Jean-Paul Belufer
Vous l’attendiez dès avant que le Conseil d’Administration n’arrête la liste des impétrants à la première promotion 2008.
Un peu court pour monter un dossier et dossier très ambigu au final, s’il n’y avait pas eu les déclarations, opposables à son auteur, préexistantes, qu’il fallait bien retrouver pour valider sa candidature : ce sera donc pour le seconde promotion !
Le « Canard Déchaîné », pas celui du « il n’est point d’éloge flatteur sans la liberté de blâmer », mais l’autre, le vrai, nous a proposé aimablement le cas de Jean-Paul Belufer, Préfet Hors cadre de la Nation.
Ce brillant « grand serviteur de la Nation » et de l’intérêt général bien compris, Énarque, a pris soin de compléter sa formation supérieure par un engagement et une formation au sein de la très intégriste « Cité catholique ».
À l’époque de ses jeunes débuts, Jean-Paul Bolufer est très actif dans l’opposition à l’avortement. Il est même remarqué par des actions de pression un peu violentes et la diffusion de textes attaquant Simone Veil, la future première Présidente du Parlement Européen, sis à Strasbourg.
Il rejoint en 1979 le cabinet de Jacques Chirac à la mairie de Paris.
Il obtient un logement à bail d’habitation auprès de la RIVP (Régie Immobilière de la Ville de Paris), sans doute le plus important bailleur de logements sociaux, après l’OPAC, dont le Président n’est autre que l’adjoint au Maire, à savoir le cousin Jean Tiberi, lui-même député-maire indéboulonnable du 5ème arrondissement (et 6ème sud).
En 1983, il coédite « un Projet pour la France : construire nos communautés » dans lequel il déclare vouloir établir un délit contre « toutes les atteintes morales et physiques aux familles », c’est à dire, l’avortement, l’homosexualité, la pornographie.
Il propose aussi des « retraites à capitalisation familiale », c’est-à-dire en fonction du nombre d’enfants.
Plus tard il est nommé dans le sud-ouest, puis rentre à Paris en qualité de Préfet chargé des Journaux Officiels, nommé par Lionel Jospin en 1997.
Notons que ce Préfet là dispose d’un logement de fonction « pour nécessité de service ».
En septembre 2003, il intervenait à l’assemblée de l’Association internationale pour l’enseignement social chrétien qui s’est tenue cette année (2007) à Prague sous les hospices du « think tank » : Liberté politique.
Tout un programme.
Enfin, il devient Directeur de cabinet, l’homme clé, du Ministre du logement du gouvernement Fillon, Madame Boutin, elle-même reconnue pour ses prises de positions anti-pacs, fervente défenseuse d’une rigueur morale sans faille qui est tout à son honneur.
Face aux difficultés des sans logis, dus au manque de logement neuf et à la flambée des prix du foncier, Monsieur le Directeur annonce clairement une réforme devant mettre fin à un « véritable scandale » relatif aux logements sociaux indûment occupés par des personnes qui restent avoir les moyens de s’offrir des « résidences secondaires (…) parfois, ailleurs » : c’était le 16 novembre 2007 sur les ondes de France culture.
En fait, tout vient d’un article du « Canard » qui révèle que le loyer payé par ce locataire là, bien comme il faut sous tout rapport et parfaitement fréquentable et honorable, dans un quartier « chicos » de la capitale serait de 6 €/du m², là où les voisins immédiats payent autour de 20 €/m²…
La polémique enfle inévitablement, jusque sur les bancs de l’Assemblée Nationale (qui n’a pas de journées encore assez chargées).
La situation est telle que le Porte parole du gouvernement et le ministre de la misère s’en inquiètent jusqu’à la démission de l’intéressé de ses hautes fonctions.
Il fournit d’ailleurs une explication qui suit ce petit résumé réalisé par « TF2 ».
Et en profite pour se dédouaner (ce n’est pas sa faute, mais celle de la progression normale des revalorisations de l’indice des loyers).
D’ailleurs, il n’a jamais sous-loué cet appartement (tout juste a-t-il conservé les avantages que procure son bail au cas où il soit obligé d’y retourner).
Crache dans la soupe un grand coup en estimant qu’il n’est pas le seul, mais qu’ils sont 200.000 exactement dans le même cas.
Met au défit Monsieur « De-La-Nuée », le patron de droit de la RIVP en qualité de Maire de la Capitale qui en a profité pour lui envoyer son congé, de livrer des noms…
Et finalement nous fait un grand coup de « lichouille » dans le cou en direct à l’adresse de son ex-patronne, ministre de la ville, du logement, des SDF et autres nomades des ghettos.
Car il affirme n’avoir aucune raison de quitter son « pied-à-terre » parisien.
Faut dire qu’on voit mal un SDF ou des « romanos », même d’Afrique occidentale ou subsaharienne s’installer en ses si vastes lieux z’et places, même à loyer modéré.
Et encore moins ses futurs ex-voisins (et encore, certains son sur liste rouge, Sudre notamment) accepter une famille nombreuse de « mal logés » dans leurs murs.
Bref, un très beau numéro de tartufferie assumée jusqu’à la dernière seconde : pas un cillement prémice au fou rire, pas un seul zygomatique atteint de tétanie incontrôlable, le regard droit dans les yeux.
Nous sommes bien tristes pour lui : il est celui par qui le scandale arrive, celui qui va devoir se faire oublier et peut-être même plier bagages avant sa fin de carrière.
Oui, il paye sans doute pour autrui : certains veulent régler des comptes avant les échéances municipales ? Pourquoi pas, cela ne retire rien à ses mérites personnels.
Car ils sont grands et seul « l’Ordre du Tartuffe » sait les reconnaître.
Je prends donc l’initiative de proposer cette candidature en avant première, de vous la soumettre, avant même que le Conseil d’Administration n’en ait eu à en décider.
En fait, il en a été débattu hors ordre du jour : nous manquions d’informations fiables pour prendre décision de soumettre cette candidature au « Haut Comité des Sages » de l’Ordre à l’occasion de la première promotion 2008.
Ce n’était que partie remise.
La « tartufferie » tiendrait en l’occurrence entre le dire du mois de novembre et la conclusion de l’interview commentant sa décision sur « TF2 » du mois de décembre.
Oui, ils préparent un texte qui obligerait à une revalorisation des loyers.
Non, il ne quitte pas un logement « occupé scandaleusement » (selon ses propres termes).
Et sans doute n’acceptera-t-il pas un rattrapage de loyer sur les années passées, peut-on supposer, la preuve : cette affaire est entre les mains de ses avocats nous assure-t-il.
On peut également faire, en paquet cadeau, un amalgame intéressant avec son idée « d’un délit contre toutes les atteintes morales et physiques aux familles » de ses brillantes jeunes années : ça n’en aura que plus de saveur !
Après tout, cette idée là date à peu près de l’époque où il emménageait à vil prix, faut-il reconnaître également.
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