À mon Vénéré futur administrateur de la phynance publique !
Nous avons tous les deux quelques controverses doctrinales : un de nos sujets favori reste le sort de la TVA sociale.
Lui veut l'appeler « TVA », pour être censée fonctionner comme de la TVA (impôt indirect sur la marge brute des assujettis, financé par le consommateur dans le prix de vente TTC, non assujetti par définition) ; et « sociale » pour échapper aux plafonds fixés par l'Europe, à 25 %.
D'autres veulent l'appeler « Cotisation Sociale sur la Valeur Ajoutée » et vous vous souvîntes tous que l'année passée, ça m'avait quelque peu hérissé le poil sur la tête et sur le menton !
Pourquoi ?
Non pas parce que c'était une idée au « Chi finissant », mais parce qu'il y a plusieurs définitions de la « Valeur Ajoutée » ! C'est comme ça et les gens qui causent dans le poste sans savoir de quoi ils causent, ça a une tendance indéniable à faire monter ma tension et à perturber ma sereine digestion !
Revenons donc à nos moutons. Globalement les prélèvements obligatoires en tout genre de ce pays représentent environ 6 mois de « création de valeur », tout confondu...
On ne va pas s'éterniser, l'activité du préposé au carrefour du coin en uniforme, il crée du PIB à s'agiter avec son bâton. Pour moi il en consomme puisqu'il émarge au budget de la Nation. Mais on me dit aussi que les emplois (financiers) égalent les ressources (financières), donc l'un dans l'autre, son activité est neutre pour le PIB.
Admettons, sauf que si on se traîne régulièrement 20 % de déficits publics et budgétaires, c'est qu'il n'y a pas égalité...
Tout autant, dans ces 6 mois, il faut compter avec le financement des régimes sociaux, qui représentent un tout petit peu plus que les budgets de l'État et de ses démembrements.
Avec ses mêmes déficits, moins coûtatifs pour les générations futures (pas loin de 8 petits mignards, mais quand même !
Et le même raisonnement de « neutralité » sur l'évolution de la masse du PIB.
Bon, je vous ferai grâce de Michel, parti à la recherche du PNB-B&D (Produit National de Bonheur Brut & Durable) : c'est déjà assez compliqué comme ça même pour les esprits les plus « affinés », alors le mien, pensez donc !
Le PIB, c'est aussi 27 % d'importations et un peu moins d'exportation. Disons (pour simplifier) que ça s'équilibre en valeur et que ça représente 3 mois d'activité de tous les « laborieux » du pays !
Mais pas en volume... Pourquoi ? Mais parce que nous avons aussi 3 mois (la moitié de tous les prélèvements obligatoires qui eux-mêmes représentent la moitié de toutes les activités, y compris à l'import-export) à financer...
Sur les trois quarts des achats fabriqués en « Gauloisie », le quart restant venant d'un ailleurs qui n'a pas les mêmes coûts salariaux (faut diviser par dix pour un salaire chinois) et pas les mêmes cotisations sociales (faut diviser par 100 et encore, toujours en Chine).
Plus le quart qui part à l'exportation, qui supporte bien les charges sociales et l'ensemble des coûts salariaux, mais pas l'impôt indirect, dont la TVA.
Autrement dit, prenons la vie d'une feuille de papier : On abat un arbre, qui ne coûte rien parce qu'il n'est pas replanté ni entretenu quelle que part en Asie ou en Afrique, on le scie sur place pour en extraire de la cellulose avec des salaires qui feraient honte à un SDF en Europe.
On le passe dans des bains chlorés pour le blanchir sans précaution pour l'environnement (chose impossible chez nous), qui va le transformer en pâte à papier, qui va être séchée et « bobinée », puis coupé en format adéquate, empaqueté, mis sur palette. Les palettes vont être transportées à bas prix avec de l'essence subventionnée par le « chineese governement » jusqu'à un port. La palette va être enfilée dans un conteneur, le conteneur va être embarqué sur un cargo contre monnaie sonnantes et trébuchantes.
Le cargo va faire du cabotage pendant trois mois jusqu'en Europe, ou le containeur va être dédouané à Antwerpen, à pas cher, mais selon un prix fixé juste pour la gloire et par comparaison avec des coûts de fabrication européen (Et encore, je n'ai pas vérifié, mais si ça se trouve, c'est déjà exonéré de droit de douane). Et les palettes vont pouvoir circuler librement en CEE, sur des camions Ukrainiens (eux-mêmes subventionnés) pour être livrées à la porte de votre hypermarché qui les mettra à votre disposition en rayon, TVA incluse.
Vous faites le même boulot avec des rondins abattus par les grandes tempêtes de la fin de siècle dernier, c'est déjà 3 fois plus cher, et la TVA ne fera qu'en rajouter !
Comment corriger le problème ?
Parce que tout ce qui est fait ailleurs, ça génère des chômeurs ici, qu'il faut bien indemniser d'une façon ou d'une autre pour éviter la révolution des « sans culotte » (la dernière a laissé des traces dans les souvenirs et les livres scolaires sur papier couché lavé).
Idée lumineuse des « technocrates nationaux » : on augmente les taux !
Normal, sauf que pour faire 100 de prestation sociales pour 1 « presté », il faut piquer 10 à 10 cotisants. Le jour où ils ne sont plus que 8, la faute au « grand kapital » d'État chinois, il faudra bien cotiser 37,5 pour assurer 100 aux trois sur le carreau !
Remarquez, on leur dira qu'il ne touche plus que 80, ça ramènera la cotisation à 30 pour les 8 laborieux. Et ainsi de suite !
Le raisonnement de « + de TVA » (sur la VA, sur le CA, sur ce que vous voulez) c'est en fait plus 3 pour tout le monde qui vont payer les uns 13 et les autres que 3 à travers toutes leurs consommations. Mais chacun aura perdu un petit quelque chose et « Das Gross Kapital » aura encore des clients, certes moins consommateurs, mais qu'on rassurera parce que produit cool et durable à des prix encore plus importés.
Moi je veux bien !
Mais ça durera sûrement moins longtemps que les contributions directes et indirectes réunies !
Il y a aussi la solution de dire qu'on va faire des économies budgétaires... On réduit les effectifs (ça c'est le grand « truc » de toutes les « têtes d'œuf », privées et publiques réunies... Sans penser une seule seconde qu'ils vont de ce fait être rayé de la surface du globe !
C'est de l'euthanasie politique... car il faudra cotiser encore plus en attendant qu'ils crèvent, les « out » !
Depuis Giskard à la barre, en passant par Yoyo et Titine Aubry, et jusque dans la pensée de « Bling-bling » soi-même, notre « Ô combien Vénéré Président », ça fait 30 ans qu'on applique les mêmes calculs à la kon et personne ne s'aperçoit que ça ne marche pas !
Passons, de toute façon, il faudra réduire le train de vie des « prélèvements obligatoires », on le sait depuis quelques temps !
Et un « petit plus » de TVA, sociale ou fiscale, non seulement sera neutre pour le grand kapital d'outre-terre (c'est dans son mécanisme), mais tout autant de moins dans l'emploi de « Gauloisie » ! Logique...
Ce n'est donc décidément pas le bon système.
Perso, j'avais proposé de taxer les importations ! Ooooh, pas comme une brute anti-libre-échangiste, naturellement, mais comme une « astuce » astucieuse et qui contourne l'interdit douanier de l'OMC autant que les directives européennes en matière fiscale.
Non, pas fou ! Je reste respectueux du droit et des engagements internationaux du pays que je suis destiné à redresser coûte que coûte quand vous m'aurez tous élu Président (à n'en pas dessaouler pendant des semaines à picoler la cave de l'Élysée avec les « potes » !).
Et puis ça tombe bien, j'ai le cerveau façonné à trouver le « schéma idoine » pour contourner à peu près toutes les règles légales quand ça m'arrange, sans jamais les violer (sauf en matière pénale, là je ne sais pas faire et ne veux pas faire : c'est d'ailleurs pour ces raisons que je ne suis pas avocat !).
Il suffit de mettre une « Cotisation Sociale sur les Produits Manufacturés », généralisée sur le chiffre d'affaire de tous les assujettis à la TVA.
Pas compliqué : ça se prélève exactement comme la TVA, mais ça ne s'impute pas sur la TVA ni sur la « CSPM amont ». Donc, ça part direct dans les prix et ça remonte direct au Trésor par trimestre, qui va pouvoir régler une partie de son passif et subventionner un maximum les régimes sociaux sans autres souci.
Bon d'accord, ça vient obérer le pouvoir d'achat des résidants de « Gauloisie supérieure », mais ça n'est pas bien grave, car il faut en exonérer les entreprises « écologiquement durables », car le taux est fort. Disons 50 % du CA (voire 100 % du CA HT).
(Je dis « écologiquement durable » parce que c'est à la mode, je pourrai dire « économiquement effroyable » quand ça deviendra à la mode, ou « politiquement alter quelque-chose » si ça fait bien sur le moment) !
Et comment distinguer une entreprise « politiquement alter truc » d'une autre qui ne l'est pas ? Eh bien, cette « CSPM » est portée sur facture entre commerçants, industriels, importateurs, artisans et professions libérales, pour tous leurs achats (c'est la seule obligation légale) comme tout autre prélèvement à la vente.
Si plus de 5 % de leurs achats supportent de la CSPM, ils y seront eux-mêmes assujettis. Moins de 5 %, ils sont exonérés en totalité (un peu comme l'ancien contre-prorata de déduction de la TVA, les spécialistes apprécieront, car c'était déjà « à partir de 10 % »).
Il y aura donc des entreprises qui achèteront à des importateurs (ou importeront directement) et seront soumis à la « CSPM ».
Des redistributeurs qui feront gaffe ou devront payer (et faire payer leurs clients).
Naturellement, les dédouaneurs, en auto-liquidant la TVA à l'import, ils seront tenus de liquider la nouvelle « CSPM ».
Naturellement, les services fiscaux seront rassemblés à rescousse pour contrôler régulièrement l'honnêteté des entreprises face à leurs obligations légales (je rassure ainsi le syndicat autonome des fonctionnaires de Bercy) et proposeront des radiations d'exonération à décider par les Préfet et sous-préfet...
Sauf sur les produits exonérés, qui seront tous des Matières Premières non transformées, minerai de fer, de bauxite, le pétrole, blé, riz, etc. livrés en vrac !
D'où la nuance « Produits Manufacturés » (et semi-manufacturés) a contrario du « vrac »...
Naturellement, rien n'interdira d'importer en vue de réexporter en exonération, comme actuellement, ou de faire transiter des produits sous-douane à travers notre territoire : on n'est pas des chiens et il ne me viendrait absolument pas à l'esprit de fragiliser l'Europe de la libre circulation des marchandises, quelles qu'elles soient !
On parle aussi de « produit manufacturé » parce que les prestations de service sont désormais soumises à la TVA du pays qui en est à l'origine, peu importe le pays de destination finale au sein de la communauté européenne.
Après, au consommateur de trancher... S'il veut des tomates espagnoles à bas prix, il lui faudra sans doute trouver un distributeur spécialisé, mais qui peut être de nouvelles grandes enseignes de la distribution (qui existent déjà d'ailleurs !).
Mais à prix égal, il est probable que le bon goût franco-gaulois fasse la différence...
Et que fait-on de toutes ces recettes sociales en trop ?
Eh bien,
1 - Vous me supprimer les charges sociales part salariale, c'est 20 % de plus dans le portefeuille des « in ». Nettement moins pour se compenser tout juste sur les « out » et autres inactifs. Et rien du tout pour les « rentiers en immeubles » et autres valeurs mobilières, ces ignobles « Gross Kapital » !
Ça tombe bien aussi parce que tout confondu, le pouvoir d'achat piqué sur un quart du PIB, correspond justement à quelque chose comme 10 % du même PIB soit la moitié du bonus !
« Bling-bling » devrait tôt ou tard y venir et il devrait profiter de l'occasion d'être aussi Président de l'Auguste Europe pour six mois, pour faire passer l'idée auprès du Conseil.
Il suffira ensuite de répandre la nouvelle chez les 27 et à l'OMC, puis d'ajuster au fil du temps et de soigner et les bas revenus de remplacement et tous nos 13 millions de malades et de handicapés avec de la subvention chinoise !
2 - Normalement, à terme, les importations devraient diminuer ou être formidablement subventionnés par les pays exportateurs.
Là encore, ça tombe bien... S'ils ont envie de subventionner nos régimes sociaux, ils sont les bienvenus ! Et même vigoureusement soutenus...
S'ils rétorsionnent, pas bien grave : nous n'avons rien à leur vendre que notre formidable « technologie sensible ». On gardera notre avance pour nous !
Car, me diront les cassandres, ça va détruire des emplois hautement qualifiés.
Pas vraiment : ils seront forcément redéployés, par la bouffée d'oxygène ainsi donnée aux PME locales, qui se trouvent asséchées de « grands talents », tous phagocytés par les « grandes entreprises » exportatrices, quand ce n'est pas pour être directement aspirés par des pays nettement plus en avance technologiquement...
Au moins, ils auront du taf au pays et ils seront capables de créer des emplois dans nos plaines et vallons, au lieu d'aller le faire ailleurs.
Demain, nous serons peut-être capables de savoir faire des machines à laver au lieu de les importer d'Allemagne, des boîtes de vitesse autrement que dans les usines Porsche...
Même qu'elles pourraient être relocalisées dans nos verts pâturages laissés en friche par la PAC.
Et rassurez-vous, vous aurez toujours du Coca-Soda au même prix : l'eau, les boîtes, et les usines sont toujours du côté d'Evry.
Seule la licence (une prestation de service) et la poudre de perlimpinpin (si elle ne représente que 5 % du bidule) est d'origine extra-terrestre !
Ça limitera ainsi les évasions de marge exonérée d'IS...
Merci qui ?
Mais votre serviteur, l'Ignoble Infreequentable !
PS : À tes commentaires acerbes z'et acides, Inco !
Car j'ai une suite : Une réforme globale de la fiscalité dans les tuyaux... en cohérence avec ce « petit détail » social.




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