Des « jurys citoyens » ?
Vous souvîntes-vous de la candidate de « Désirs d’avenir » ? Elle nous avait promis des « jurys citoyens » qui viendraient contrôler l’action des élus locaux et nationaux…
Mardi dernier, au gymnase Vaugirard, chez les « bobos rive gauche », on causait de l’avenir de la rue de Rennes, artère nord/sud qui part de la place du 18 juin à Montparnasse et descend vers le boulevard Saint-Germain pour se perdre dans la rue Bonaparte (du nom du cousin, celui qui a réussi… sur le continent).
Notre Maire d’arrondissement, estampillé « Sarkoléon 1er », nous a fait une belle réunion vespérale, là même où le Vénéré Maire central De-La-Nuée était venu quelques temps nous filer « la piqûre » accompagné de son adjoint, fumeur de pétards, chargé des déplacements et de la sécurité sur la voie publique, le même dont on se demandait encore la semaine passée s’il ne briguait un accessit à « l’Ordre du Tartuffe » pour la première promotion 2008.
L’un est fumiste et dogmatique, révolutionnant véritablement l’usage du bien commun, l’autre s’inscrit dans la continuité séculaire en améliorant ici et là les problèmes de sécurité et d’engorgement.
Évidemment, notre préférence personnelle (mais quelle importance a-t-elle ?) va plutôt vers l’écoute des riverains et usagers quotidiens (dont je suis) et du projet le moins dogmatique, celui qui laisse ouvert le plus de « champs des possibles » sans sacrifier les vies d’autrui.
Évidemment, je ne suis pas tout seul ! Et quelle rigolade que de voir venir des farouches opposants, également utilisateurs desdits biens publics, mais de cette frange même de gens qui font grève aujourd’hui pour défendre leurs conditions de travail et leur pouvoir d’achat (venant ainsi grossir les rangs des grévistes qui défendent leurs « régimes spéciaux »).
« Moi, je suis professeur (…) », veste de cuir et cheveux poivre avec beaucoup de sel !
Voilà qui commençait bien !
En effet, n’est pas prof n’importe qui : forcément, ça sait les choses mieux que les autres, un prof, puisque ça enseigne aux chères têtes blondes qu’on veut bien, par obligation, lui confier !
Donc, ce qu’il va dire, c’est forcément d’un niveau supérieur au quidam tout juste bon à payer et à fermer sa gueule.
« Moi, je suis médecin urgentiste (…) », le stéthoscope et la blouse blanche dépassant juste ce qu’il faut du cartable et porté, bien visible, au bras, donc un « scientifique » de haut niveau, genre Bac plus, plus, à qui l’on confie encore mieux : sa propre santé, voire sa vie toute entière !
Enfin, le peu qui reste encore à vivre…
C’est dire si l’avis du monsieur tout décoiffé à la « professeur Cosinus » va être docte et largement au-dessus de la mêlée qui se prépare.
J’ai failli dire que « moi, je suis un crétin des alpes diplômé qui ne dit que des çonneries » et puis je me suis retenu : les broussailleux habituels, groupies patentés de « De-La-Nuée » et de sa clique d’Ayatollahs verdoyants n’étaient pas là !
Une vraie réunion de quartier, sage et propre sur elle : je n’allais pas gâcher la réunion de Monsieur Lecocq (qui est d’ailleurs apparenté à mon ancien prof de français, celui à la barbichette, qui nous avait fait découvrir tant de choses magnifiques dans la littérature de mon pays, du temps où je m’acharnais à obtenir un baccalauréat qu’on m’a finalement donné avec mention sans trop d’effort !)
Alors voilà notre prof de maths qui nous explique que l’enquête de Monsieur notre Maire local n’avait absolument rien de scientifique et était à mettre à la poubelle : « Il n’y a que deux cases, OUI / NON », plus quelques lignes de commentaires et « n’importe qui peut envoyer autant de réponse qu’il pique de formulaire » : Affaire lamentable !
Alors que « De-La-Nuée » s’offre un bureau d’études (avec mes impôts locaux... enfin, ceux que je veux bien payer), un questionnaire complet, avec des degrés d’appréciation quantifiables quant à la pertinence des différentes options !
Bref : aux ordures, faute d’avoir une quelconque valeur de « test de l’opinion ».
Dukon, va ! C’était l’exposé d’un contre projet, assez explicite, aucunement un sondage d’opinion !
Quant au sondage de la Mairie Centrale, faut pas non plus nous bassiner : à la question, la rue de Rennes est-elle un univers minéral et manque d’arbres, qu’elles peuvent bien être les réponses ?
Oui c’est minéral, non ça ne manque pas d’arbres !
Je veux dire, il est des endroits où tout le charme et l’harmonie tiennent dans l’absence de mer et de plage de sable fin, alors qu’ailleurs c’est le charme des pins sous la neige qui prédomine !
Faut pas dék !
Puis voilà le « sauveteur de la vie des autres » qui la ramène en prétendant que les croisements de flux de véhicules au carrefour Rennes/Vaugirard/Saint Placide, à envisager par l’inversion du sens de circulation de la rue Saint Placide, est accidentogène !
Un : il n’a pas vu que les feux de régulation du carrefour feront que les flux ne pourront pas se croiser en même temps (on ne va quand même pas les mettre tous au vert au même moment !) ;
Deux : le carrefour est déjà accidentogène en l’état puisque seulement 3 ou 4 voitures peuvent passer le premier feu en remontant la rue Saint Placide et déboucher sur un second à quelques mètres de là, que parfois les automobilistes ne voient pas, qui protège la rue de Rennes, et encore, en forçant le premier à l’orange…
Dans la solution de Monsieur notre Maire local, nous n’avons plus ce problème.
Plus tard, le voilà, lui où un autre (je ne me souviens plus : il sentait pas bon, je me suis donc déplacé), qui revient à la charge contre l’inversion du sens de circulation de cette rue Saint Placide.
Il avance que les voitures déboucheront soit sur la rue du Cherche Midi, à sens unique et renvoie tout le monde sur le boulevard Montparnasse, soit sur la rue de Sèvres, déjà particulièrement encombrée, à double sens, renvoyant les uns sur le boulevard Raspail, les autres sur celui de Montparnasse.
Bé oui et alors ?
Au mieux ça dégage le boulevard Raspail actuellement mais engorge la rue de Rennes et inversement dans la solution proposée !
Que se passe-t-il pour ceux qui empruntent actuellement la rue Saint Placide depuis la rue de Sèvres ? Ils vont vers Montparnasse par la rue de Rennes qui reste étroite à son approche, alors que la rue du Cherche Midi permet d’éviter la place du 18 juin pour aller plus au sud en passant par l’avenue du Maine : c’est le chemin de détour idéal les journées chargées (je vais donc le perdre : il me faudra en inventer un autre !).
Soit ils vont vers Denfert-Rochereau par la rue Notre-Dame des Champs qui débouche aussi sur le boulevard Raspail. Eh bien, ils passeront jusqu’au carrefour Sèvres Babylone pour rattraper le boulevard Raspail, avec en plus un détour possible par la rue d’Assas qui monte vers Port-Royal et Denfert par un voie dégagée (ou par derrière et la rue du faubourg Saint-Jacques, autre chemin des journées difficiles).
Ça change quoi au juste ? Sinon de dégager un peu plus la rue de Rennes…
Bref, la « démocratie participative » a ses limites et il y a parfois de quoi en pleurer : Voilà deux « sommités locales » autoproclamées « Alpha plus, plus » (du « Meilleur des Mondes de A. Huxley pour les incultes) qui finalement, en s’opposant, donnent des arguments solides à ceux-là mêmes qu’ils veulent clouer au silence de leur raisonnement impérieux !
J’ai failli en rire tellement je reste « crétins des alpes diplômé » indécrottable !