Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture

Publicité

La guerre à venir...

Fontion publique contre la « société civile »

 

La France continue à s'enfoncer et la crise n'est pas la raison fondamentale.

Tous les pays modernes se reforment, mais pas la France. Beaucoup de raisons peuvent être avancé ; l'inculture économique de la majorité des français et de leurs décideurs et surtout le manque de courage de ceux derniers.

Le 29 janvier dernier a vu la plus forte mobilisation sociale depuis l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, et ce dans un contexte de crise économique et financière globale.

 

Des chiffres de participation impressionnants ont été évoqués.

Accompagnant ce moment, des grèves ont eu lieu, presque exclusivement dans la fonction publique, tandis que les perturbations n'atteignaient pas les niveaux autrefois enregistrés, sans que l'on sache exactement si ce résultat en demi-teinte devait être attribué à l'application du service minimum, à la prudence de certaines organisations syndicales sensibles au coût de l'impopularité ou tout simplement à l'échec de l'appel à la grève.

Comme mouvement social, la mobilisation du 29 janvier repose sur les bases sociales limitées de la fonction publique, laquelle forme un monde éminemment singulier. Les grévistes et les manifestants se recrutent presque exclusivement parmi les salariés de l'État.

Si la fonction publique a manifesté, ce n'est pas parce que la crise économique l'affecte, mais parce que les réformettes du gouvernement la concernent.

Au moins trois éléments caractérisent la situation professionnelle des fonctionnaires : leur emploi est garanti à vie, leur activité n'est pas délocalisable et leur mode de recrutement est strictement réservé aux résidents... en règle.

Le niveau de protection est donc maximal.

La globalisation ne l'est affecte pas du tout.

 

C'est le fameux clivage opposant une France protégée à une France exposée. Au regard de leur situation objective, les salariés de la fonction publique n'ont rien à craindre de la globalisation économique : Ils sont et seront éternellement à l'abri de toute menace.

 

L'État protecteur, redistributeur et aménageur a rempli son rôle pendant les Trente Glorieuses, mais la période était incomparablement plus favorable qu'elle ne l'est aujourd'hui. Depuis, la puissance publique remplit plus difficilement les nombreuses missions qu'elle s'est attribuées, cherchant l'adaptation dans l'expansion de la « classe étatique ».

Ainsi, pour la seule période 1982-2006, le nombre des fonctionnaires est passé de 3,8 millions à plus de 5,2 millions.

La globalisation radicalise aussi le statut de la fonction publique.

Un processus de dissociation s'est mis en route, conduisant le salariat public à s'éloigner de plus en plus du salariat général. La crise économique précipite la marche de ce processus.

I² a souligné d'innombrables fois que la fonction publique vit au frais de la société civile et que son poids est devenu insupportable. La société française voit fonctionner un étrange mécanisme où les plus exposés sont mobilisés à leur insu pour assurer aux salariés parmi les mieux protégés du monde la pérennité et l'intégrité de leurs avantages dans une économie globalisée.

 

Si la diminution du poids de la fonction publique devait échouer, il deviendrait impossible de transférer une partie de la richesse nationale, aujourd'hui allouée à l'État, vers la société civile, celle d'aujourd'hui comme celle de demain, si l'on songe au désendettement.

C'est une autre façon d'observer comment la classe étatique est capable de mettre la société civile à contribution pour conserver son niveau et son style de vie, à l'abri des conjonctures économiques et des bouleversements historiques.

Dans un pays persuadé d'avoir la passion de l'égalité et le culte de l'État redistributeur, le résultat est plus que paradoxal : Préservé du chômage, des délocalisations et de la concurrence, le fonctionnaire est en passe de constituer une classe sociale en apesanteur et, en même temps, un parti organique interne à la puissance publique, capable de freiner, voire d'empêcher la réforme de l'État, malgré le niveau d'endettement public, malgré la conjoncture et malgré une préférence collective démocratiquement exprimée.

Si l'on admet qu'en régime démocratique l'appareil d'État est l'instrument de la souveraineté populaire, il faut cependant constater qu'il conserve la possibilité de résister à la volonté démocratique dès lors qu'il est lui-même l'objet des réformes envisagées.

Par leur statut et par le poids stratégique de leur activité, les membres de la fonction publique possèdent la capacité d'empêcher cette redistribution des richesses.

Sans arbitrage en faveur des plus fragiles, ce conflit posera une question aiguë de justice sociale et, pour finir, un grave problème démocratique.

 

Il faut nous réveiller en prenant conscience de ce grave danger qui menace notre pays.

Désormais, la puissance publique est enlisée dans les marécages du surendettement.

Aujourd'hui, notre État ne dispose même plus des ressources nécessaires pour accomplir sa mission de solidarité et d'investissement.

Le déficit annuel de notre budget est de l'ordre de 100 milliards d'euros !

Ce ne sont sûrement pas les 458 millions du fameux bouclier fiscal qui y changeraient quelque chose. Résultat, tout ce qu'un gouvernement décide de dépenser, il doit le financer ou bien par une économie de dépense ou bien par un emprunt supplémentaire sur les marchés financiers.

Et nous en devons déjà pour 1.400 milliards d'euros !

Le seul fait de payer les intérêts de cet emprunt colossal, sans rembourser un seul centime de capital, nous coûte chaque année 51 milliards d'euros, presque le niveau de l'impôt sur le revenu à lui tout seul !

Ce qui représente le deuxième budget de l'État, derrière le budget de l'éducation nationale (58 milliards d'euros), bien plus que l'IS.

L'intérêt de la dette dépassera bientôt la valeur des CSG et CRDS le revenu et approche déjà le total des bénéfices des 40 plus grosses sociétés du CAC 40 (59 milliards en 2008).

 

La globalisation, associée au vieillissement démographique, est en train d'accentuer dramatiquement ces déséquilibres d'une ampleur véritablement inédite et qui deviennent la source de nouvelles inégalités, particulièrement criantes et sur lesquelles notre société reste pourtant étrangement silencieuse.

Dans le monde du travail, force est de constater qu'une bien singulière redistribution se réalise au détriment des plus fragiles et au profit des mieux dotés.

 

La société française est véritablement sous l'emprise d'un étrange mécanisme où les plus exposés, les plus fragiles, sont mobilisés, à leur insu, pour garantir aux salariés les mieux protégés du monde la pérennité et l'intégrité de leurs avantages dans une économie surendettée et ce, dans un monde de plus en plus compétitif.

 

VCRM

 

I² : Point de vue, hélas, tout à fait fondé...

Et si peu partagé.

Nous sommes en pleine « faillite », plutôt en pleine « déroute » du modèle gaulois de société, l'étape juste-avant l'explosion de ladite faillite.

 

Plus la « machine étatique » phagocyte la richesse nationale au profit de ses agents, plus ceux-ci sont débordés pour assurer la pérennité dudit modèle, plus ils se doivent de capter de la « richesse d'autrui », le « pognon des z'autres » pour faire face à leurs propres objectifs sociaux, plus et cætera...

C'est là la véritable « fracture sociale » que le « Chi » aurait dû vouloir réduire avec « Juppette ».

Même si ces deux là n'ont rien vu venir pour se tromper, non pas de discours, mais de cible.

Erreur historique lourde de conséquences...

 

Un terrible échec dû, effectivement, à l'acculture économique générale, mais bien plus à l'inculture généralisée, systématisée, à l'apnée du bon sens, à l'in-imagination de nos dirigeants, quels qu'ils soient, devenus incapables de ne pas reproduire les « schémas anciens » au motif qu'ils sont éprouvés.

Jusqu'à les dupliquer jusqu'à l'absurde.

 

Ce n'est pas la guerre, enfin, pas encore, mais c'est l'amorce, la pente, la dérivée, la nécessité d'un désastre annoncé.

Qui en est « mécanique », mathématique, logique : On voudrait tuer notre « modèle social gaulois », notre « pacte Républicain », nous punir de je ne sais quelle « réussite », qu'on ne s'y prendrait pas autrement.

 

VCRM, à toi, je t'avoue que j'ai peur, très peur.

Et pour me rassurer (mais seulement moi, pas toi, car tu dis exactement le contraire), parfois j'envie nos « jeunes » : ils auront tout à reconstruire, d'autant mieux que nous ne sommes pas dans une société vieillissante comme tu le présupposes un peu hardiment...

À 800.000 naissances/an, dans 20 ans ceux représenteront 16 millions de personnes qui façonneront la génération qui devra effacer les errements des babyboumeurs.

 

Espérons qu'ils ne seront pas « leurrés » autant que nous par toutes ces foutaises de « sachants » qui n'ont jamais rien su de rien sur à peu près tout ! 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
I
Certes !Néanmoins, comme "l'opération" a commencé en 1981 et que ça change à chaque génération, on peut estimer que le retour de balancier va commencer en 2011.On les aura formés à être fonctionnaires, mais dès qu'ils réussissent, les fonctionnaires se trirent dans le privé ou à leur compte.Il doit bien y avoir une raison, non ?J'en connais plein qui faisaient inspecteur des impôts (ou d'Urssaf) et qui se retrouvent avocat fiscaliste (ou droit de la SS et du travail) même pas à l'âge de la quarantaine...Et on ne cause pas des fonctionnaires "hors cadre" qui pantouflent allégrement dans le privé...
Répondre
C
VCRM se plante : il n'y auar pas de guerre "Fonctionnaire/société civile" : nous finiront tous fonctionnaires !Chacun de nos gamins y songe et nous aussi (tant qu'on n'est pas atteint par la limite d'âge des concours) !
Répondre
M
Comique, va !
Répondre
I
Pas en toutes circonstances !Comme disait Coluche, "y'en a qui sont plus égaux que d'autres" !
Répondre
M
Et puis quoi encore ?Un homme = une voix !
Répondre