La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
Pour en faire quoi au juste ?
Les modalités du grand emprunt annoncé l'autre lundi par notre « Ô Combien Vénéré Président », celui qui est « bling-bling dans sa tête » à lui lors de son discours devant le congrès à Versailles ne sont toujours définies !
Une idée « tête en l'air » ?
Pas tout à fait : on ne sait pas combien, on ne sait pas quand, on ne sait pas à qui s'adresse, ni par quel canal il sera « distribué », ni quel sera le taux d'intérêt retenu, ni même sa fiscalité.
Tout ce qu'on sait, c'est qu'il sera « grand » et à 5 ans !
Enfin jusqu'à ce que ça change, bien sûr.
Ce qu'on peut imaginer, c'est que les entreprises bancaires du pays de « Gauloisie failliteuse » vont s'empresser de le refourguer plus vite que de nature à tous ces « petits épargnants » encore attirés par « la signature de l'État »...
Tant que ça vaut quelque chose, n'est-ce pas, ils n'ont aucune raison de reculer, d'autant mieux que finalement, c'est encore eux qui vont payer de l'impôt en plus demain, pour se rembourser eux-mêmes !
Mais peut-être pas les mêmes : ceux qui n'auront pas souscrit, ils paieront comme tout le monde, mais sans espoir d'y gagner quoique ce soit.
Et devinez quoi ?
Bé ce ne seront sûrement pas ceux qui n'ont déjà pas de pécule sous le matelas qui vont faire la bonne affaire du siècle, non assurément pas !
Première question : La signature de l'État vaut-elle encore quelque chose, au moment même où la Californie licencie ses fonctionnaires, la faute à n'être pas arrivée à boucler son budget (que ça va même faire tâche d'huile comme on vous le disait y'a pas si longtemps ici et là, plus tard) ?
Réponse, on verra ça en comparant le taux offert par EDF à l'occasion de son dernier emprunt à 4,5 % qui doit financer les futurs investissements industriels de la boutique, avec celui que « Bling-bling » offrira lui-même au nom de moi-même (et de tous les autres kontribuables).
C'était soit un emprunt, soit une augmentation des impôts : L'ami Philibert vous avait prévenu !
De toute façon, ça finira pareil, mais comme moi, plus personne ne m'écoute, quand je prêche tout seul dans mon « grand désert du bon sens »...
Deuxième question : S'agira-t-il d'une bonne affaire ? Sûr, et ... pour les banquiers, trop heureux de toucher les commissions de courtage et les marges commerciales afin de boucler les fins de mois et espérer rembourser rapidement tout le pognon « inventé » qui leur a été servi sur un plateau pour qu'ils ne s'écroulent pas sur eux-mêmes en début d'année, la faute à ne pas savoir faire leur métier comme il faut.
C'est un coup à se refaire et à verser leurs bonus aux petits personnels qui piaffent d'impatience : c'est qu'eux aussi ont des échéances à rembourser...
Et une fois les remboursements faits des prêts étatiques, les « boss » vont pouvoir tirer la révérence, les parachutes dorés ne partant plus en vrille, sur des résultats flatteurs !
Va y en avoir qui vont pouvoir sauver toute une carrière en beauté : Du bon investissement sur l'avenir, pardi !
Bref, en remettant du « vrai argent », à tête froide, dans les circuits, tout le monde va être content : ça va reconstituer des fonds propres, débloquer les ratios dégagés par les « testings divers », rassurer les étrangers : La « Gauloisie a encore de la ressource »... sous le plumard et l'oreiller !
Ou le bas de laine du carnet A avec son minable taux, de je ne sais plus combien.
Troisième question : tout ce pognon monopolisé par « Big Brother », pour faire quoi ?
Quand même pas seulement lui prêter pour permettre de rembourser les prêts à vue et découverts de la dernière fois ?
Bé non : « Bling-bling » nous l'a assuré avec sa calculette préférée ! Il y a du bon endettement et de la dette pourrie !
Alors tous de se réunir en séminaire gouvernemental, tenu dans la foulée d'un dimanche matin, et même « Fifi IV » de leur rappeler le bon usage de ces fonds (qu'il n'a pas encore) :
Ils sont destinés aux « secteurs stratégiques » d'investissement :
- Développement durable,
- Université de demain,
- Capital humain et...
- Compétitivité !
Génial !
On va enfin pouvoir acheter de la matière grise sous forme d'actions de « SA » ?
Cotées en Bourse des valeurs ?
La bonne idée d'Aguigui Mouna, l'homme qui se baladait du côté de rue Mouffetard avec son « réveil à réveiller les consciences », qui voulait coter les « valeurs morales » et qui nous revient par la bande !
En fait, on en est loin, car sous ces dénominations, ce sont en fait des investissements dans le numérique, les technologies et particulièrement dans la voiture du futur qui devraient être favorisés.
Il s'agirait d'investir dans la « Gauloisie » de demain et « Fifi IV » de rappeler qu'il ne s'agissait pas d'un 2ème plan de relance.
Bé oui, comme le premier tarde à produire des effets palpables, qu'on se demandait l'autre fois s'il ne fallait pas relancer la relance... Bé non : idée aussi sotte que grenue !
Et « Fifi IV » de préciser que ces dépenses d'investissement devront avoir « une rentabilité financière et socio-économique clairement appréhendable ».
Pas « palpables », mais « appréhendables ».
Y'a des nuances, comme ça, dans la tête de nos élites, qui font frémir... mais passons : je suis une ignoble mauvaise langue absolument infreequentable !
Bien admettons que ce sera du pognon mobilisé au profit d'entreprises déjà existantes qui se troouvent être « œuvrantes » sur le dits marchés de la bagnole électrique ou le « plan câble ».
Sûr que c'est appréhendable à en être saisissable avant que d'être déjà nationalisable.
Mais, si ça prend la forme de « dotations auprès d'entreprises », ça risque encore de fâcher « Bruxelles » pour tomber sous la réglementation communautaire des aides d'État des « minimis ».
Une préoccupation déjà particulièrement appréhendable sensible pour le secteur automobile.
Voilà une belle perspective qui sera, bien entendu, examinée avec soin par les pouvoirs publics et le choix des investissements fait en conséquence.
Une autre interrogation demeure : quelle compétence a l'État et ses dévoués hauts-fonctionnaires à se comporter comme des « capital-risqueurs », des « business angels », à déterminer quels sont les grands domaines économiques d'avenir pour le pays ?
Qui au final décidera quel secteur précis, quelle entreprise, quel projet méritera d'être soutenu ?
Doit-on vraiment confier à un « haut comité » de fonctionnaires le soin d'étudier des projets représentant au total plusieurs milliards d'euros ?
Car dans les domaines évoqués, si la rentabilité financière est surtout difficilement appréhendable, leurs « savoir-faire » et ce depuis au moins deux générations, n'ont guère brillé.
Ce serait même plutôt inquiétant de voir la « bonne dette » devenir au fil du temps aussi pourrie que les « actifs toxiques des subprimes », sort promis à toute tentative pour les États autre que la Principauté monégasque de faire du « business » à la place des « business-man » dont c'est le métier.
On se souvient autant de la « promotion Titanic » que des nationalisations de « Mythe-errant/Mord-Roy » qui ont finalement conduit à la liquidation des aciéries du pays et au nanisme de nos banquiers...
Il y a bien une piste exploitable pour éviter le travers, mais je vous fiche mon ticket de logement avec salle de bain qu'on va encore passer à côté :
C'est le programme « SBIC », conçu dans les années 58 par le Congrès américain (j'étais déjà né : je me souviens encore, même si je ne parcourais le monde qu'à 4 pattes en attendant ma sœurette pour que je puisse la martyriser tout au long de sa longue jeunesse), où l'État apportait seulement sa garantie, sa caution à des emprunts émis par des organismes financiers préalablement agréés.
Si je me souviens bien, à hauteur de 3 fois le capital investi, mais avec l'engagement qu'en cas de perte se sont les capitaux privés qui sont en première ligne, la garantie d'État n'intervenant que lorsque les capitaux privés étaient épuisés.
Ça eut avait fait l'effet d'un coup de fouet monumental à l'économie ricaine en pleine guerre froide, qui les avaient portés jusque sur la Lune 10 ans plus tard.
Mais pensez bien qu'en « Gauloisie de l'intelligence appliquée », un tel dispositif qui combinerait la mobilisation de l'épargne des « natifs » et le développement de nombreuses équipes spécialisées dans le financement d'entreprises et de projets, les fonctionnaires ne s'assurant plus que de l'intérêt financier et socio-économique des investissements pour le plus grand bien du pays n'a aucune chance de voir le jour.
Non, soyez sûrs qu'on en restera à la vision marxiste du rôle de la puissance publique : non contente de pouvoir « piquer le pognons des autres » jusque dans leur poche et jusqu'à plus soif, la haute fonction publique ne laissera aucune miette de son pouvoir étendu aux misérables vermiceaux de spécialistes mercantiles !
On préférera à coup sûr une belle et bien bonne nationalisation rampante et outrecuidante.
De toute façon, si ça ne marche pas, eux, les politico-fonctionnaires, se seront toujours rendus irresponsables de la ruine du pays et de ses habitants...
Puisque c'était pour leur plus grand bien.
Ceci dit, qu'est-ce que « Bling-bling » va bien pouvoir nous sortir, la prochaine fois, pour faire semblant d'exister encore ?
Je serai bien curieux de le savoir, parce que là, il a épuisé toutes les recettes.
Ah si : organiser un voyage à Baden-Baden ou se faire un petit attentat du côté des jardins de l'Observatoire !
Je ne vois plus que ça...