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La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture

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Y'en a qui profite de tout !

 

 

Marie-Paule Virard la première.

 

Dans mon TGV du soir (j'étais en province), j'ai eu l'occasion de feuilleter quelques pages de son dernier ouvrage consacré à la finance, trouvé dans le kiosque local de province.

Il donne quelques chiffres :

 

« Les exigences de rendement financier des investisseurs, comme le « retour sur fonds propres » (return on equity, ROE) d'au moins 15 % requis par les actionnaires, sont difficilement tenables, dans le cas de stratégies économiques et industrielles classiques.

De 2000 à 2007, les entreprises du CAC 40 ont pourtant semblé y parvenir : leurs profits ont presque doublé, et leurs dividendes ont progressé de 255 %.

Elles ont aussi multiplié les rachats de leurs propres actions pour soutenir leurs cours de Bourse et réduire leurs fonds propres - en annulant ces titres - améliorant artificiellement ce fameux ROE.

Mais, en même temps, leurs investissements reculaient de 23 % et leur endettement - favorisé par de faibles taux d'intérêt - progressait de 55 %. »

 

Le mécanisme est simple : si j'ai 1.500.000 à distribuer à mes actionnaires portant 2.000.000 d'actions valant 10 euros, mon rendement est de 1.500 K/20.000 K soit 7,5 %.

Et un PER de 13,33.

Mon cours de bourse chute. S'il passe à 8 euros, mon rendement sera de 1.500/16.000 soit 9,35 et mon PER baisse à 10...

Mais je peux compléter en empruntant.

Je mobilise la trésorerie, quitte à emprunter, et à 8 euros le bout, avec 1 million, je réduis mon capital de 125.000 actions. Si je peux continuer à servir 1,5 millions de dividende, le rendement passe mécaniquement à 10 %. Même si je n'ai rien créé.

Autrement, c'est du « bon boulot, chef ! » : je vais toucher ses primes, lever ses « stock-options », etc.

Tout le monde se fout de savoir si l'emprunt de 1 million dévalorise ou non les 20 millions valeur de la boîte : au bout du compte, elle vaut quand même « bilantiellement » 20 moins 1 = 19, toutes choses égales par ailleurs.

Comme justement elle est finalement cotée 15 M€, il y a de la réserve sous le pied pour faire de juteuses plus-values ultérieurement...

 

C'est d'autant plus facile quand le Cac 40 sert du 4 % avec un PER de 25 fois la capitalisation par le dividende (25 ans pour se rembourser de son acquisition, doubler sa mise : long) et que je peux emprunter à peu près au même taux.

Fastoche !

 

Bien.

- On note quand même que juste pour en rire, que Miss ne compte par les statistiques de l'évolution de l'emploi.

Dans les 40 groupes du CAC 40, entre 2000 et 2007, l'emploi a globalement diminué, même si l'on tient compte que certains groupes ont accru leurs effectifs par des acquisitions (croissance externe).

C'est l'époque bénite où, Tchuruk, rêve encore tout haut à son entreprise sans usine...

Et où des firmes industrielles réalisaient plus de « création de valeur », en fait de valeur actionnariale, à travers la gestion de leur portefeuille de titres plus que grâce à leur production industrielle essoufflée sur des marchés toujours plus coûtatifs à dégotter...

 

Ce n'est pas tout à fait la même chose de maximiser la valeur ajoutée en produisant des biens, éventuellement utiles (mais qu'importe), et de maximiser le cours de Bourse (la valeur actionnariale)...

Le chiffre donné montre donc que, sous la pression de ce nouvel actionnariat (les fonds, et les financiers qui les dirigent), les entreprises du CAC 40 ont réussi à doubler leurs profits (+ 100 %), mais que les profits distribués (les dividendes) ont réussi à augmenter, eux, de 255 % !

Comment est-ce donc possible de distribuer plus de profits qu'on en fait ?

Serait-ce le miracle de la multiplication des pains ?

 

Non, bien sûr...

Il suffit de :

- Réduire les investissements productifs,

- Fermer, liquider, les unités de production les moins rentables,

- Réduire l'emploi, notamment en France (« licenciements pour convenance boursière » tant que c'est encore possible : cf. Michelin),

- Affecter une part des profits au rachat par la société de ses propres titres pour raréfier leur offre et donc valoriser leur cours de bourse,

Plutôt que d'investir pour créer de l'emploi et des richesses, (profitant des taux bas pour s'endetter)...

Ce qui est long, fastidieux et parfois hasardeux...

 

Cet endettement privé ne donnant lieu à aucun débat public, à la différence de la dette publique, nécessairement monstrueuse, elle (« nous ruinons nos petits-enfants »...) même si bien des financiers commence aujourd'hui à ne plus avoir plus confiance qu'en elle... et justement en insistant pour nationaliser la dette privée !

Les gueux !

 

Car, pour « inciter » les dirigeants à maximiser le cours de Bourse, dans le cadre de la réforme du « gouvernement d'entreprise », a justement été mis en place un système de rémunération des dirigeants qui les empêche de ne prendre en compte que les intérêts d'autres ayants droit, d'autres participants à la bonne marche de l'entreprise.

Et ça continue, même si la loi veut que le « looser » gicle... demain !

 

Participants autre que les seuls actionnaires, comme les consommateurs, ou les salariés... C'est le système des « stock-options », destiné à éviter les comportements opportunistes des dirigeants en situation d'asymétrie d'information (vous souvîntes-vous encore de Lagardère fiston préférant passer pour un kon que pour un voyou chez EADS ?).

 

On en voit aujourd'hui le résultat dans les statistiques publiées :

- Explosion des stock-options des grands patrons ;

- Partage de juteuses plus-values entre des dirigeants et des financiers associés dans des opérations de rachat d'entreprise par endettement (LBO) : « l'élite managériale » a été fortement intéressée aux dérives du capitalisme financier et récompensée de sa fuite en avant.

 

Outre-Atlantique, « les 1 % les plus aisés ont capté 23 % du revenu national en 2006, soit quasiment un retour à l'avant-crise de 1929 (24 % en 1928), contre 8 % dans les années 1970 »...

Curieuse symétrie des faits t'et causes...

 

N'en déplaise aux moralistes et autres dogmatiques de l'éthique accomplie, le problème pour elle si j'ai tout bien compris, n'est donc évidemment pas un problème moral : Il est institutionnel...

De même que, « si l'on confie la garde des saucisses (et du rôti) au chien de la maison (et celui du poisson rouge au chat), il ne faudra pas s'en prendre à son immoralité s'il les mange... »

Logique.

 

En matière financière, elle note que « on » a institué :

- Les paradis fiscaux (qui n'existaient que de manière folklorique et marginale pendant les Trente Glorieuses) ;

- Le rachat de leurs propres actions par les sociétés (autrefois interdit) ;

- Les règles du nouveau « gouvernement d'entreprise » et les « stock-options » (même si je sais faire mieux dans n'importe quelle société, y compris Sarl avec les outils dont Inco ne veut pas entendre parler) ;

- La libéralisation des flux de capitaux à l'échelle mondiale (Consensus de Washington) ;

- L'opacité et le défaut de transparence pour tous les nouveaux produits financiers, non régulés ;

- La possibilité de spéculer à découvert sur la baisse des actions (possibilité qui vient opportunément d'être suspendue, par les autorités de marché, en pleine tourmente boursière) ;

- La supervision du système financier par des agences de notation complices (problème de « conflit d'intérêts », voire de « collusion » entre celui qui paye et celui qui note) ;

- La création de structures financières (banques d'affaires, fonds spéculatifs, tec.) qui échappent au contrôle des autorités de tutelle des banques (qui ne contrôlent que les banques de dépôts, de dépôts réels) ;

- Une banque centrale européenne « indépendante », obsédée de lutte contre l'inflation, et sans aucun pouvoir de régulation, ni conjoncturelle ni institutionnelle... (ce n'est pas dans son objet social) ;

- La légitimation publique du gain individuel au nom de l'intérêt général (ça, j'aime bien tellement je suis Ignoble ! J'en veux encore et encore et défiscalisé en plus : là je m'y entends !) ;

- L'idée d'une « main invisible » qui se chargeait de tout et empêchait en fait de regarder à quelles conditions institutionnelles précises les deux (intérêts généreux généraux et individuels) peuvent coïncider... (Je l'ai dit : de toute façon, cette main là est néfaste ! La « main du diable » aurait dit un ministre de la défense de Mythe-errant).

J'en est peut-être oublié...

 

Ce qui me fait doucement rigoler... Quelle que part, je donnais à peu près les mêmes explications sur le blog la semaine passée.

C'était plus des « sensations », n'ayant pas de chiffres vérifiés à vous servir...

Et puis les chiffres et moi, depuis que je sais qu'on peut leur faire dire n'importe quoi !

 

Eh bien la « Miss », elle n'hésite pas à sortir un opuscule sur le sujet - des droits d'auteur en plus ? - alors que son dire et sa démonstration aurait dû paraître l'année dernière.

Elle, peut-être l'aurait-on lue et écoutée.

Moi, je ne suis qu'un « sans grade » un doux anonyme.

L'effet ne peut pas être vraiment le même...

 

Et puis la batterie s'épuise et on arrive Gare de Lyon...

Mais j'ai bien rigolé, une nouvelle fois !

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I
Ah bé le minimum, je n'ai pas :Toujours sans carte bleue et à découvert en banque !Et je rame, et je rame !
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C
Bé voyons !Avec ton nez de travers la faute à ton père de te filer des baffes et toi d'esquiver les revers ?Sûre que non !On demande un minimum, tout de même !
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I
Puissées ? Poussée...Elle aurait peut-être aimé.Mais nous n'en saurons jamais rien !
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C
Je ne me fais aucun souci pour la contrôleuse pas forcée d'assumer tes piussées d'hormones mâles !
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I
@ Inco : oui je sais ! Je manquais de batterie te dis-je !@ Aetius : Tu sais, la compta, c'est juste la traduction chiffrée d'une histoire de flux et reflux (le compte d'exploitation) entre deux photos (les bilans d'ouverture et de clôture d'exercice en principe annuel).En soi, ça ne veut pas dire grand chose, mais comme la loi nous oblige à une imposition annuelle, on fait.Le reste, tu as bien raison, c'est de la littérature : la preuve, Et Inco ne me contredira pas, à des chiffres, on peut leur faire dire n'importe quoi...Ta comparaison avec la peinture des façades est tout à fait juste.Mais au total, ça veut dire quoi ?Ca veut dire que le "fric", c'est juste un étalon de mesure commune, c'est tout.Michel veut remplacer ça par de la "monnaie molle", au moins pour partie (pardon "fondante", ce qui ne va pas être simple, déjà qu'avec la relativité générale et le principe d'incertitude, on ne sait plus trop de quoi on cause), mais tu peux aussi bien remplacer par des haricots, des claques, ou des coquillages, c'est exactement la même chose : rien ou pas grand chose.Ca veut aussi dire que les "puissances d'argent", ça reste du vent. Tout est dans la tête : si tu penses que le vent à de la valeur, alors oui, il en a.Si tu crois qu'il n'en a plus, la monnaie s'effondre et les pouvoir d'argent aussi.C'est aussi kon que ça.@ Cindy et Inco : Bé quoi ? On peut finir sa journée de labeur comme on l'entend, non ?J'allais quand même pas draguer la contrôleuse ?Cindy m'aurait fait la tronche définitivement !
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