Bluffé !
Et pourtant je la connaissais, pour l’avoir déjà entendue lors de la dernière campagne électorale présidentielle aux USA.
Alors je ne résiste pas à vous la raconter, même si elle peut « choquer les âmes sensibles » !
De mon pote de Chicago.
Bush meurt et se présente, comme tout le monde, devant Saint-Pierre.
– « Ah ! Le Président Bush junior ! Je t’attendais » lui dit Saint-Pierre en l’accueillant.
– « Bonjour votre Sainteté ! » répond Bush avec déférence, un peu surpris de se retrouver là, mâchant son sempiternel chewing-gum.
– « Je dois te dire que ton cas est difficile, mon fils… Tu comprendras au moins que je ne peux pas te laisser entrer au paradis, compte tenu… de ton dossier ! Épais !
– Je proteste ! Je n’ai fait que mon devoir ! En honnête homme ! Rien de plus ! Je n’ai jamais pêché et ce n’était pas facile !
– Certes. Mais tu as tellement bien rempli l’enfer avec tous ces « fous » de Notre Seigneur à cause de toutes tes bêtises sur terre, que je ne peux pas non plus t’accorder un bonus en te laissant entrer au Paradis, quand même ! Et pour l’éternité, en plus.
– Mais…
– Pas de menace, avec moi ! Tu n’as plus tes GI ! Ca ne prend pas ici… Compte tenu de ton rang et des nombreuses suppliques de tes partisans, auxquelles Nous ne pouvons pas rester insensibles, je ne peux rien faire d’autre que de t’envoyer en séjour chez Satan. Lui saura t’accueillir. Je lui fais confiance. »
Bush proteste énergiquement mais inutilement et se retrouve sur le champ auprès de Satan.
Il y fait une chaleur infernale, bien entendu.
L’odeur est insupportable.
La gorge pique horriblement.
Les yeux pleurent.
Et surtout, surtout, ils bruissent des cris d’horreur, de douleur et de souffrance à rendre fou les âmes les mieux trempées !
– « Soit le bienvenu mon ami ! » lui fait une immonde créature à l’haleine fétide qui s’approche de lui.
« Tu sais que grâce à toi, j’ai un taux de remplissage qui tutoie mes meilleurs records du temps de Staline ! C’est merveilleux… Belle époque pour mes affaires ! Pour te remercier, j’ai bien envie de te faire une faveur…
– Ah oui ! Laquelle ?
– Te laisser choisir ton rôle parmi nous. Autrement dit ton supplice. Si tu veux bien… Tiens ! D’ailleurs j’ai un de tes collègues qui restera un long moment chez nous. Tu veux le voir ? Lui faire une petite visite ?
– Qui est-ce ? »
Et là, Satan ouvre une porte sur une pièce qui tranche radicalement avec le reste des lieux : Lumière tamisée, odeurs merveilleuses, musique douce et harmonieuse et…
Clinton confortablement allongé dans une chaise longue, dénudé, sirotant un cocktail aux vapeurs et couleurs chatoyantes au milieu de la pièce où température est idéale.
Monica, à genoux près de lui, affairée à s’occuper de son intimité comme elle a su si bien le faire lors de son séjour sur terre.
Lui aux anges !
– « Hey ! Hello old boy ! How do you do ?
– Ca alors ! Que fait-il ici ?
– Ah ça ! » lui répond Satan, « La maison reste discrète sur ses petits secrets de fabrique !
– Oh, mais ça me convient parfaitement comme situation !
– Tu es sûr ? » lui demande Satan, narquois.
– « Vous m’avez promis de me laisser choisir, non ? C’est là que je veux être ! Pour l’éternité, s’il le faut !
– Comme tu voudras. Monica ! Tu peux partir et aller chez l’Autre ! Je t’ai trouvé un remplaçant ! »