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La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture

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Quand Delors s'en mêle...

 

Rassurant, Jacques Delors au sortir de la messe dominicale de Saint-Jacques du Haut-Pas à Paris Vème ?

 

Certes, d'abord il est socialiste, même s'il vient de la « démocratie chrétienne ».

Ensuite il a bossé avec Jacques Chaban-Delmas sous Pompidou.

Et aujourd'hui, il a la réputation d'un sage, tirant le PS vers une social-démocratie de bon aloi et de bonne augure à séduire le bourgeois.

D'ailleurs, ses propositions sont toujours gentiment formulées, apparemment tout en nuances.

 

Sa récente interview publiée par « Le Monde » comporte pourtant quelques passages intéressants.

Le premier porte sur la relance, dont il approuve le principe, tout en souhaitant plus de relance par la consommation.

« J'aurais été partisan qu'on équilibre davantage les mesures de soutien à la consommation et d'aide à l'investissement ».

Pas de quoi fouetter un chat qui passe...

 

La suite est plus intéressante : « Il y a un autre problème que personne n'ose poser : pourra-t-on sortir de cette crise sans un petit peu d'inflation ? La Commission européenne devrait bâtir quelques scénarios avec la BCE, prévoyant ou non un taux d'inflation au dessus de 2 % qui permettrait, sans être galopant, de faciliter la reprise et le remboursement des dettes. Je pense qu'il sera difficile d'obtenir un rebond de l'économie, compte tenu de notre endettement, sans accepter provisoirement un peu plus d'inflation rampante ».

 

Pan : que du keynésianisme déchu dans cette phrase ! Plus de relance, plus d'inflation, pour avoir moins de chômage !

On passera de l'équilibre de sous-emploi à un équilibre de suremploi, pour parler comme les keynésiens. Car pour Keynes, ou il y a inflation, ou il y a chômage, comme les deux faces d'un même mirage !

Or, si nous avons du chômage, créons donc de l'inflation pour le faire disparaitre.

 

De plus, Jacques Delors, père de la « désinflation compétitive », devrait savoir que l'inflation rampante, cela ne dure pas et cela se transforme vite en inflation ouverte (Il l'a vécu en 1981) : lorsque les vannes sont ouvertes, plus rien n'arrête l'inflation !

Comme d'un trou dans une digue : plus on laisse couler, plus la digue est fragilisée, plus elle fuit jusqu'à se rompre !

 

Mais encore plus intéressant, c'est cette idée que l'inflation facilitera « le remboursement des dettes ».

Voilà un raisonnement d'une honnêteté scrupuleuse : comme l'État augmente ses dépenses et provoque des déficits, il vit à crédit, ce qui entraîne une charge lourde de la dette qui devra être remboursée demain. Pourquoi ne pas alléger cette charge en remboursant en « monnaie de singe », en monnaie dévaluée ?

C'est voler l'épargnant qui prête...

Or là, ce sont les générations suivantes, la « relève », qui remboursent et se font voler avant même d'être nées !

 

Par ailleurs, l'inflation entraîne une perte immédiate de pouvoir d'achat de la monnaie.

Si l'État, comme c'est le cas aujourd'hui a une dette de 1.400 milliards d'euros et si l'inflation est de 10 % par an, par exemple, la dette réelle pèse de moins en moins lourd, puisqu'elle s'allège de 140 milliards dès la première année, et ainsi de suite.

C'était très exactement la grande politique de la IVème République : faisons tourner la planche à billets, créons de l'inflation et la dette publique sera moins lourde.

C'est donc du vol immédiat pur et simple, il n'y a pas d'autre mot : ceux qui ont épargné, mais aussi ceux qui touchent des revenus fixes non indexés sont spoliés.

Normal puisque les épargnants qui ont prêté sont d'affreux capitalistes !
Même le petit titulaire du livret A ?
Même lui.

 

Quant aux salariés, ils n'ont qu'à se retourner contre leurs employeurs pour réclamer un ajustement de leurs salaires : ce qui ne manquera pas de pousser davantage encore les prix à la hausse ! L'inflation se nourrit d'elle-même par ce simple mécanisme, d'autant mieux qu'on a besoin d'écouler la production de ses salariés-là !

Ainsi l'inflation fonctionne-t-elle commer d'un impôt, mais le plus injuste de tous les impôts.

Recourir à l'inflation pour alléger la dette publique, c'est non seulement immoral (même pour un chrétien-démocrate) mais tout autant inefficace puisque spoliateur du travail d'autrui...

 

« L'impôt inflation » ne suffit pas ?

Pourra-t-on éviter d'augmenter les impôts, lui demande le journaliste ?

Réponse : « Sûrement pas ! L'impôt citoyen par excellence, c'est l'impôt sur le revenu. Éluder la réflexion sur ce sujet constitue une grave erreur, au moment ou il faut impérativement investir dans le social ».

Voilà tout d'un coup l'impôt progressif paré de toutes les vertus humanistes.

Impôt qu'il faut augmenter, donc dépasser la progressivité actuelle qui s'arrête à 50 % (bouclier fiscal), ce que pourtant même des cours suprêmes (en Allemagne par exemple) considèrent comme contraire aux droits fondamentaux du citoyen...

 

Pour le justifier, faut-il lâcher le mot magique d' « un impôt citoyen » pour que cela devienne parfaitement moral ?
Si ce n'est pas de la spoliation directe pure et simple, qu'est-ce donc ?

 

Modéré, J. Delors ?

Que disait-il en 1981, quand ministre de l'économie, face à la nationalisation d'un tiers de l'industrie et de 100 % des banques (au-delà de 100 millions de total de bilan), quand le PS courrait au plus fort après les surenchères du PCF ?

Rien.

Il n'a même pas démissionné.

Cela aurait pourtant pu être un comportement « citoyen » et surtout courageux pour un donneur de leçon ès-inflation... au nom de la défense du « prolétaire gaulois » !

 

À force de courir après des chimères économiques, y'en a qui n'ont toujours aucune honte à être ridicule, parce que déjà condamné par l'Histoire.

En bref, même les plus « sages » n'hésitent plus à se rêver plus keynésiens que les ultra-keynésiens.

Comme quoi I² avait raison : c'est d'abord dans les têtes que le mal se trouve.

 

Phil.

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Commenter cet article
I
Plus compliqué que ça, Cindy !Inqualifiable, même pour lui !
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C
C'est vrai que ce n'est pas très agréable à lire...C'est qui Philibert ?Encore un néo-libéral classique ?
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I
Alors te vante pas de faire !Dis que tu "comme si", que tu fais semblant : ce serait plus juste !
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M
Tu n'as jamais entendu parler du sida et autre MST ?Je me protège, moi !
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I
Et tu coches clair, peut-être : je ne recçois pas beaucoup de faire-part, le vantard !
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