Souvîntes-vous !
Dans son édition du 4 février 2007, le journal « Le Monde » adressait – une fois de plus – un satisfecit à la « bonne gestion de B. Delanoë ». Le sujet portait sur les crèches destinées à accueillir les tout-petits.
Les parigots ont peut-être oublié la superbe avec laquelle le nouveau Maire d’alors avait, dès son élection en 2001, transformé une partie (une partie seulement) de son logement de fonction en crèche collective, lui le « petit père du peuple » parisien.
Cette décision manifestait de façon spectaculaire l’absolue priorité accordée à l’accueil de la petite enfance par la « gauche caviar ».
D’ailleurs, encore aujourd’hui, on reste béat devant un bilan présenté comme flatteur par cette presse (qui ne sait décidément pas lire, mais se fait juste l’écho, en bonne caisse de résonance, des propos « truqués » qui lui sont servis dans les dossiers de presse : ce n'est pas une première !).
Monsieur le Maire y annonçait que 4.000 places supplémentaires de crèche avaient déjà été créées depuis 2001 et que 2.600 places supplémentaires étaient à suivre d’ici 2008.
La vérité reste cruelle à en être difficile à digérer, à mastiquer, comme en atteste un rapport de la Chambre régionale des comptes, remis en novembre 2006, non pas à la « questure », disparue pour cause de « dogme politicien », mais directement à M’sieur le Maire.
Heureusement, car pour la Chambre régionale des Comptes la situation, en terme d’accueil de la petite enfance, s’est fortement dégradée à Paris entre 2001 et 2005.
En janvier 2001, en effet, 67 % des enfants de moins de trois ans bénéficiaient d’un mode de garde.
En janvier 2005, ce taux a régressé à 64,5 %.
L’offre a pourtant augmenté mais pas suffisamment pour compenser la diminution de l’accueil individuel ni celle des enfants scolarisés de moins de trois ans.
Au final, 13 % seulement des familles parisiennes ont accès au mode de garde en crèche alors que 21 % d’entre elles le souhaiteraient…
Pire que ça, dans un des arrondissements visités par les « hauts magistrats », 450 places étaient proposées chaque année pour un nombre de demandes d’inscriptions d’environ 3.000 impétrants !
Les 4.500 nouvelles places de crèche promises par Monsieur mon Maire (en incluant le monde associatif, mais aussi en s’emmêlant les pinceaux dans les chiffres) avant son élection n’existent pas encore puisque le rapport compte 1.053 places de crèche municipale créées entre 2001 et mars 2005, plus 680 places associatives et 345 places de halte-garderie municipale !
Au total : même pas la moitié des objectifs annoncés avec fanfare avant l’élection, mais tout juste 2.078… au seuil des prochaines municipales !
D’ailleurs, Monsieur Delanoë devrait remercier très vivement l’équipe de Tiberi, voire lui rendre la main, puisque ces chiffres incluent les établissements ouverts depuis 2001, alors qu’ils sont dus aux budgets votés sous la précédente mandature !
Plus fort, personne ne sait réellement combien il y a de places disponibles, puisque même les directrices de crèche ont reçu l’ordre de la mairie de ne pas divulguer le nombre exact de berceaux occupés dans leurs établissements !
Vive la transparence et les débats participatifs… façon PS, tendance « dans le sens du vent » !
Autre effort « triomphal » : la baisse de la part de la Ville dans le financement de l’accueil de la petite enfance à Paris : elle est due à la part croissante de la participation de la Caisse d'Allocations Familiales. Entre 2002 et 2003, elle a augmenté de 32 millions d’euros !
(Chiffre cohérent, puisque avec 32 millions de subvention de fonctionnement, on peut payer justement 1.053 places… À 11 €/h : 10 heures d’amplitude de garde – 2 fois 5, c’est la convention CAF qui est comme ça –, avec 5 jours par semaine et 52 semaines par an, ça fait 30 M€, c’est cher, mais cohérent à un ou deux millions près, le tout payé par les entreprises de tout le pays par cotisations patronales sur les salaires interposées).
En 2004, la Ville de Paris a reçu 88 millions de la CAF (3.000 places, tout compris seulement, selon le même calcul que ci-dessus : on est loin du compte des promesses, les amis !).
Si bien que dans le même temps le financement de la Ville est passé, lui, de 40 % en 2000 à 37,7 % en 2004. L’argent est donc passé ailleurs…
Naturellement, tous ces chiffres ne donnent aucune idée de l’augmentation des participations familiales (la troisième source de financement de ce genre d’activité, qui compte en principe pour un tiers), car rien n’est gratuit dans ce bas monde.
Toute cela est assez curieux : pour connaître (un peu) de ce type d’activité, avec tout cet argent, on doit pouvoir multiplier par trois les chiffres annoncés…
Vous en conclurez ce que vous voudrez. Pour notre part, nous trouverons ce « bilan » terrible : Pour être moins bon que celui de ses prédécesseurs, qui n’était déjà pas terrible, et pour être, une fois de plus, à l’inverse de ce que commande le bon sens et de ce que raconte le discours officiel et glorieux !
Terrible aussi parce que : Un, Monsieur notre maire, non content d’emmerder le piéton, le commerçant et l’automobiliste avec d’incessants travaux de voirie aberrants et des empêchements toujours plus denses de déplacements, gaspille le pognon de l’électeur en communication sur des fausses promesses ;
Deux, n’aime pas les sales mioches des autres (on peut comprendre : c’est sa vie à lui) ;
Trois, n’a pas peur de faire passer pour des sales kons ses propres concitoyens, présumant qu'ils ne savent pas vraiment compter !
En bref, y’a du souci à se faire, avec « ces gens là ».