La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
Janvier 2007
Vous en trouverez une version développée sur : http://tiki.societal.org/tiki-index.php?page=EMS
Sortir la société de la crise.
L'original est « en italique », mes réactions ne le sont pas...
« Madame, Monsieur,
Vous le savez sans doute, nous vivons une période exceptionnelle de l'histoire où l'Humanité est confrontée à des défis d'un niveau jamais atteint :
- La population terrestre est passée en 60 ans seulement de 2,5 milliards à 6,5 milliards. Un bond gigantesque par rapport aux centaines de milliers d'années qu'il a fallu pour atteindre la population des années 40.
- Au cours de cette même période d'une soixantaine d'années, l'humanité a développé des technologies capables de modifier l'ensemble de notre écosystème. »
Pour une espèce menacée de disparition brutale durant la « guerre froide », ce n'est pas trop mal, finalement...
« Les sociétés humaines se sont organisées tout au long de l'histoire autour de deux postulats aujourd'hui erronés :
- ressources naturelles illimitées,
- rareté de l'argent. »
Ça, c'est un postulat « ex-post »...
À aucun moment de l'histoire de l'humanité il n'a été question d'une vie économique « aux ressources illimitées », au contraire : ça a toujours été un état des lieux de « pénurie subie », au point d'aller piquer chez le voisin ce qui manquait là où on en avait besoin, par la rapine ou la guerre !
Part ailleurs, la rareté de l'argent a disparu avec l'époque des Conquistadors : 5 siècles d'opulence monétaire ont suivi.
La suite ne peut donc pas vraiment être du meilleur effet... quand on démarre ainsi sur deux âneries historiques !
« Or de nos jours, une bonne part des ressources naturelles se révèle presque épuisée tandis que l'argent moderne, totalement dématérialisé et en grande partie issu du crédit, est devenu « illimité ». »
C'est à la fois vrai et faux : La pénurie de matière première en renchérira le « coût d'extraction », y compris en matière alimentaire (je pense d'abord à l'eau potable), permettant des financements de l'ouverture de nouveaux sites ou technologies de substitution (la désalinisation de l'eau de mer, en commençant par le Jourdain et la mer-morte actuellement en projet avancé).
Par contre, le « crédit illimité » est resté vrai jusqu'au crépuscule de l'année 2008.
Depuis, l'implosion de la « bulle monétaire » à travers le « trou noir des actifs pourris et toxiques » semble donner tort à cette assertion.
« Le système économique actuel plonge ses racines dans la genèse du capitalisme, c'est-à-dire dans la réalité humaine telle qu'elle se présentait au début du XIX ème siècle. Sa logique et ses outils sont donc par nature impropres à répondre de façon adéquate aux défis actuels. Cela se traduit dans notre monde par les problèmes insolubles suivants :
- Les plus pauvres sont toujours plus nombreux et plus enfermés dans la misère que jamais. La précarité, la marginalisation et l'exclusion qui en résultent génèrent une fracture sociale grandissante qui favorise tous les excès et toutes les violences. »
Pour la genèse, c'est juste.
Pour les effets sur les Nations des plus pauvres, autant que je sache, et le continent asiatique et le subcontinent indien, en sont des contre-exemples parfaitement viables.
Passons !
« - La seule réponse actuelle des différents systèmes économiques réside dans une croissance forte ; mais les effets d'une telle croissance sont d'une part incompatibles avec les exigences écologiques auxquelles l'humanité est confrontée et d'autres part sans effet sur l'emploi du fait de l'amélioration constante de la productivité, qui est en soi un bien. »
C'est en effet ce que l'on constate et que l'on redoute.
Mais on ne peut guère tracer un trait destructeur sur le « besoin de consommer » dignement d'un plus grand nombre : il ne faudrait pas non plus imaginer que la solution serait un holocauste majeur ou une politique de dénatalité exacerbée (comme justement en Inde ou en Chine).
C'est un non-sens : les enfants d'aujourd'hui sont les consommateurs/producteurs de demain ! Ils sont le moteur du progrès de l'Humanité toute entière en marche.
« - Les modes de production et de vie des pays industrialisés ne sont pas transposables à l'ensemble de la planète. »
Ah ?
On ne doit pas partir du même sens des valeurs de l'humanisme bien compris du XVIIIème siècle.
Voilà bien une régression qui est un peu vite postulée comme nécessaire, une fois de plus.
« Que faire pour sortir de ces impasses ?
Notre proposition consiste à introduire, au sein même de l'espace économique existant, un nouvel « Espace Complémentaire Sociétal » (ECS).
Sa vocation est l'obtention de ce que nous appelons « le bénéfice sociétal », c'est-à-dire tout ce qui favorise l'épanouissement de l'être humain au sein de la société. Par sa dynamique interne l'Espace Complémentaire Sociétal sera capable de résoudre « mécaniquement » un grand nombre de problèmes écologiques et humains que la logique capitaliste comptable ne sait pas traiter et amplifie même parfois. »
La bonne question c'est : comment ?
Nous sommes toutes z'ouïes z'ouvertes :
« Les moteurs de l'Espace Complémentaire Sociétal (ECS)
- Une monnaie libérée qui libère l'action
Comment le système ECS financera-t-il les investissements nécessaires et ses acteurs ?
Ce ne sera ni par l'impôt, ni par l'emprunt, mais par utilisation d'une monnaie sociétale complémentaire à l'euro, émise par l'État à hauteur des besoins déterminés par les projets décidés ; Monnaie gratuite (elle ne peut produire d'intérêts) elle serait permanente (ce n'est pas une monnaie de crédit), électronique et nominative. »
Avec l'État une fois de plus comme garantie de la valeur des échanges en « monnaie sociétale » ?
Admettons : c'est déjà son rôle délégué à la BCE en Europe. Pourquoi ne pas réinventer l'eau chaude, après tout ?
« Elle serait également non convertible en devises étrangères mais a cours forcé (toute personne, physique ou morale, sur le territoire national, devra accepter en paiement cette unité de compte sociétale dont la valeur faciale serait équivalente à l'euro). »
Un retour au contrôle des changes ?
Marrant, ça !
Toutes les nations qui l'ont voulu se sont cassées la tronche en de vitupérantes dévaluations qui a, comme qui dirait, fait fondre la valeur des sous des quelques laborieux qui faisaient confiance à Pinay et compagnie...
« Précisons qu'au départ, la masse monétaire en monnaie sociétale à mettre en circulation sera déterminée par l'estimation des besoins que révèleront les enquêtes nationales, régionales et communales préalables, en tenant compte des effets produits sur le bien être des citoyens dans un cadre écologique et non des effets produits sur la simple « consommation ». »
Chouette-chouette ! Le retour des plans quinquennaux de la brillante technostructure qui a fait voler en éclat la deuxième phase du communisme avancée dans les pays du bloc de l'Est et jusqu'en Chine, avant même d'en arriver à la troisième phase du communisme.
Une erreur historique qu'on veut nous refaire faire ?
J'adore la perspective.
« Afin de garantir cette monnaie sociétale, l'État, par le biais du Trésor Public, émettra des bons du Trésor spéciaux en unités sociétales, sans intérêt ni échéance, qu'il cèdera à la Banque de France. Cette dernière ouvrira un compte en monnaie sociétale du même montant, à partir duquel les banques privées pourront s'approvisionner selon les besoins dont elles auront connaissance, grâce aux prévisions qui leur auront été données, tant en capital qu'en exploitation par les entreprises à finalités sociétales engagées dans la réalisation des différents projets sociétaux. »
Une économie fondée sur de la monnaie de singe ?
Un banquier qui distribue du pognon sans même quelques agios ?
Pas mal comme idée...
« Par la suite, c'est l'équilibre entre la masse monétaire et la valeur de la richesse réelle créée par l'activité sociétale qui déterminera s'il est nécessaire d'injecter plus de monnaie ou d'en retirer.
Ainsi, cette monnaie permettra la réalisation de tout ce qui participe au bien être et au bonheur des individus mais qui ne peut ni être proposé par les entreprises commerciales faute de rentabilité, ni financé par l'État qui ne peut plus augmenter les prélèvements ni s'endetter plus lourdement. »
M'enfin, pourquoi donc l'activité entrepreneuriale serait-elle à bannir ?
En « Gauloisie éclairée », il y a aujourd'hui plus d'associations sans but lucratif employant des salariés que d'entreprises dans la même situation !
Voilà qui touche à l'autisme...
« - Une reconnaissance de l'activité sociétale
Le champ d'activités qu'ouvre la création de cet espace complémentaire est immense (services à la personne et à l'environnement notamment).
L'expression des besoins que révèlera l'enquête nationale suscitera sans nul doute des vocations chez beaucoup de personnes qui aujourd'hui cherchent un travail à reculons, ne se reconnaissant pas dans la logique du système actuel ; sans parler de celles qui ont déjà un projet sociétal mais qu'elles ne peuvent mettre en œuvre faute d'être « rentable » !
Ainsi pourra-t-on recréer rapidement un contexte de plein emploi grâce auquel les personnes actuellement marginalisées retrouveront une place à part entière dans la société, du pouvoir d'achat et un sens à leur vie par la nature même de leur activité. »
Moi je veux bien, mais s'il s'agit de créer de l'activité essentiellement « non rentable », c'est-à-dire qui ne se paye pas elle-même, a minima, la monnaie créée va directement à la valeur zéro et c'est encore l'impôt qui devra faire la soudure !
Exactement l'inverse de ce qui est dit ci-avant : « ni impôt, ni endettement » !
Faut-il être niais du bulbe pour ne pas saisir ça ?
« L'idée directrice est de créer à l'intérieur de cet espace économique nouveau et complémentaire des conditions de vie qui assurent à ses acteurs un haut niveau de sécurité afin qu'ils puissent utiliser leur énergie, leurs talents et leur créativité à leur mission sociétale au lieu de les inféoder à la nécessité de « gagner sa vie » à n'importe quel prix. »
Mais inféodé à une « technostructure » qui elle n'a rien de démocratique et aurait le droit de décider après étude préalable ?
C'est un non-sens absurde...
« L'exemple français (une autre révolution)
Précisons encore un point d'une grande importance. Le projet dont nous parlons ici est conçu pour une mise en œuvre en France : le porter au niveau européen dès à présent risquerait de le voir s'embourber à jamais.
Nous misons sur la valeur d'exemple qu'une réalisation de ce genre, dans notre pays, pourrait avoir sur le reste du monde. Ne voyez donc à aucun moment le désir de nous replier frileusement derrière nos frontières.
Ce projet ne vise pas à créer un décalage par rapport aux autres pays de l'Union européenne et du monde pour en tirer un avantage concurrentiel quelconque. Ce projet a pour vocation de stimuler l'engagement des autres nations, à commencer par celles qui composent l'Union européenne, dans la voie ainsi tracée.
Ainsi, les plus démunis pourraient non seulement sortir de leur dépendance et atteindre la suffisance, mais encore l'ensemble des nations pourraient enfin coopérer pour une gestion équitable et pérenne des richesses de la planète. »
Comment ?
Je n'ai pas bien compris, là !
En leur proposant un « système » qui porte en lui sa propre faillite ?
Faudrait vraiment qu'ils soient tous totalement aveugles...
« Nous aimerions conclure la présentation très succincte de ce projet par une citation de George Bernard Shaw : « Dans la vie il y a deux catégories d'individus : ceux qui regardent le monde tel qu'il est et se demandent pourquoi, et ceux qui imaginent le monde tel qu'il devrait être et se disent pourquoi pas ? »
Puissiez-vous faire partie de ces derniers et réaliser que l'avenir de l'Humanité n'est freiné ni par ses connaissances ni par ses moyens, qui sont amplement suffisants, mais par une barrière imaginaire : l'accès à l'argent.
Par votre action auprès des élus et décideurs vous avez aujourd'hui la possibilité de lever cette barrière
Avec nos respectueuses salutations.
Philippe Derudder
André-Jacques Holbecq »
Les barrières imaginaires ne le sont que dans l'esprit de quelques-uns, dont les auteurs de ce courrier.
Et je fais partie des gens qui œuvrent à changer, même qu'un tout petit peu, ce monde que je n'ai pas choisi mais dans lequel je vis en faisant tous les jours des « choses qui ne sont même pas marquées dans les bouquins ».
Autrement dit, je donne raison à Shaw sans même l'avoir lu jusque-là dans le texte !
Mais encore faut-il ne pas tomber dans l'utopie : car « l'utopie est la trappe par laquelle l'Humanité est menacée de disparaître, car c'est aussi la trappe par laquelle s'épanouissent toutes les folies, tous les poisons de l'Humanité ».
Ç'aurait pu être du Lénine, mais c'est tiré de... je ne sais plus qui (je n'ai pas retrouvé).
Et on peut citer cette idée de Morus, le maître ès-utopies : « L'utopie a un défaut, mais il est capital : Il s'occupe trop du bien-être des hommes et pas assez de leur Liberté ! »
Bref, une perte de temps que d'élaborer, mais tout autant lire la bafouille ci-dessus reproduite : on a mieux à faire pour les générations futures (et nous-mêmes) !