La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
Et la mutuelle de VCRM
Le plus grand défi auquel le genre humain fait face est celui de distinguer la réalité de la fabulation, la vérité de la propagande.
Le déficit de la « Sécurité Sociale que le monde entier nous envie », est toujours là malgré vingt réformes en 43 ans. Et pourtant, on nous lave le cerveau avec l'idée que nous avons le meilleur système de santé alors que l'assurance maladie publique affiche des déficits depuis pratiquement ses débuts dans les années 1950.
La Sécurité sociale dispose en effet en France d'un régime obligatoire d'assurance maladie et d'une clientèle captive - les assurés étant légalement obligés de la financer - depuis 1945.
Or, non seulement ce régime présente des obstacles totalement insurmontables pour l'existence d'une concurrence dans ce domaine, mais il continue d'être justifié en grande partie auprès des Français, parce qu'il permettrait une égalité de tous en santé et un financement public de tous les soins dont pourrait avoir besoin la population.
De facto, plus de soixante ans après, on peut se demander s'il ne s'agit pas de mythes dans les deux cas.
Face à l'impossibilité de financer tous les besoins en santé ressentis par les Français, les gouvernements successifs se sont attelés à imposer une maîtrise comptable des dépenses débouchant sur une bureaucratisation galopante du système.
En plus des contributions lourdes sur tous les revenus, pour avoir un accès correct aux soins dont on peut avoir besoin, il faut, il est absolument nécessaire d'avoir une mutuelle.
La mienne vient de m'augmenter de 10 %.
Bravo !
Alors que je ne suis pas plus malade pour autant...
En réalité, il serait au contraire temps d'envisager un véritable retour à la concurrence et à plus de place aux choix individuels dans le domaine de la santé.
Le caractère obligatoire de la Sécu a pour contrepartie, dans l'esprit des français, une source de ressources illimitées finançant tous les besoins de la population.
Malheureusement, il s'agit de véritables mythes et face au caractère forcément limité des ressources médicales, les pouvoirs publics et la Sécu se sont attelés à planifier le système de soins dans son ensemble.
La France risque de rejoindre ainsi le groupe des pays où le rationnement des soins et les files d'attente posent de sérieux problèmes d'accès aux soins pour les malades qui en viennent, de partout dans le monde y compris de nos voisins britanniques, à faire du « nomadisme médical » transnational jusque chez nous !
L'Afrique francophone, encore... Mais la CEE !
Au lieu de nationaliser le système de soins, la France devrait ouvrir le domaine de l'assurance maladie à la concurrence laissant davantage de place aux décisions individuelles en matière de couverture pour les assurés, de liberté de choix pour les patients et de liberté d'exercice pour les professionnels de santé.
Il s'avère complètement illusoire de penser qu'un assujettissement au même assureur public pourrait rendre les assurés égaux en santé.
Tout d'abord, il est évident que la santé dépend de bien d'autres facteurs - style de vie, occupation professionnelle, héritage génétique, etc. - que la seule couverture dont chacun bénéficie.
Dans ces conditions il n'est pas étonnant que des écarts de mortalité subsistent en France, aussi bien d'un point de vue géographique qu'entre différentes catégories socioprofessionnelles. Même les ressources hospitalières - qui sont pourtant directement sous le contrôle des pouvoirs publics - sont aussi inégalement réparties en termes d'hôpitaux, de nombre de médecins, de nombre de lits et d'équipement médical.
Mais il existe aussi des inégalités dans l'utilisation du système de santé entre les différents groupes d'assurés.
La « socialisation » des dépenses en santé a également des effets indirects.
En effet, les contributions obligatoires et les charges sociales sur lesquelles repose ce dernier - à l'instar de véritables impôts - pénalisent l'activité économique et la compétitivité des entreprises en France.
Les français vivent avec la conviction chevillée au corps que les ressources collectives seraient devenues illimitées et qu'en cas de besoin il suffirait, avec l'aide de l'État, de prélever davantage pour résoudre tous les problèmes !
Là encore, il ne s'agit que d'un mythe soigneusement entretenu.
Sommes-nous donc tous devenus des cons ?
Un secteur de médecine libérale bien développé et concurrentiel et une offre hospitalière autant publique que privée sont traditionnellement les avantages du système de santé français comparativement aux systèmes complètement nationalisés, à l'image de ceux en Angleterre ou au Canada.
Mais au nom de l'impossible égalité en santé et en réponse au caractère limité des ressources, le système français se transforme de plus en plus en un système de rationnement bureaucratique des soins.
Sous la pression de la maîtrise comptable des dépenses, cette transformation se fait au détriment des patients et de la liberté d'exercice des professionnels de santé qui les soignent.
Ce n'est pas un hasard si le gouvernement s'interroge aujourd'hui sur le bien fondé de la totale liberté d'installation des professionnels de santé libéraux : On y va, vers l'Union Soviétique Française !
La dernière aux côtés de la Corée du nord...
Si on ne veut pas subir à terme les inconvénients d'une telle politique de maîtrise comptable des dépenses et de rationnement, il est plus que temps de considérer une réelle ouverture dans le domaine de l'assurance maladie à la concurrence tout en laissant la liberté d'exercice aux professionnels de santé.
Mais les mythes ont la vie dure et tellement de gens parasitent le système actuel qu'il faudra d'abord une faillite en bonne et due forme avant que les français ouvrent finalement les yeux.
Après tout, en Europe, des pays comme la Suisse, les Pays-Bas ou l'Allemagne ont un système qui ne repose pas, ou du moins pas entièrement dans le cas de cette dernière, sur l'adhésion obligatoire à une assurance publique unique.
Les assurés ont le choix de leur compagnie d'assurance et les assureurs peuvent se faire concurrence, même si celle-ci reste fortement réglementée.
VCRM
I² : C'est plus compliqué que ça, à mon avis.
La simple concurrence que tu appelles de tes vœux est celle de la ressource, de la cotisation.
Pas celle des besoins à satisfaire.
Il est vrai que le caractère « obligatoire », donc bureaucratique de notre système de soins, ressemble à de la gestion de pénurie, à de l'administration kolkhozienne, soviétique d'antan.
Mais déjà, elle est incapable d'enrayer le phénomène d'une médecine à deux vitesses qui devient une plaie de plus en plus béante au principe de solidarité nationale...
Comme quoi, rien n'est parfait et tout est perfectible en ce bas-monde.
Et puis je reste toujours stupéfait que les « Gaulois natifs d'Alsace-Lorraine » soient au moins aussi bien soignés que tous les autres (et notablement mieux que ceux de Corsica Bella Tchi-tchi qui eux migrent en avion sanitaire à la Timone dès que le pet de travers dépasse la compétence médicale locale), pour une cotisation nettement moins élevée.
Tant qu'on ne m'aura pas expliqué comment, je ne suspecterais rien d'autre que des « fuites dans les tuyaux » !