La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
Georges Fenech
Le Conseil constitutionnel a récemment invalidé l'élection de ce député UMP du Rhône.
Pour cause d'entorse à la loi de 1988 sur le financement de la vie publique.
Au terme sa cette campagne, tout candidat, élu ou non, doit déposer un compte de campagne complet auprès de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques.
Le défaut de dépôt (fréquent chez les battus n'ayant pas atteint des scores leur ouvrant droit au remboursement partiel des dépenses de campagne), le dépassement des plafonds légaux, le défaut de sincérité ou l'irrégularité avérée entraîne automatiquement l'invalidation de l'élection et l'inéligibilité pour un an du candidat !
Georges Fenech n'est évidement pas content, et affirme dans un communiqué de presse être « victime d'une procédure discriminante et sans appel », et se retourne vers notre Ô combien vénéré Président bien aimé et Bernard Accoyer (pédégé de l'AN) pour constater une « intolérable atteinte au suffrage universel ».
C'est vrai, ça ! Pourquoi lui et pas ses potes ?
Cafeteur va !
Il se trouve que Georges Fenech, c'est aussi un magistrat et tout autant l'auteur d'un recueil des plus sains - dont nous recommandons la lecture assidue - sur la notion de la « tolérance zéro ».
« La tolérance zéro veut ainsi marquer une rupture avec trente ans de tolérance sans bornes qui nous ont conduits à une impasse. (...)
Prôner la tolérance zéro, c'est considérer que tout signe de faiblesse revient à encourager toute une population juvénile aguerrie au calcul du risque. Le rapport « coût/avantage » pour le fauteur de troubles doit tourner à son désavantage. (...)
Trente ans après le big-bang de Mai 68 et son fameux slogan « il est interdit d'interdire », la tolérance sans bornes et la culture de l'excuse se sont insidieusement propagées dans toutes les sphères d'autorité. Le père, l'enseignant, le policier, le juge ont perdu leur « imperium ». Le rejet violent des institutions tient lieu de nouveau mot d'ordre pour des jeunes peu enclins à perpétuer les idéaux collectifs. (...) Quand l'État montre des signes de faiblesse c'est tout le pacte social qui est menacé ! »
Voilà qui est bien envoyé, pour sûr !
Fini les passe-droits outrecuidants !
Bonjour le respect de la règle et des interdits qu'elle pose.
« La Loi, rien que la Loi, mais toute la Loi ! »
Fichtre ! Tudiou !
Ceci étant, en plaidant son cas de violation de la loi électorale commune, ce Monsieur entre de plein droit au champ d'honneur des « Tartuffes avérés » : Tolérance zéro pour les autres, mais pas pour semble-t-il hurler en toute bonne foi !
Comprendrait-on mieux : la Loi, toute la Loi, mais pour les autres ?...
Encore un qui manifeste son envie irrépressible à figurer à tous les tableaux d'honneur de la sublime République (qu'il comptait représenter avec des idées de « bon sens ») consensuelle !
Sous réserve de la procédure formelle de « l'Ordre du Tartuffe », bienvenu au club très fermé, Monsieur l'ex-Député !
Vous y serez honoré à votre juste valeur.
Nota : notez que le CA de « l'Ordre » doit se réunir au mois de mai pour arrêter la liste des impétrants à la promotion d'été 2008, déjà au nombre de 2 (J-P. Belufer que personne n'a oublié et Ch. Girard l'inimitable conseiller de Delanuée) et « affiner » (pour ne pas dire améliorer voire réformer) la procédure du recueil des Avis du Haut Comité des Sages (qui laisse encore à désirer).