La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
Profession de foi & constats !
En matière « c i t o y e n n e », l'exception française, ce sont des partis politiques sans militants, des syndicats sans adhérents, des Églises officielles sans fidèles, de grandes associations sans bénévoles, des coopératives et mutuelles sans idéal, un capitalisme constitué à coups de délits d'initiés, un appareillage institutionnel et électoral qui - p l u s qu'en aucune autre démocratie - place ses bénéficiaires à l'abri de l'obligation de rendre compte dans la durée, un nombre record par habitant d'élus locaux et nationaux, de collectivités locales, de niveaux de f i n a n c e m e n t.
Avec 60 millions d'habitants la France compte 898 parlementaires (sans compter 87 députés européens). Cinq fois plus peuplés les États-Unis comptent s e u l e m e n t 535 parlementaires, pour une population cinq fois supérieure...
Avec, pour conséquences de cette professionnalisation sans égal : absence de séparation des pouvoirs, privilèges électoraux de la fonction publique, cumul des mandats dans le temps et dans l'espace rendu plus rémunérateur par la décentralisation, et au final le « primat » de l'exécutif.
La France l'État-providence le plus obèse, le plus opaque et le plus sectaire de l'OCDE !
Comble du paradoxe, plus croît la dépense publique, plus montent l'incivisme, l'incivilité et l'abstention.
Dans tout cela, rien que de logique et mécanique. Quand le prince n'a plus assez de foi pour convaincre, ni de courage pour commander, il ne lui reste qu'à corrompre plus, c'est-à-dire à dépenser chaque jour davantage pour durer sans choisir.
Avec la chute du mur de Berlin, sans un coup de feu, par la faiblesse des seuls vieillards gardiens du mensonge marxiste-léniniste, pur produit du nationalisme russe habillé de soviétisme, ce régime, dont le bilan se compte par dizaine de millions de torturés, de morts, de prisonniers et de déportés, s'est volatilisé.
La supériorité principale du socialisme sur le capitalisme s'est évaporée. La lutte des classes, la dictature du prolétariat ont disparu au profit de ce qu'ils étaient censés avoir remplacé pour toujours : l'État démocratique libéral, les droits de l'homme et du citoyen, la liberté d'entreprendre, de se syndiquer, de se r é u n i r, la propriété et le marché.
Ainsi le communisme sombre-t-il dans une sorte de néant. Intellectuellement, moralement, il n'en reste rien debout. Et sa disparition interroge le socialisme à la française.
A-t-il été tellement plus doux d'être torturé à mort par des staliniens que par des hitlériens ? L'antisémitisme est-il plus légitime porté par des communistes que par des nazis ?
Le communisme chinois, ou nord-coréen, s'est-il révélé plus moral que le nazisme (national socialisme) ?
Le vrai débat est ailleurs, dans la mauvaise conscience de ceux qui, dans leur jeunesse, ont manifesté faiblesse ou complicité pour les tueries soviétiques, puis pour leurs extensions chinoises, cambodgiennes et cubaines.
Et pourtant, quand les ressources provenant de la dépense publique, et réparties par quelques dizaines de milliers de dirigeants à vie, atteignent un montant égal aux revenus directs du travail et de l'épargne, la structure d'une société se modifie en profondeur.
Aujourd'hui, en France, après cotisations et impôts, les revenus de la redistribution sont égaux aux revenus du travail. Nicolas Baverez résume : « Le principal travers du corporatisme français consiste à avoir déconnecté du marché 54 % de la dépense publique, 30 % du revenu des ménages, 25 % des emplois, d'avoir coupé du travail 20 % de la population. » !
L'idéal implicite qui sous-tend cette évolution n'est pas celui d'une société jeune, entreprenante, flexible, juste et libre. Mais rien n'y fait, les thuriféraires de la dépense publique poursuivent leur mélopée sur le retrait de l'État.
La base du PS est aujourd'hui principalement composée de retraités et de fonctionnaires (plus de la moitié des actifs). Les jeunes, les salariés du privé, les personnes en situation précaire y sont peu nombreuses, ce qui rend le parti dans ses profondeurs peu attentif aux demandes de redéfinition du « contrat social ».
Dans ce tableau désolé, le PCF, si affaibli soit-il, conserve quelques traits distinctifs. Par la composition de ses adhérents, il reste le parti le plus populaire, le plus ressemblant à son électorat et le plus à gauche. Curieusement, les Verts, qui voudraient rénover la politique, ont une composition sociologique à l'opposé de leurs velléités.
Le début du siècle précédent a vu laïciser la République ; l'affaire du présent siècle sera de laïciser la politique et les médias, c'est-à-dire se débarrasser de leurs grands prêtres, en jouant la transparence pour déstabiliser les privilégiés du statu quo. Et le temps presse.
Il faut rappeler quelques faits bien connus :
- La situation d'extrême dépendance où se trouvent la plupart des députés vis-à-vis des partis (pour leur réélection) et donc, dans la majorité du moment, vis-à-vis des ministres qu'ils sont supposés contrôler ;
- Le caractère illisible du budget, l'impuissance de la comptabilité publique à retracer la réalité de l'État et du mouvement des finances publique.
- L'ignorance du nombre exact de fonctionnaires et de leurs rémunérations réelles est aussi incroyable que cela paraisse au citoyen confiant.
- L'ignorance de la situation patrimoniale de l'État et du coût de son fonctionnement, d'entretien et de réparation de ce patrimoine - alors que des logiciels existent permettant cette connaissance et cette gestion.
- L'absence de tout contrôle de gestion politique, permettant de comparer les engagements pris, les mesures mises en œuvre, les résultats obtenus.
Si, maintenant, l'on considère la situation des citoyens contribuables électeurs vis-à-vis de l'ensemble des collectivités publiques dont ils sont membres, le défaut de bonne gouvernance apparaît plus criant encore, car l'incontrôlabilité de chacune de ces collectivités prise séparément est lourdement aggravée par la confusion de leurs responsabilités, de leurs compétences et de leurs ressources.
D'où la question logique et légitime : la République française pourra-t-elle un jour faire profiter ses citoyens du même effort de transparence financière que la Bourse de New York ?
Les électeurs contribuables français seront-ils un jour traités avec le même respect, par ceux qui tirent pouvoir et avantages de leurs suffrages, que les vulgaires capitalistes japonais et californiens anonymes défendus par des fonds de pension ?
La gouvernance civile constitue un élément de réponse à cette question, en appliquant à la sphère politique et publique des pratiques qui ont apporté un supplément. Bien entendu, les adversaires de ces principes et procédures - au premier rang desquels les zélotes de l'économie sociale - vont hurler à l'horreur économique, directement importée de Wall Street !
Tant mieux ! Car il apparaîtra enfin que la « véritable horreur », pour eux, ce qu'ils haïssent sincèrement de tout leur être, ce n'est ni le profit, ni le capital, ni le marché, ni la mondialisation, c'est le contrôle, la transparence, le suffrage universel, le droit et le juge, en deux mots, leur responsabilité et la démocratie !
Dieu merci, une idée neuve se répand en France, c'est qu'il existe un lien étroit entre l'efficacité de la direction d'une organisation et la qualité de sa « g o u v e r n a n c e » entendue au sens large : la mise en œuvre de contrôles crédibles, l'organisation du débat et de la prise de décision démocratiques, l'interdiction de cumuls et de prises d'intérêts incompatibles, la transparence et la participation à laquelle cette direction doit être soumise.
Il est manifeste que le manque de confiance de la société dans sa représentation publique, au sens large, ne s'explique plus seulement par la médiocrité de certains résultats (chômage, santé, école, transports publics, sécurité, Corse, etc.), mais par l'incontrôlabilité perçue du système.
À la morale en ruine de la société politique, opposez la morale renaissante d'une société civile sûre de ses valeurs. Faites-le localement, concrètement et quotidiennement. Avec une échelle de temps très différente, notre société, prétendument si individualiste, s'est peu à peu uniformisée dans sa façon de penser et de se comporter, sans qu'aucune autorité ne l'y ait forcé, contrairement à ce qui s'est passé dans les régimes totalitaires.
Il faut mettre en place des mesures simples :
- Aucun cumul de mandats !
- Deux mandats électifs dans une vie, jamais plus.
- Supprimer les échelons administratifs superposés.
Pourquoi une telle mutation indispensable rencontre-t-elle tant d'hostilités en France ?
Les racines du mal sont à rechercher dans une conjonction d'événements historiques et de décisions politiques uniques dans le monde occidental, qui ont, par petites étapes successives, créé un contexte très favorable tant à l'idéalisation des théories interventionnistes qu'au rejet de toute philosophie donnant la primauté à l'individu sur l'État.
Tout comme Michael Voslensky ou Milovan Djilas l'avaient constaté pour les nomenklaturas des pays de l'Est, l'énarchie et ses suiveurs s'est mutée en caste exploiteuse de la richesse française, prête à tout pour accumuler de nouveaux avantages et surtout pour les conserver, malgré les protestations encore timides mais tout de même croissantes de l'opinion et de la société civile. Il y a toujours un parachute doré pour attendre le politicien déchu (*).
Tous les énarques ne méritent pas l'opprobre, certains sont remarquables et nombreux sont ceux qui dénoncent les dérives de la nomenklatura énarchique. De même, les comportements irresponsables ne sont pas l'apanage des PDG énarques.
Mais la promiscuité d'énarques à la tête des entreprises du CAC 40 et des principales directions des services publics crée une confusion d'intérêts malsaine qui ne conduit pas nos entreprises et les lois qui encadrent leurs activités dans la bonne direction.
Maires, Conseillers généraux, régionaux, Députés, Sénateurs, mais aussi présidents d'intercommunalités, de syndicats d'adduction divers et variés, de sociétés d'économies mixtes, de sociétés d'HLM, observatoires, conseils consulaires, et autres « machins » fertilisés à l'argent public toujours plus nombreux garantissent cumuls de salaires, de jetons de présence, d'avantages en nature qui permettent aux plus hauts gradés de la fratrie de jouir de trains de vie inaccessibles au commun des mortels.
Malgré tous ces obstacles, on observe une résurgence de l'idée de reformes ainsi qu'une remise en cause des pouvoirs de l'énarchie.
En effet, il devient de plus en plus difficile de masquer l'échec manifeste d'une classe politique vieillissante arc-boutée sur ses vieilles recettes, et de cacher les réussites de réformes hors de nos frontières. Mais il y a pire !
La France compte une police politique fondée sous Vichy et qu'aucun gouvernement d'après guerre n'a crue bon de juger indigne d'une démocratie respectueuse des droits individuels. Les renseignements généraux, puisque c'est d'eux dont il s'agit, sont souvent utilisés bien au delà des missions normales d'une police pour enquêter hors de toute procédure judiciaire sur des citoyens ordinaires. Lorsque qu'on expose ces faits avérés à des auditoires étrangers, lorsqu'ils découvrent étalés dans la presse les activités du « chef déchu » consignées dans un « carnet noir » récemment saisi par la justice, l'incrédulité est en général de mise...
L'image de la France, pays des lumières et des droits de l'homme, patrie de Voltaire, Tocqueville et Montesquieu, a encore la vie dure.
Fort heureusement, le socle démocratique de nos institutions résiste tant bien que mal à ces assauts contre nos libertés. Les critiques contre ce système se font de plus en plus pressantes, pas un mois ne s'écoule sans que ne soient publiés des ouvrages dénonçant ces travers. La pression extérieure pourrait nous obliger à entamer des réformes d'envergure plus vite que ne le voudraient certains.
Certains organismes de cotation, devant l'énormité de nos engagements (dettes) peu ou pas provisionnés, l'envergure de nos déficits et notre incapacité à les résorber, envisagent ouvertement de dégrader la dette de quelques grandes nations européennes. Cela pousserait les taux auxquels l'État Français emprunte à la hausse, ce qui aurait des conséquences dramatiques sur nos finances, puisque le seul produit de l'impôt sur le revenu suffit à peine à payer les intérêts de nos 1.100 milliards d'Euros de dettes. Risquons-nous de connaître une crise telle que la Suède l'a connue en 1992-1993, ou saurons-nous l'éviter à temps ?
Et saurons-nous réagir avec le même pragmatisme que ces derniers, qui, pour sortir de la crise, ont abattu des pans entiers de leur état providence ?
Une dernière : je viens de découvrir que la France n'est pas le centre du monde.
Personne ne nous imite. Notre système de retraite en faillite n'est pas copié.
Personne n'a copié notre Sécu dont l'idée de financement généreuse (chacun contribue suivant ses revenus et chacun consomme suivant ses besoins) a conduit à une gabegie incroyable par manque de contrôle efficace.
Depuis des années les allemands ont l'équivalant de la carte vitale avec la photo du titulaire et une puce électronique contenant toutes les informations sur les soins effectués, historique, radios etc.
Les allemands n'ont pas de mutuelles - pas besoin.
Savez-vous que les bénéficiaires de la CMU consomment trois fois plus de soins que les autres ?
Encore une vérité qui n'est pas bonne à dire.
L'Éducation nationale - absorbant 7 % du PIB, tout en produisant chaque année 12 % d'illettrés et 161.000 jeunes sans qualification - bénéficie d'une augmentation constante de ses moyens financiers et humains : depuis 1990, 279.000 fonctionnaires supplémentaires ont été recrutés (+ 10 % des effectifs), alors que dans le même temps le nombre d'élèves ne cessait de diminuer (- 200.000 dans le secondaire et - 1 million dans le primaire). Parce que...
Les membres de la Fonction publique sont deux fois plus représentés à l'Assemblée nationale que dans la société.
Près de la moitié (49,2 %) des députés qui siègent au Palais-Bourbon sont des fonctionnaires, et la proportion est encore plus importante (52,1 %) si l'on prend en compte tous ceux qui travaillent exclusivement pour la sphère publique sans être fonctionnaires.
Alors qu'un parlementaire venu du secteur privé est le plus souvent contraint d'interrompre son activité professionnelle, un député fonctionnaire est seulement « détaché » de son administration : pendant qu'il siège au Palais-Bourbon, sa carrière dans la fonction publique se poursuit virtuellement, il progresse à l'ancienneté et accumule des points de retraite en tant que fonctionnaire.
À la différence de leurs collègues issus du secteur privé, qui ont quitté leur emploi salarié ou confié à des tiers les rênes de leur entreprise, les élus fonctionnaires disposent d'un ticket-retour dans leur corps d'origine au premier revers électoral.
Ils n'ont pas, eux, à reconstituer la clientèle perdue d'un cabinet d'avocat ou de médecin, ou à se réinsérer dans une entreprise en tant que salarié. Un ensemble de privilèges qui favorisent évidemment leur accès au Parlement, au détriment de celui des membres de la société civile.
Nos structures administratives sont nombreuses, coûteuses et souvent inutiles.
Les cumulards : maire plus député ou sénateur plus les PDG d'innombrables sociétés gravitant autour de la Mairie ou le Conseil Général ou la Région.
Et tout cela avec des rémunérations qui peuvent se cumuler au moins partiellement et sans toujours de contrôle.
Le Sénat : 335 membres élus par environ 55.000 votants ne sert à rien sauf à offrir une vie agréable aux sénateurs.
Ils ont même un club de cigare pour pouvoir discuter de l'influence des rayons ultraviolets sur la puberté de mouches au Sénégal....
Enfin, la liste de bêtises est longue mais le ridicule ne tue toujours pas, mais tout de même que des gabegies alors que tant de personnes souffrent et manquent l'essentiel.
NB Quelques liens intéressants :
http://www.sauvegarde-retraites.org/article-retraite.php?n=531
http://www.sauvegarde-retraites.org/docs/10LECONSDE.pdf
http://www.sauvegarde-retraites.org/article-retraite.php?n=523
http://www.sauvegarde-retraites.org/article-retraite.php?n=515
http://www.ifrap.org/Regime-speciaux-malgre-la-reforme-le-deficit-sera-permanent,0905.html
(*) Note de I² : Tu regarderas, prochainement, les noms des listes des futurs eurodéputés proposés au sffrage universel des prochaines élections de juin prochain : Que des recasés qui ont échoué à se faire élire dans leurs propres circonscriptions ou mairie...