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La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture

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Occupations intimes

 

Le 8 août de cette année (j'ai noté pour pouvoir me souvenir), alors que j'occupais ma soirée à l'un de mes « sports favoris », allongé directement au sol sur le dos, les yeux écarquillés vers les étoiles, je guettais les étoiles filantes.

 

Quand j'étais « petit », il en tombait en pluie quasiment incessante. Depuis que les « lumières de la ville » se sont rapprochées, à éclairer à giorno les ruelles désertées, que l'air est un peu plus opaque des vapeurs de la journée au point que les « neiges éternelles » des sommets environnants ont disparu depuis quelques années, en apercevoir une devient difficile. Même en pleine période des « perséides » !

 

La constellation de Persée est située au nord-est à mi chemin entre le zénith et l'horizon. En principe, les étoiles filantes viennent, en cette époque, de cette direction, la planète Terre traversant alors l'ancienne trajectoire d'une comète aujourd'hui avalée par le Soleil ou repartie vers des inconnus lointains (je ne sais trop) qui a laissé suffisamment de débris pour alimenter mes nuits estivales.

 

Il a fait « venteux » dans la journée - un petit force « 7 » de derrière les fagots, quand le Libecciu se décide à « nettoyer » l'horizon et obliger les plaisanciers à rejoindre des mouillages « solides » et bien abrités. Normalement, la soirée devait donc être favorable à l'observation du ciel.

Et effectivement, toutes les constellations étaient au rendez-vous nocturne, Véga, de la constellation de la Lyre juste au zénith, la seconde venue le soleil à peine passé derrière l'horizon, après que l'étoile du berger (mais cette année, il s'agit de Jupiter) « s'allume » un peu plus au sud pas très loin d'Altaïr.

Plus au nord, Pégase et Andromède qui inclut la galaxie du même nom (mais il faut des jumelles pour en apercevoir l'éclat et sans trépied, ce n'est pas facile).

En « face », à l'ouest, se dessine très clairement la grande ourse, l'axe Merak/Dubhe indiquant grosso modo la direction de l'étoile polaire qui joue les arlésiennes ce soir-là (alors qu'elle est très visible, inclinée au nord les autres soirs) à proximité de la constellation de la girafe.

Plus au nord, quand on peut la voir, Capella donne un autre axe avec Véga, qui traverse le ciel. À peu près au centre se situe l'étoile polaire.

Enfin, du moment qu'on trouve la petite ourse, on est plus très loin.

 

D'après les éphémérides, on devrait voir se lever au sud-est Neptune et plus au nord Uranus. Mais en fait ce soir-là, on repère plus facilement les avions qui passent entre 5 et 6 milles mètres sur une axe sud/nord. Ils sont nombreux et clignotent, alors que les étoiles scintillent et que les planètes garde une lumière fixe dans leur course « vers » le soleil. Car en ce moment, l'étoile du berger se rapproche du soleil pour se lever toujours un peu plus décalé vers l'ouest.

 

Et puis soudain, au dessus de ma tête, un bruit métallique, comme un feulement, qui va du sud au nord à quelques mètres de mes oreilles.

Ça va si vite que j'ai juste le temps de tenter de voir ce que c'est en tournant la tête rapidement d'un côté à l'autre : rien !

Rien qu'un bruit qui n'est ni celui d'un oiseau nocturne (il n'y a guère dans le coin) trop rapide et trop soudain, ni une chauve-souris (elles sont nettement plus nombreuses), car ça vole quasiment en silence, ni un insecte (forcément beaucoup plus petit et moins « puissant »), genre hanneton (au bruit plus léger et non rectiligne).

Un peu comme une pale d'éolienne aux bords de fuites usés, rouillés (mais les fermes éoliennes sont situées à des kilomètres de là).

Ce n'est pas non plus le bruit du vent, d'une rafale dans les feuilles des arbres, je connais suffisamment leur poésie pour savoir ça.

Peut-être un « micro-tourbillon », un petit vortex, mais le vent s'est calmé, comme tous les soirs (même parfois le mistral aussi), et aucun obstacle à sa course aurait pu provoquer un pareil phénomène auditif.

Juste un feulement métallique, passant de droite à gauche à vive allure à quelques mètres de moi, deux ou trois, pas plus : Comme le bruit d'une fau à la lame émoussée qui vibre en se déplaçant à bout de bras...

 

Pourtant, je ne me sentais pas menacé ! Et puis 10 heures sonnent au clocher et tout de suite après, ma première étoile filante de l'année qui passe d'ouest en est à une rapidité fulgurante...

Un trait éphémère qui s'inscrit sur ma rétine. Dans une direction inattendue.

 

Avoir traversé des milliards de kilomètres de vide intersidéral, pendant des dizaines de millions d'années peut-être, après avoir été formé dans le chaudron d'une étoile qui a explosé depuis des millénaires, s'être perdu dans le cosmos, pour finir par s'agréger, particules après particules, au tour de notre soleil tout neuf, tourner autour sur une orbite fortement elliptique pendant des milliers de siècles, pour finir par être arraché à sa comète par dégazage et effet centrifuge, poursuivre sa route vers l'astre du jour en solo sur des centaines de millions de kilomètre, pour venir se transformer en chaleur et lumière, là sous mes yeux...

Il y a quelque chose d'extraordinaire là-dedans !

De magique.

 

Mais ça ne vaut pas le lendemain. Le 9. Toujours aux aguets à peu près au même endroit et dans les mêmes conditions, quoique le vent se soit calmé et la visibilité ait diminué, après quelques décades de minutes à suivre le balai des avions qui se suivent avec une régularité de métronome, c'est un satellite qui passe du nord-ouest au sud-est.

D'abord on s'interroge. Est-ce bien un satellite ? Ça ne clignote pas. Ce n'est donc pas un avion. Et puis ça va 2 à 3 fois plus vite qu'un avion en vitesse angulaire. Pas assez rapide pour être un corps céleste en perdition dans notre haute atmosphère, non plus. Et ça ne scintille pas : pas une étoile ! De toute façon, une étoile aurait été immobile par rapport à ses voisines.

Et puis ça finit pas « s'éteindre » vers l'est, dans l'ombre de la Terre.

De nouveau 10 heures au clocher et je suis un autre satellite des yeux. Celui-là va du sud-sud-ouest au nord-nord-est. Et met un bout de temps à s'évanouir dans l'ombre de la terre.

 

Et sitôt après, une grand trait blanc, épais, instantané, qui s'étale du nord au sud sur un bon quart de la voute céleste.

Magnifique étoile filante !

Le temps de sursauter, que dis-je, de faire un bon, que déjà elle s'est éteinte à jamais !

À jamais.

Je note l'heure : 22 heures 11.

Dont acte.

 

C'est une des plus grosses que j'aie jamais eu l'occasion de voir mourir, si l'on excepte celle qui zébra mon ciel de parigot une nuit de novembre 2005.

Je m'en souviens très bien, de celle-là : énorme, presque lente mais trop rapide pour être un avion, descendant doucement vers le nord jusqu'à disparaître derrière les toits des maisons voisines, azimut ouest-ouest-nord, elle avait mis quelques secondes à traîner son immense panache.

Une météorite qui semblait vouloir aller se perdre en mer d'Iroise ou dans la Manche.

 

Personne n'en avait fait mention dans la presse, à croire qu'elle passait là juste pour moi.

Elle m'avait tellement bouleversé que quelques semaines plus tard, je m'étais remis à écrire. Après tout, elle me serait tombée dessus directement, on en aurait peut-être parlé, et même que je n'aurai même pas été nommé !

Alors, dans ma « schizophrénie personnelle et assumée », durant plus de 9 mois, j'ai écris tous les matins aux aurores. Sans talent : je n'ai aucun talent, même pour l'écriture. Ecris la vie imaginaire et au jour le jour d'une personne « aux affaires » dans cette période Villepiniste déjà encombrée de l'affaire Clearstream dans la chiraquie finissante.

Je ne le savais pas encore, mais j'étais déjà indigné par toutes ces petites faiblesses et maladresses de la vie politique, économique et sociale de mon pays qui transforment les meilleures intentions du monde en un enfer au quotidien.

Ma révolte grondait. Il fallait que je l'étale, comme d'une psychothérapie.

 

Travail bien inutile. Il fallait faire mieux, prendre part au débat de la précampagne électorale qui s'engageait, essayer de penser et, pourquoi pas, de construire un monde meilleur. Si ce n'était pas pour nous, c'était pour nos gosses, qu'on n'ait pas trop la honte de leur léguer un monde pareil, si absurde.

Puis ce fut un premier essai avec quelques « kamarades » pensant à peu près la même chose sur des registres différents, que des « nuisibles » ont démoli à grands coups de pressions iconoclastes.

Puis celui-ci tout de suite après, encore plus « anonymisé » (même si l'on sait bien que ça ne va pas très loin, finalement), plus « sécurisé ».

Où l'on essaye de traiter par l'absurde de toutes ces « déviances ».

De formuler quelques propositions.

De rire du pire et du meilleur.

Car l'humour reste le seul hommage possible de l'Intelligence rendu aux désespoirs de la condition humaine.

 

Mais peut-être qu'un jour je publierai ici ce « travail » d'antan.

On verra... Il y a tant de chose à faire et à dire entre-temps !

 

PS : 10 août.

 

La presse locale s'en fait l'écho ce matin. Hier, sur la plage que je fréquente quand il s'agit de faire faire trempette à ma nichée, le vent s'était calmé mais j'avais deviné que la mer allait rester « formée ».

 

Cette plage-là est correctement « brassée » pour rester avoir une eau claire et propre sur sable grossier (pas comme à Calvi, engoncée entre ses digues et épis de protection installés après les tempêtes de 1995 qui avait ravagé la plage jusqu'à attaquer les soubassements de la voie ferrée) ou a Sant'Ambroggio, polluée par les activités du « Club » (une copie « historique » de l'ancêtre Calvais : le « Club Olylmpique »).

Les jours de grands vents, elle est impraticable : le vent transporte ce sable qui fouette sauvagement tout ce qui se trouve à moins de 20 cm du sol (alors qu'à Calvi, les tourbillons emportent haut le sable très fin, doux comme du velours).

Mais ce jour-là, sur cette plage située à 10 km d'Isola Rossa, les rouleaux sont magnifiques et balayent tout se qui se présente sur le bord : un bonheur pour les enfants (qu'il ne faut surtout pas lâcher des yeux).

 

Et c'est moi qui ai failli faire la çonnerie du siècle. Je dépasse en quelques brassées les déferlantes qui arrivent en rang serré.

Mais pour revenir, j'ai bien mis 40 minutes, perdant à chaque déferlante le « terrain » gagné à grand coup de crawl ! En surface ou en apnée, rien n'y a fait.

La déferlante, normalement vous propulse vers la plage. Par je ne sais quel phénomène passé inaperçu, en fait, à quelques mètres de la grève, elle vous ramène en arrière. Au beau milieu de tous les détritus marins et végétaux arrachés par la houle et rassemblés là en amas compact.

J'aurai dû me méfier : ces amas-là ne pouvaient pas rester à distance constante, immobiles et ballotés au même endroit, au milieu de rien, sans un puissant phénomène de courant tourbillonnant sur place.

Eh bé DuKon, il s'est retrouvé à batailler en plein milieu pendant plus d'une bonne demi-heure.

Rincé le mek.

 

Remarquez, les pompiers étaient déjà sur place à tenter de réanimer le pauvre trépassé à moins de 100 m de-là, signalé dans la presse du lendemain.

 

La « faucheuse » et son bruit singulier de feulement métallique, entendu la veille dans la nuit, la tête dans les étoiles, avait encore frappé.

 

PPS : Nuit du 11, de nouveau une magnifique étoile filante. J'avais le « nez dessus ». Direction apparente : Sud/nord. À l'envers de toute logique, puisque venant juste en dessous de la constellation de Persée.

Et puis à la réflexion, c'était une trajectoire « illusionniste » : elle devait venir du nord, mais descendait si vite et si fortement qu'elle m'a donné l'impression « d'aller à l'envers » !

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M
La tête dans les étoiles (filantes) et des "brassées dans les poubelles".Je la trouve excellente aussi, celle-là !
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I
Non ! Je ne me suis jamais senti menacé !Ni au moment du bruit de la feau...Ni vraiment dans mon tas d'ordure flottant.J'ai juste mis un peu plus de temps que prévu à m'en sortir : même pas le temps de commencer à paniquer réellement.C'aurait été le cas si la mer m'avait éloigné de la plage. Mais là j'étais coincé à quelques mètres (une ou deux dizaines tout au plus) : avec un corde lancée du bord, j'y serai arrivé dans tous les cas !Pas comme le pauvre gusse qui lui en est mort à moins d'une centaine de mètres : ils ont été incapables de le réanimer.
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C
Et bien ! On a failli perdre notre foulosophe national ?Il s'en passe des choses dans sa vie pourtant !
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