La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
Que là, j'en suis vraiment tombé de mon tabouret...
Que je lisais encore un de ces articles de quelque « sachant » qui publient leurs analyses dans des revues spécialisées auxquelles je suis abonné via ma « boutique » (pour récupérer la TVA) à l'adresse d'autres « sachants » que je ne suis pas.
Je note juste que les 1.000 milliards de US$ du dernier G20 (en fait, le droit de tirage sui generis de 1.100 milliards via le FMI, de billets de banque fantômes), c'est de la gnognotte...
Car en fait c'est 10.000 milliards US$ d'« actifs fantômes » qui se baladent autour de la planète, d'après le rapporteur de ce « think-tank » là, estimation qui date de l'année dernière !
« Ils [les délirants du G20,G7, Banque Mondiale, FMI tout réunis ] sont tous parfaitement impuissants face à la crise en cours. Sur fond de réduction de personnel et de vente de ses réserves d'or afin de combler son déficit, le FMI incarne dorénavant le naufrage des institutions créées dans l'après-Seconde Guerre Mondiale pour réguler l'économie de la planète. »
Les conclusions des travaux des réunions de la mi-avril 2008 illustrent d'ailleurs l'incapacité à agir de l'ensemble des acteurs regroupés au sein du FMI et de ses différentes branches : d'un côté, les institutions publiques souhaitent mieux encadrer les activités bancaires pour éviter de futures catastrophes financières comme celles que nous connaissons actuellement et il aura fallu un an pour aboutir à un accord à Londres la semaine dernière.
De l'autre, les banques préfèrent se contenter de promesses de meilleurs comportements.
Et le seul résultat tangible est l'inaction forcée à court et moyen terme.
Et de prophétiser que « la crise actuelle continuera à s'aggraver pendant que les débats se poursuivront au FMI ».
Le chiffre de 1.000 milliards US$ de pertes financières cumulées pour la crise actuelle est dérisoire.
C'est à 10.000 milliards US$ de pertes auquel il faut désormais s'attendre pour les deux années à venir (2009/2010).
Pour ceux qu'un tel chiffre étonne, il suffit de les renvoyer aux chiffrages initiaux de la crise des subprimes qui, à l'été 2007,
On prévoyait alors des pertes de l'ordre de 100 milliards USD maximum.
En moins d'un an, le chiffrage « officiel » a été multiplié par 10 par rapport à celui avancé au départ par des institutions qui niaient la possibilité même d'une telle crise.
Il est donc grand temps pour tous les acteurs financiers concernés de commencer à comprendre que dans la période à venir le pire est en général plus probable que le meilleur ; à l'inverse de ces dix dernières années.
Pourquoi une telle erreur d'appréciation ?
Mais c'est tout kon en plus :
Si en « Gauloisie matheuse » on utilise volontairement les milliards comme unité de référence en ce qui concerne les montants immenses en jeu sur les marchés mondiaux, le terme exact est le « trillion », largement utilisé par la presse financière.
Mais le « trillion » a une valeur variable selon les cultures.
Aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et au Brésil notamment, il désigne le nombre 10 puissance 12.
Alors que dans le reste du monde, il représente le nombre 10 puissance 18.
Source : Wikipedia.
La crise actuelle pourrait presque s'expliquer par une malencontreuse incompréhension : le reste du monde croyait que Wall Street lui donnait en gage des « gros » trillions (1018) de Dollars US d'actifs quand il s'agissait en fait de « petits » trillions (1012), soit un million de fois moins.
Voilà en effet de quoi alimenter une crise systémique globale !
Et en fin de compte, l'Histoire est en train de trancher dans le vif entre tenants de l'échelle longue et ceux de l'échelle courte, entre ceux qui voient plus de milliards dans un trillion et ceux qui en voient moins !
De quoi en perdre son latin !
J'ai toujours affirmé que les « gros chiffres », ça donnait la « grosse tête »... avec rien dedans, mais je ne savais pas avoir raison à ce point-là !
Bref, « attendons-nous à ce que plusieurs grandes banques mondiales soient englouties dans ce maelström ainsi que de nombreuses entreprises au modèle économique fragile ou trop dépendant du consommateur américain » poursuit le « sachant ».
Et pour vous donner une petite idée de cette réalité qui me dépasse, deux petits graphiques assez « plaisants » :
Le premier (celui du haut) correspond à « l'endettement total du marché du crédit aux Etats-Unis » (en milliards US$) et sur une échelle logarithmique (parce que sans ça, ça crèverait le haut de votre écran jusqu'au plafond du voisin du dessus).
Le second (celui du bas) corresponde à « l'endettement total du marché du crédit aux Etats-Unis en proportion du PIB »
(Source TheChartStore)...
2008 = 350 % du PIB, toutes dettes réunies...
Impressionnante la « doudoune à Bu-Bush » !
Et de continuer : « La nature du problème financier actuel est à la fois très simple à définir et très difficile à bien appréhender : il y a actuellement sur la planète environ 10.000 milliards US$ qui n'ont (seulement) qu'une existence (parfaitement) fictive ; et les grandes banques vont désormais essayer de s'en débarrasser à prix bradé pour limiter leurs pertes.
Mais même ces prix bradés seront encore des pièges car ces actifs n'ont (absolument) plus aucune valeur réelle et n'en retrouveront pas ».
Ils sont des « actifs fantômes » (« ghost assets ») qui ne parviennent plus à « s'incarner » dans des actifs réels.
Car il faut compter avec plus de 45.000 milliards de CDS (Credit Default Swap) qui se déprécient chaque jour un peu plus.
Et encore, « si on se contentait pour ces actifs-là, que d'une baisse de 25 % de leur valeur, ces « 10.000 milliards de pertes » seraient une estimation très conservatrice.
Citigroup a été vendu avec près de 12 milliards US$ d'actifs financiers dégradés à 90 cents le bout et encore, avec une garantie pour l'acheteur que CitiBank n'assumera pas plus de 20 % de baisse supplémentaire de la valeur des actifs cédés (soit une anticipation de baisse de prix allant jusqu'à 70 cents le Dollar) : déjà 30 % de baisse sur ces actifs financiers de la première banque américaine.
Et il faudrait être bien naïf pour croire que Citigroup a affiché la « vérité ».
Pour un nombre croissant d'opérateurs, et c'est ce qui explique l'arrêt pur et simple des marchés des produits financiers dérivés, « ces actifs pourraient ne valoir que 10 à 30 cents le Dollar d'ici quelques mois. Source : Reuters, 09/04/2008 »
L'essentiel de ces « actifs fantômes » est composé de prêts hypothécaires US, de Dollars US, de Bons du Trésor US et en général d'actifs libellés en devise américaine, mais aussi d'actifs libellés en Livres Sterling.
Ils ont été créés ex-nihilo dans l'euphorie financière des dix dernières années par les « apprentis-sorciers » de Wall Street, de la City et des grandes places financières mondiales.
Souvenez-vous !
C'était la période où tout le monde s'extasiait sur le « miracle » de la nouvelle finance qui permettait de créer une « économie financière » égale à 1.000 fois l'économie mondiale réelle
(Pour en rire : même la BCE flagornait à tout crin en 2005).
Eh bien, depuis quelques mois, les heureux bénéficiaires de ces richesses infinies virtuelles tentent en vain de leur trouver une incarnation bien tangible. Or, l'ensemble des marchés d'actifs s'effondre ou donne lieu à des bulles toutes aussi fragiles qu'éphémères : immobilier, énergie, bons du trésor US, dollars, actions, alimentaire,... On le voit bien dans les évolutions en « yoyo » des indices qui tardent à prendre la mesure de l'effondrement qui les attendent, espérant encore et encore de la « manne planétaire » du G20.
Et en plus, ces immenses masses financières virtuelles tournent à une vitesse croissante autour de la planète à la recherche d'investissements rentables, à la recherche d'une incarnation durable... en vain.
« Ce phénomène crée des mouvements tectoniques de hausses et baisses rapides (quelques semaines) de bulles d'actifs (alors que ces dernières décennies les bulles duraient au moins quelques années), créant de facto une hausse généralisée des prix et se rapprochant chaque jour un peu plus de leur logique ultime : l'inflation galopante... quand seule la peur de voir la valeur de tous les actifs s'effondrer, y compris la monnaie référence, règne en maître ».
Les « fabuleuses » réserves en devises ou Bons du trésor US de la Chine, du Japon, du Royaume-Uni et autres font partie de cette cohorte d'« actifs fantômes ».
Ils vont hanter pour de nombreuses années les bilans des banques, les pertes des investisseurs et les cauchemars des banquiers centraux.
La forme collective favorite de ces « actifs fantômes », quand ils ne parviennent plus à « s'incarner », s'appelle l'inflation.
Ainsi, malgré les baisses considérables du loyer de l'argent pour empêcher la bulle inflationniste d'éclore, n'empêcheront pas l'inflation réelle (incluant nourriture, énergie,...) qui va dépasser les 10 % en moyenne annuelle aux Etats-Unis dès la seconde moitié de 2009 ; elle dépassera les 5 % en Europe ; et s'approchera des 20 % en Chine.
Et dans les pays en développement, très liés aux variations de la devise américaine, elle va littéralement « exploser » sous les contraintes multiples : énergie, nourriture, faiblesses des devises...
En notant que c'est bien ce que l'on constate déjà Outre-manche : la devise britannique s'effondre par rapport aux principales devises mondiales hormis le Dollar US et l'économie britannique, très fortement dépendante de l'économie US d'une part et de la finance internationale d'autre part, allait être aspirée dans la crise systémique globale qui affecte particulièrement ces deux composantes de l'économie mondiale.
C'est désormais une évidence, même pour les autorités britanniques, que la Livre et l'économie britannique sont en chute libre.
Mais c'est seulement dans les mois à venir que l'impact négatif de l'effondrement des actifs libellés en Livres Sterling va se cumuler avec celui des actifs libellés en Dollars US.
De Hong-Kong aux pays scandinaves, ainsi doublement exposés, le choc sera d'autant plus rude.
Terribles perspectives offertes par le « capitalisme financier (4ème !) », celui qui n'était pas dans les livres !
Et tout ça pourquoi ?
Parce que les « matheux de la finance » ont confondu trillion et billion !
Pas banal quand même !