La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
Un bon prétexte pour augmenter le prix des services publics
C’est dans une des lettres récentes de l’OFCE que l’on peut lire : « La contrepartie à l’accroissement de la dette publique est le maintien du fonctionnement du système économique et financier.(…)
La faillite globale du système coûterait beaucoup plus cher aux générations actuelles et futures que quelques dizaines de points de PIB de dette en plus. Pour éviter le scénario d’une longue récession et briser les anticipations déflationnistes, l’intervention publique doit être massive. Seul l’Etat a les moyens d’éviter que la mécanique récessive ne s’emballe ».
Raisonnement inquiétant pour l’avenir mais sans doute inévitable quand il concerne les investissements et baisses de charges pour les entreprises privées.
Il devient pernicieux quand il s’agit d’augmenter les dépenses de fonctionnement du secteur public.
De « dépensons plus d’argent public » la tentation est forte de passer à « ne réduisons surtout pas les effectifs publics » mais « augmentons les impôts ».
Alors que l’on fait la chasse aux grandes surfaces qui augmenteraient leurs prix plus que l’inflation, les coûts des services publics, eux peuvent se permettre d’exploser !
Avec le seul consentement des « sachants », ceux-là mêmes qui ont vu leur système au bord de l’effondrement et n’ont d’autres ressources que de le conforter très… démocratiquement !
Qu’entendrait donc le « vulgus peccum » des affaires d’État, de l’intérêt général bien compris, n’est-ce pas ?
Ils nous ont menés au bord du gouffre et c’est tout juste s’ils ne nous recommandent pas de faire un « grand pas en avant », selon la formule suicidaire en vigueur !
La preuve : Les salaires des fonctionnaires en place, qui ne connaissent pas la précarité de leurs emplois, eux, ont augmenté de 3,7 % en 2008 alors que l’inflation n’a été que de 2,8 %...
Pour 2009, l’augmentation sera à nouveau supérieure à l’inflation selon le ministre Eric Woerth bien que les finances publiques soient exsangues et que partout ailleurs dans le monde, on gèle les salaires publics et diminue les effectifs !
Pas chez nous…
De l’autre côté, les prix des pommes de terre et des pâtes sont surveillés par les associations de consommateurs et la répression des fraudes.
À la moindre dérive, producteurs et distributeurs sont cloués au pilori par les médias déchaînés.
Cette chasse à la sorcière touche au Maccarthysme appliqué !
Par exemple, pour l’essence, c’est Bercy lui-même qui veille et a même créé un site Internet où chaque station-service doit publier ses prix.
Le prix des logements et des loyers baissent.
Mais dans le secteur public, les tarifs continuent à augmenter.
Pourtant, du 1er février 2008 au 1er février 2009, l’envolée des prix n’a été que de 0,9 % nous assure-t-on !
Alors que les augmentations de l’été à venir vont être sévères :
+ 1,82 % pour les timbres ;
Environ + 3,5 % pour la SNCF et le trafic voyageur et TGV ;
+ 4 à 6 % pour la RATP ;
+ 3,5 % de hausse des impôts locaux dans les villes de plus de 100.000 habitants ;
+ 5,6 % pour la taxe d’habitation dans les 40 plus grandes villes ;
+ 6,4 % pour la taxe foncière dans ces mêmes villes (11,4 % et 4,7 % rien qu’à Paris…) ;
+ 1,6 % de taxe professionnelle (celle qu’on retrouve dans les prix à la consommation sans le savoir) ;
+ 7,9 % rien qu’à Paris (et des « taux de délire » à Montreuil par exemple, ville passée sous le règne de « Voy-née » la verdoyante : 45,60 % !…) ;
+ 20 % pour le stationnement à Paris et les amendes de police…
Et cætera, et cætera…
Les droits de mutation étant en chute libre avec l’effondrement et du nombre des transactions (– 47 % en tendance) et en « prix du m² » (– 8 %), les mêmes « z’élites » qui réclament à cors z’et à cris un plan de relance massif et national par le pouvoir d’achat, n’hésitent pas, eux, à taper au portefeuille !
Dans les 36 plus grandes villes de France, aucun conseil municipal n’a eu l’idée de baisser le taux d’imposition de la taxe foncière ou de la taxe d’habitation…
Ç’aurait pourtant rendu du « pouvoir d’achat » là où ils le demandent eux-mêmes !
Motif ?
« Il faut qu’on investisse » ou « pendant la crise nos rentrées baissent ».
C’est que « l’argent des z’autres », quand on peut les racketter en toute légalité, ça monte au neurone et ça se traduit par un grand « Pourquoi se priver ? »
Dans le secteur privé quand les rentrées baissent, on diminue les dépenses.
Et pour investir, on trouve à emprunter, si les projets sont utiles.
Là, les banques ont non seulement pu refaire leurs marges (le taux d’emprunt est toujours de 5 à 5,5 % mais le refinancement est descendu à 1,25 %), mais en plus, il y a tellement de liquidité en circulation par voie de recapitalisation qu’on se demande même quoi faire de tout ce fric !
Pendant ce temps-là, et depuis le début de la crise, les consommateurs ont réorienté leurs achats vers des voitures plus petites et à bas coûts, et vers les marques distributeurs.
Les industriels et les commerçants ont tous réduit leurs marges à en prendre le risque de ne pas tenir la distance, au point que le taux de destruction d’emplois et celui des dépôts de bilan commencent à grimper les fortes pentes himalayennes.
La grande lessiveuse est en marche et va « broyer » les plus fragiles au profit des plus forts.
On en parlait déjà il y a presque deux ans à propos des « futures taxes à venir »
Pour 2009, Bruxelles prévoit une baisse de – 1,8 % de la richesse produite en France.
D’autres parlent de – 2,9 %...
Les prévisionnistes se sont de toute façon toujours trompés.
Mais les tarfifs publics, on peut en être sûr (pas besoin d'être prévisionniste diplômé pour ça), vont augmenter lourdement...
Conclusion : En augmentant ses prix plus rapidement que l’inflation et que le Produit Intérieur Brut, le secteur public va encore accroître sa ponction sur les richesses produites par les « Gaulois résidents ».
Un véritable « plan d’anti-relance » s’est donc mis en place et va exactement à l’encontre des recommandations des quelques économistes sérieux.
Chaque euro supplémentaire prélevé par le secteur public entraînera une augmentation des licenciements dans le secteur privé : c’est mécanique !
Et c’est pourtant très exactement l’avenir immédiat que nous préparent nos édiles locaux : Magnifique de cohérence !