La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
Contre-enquête de l'IFRAP
Les salaires des Français ont-ils réellement été sacrifiés au profit de la rémunération du capital, se demande le « think-tank » de l’Institut Français pour la Recherche sur les Administrations et les Politiques Publiques ?
C'est que Jean-Philippe Cotis, Directeur général de « l'IN-sait », a été chargé début février par « Bling-bling » de conduire une mission d'analyse sur le partage de la valeur ajoutée.
Le rapport final devrait sortir début mai, après le « chaud 1er mai » promis par B. Thibault, et servira de base à une discussion entre les partenaires sociaux voulu par notre inénarrable Président de la République (qui a quand même la bonté de ne pas picoler toute la cave du Palais de l'Élysée avant que vous ne m'y portiez dans pas trop longtemps)...
La stagnation du niveau de vie et du pouvoir d'achat est dans tous les esprits en ces temps de crise absolue.
Mais les coupables ne sont pas les entreprises, et encore moins les actionnaires.
Car, d'après les travaux de l'IFRAP, qui travaille plus vite que les fainéants fonctionnaires de « l'IN-sait », montrent au contraire que les véritables causes se trouvent dans la faiblesse des gains de productivité de notre économie, et dans son incapacité à créer des richesses.
Et de rappeler que la valeur ajoutée (au sens économique, pas celui ni de la TVA ni de la Taxe professionnelle) est la différence entre ce que l'entreprise a produit, et ses consommations intermédiaires en biens et services.
La somme des valeurs ajoutées de toutes les entreprises, à laquelle on ajoute la valeur ajoutée des administrations (évaluée à son coût, à défaut de pouvoir calculer une production), constitue le Produit Intérieur Brut (PIB) de la France.
La valeur ajoutée rémunère le travail par les salaires, les créanciers par les intérêts, et l'État par les impôts.
Ce qui reste, le profit, est dépensé en investissements, pour moderniser l'outil de production, et rémunère les propriétaires de l'entreprise à travers les dividendes.
Du classique...
Première question : Existe-t-il un partage optimal de la valeur ajoutée ?
On peut constater que la répartition de la valeur ajoutée a subi des variations importantes depuis 1960, dues notamment aux effets des chocs pétroliers sur l'économie.
Néanmoins, les valeurs sont aujourd'hui très proches de leurs moyennes sur une longue période.
« L'équilibre entre salaires et profits » et les déterminants de ce partage sont néanmoins difficiles à apprécier.
En fait, la théorie économique enseigne que la répartition de la valeur ajoutée repose sur les fondamentaux de l'économie, et doit fluctuer autour d'une valeur d'équilibre quasi-immuable.
Dans les faits, en « Gauloisie supérieure », la valeur d'équilibre de la part salariale, soit la moyenne observée sur la période, se situerait autour de 67 %.
Assez loin du « tiers » proposé par « Bling-bling » dans sa tête, comme nous vous l'avions indiqué.
Mais à Nanterre, où il a été formé, ce n'est pas une fac qui sait compter, surtout chez les « juristes » (qui n'aiment décidément pas les chiffres).
Bref, personne ne peut être parfait.
Mais du simple à la moitié, y'a comme qui dirait un « grand écart » entre le « verbe et les réalités »...
On peut néanmoins noter que d'après « l'In-sait », deux grandes périodes :
- De 1959 à 1973, la part des salaires est demeurée relativement stable autour de 67 %.
Durant cette période de forte croissance, les salaires et les profits augmentaient rapidement, soutenus par des gains de productivité élevés et des investissements massifs.
- Au-delà des années 70, au contraire, les profits s'effondrent, tandis que les salaires continuent d'augmenter et que l'inflation bat des records historiques.
Le partage de la valeur ajoutée s'en retrouve profondément déformé en faveur des salariés.
La rigueur « babariste » et économique, l'ouverture du pays au commerce mondial de la fin des années 80 et les délirants plans de relance « mauroytesques » ont eu pour effet très logique de ramener le partage à un niveau proche de sa moyenne sur longue période.
On peut noter toutefois une lourde augmentation de la part de l'État à travers les impôts (il fallait bien commencer à songer à rembourser les « écarts de conduite » du premier premier ministre « Mythe-errandien »), qui passent de 5 % de la valeur ajoutée en 1972 à près de 10 % en 2007.
Un petit doublement effarent qui ne rend pas compte des impôts d'aval, à savoir les TCA (ou autrement dit la TVA sur les consommations, on passe de 17,6 à 19,6 avec un détour par 20 % pendant ladite période), les impôts directs sur les personnes physiques et l'envol de la fiscalité locale, ni encore moins « la rémunération salariale différée » à travers les cotisations salariales (plus qu'un doublement en taux et en assiette, compensée pour partie par l'inflation).
Le partage de la valeur ajoutée est aujourd'hui stabilisé, et il n'y a aucune raison de remettre en cause cette stabilité.
La part des salaires dans la valeur ajoutée depuis 1987 est d'environ 65 %, et celle des profits d'entreprise d'environ 25 %. Les 10 % restants constituent la rémunération de l'État.
Les coupables ne sont donc pas les entreprises.
Mais, pour qu'une entreprise soit capable de produire des biens et des services, il faut en premier lieu qu'elle dispose aussi de capitaux.
Ces fonds sont apportés par les actionnaires, les véritables propriétaires de l'entreprise.
Leur unique rémunération est le dividende, quand on peut en distribuer.
Notez que le dividende est la contrepartie du risque pris par les actionnaires sur leurs fonds propres. Par conséquent, son évolution ne doit pas être appréciée en proportion de la valeur ajoutée, mais en proportion de la quantité de capitaux apportés.
Or, le graphique, qui débute en 1981, témoigne de la baisse continue de la rentabilité pour les actionnaires depuis 25 ans.
Elle s'établit en moyenne à moins de 4 % l'an, soit guère plus qu'un contrat d'assurance vie classique qui ne comporte, lui, aucun risque, qui est exonéré d'IR et qui va financer les émissions de Bons du Trésor.
Les actionnaires ne peuvent donc pas non plus être considérés comme les coupables du « hold-up » dénoncé par les « alter-machin-quelque chose » ou mister Oliver Besancenot et sa clique « anti-tout ».
Ils ont vu fondre la rémunération de leurs apports en capital.
Les véritables causes de ses effondrements seraient plutôt à rechercher dans les faiblesses structurelles de l'économie française
Les salaires réels n'augmentent que très faiblement en France depuis une vingtaine d'années parce que le poids de l'industrie décline dans l'économie du pays et que les secteurs à fort contenu technologique ne se développent que trop lentement.
Or, seuls les gains de productivité permettent d'augmenter les salaires.
Et depuis les années 1990, ils sont beaucoup plus faibles en « Gaulosie magnifique » qu'en Allemagne, en Angleterre ou aux États-Unis.
Faut dire que là où on travaille plus (pour gagner plus) partout ailleurs, nous, sous l'impulsion de « Tonton Yoyo » et de « Tata Titine », on a bossé moins pour... gagner autant !
L'essentiel des créations d'emploi en France se fait d'ailleurs actuellement que dans des secteurs qui ne génèrent que très peu de richesses (services à la personne, par exemple, distribution et ses cohortes de sous-simcards précarisés).
Si ces services peu qualifiés créent un certain nombre d'emplois, ils sont le plus souvent peu productifs et mal rémunérés.
Et d'autres secteurs de l'économie doivent au préalable produire des richesses, qui seront elles-mêmes dépensées en services, ex-post.
Or, cela n'est véritablement possible que dans les pays où l'effort d'innovation est une priorité.
Et en « Gauloisie sublime », on n'investit pas suffisamment dans l'éducation et la recherche, et c'est pourquoi elle dépose peu de brevets. Le retard est énorme, et sera vraisemblablement difficile à combler.
Dépense de R&D : Japon = 3,39 % du PIB = 111,35 brevets par millions d'habitant.
USA : 2,68 % du PIB = 53,91 brevets par millions d'habitant.
Allemagne : 2,53 % du PIB = 74,86 brevets par millions d'habitant.
« Gauloisie » : 2,08 % du PIB = 39,86 brevets par millions d'habitant.
Tout est dit !
Le taux de profit des entreprises françaises est déjà extrêmement faible, de l'ordre de 10 points inférieur à la moyenne de la zone euro.
Les dividendes ne cessent de baisser, et il est donc impossible d'en attribuer une part croissante aux salariés.
Les dividendes restants seraient si faibles qu'il ne resterait plus aucun actionnaire prêt à investir ses deniers.
D'autant plus que les trois-quarts des entreprises (y compris celles du CAC 40 tout confondu) ne distribuent pas de dividende...
La faute à ne pas pouvoir et de donner la priorité aux effets de levier propres aux fonds propres pour assurer une petite part des investissements nécessaires pour ne « pas mourir ».
Notons de plus que les besoins en « capitaux propres » des géants de notre économie sont tels pour soutenir l'activité de notre économie que, malgré la « fonte » des rendements, il faut bien noter une réaffectation, une mobilisation récente d'une part grandissante de l'EBE pour soutenir la levée des capitaux.
Mais c'est aussi une des causes « mécaniques » de la crise de d'avant celle des subprimes !
Comme quoi, dans la course à la performance, les courbes ont fini par se croiser... dans le mauvais sens !
Bref, le partage de la valeur ajoutée ne se décrète pas.
Pas plus que la croissance du PIB ou la hausse des salaires.
Pour améliorer durablement le niveau de vie, la solution passe par des réformes structurelles en faveur du travail et de l'innovation, pas en augmentant encore les « plans de relance ruineux » financés par l'impôt et la dette publique (qu'il faudra bien rembourser un jour), pas au profit de l'arrogance du « capitalisme d'État » qui de toute façon ne sait gérer, que bien médiocrement, que les intérêts bien compris d'une « technocratie » qui est de moins en moins méritoire et toujours de plus en plus anti-démocratique.
Mais bon, depuis que tout le monde se met à taper sans vergogne dans le portefeuille du Kontribuable, on n'est pas prêt d'en sortir !