 25 meilleures années dans le privé !
Certes, chaque année civile est revalorisée en fonction de l’évolution officielle des prix.
Pas de problème si effectivement les salaires évoluaient dans les mêmes proportions que les prix tout au long d’une carrière !
Mais ça, ce n’est vrai que pour le Smic, avec ses « petits coups de pouce » au passage et une année de retard à l’allumage… Pas pour les salaires intermédiaires !
Et encore moins pour ceux dépassant le plafond de la SS : il se trouve que son évolution est plus rapide que l’inflation officielle !
Résultat, comme on liquide une pension par rapport au plafond de la cotisation, pour atteindre le taux effectif de 50 %, faut être magicien.
Au mieux et selon les années, le taux maximum effectif varie entre 44 et 46 % !
Mais il peut descendre à 15 ou 20 % dans les carrières en dent de scie (type VRP, accident de carrière, période d’invalidité, de maternité, etc.)
5 bis – Les décotes !
Quand il vous manque une année de cotisation (parfois parce que vous n’avez plus les feuilles de paye d’il y a 35 ans, que l’employeur a disparu, voire qu’il ait gardé pour lui les cotisations, ce n’était pas rare dans les années 60), dans le privé, vous perdez 10 % (ramené à 5 %, nous promet-on en 2013) ;
Dans le public 0,6 %, 3 % en 2012 et 5 % pour un alignement en 2013 !
Mais là, pas de souci, on connaît votre carrière sur le bout des ongles.
Et puis « Sarkoléon » nous a promis un grand ministère des ressources humaines dans la fonction : les archives suivront !
Ailleurs, pas de décote : on s’en tape !
Et ça peut faire râler…
6 – Sixième : L’indexation des pensions !
Sur la variation des prix dans le privé et dans la fonction publique, sur l’évolution des salaires de l’entreprise de rattachement pour la RATP, la SNCF et EDF/GDF.
D’accord, les prix, ce n’est pas suffisant en période d’inflation rampante et tronquée. Les salaires, c’est dangereux… en période d’inflation galopante !
D’accord, les points Agirc ou Arcco ne suivent pas ce rythme là, puisque régime de répartition par excellence, on ne paye (en pension) que ce qui a été rentré (comme cotisation) année par année (moins les frais de fonctionnement d’environ 2 % pour les caisses les plus grosses et les plus performantes. Beaucoup plus pour quelques autres).
Si la population de cotisants diminue, tant pis !
Et vue l’allure où augmente le plafond, il y a de la perte en ligne.
D’accord, les fonctionnaires ont eu accès depuis très longtemps aux retraites par capitalisation (Préfon, Cref, et compagnie).
Pas dans le privé, « Fabius » s’est presque fait violer pour inventer le PPESV après avoir enterré la « Loi Thomas », pour cause de dissolution anticipé ratée, sitôt après remplacé par le Perco, un peu plus favorable, quand il est reparti dans sa traversée du désert dans le sillage de « Yoyo »…
Et puis certes, la capitalisation, c’est dangereux quand la bourse perd de l’argent.
Comme ça, c’est le contribuable qui paiera, même s’il n’est pas encore né !
7 – Septième inégalité : Les minimum. Près de 900 euros dans le public, à peine 500 dans le privé !
Et encore, faut-il justifier de son statut d’indigent dans la seconde situation, alors que la première est déjà connue des services !
8 – Le cumul emploi/retraite. Pas de problème dans le public. Vous pouvez cumuler sans la honte de piquer l’argent aux jeunes !
Par contre dans le privé, si par hasard votre deuxième carrière explose plus vite que votre maigre pension, on réduit celle-ci d’autant passé un certain seuil !
9 – La réversion à l’époux survivant : 50 % dans le public, plafonné à 37,5 % pour les seuls veufs, quelle que soit la situation de celui-ci (résultat d’un « sexisme » à l’envers et bien caché et totalement injustifié en droit) !
Conditions d’âge et de ressource imposées dans le privé, avec des situations qui vont de 50 % pour les plus démunis (en cumulant les avantages de l’indigence) mais rapidement dégressif en fonction de l’âge du survivant et de ses propres conditions de ressources !
Vous avez dit « deux vitesses » ?
Personnellement, j’y vois un fossé… dans lequel Juppé est d’ailleurs tombé en s’emmêlant les pinceaux (droit dans ses bottes), prenant 10 ans de retard pour le pays !
Merci pour nos gamins, Monsieur « le meilleur d’entre tous » !