La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
« Bling-bling » part en guerre contre les paradis fiscaux...
VCRM nous en causait déjà mardi dernier : S'il a des morts à honorer dans sa mémoire collective à lui, ils ne sont pas tout à fait les mêmes que les miens : à chacun les siens, n'est-ce pas !
Notre « Ô combien vénéré Président », Môssieur Sarko 1er est désireux de mettre fin au « dumping fiscal » ambiant.
Tant qu'il préside encore aux destinées de l'Europe (pour seulement quelques semaines encore) - un « pays » enfin à la mesure de son immense talent - il a émis le souhait d'aligner tous les impôts de tous les pays de l'Union au niveau des nôtres.
Il faut dire que dans les années 70, pendant que l'Europe encore balbutiante avec son projet d'ECU qu'on appelait alors « serpent monétaire européen », une Commission pas encore aussi omnipotente qu'elle l'est aujourd'hui (on n'imaginait même pas encore Maastricht), la « Gauloisie impériale » se trainait avec un lamentable 40/45 % du PIB de prélèvements obligatoires et quelques dettes publiques quasi-insignifiantes (voir le tableau).
Les budgets étaient à peu près à l'équilibre du temps de Pompidou et De Gaulle, même si c'était bien précaire.
Pendant ce temps-là, en Europe du Nord et teutonne on paradait avec des taux de prélèvements obligatoires supérieurs à 50 %, voire 55 % du PIB comme en Suède sous Olof Palme, avec des finances publiques fortement endettées et des dettes publiques à ne plus où savoir les dissimuler.
C'était « l'enfer fiscal » du « modèle scandinave » qui menaçait alors de transformer l'Europe entière en une vaste jachère à sous-prolétaires, les quelques cerveaux, capitaux et talents encore générés fuyant vers des cieux plus hospitaliers.
Eux, ils ont très pragmatiquement réagi : aujourd'hui dans la belle « Europe du nord », après avoir dit « NON » à l'Euro, non seulement envisage sérieusement d'y entrer par la fenêtre, mais ont réussi aussi l'impossible, c'est-à-dire à réduire leur endettement, font même presque des « excédents budgétaires » pour quelques-uns et ont un taux de prélèvements obligatoires proche 40 %, maxi, 45 % du PIB.
(Alors qu'en « Gauloisie impériale », dans le même temps on est curieusement passé à presque 55 % du PIB de prélèvements obligatoires... Nos déficits budgétaires nous imposent de vivre à découvert à partir de début octobre de chaque année et notre endettement collectif enfle démesurément !)
Le « modèle nordique », ce sont les privatisations de certains services « au public », la réduction des effectifs de la « fonction publique », non sans quelques concessions, mais rien n'indique aux observateurs « étrangers » que chez ces gens-là ont vive moins bien qu'ailleurs.
Ce serait même plutôt l'inverse, très fiers qu'ils sont de devenir « modèle de référence » (pour le traitement du chômage chez les Danois, pour l'éducation des jeunes chez les suédois, pour les NITC en Finlande, la gestion des retraites en Norvège, etc.) s'il n'y avait pas l'impudence de quelques soucis relatifs - mais c'est très relatif - des « actifs toxiques » venus d'Outre-Atlantique, via la Barings (rachetée par compassion et une Livre Sterling symbolique par des néerlandais l'année dépassée...)
Le contribuable nordique européen est finalement libre de payer ses impôts là où il le veut.
Les États sont en concurrence fiscale et si les Suédois préfèrent désormais travailler en Suède, là où le fisc est moins rapace, par contagion, le niveau des impôts s'abaisse dans tous les pays de l'Union : c'est l'harmonie fiscale !
Celle qui est souhaité par notre « Ô combien vénéré Président » ?
Là où c'est très drôle, c'est que dans sa « géniale vision » éclairée et dans ses discours relatifs aux « paradis fiscaux » que sont le Luxembourg montré du doigt, la Confédération Helvétique (mais on pourrait aussi causer de San Marin, Monaco, Andorre, dont « Bling-bling » est d'ailleurs le co-Prince, Jersey, Guernesey, l'Île de Man, Madère, Malte et dans une moindre mesure la Corsica Bella Tchi-tchi), en, fait, il ne s'agit ni plus ni moins que d'une « contrariété ».
Car, les États veulent garder leurs contribuables prisonniers de leurs propres administrations publiques.
Ils réclament donc « l'harmonisation fiscale » !
Où que l'on soit dans l'espace de libre échange des peuples et des marchandises économique Européen (les capitaux ne connaissant même plus les océans) on devra payer les mêmes impôts : c'est le nouveau dogme naissant !
Les « égalitaristes » (non pas en droit mais dans la « dictature du fait ») seront contents puisqu'alors il n'y aura plus de place pour « l'injustice » ou la « spéculation transfrontalière », tout le monde étant soumis (en droit) à la même règle fiscale !
Les jeunes gaulois, bataves, teutons, ritals, hispaniques, polaks, yougos, saxons ou barbares normands ne pourront plus partir à l'étranger, les entreprises ne pourront plus se délocaliser (surtout si l'harmonisation « sociale » accompagne l'harmonisation fiscale).
Enfin, ils pourront toujours, mais ça n'a guère d'intérêt fiscal ou social.
Plus de paradis fiscaux : l'Europe est redevient un « enfer fiscal ».
On remarquera pourtant que la fiscalité est un choix de société, et non pas une affaire de préférence personnelle.
Notre « Gauloisie native », avec son niveau record de prélèvements obligatoires, aurait un goût marqué pour ses services publics « à la française » (type EDF, la Poste ou la SNCF) et pour une large redistribution (notamment à travers la progressivité des prélèvements fiscaux et sociaux).
Certes, mais à titre individuel, les « Gaulois hexagonaux » ne se prennent-ils pas à rêver d'une baisse des prélèvements obligatoires ?
Peu à peu ils apprennent que d'autres Européens gardent les deux tiers de l'argent qu'ils gagnent par leur activité, alors qu'un salarié payé au-delà du SMIC n'en garde qu'un tiers pour lui (cf. in fine) en « Gauloisie magnifique ».
Tout compte fait, le réalisme semble du coté des « paradis », et le mauvais rêve du coté des « enfers fiscaux ».
L'harmonisation par le « haut », personne n'en veut plus en Europe ailleurs qu'en « Gauloisie épuisée » !
D'autant mieux que, comme l'avait expliqué Madelin à qui on reprochait de vouloir diminuer l'impôt (en son temps), et lui de se défendre en affirmant qu'il diminuerait les taux pour laisser les assiettes se gonfler toutes seules et qu'au total, la dépense publique augmenterait au final...
C'est exactement ce qu'ont expérimenté les pays du « modèle nordique » avec succès.
C'est évidement ce que « Bling-bling » n'a pas compris.
Mais peut-il comprendre quelque chose, lui qui ne sait pas ou ne veut pas se servir de sa calculette ?
Un post hélas toujours d'actualité : Pas banal !