La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
Perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans...
Exactement comme Alessandri qui s'est accusé, après coup d'avoir été l'assassin du Préfet Claude Érignac.
Exactement comme Ferrandi.
Tous « co-auteurs ». Dans le même sac...
La Justice est passée.
Et je pleure pour l'épouse et les enfants d'Érignac. Pour lui tout autant...
Perpétuité, c'est plus que Maranelli (25ans), le guetteur, qu'Ottaviani et Istria, les « transporteurs » et Varsini, qui, malade, n'a pas pu participer à l'opération au dernier moment (15 ans), considéré comme complices.
Je vous en avais prévenu dès le 24 février dernier (cf. § 4).
Et la famille Érignac de repartir avec des doutes, même si leur avocat, M° Lemaire fustigeait la méthode du procès en Appel d'Yvan Colonna, « consistant à ne pas aborder le fond et à multiplier les incidents (...) méthode de combat inacceptable » !
Ce qui a été inacceptable, c'est qu'un procès qui se voulait exemplaire a merdoyé un grand maximum du presque début et jusqu'à la fin.
Au point que le Président de la Cour a été appelé à d'autres fonctions, il est vrai...
Témoins qui se défilent, magistrats qui commettent des impairs, vicient la procédure qu'ils sont censés appliquer, défense qui accuse d'indignité les juges du siège, qui ne plaide même pas, accusé qui refuse de sortir de cellule.
Plus d'un mois complet de « coups fourrés », de délires procéduraux, de « verbiage verboyant » et d'indignités républicaines : La totale !
Il faut dire, que « tout est au carré » depuis l'arrestation d'Yvan « désigné coupable » par « Bling-bling » avant même d'avoir été entendu.
Faut dire que la longue cavale de l'intéressé n'a pas non plus plaidé pour lui.
Faut dire que la « guerre des polices », les sabreurs déjantés de la DNAT se prenant pour le GIGN, les gendarmes qui deviennent incendiaires sur ordre de la préfecture, les relations ambigües avec ces équipes-là de la juge chargée d'instruire, le ramdam dans les milieux enseignants, puis agricoles, puis autonomistes n'ont pas aidé à y voir clair.
Pendant ce temps-là, la pègre locale a pu continuer ses petites affaires, tranquillement.
Pas plus que les dénégations des accusés du premier procès désignant Colonna comme le tireur présumé, puis leurs rétractations et l'auto-accusation de l'un d'eux n'ont permis de sonder la véritable « âme Corse » et celle des membres de ce commando de fortune, presque « amateur », ni encore moins leurs intentions politiques véritables !
Quand donc disent-ils la vérité, ces gens-là ?
Pas de reconstitution, pas d'expertise psychiatrique. On ne saura pas !
Circulez.
Des témoins dont on ignore les déclarations, qu'on entend raconter que le tireur n'était aucun des accusés.
Des experts pour nous assurer sous serment que la première balle a été tirée par un homme de grande stature...
C'est-à-dire aucun des membres du commando, absolument AUCUN...
Et puis mes propres doutes : En « Corsica Bella Tchi-tchi », on n'abat pas quelqu'un dans le dos, même un chien, même un porc, même une vache de viande à boucherie !
La victime doit savoir qu'elle va mourir en voyant venir son meurtrier !
Même les voyous se « réglant leurs comptes » entre eux ou exécutant « un contrat » obéissent naturellement à ce réflexe (sauf contrainte du « feu de l'action »).
Sur ce dernier point, il peut néanmoins y avoir un début d'explication.
Alessandri, le 9 mars dernier explique que le Préfet devait être assassiné à la sortie du concert et non à son arrivée.
Voilà qui était encore nouveau... 4 heures d'audition, quelques minutes de vérités passées sous silence ?
« Quand nous l'avons vu déposer son épouse et repartir en voiture, nous avons cru qu'il n'assisterait pas au spectacle. Nous étions sur le point de partir quand nous l'avons croisé, revenant à pied vers le théâtre. Il y a eu une part d'improvisation (...) »
Et il aurait tiré.
Alors même qu'il était trop petit pour le faire et qu'il était de dos ?
Comment peut-on « voir » revenir quelqu'un... de dos ?
L'improvisation a bon dos.
Comment il aurait pu être prévu d'abattre le Préfet au bras de son épouse sur le retour ?
Faudrait plutôt affirmer qu'ils avaient perdu de vue leur « client », oui !
Des amateurs, vous dis-je...
Et que ce sont donc d'autres qui se sont chargés du sale boulot... puisque plusieurs armes ont été volées à Pietrosella.
Mais la révélation vient d'ailleurs, du premier procès de Colonna : « Je sais que tu es un homme d'honneur » dit de l'accusé Ferrandi, censé être lui aussi « sur le terrain » à assister le tireur en couverture.
« SI tu avais participé à cette action, tu l'aurais revendiquée. Par conséquent, je confirme que tu n'y étais pas » !
L'honneur, c'est un « truc » qu'un pinzutu ne peut pas comprendre.
En « Corsica Bella Tchi-tchi », on peut tout perdre, comme partout ailleurs dans le monde, y compris sa propre dignité.
Tout sauf... l'honneur !
Ce n'est pas possible, même pour les abrutis réincarnés, les similis « crétins des alpes (cortenaises) ».
Alors deux questions :
« SI » ? Comment peut-on n'avoir aucune certitude quand on est au cœur de l'action ?
Pourquoi l'emploi du conditionnel ?
Parce que finalement, ce soir-là, aucun des membres du commando n'a compris ce qui venait de se passer.
Ils ont tous supputé que ce qui devait être fait l'avait été ?
Comment et par qui ?
Même eux l'ignorent, finalement, même si cela avait été leur plan à eux.
Et puis un truc entendu aussi au premier procès, répété une nouvelle fois par Alessandri : « Quand j'ai fait le choix de la violence clandestine, j'ai espéré qu'Yvan ferait partie du groupe. Pour être cohérent avec son discours, il aurait dû franchir le pas. Il a laissé Ottaviani et Maranelli partir au charbon, alors que c'est lui qui aurait dû y aller. »
Et tous, y compris les épouses qui voient le commando le lendemain ensemble, tendu après avoir planqué les armes non utilisées...
« C'est terrible ce que Pierre a dit à son ami d'enfance... en réaffirmant l'innocence d'Yvan » traduit Biancucci, un élu pourtant nationaliste à l'ATC.
Il se serait dégonflé.
La pire des injures : Lâche !
Dès lors, on comprend mieux leurs acharnements, à tous, à faire boire la tasse jusqu'à la lie d'un « salaud » qui les a emmenés jusqu'à un assassinat absurde sans lui-même y participer.
Ils ont chacun encore une vingtaine d'années pour y réfléchir.
Et ce tour de cochon joué à la Justice d'un pays dont ils disent ne pas appartenir : rien ne sera ressorti de ce deuxième procès, sinon que Colonna est désormais une victime, de sa couardise (ce qui explique à merveille sa cavale au maquis), victime d'une Justice qui s'est largement emmêlé les pinceaux, alors même que pour une fois, l'accusé était enfin défendu correctement.
Victime d'un procès d'État où tout était joué depuis la clôture de l'enquête qui a superbement ignoré la vérité.
Là, franchement, j'en veux à la « politique politicienne », l'absurde, celle qui veut que la « Raison d'État », celle-là même qui ne se justifie que parce que l'État doit défendre le Droit et la Justice avant tout autre chose (hormis sa propre existence menacée), au nom du « Peuple des Gaules » réunis de la mer du Nord aux confins de la Méditerranée (et d'ailleurs s'il le faut), est passée au-dessus de destins qu'un drame a réuni un soir du 6 février 1998 dans un scénario absurde.
Et que d'autres ont exploité pour leurs propres ambitions...
Ou comment utiliser le sang des z'autres.
Comment, dans ce pays qui a vu naître les droits de l'homme, peut-on condamner un homme dont personne n'est capable de démontrer ce dont on l'accuse ?
Voilà un grand mystère pour mon « petit neurone » (encore en état de fonctionnement).
Cette raison d'État-là, soit elle existe bien mais alors on n'est plus dans une affaire politico-crapuleuse locale pour mieux cacher autre chose, soit elle a été détournée à des fins personnelles.
Je vous laisse le choix.
Celui de vous reporter à ce post-là aussi !