Petit tour européen du « côté de chez le chômage »
L’exception culturelle économique gauloise, c’est que nous avons non seulement un fort « minimum légal » de la rémunération du travail salarié, mais tout autant un nombre élevé de personnes bossant pour le prix de la « voiture balai » : 1 sur 6 !
Explication avancée hasardeusement : faut bien financer les couvertures sociales et les dépenses publiques. Si on ne refile pas du pognon par voie réglementaire aux citoyens cotisants, ils ne vont plus pouvoir assumer.
Donc on oblige les entreprises à supporter d’une façon ou d’une autre ces financements là (en leur promettant qu’elles auront accès à la manne des marchés publics plus facilement : de la « soviétisation rampante », en somme), ce qui permet d’aller le repiquer à tous ceux qui sont encore un peu solvables.
Sont-ils en nombre suffisant pour pouvoir assumer, par leur travail, ces ponctions là ?
Ah que oui, à entendre nos gouvernants bien aimés et vénérés, qui se glorifient d’avoir un taux de chômage qui se réduit de mois en mois. Du jamais vu depuis un quart de siècle, paraît-il !
À les entendre, nous allons devenir les champions du plein emploi dans le monde européen.
Pour reprendre les chiffres donnés hier, on note que, en les comparant avec ceux du reste de l’Europe que nous n’avons retrouvé que pour 2006 seulement (faut pas rêver, nous aurons ceux de 2007 bien plus tard), ça donne l’état des lieux suivant :
– 92 € de smic et 9,0 % de chômeur en Bulgarie, 114 € de smic et 7,3 % de chômeur en Roumanie, 172 € de smic et 6,8 % de chômeur en Lettonie, 174 € de smic et 5,6 % de chômeur en Lituanie, 217 € de smic et 13,4 % de chômeur en Slovaquie, 230 € de smic et 5,9 % de chômeur en Estonie, 246 € de smic et 13,8 % de chômeur en Pologne, 258 € de smic et 7,5 % de chômeur en Hongrie et 288 € de smic en République tchèque avec 5,3 % de chômeur.
– 470 € de smic au Portugal pour 7,7 % de chômeur, 522 € de smic en Slovénie pour 6,0 % de chômeur, 585 € de smic à Malte pour 7,3 % de chômeur, 666 € de smic en Espagne et 8,5 % de chômeur, et 668 € de smic en Grèce pour 8,9 % de chômeur.
– En France « métro » il fallait compter avec 1.254 € de smic et 9,4 % de chômeur, en Belgique 1.259 € et 8,2 % de chômeur, aux Pays-Bas 1.301 € de smic et 3,9 % de chômeur, en Irlande 1.403 € de smic et 4,4 % de chômeur et au Luxembourg 1.570 € de smic et 4,7 % de chômeur !
En bref, si aucune corrélation n’est possible entre niveau du Smic et taux d’emploi, c’est quand même en France que nous sommes les champions européens de la paupérisation des « classes prolétaires » (et des classes moyennes), puisque nous cumulons à la fois un taux officiel de chômeurs parmi les plus élevés et un taux de « smicards » parmi le plus fort.
Nous l’avons dit, la faute à cette couverture sociale que « le monde entier nous envie » (à en venir migrer toujours de plus en plus loin et de plus en plus nombreux) qui justement entraîne des besoins en financement toujours plus élevés, en masse et en taux, augmentant les prélèvements obligatoires, en masse et en taux, sans pour autant enrichir les plus pauvres, tout en accélérant la paupérisation des « un peu mieux » lotis !
De la « soviétisation rampante », vous dit-on…
Et encore ! En fait, on ne compte pas tous les chômeurs, vous le savez bien. D’autant que c’est très officiel.
Nous n’en avons que huit catégories :
– Catégorie 1 : Chômeurs immédiatement disponibles, cherchant un emploi à plein temps et à durée indéterminée (CDI) ;
– Catégorie 2 : Chômeurs immédiatement disponibles, cherchant un CDI à temps partiel ;
– Catégorie 3 : Chômeurs immédiatement disponibles, cherchant un emploi à durée déterminée (CDD), temporaire ou saisonnier ;
– Catégorie 4 : Chômeurs non immédiatement disponibles, cherchant un emploi à durée déterminée (CDD) ou indéterminée (CDI), à temps plein ou partiel ;
– Catégorie 5 : Personnes en activité, cherchant toutefois un autre emploi ;
– Catégorie 6 : Chômeurs non immédiatement disponibles (exerçant une activité supérieure à 78 h par mois), cherchant un emploi à plein temps et à durée indéterminée (CDI) ;
– Catégorie 7 : Chômeurs non immédiatement disponibles, cherchant un emploi à durée indéterminée (CDI) et à temps partiel ;
– Catégorie 8 : Chômeurs non immédiatement disponibles, cherchant un emploi à durée déterminée (CDD), temporaire ou saisonnier !
Naturellement, on ne compte que la première catégorie ! Et là, ça fait déjà 2.300.000 personnes, rien qu’en « Gauloisie postérieure » (hors les DOM-TOM) !
On devrait compter au moins jusqu’à la catégorie 3, puisqu’il s’agit toutes de « personnes immédiatement disponibles cherchant du boulot » (norme BIT).
Plus les stagiaires au chômage que l’on décompte pour 192.117, et tous les autres dans les DOM, soit environ 150.000 !
Naturellement, les « dispensés de chercher du travail » par mesure de bienveillance compte tenu de leur âge avancé, sont de toute façon pas en recherche de travail et attendent gentiment d’être pris en charge par leur régime de vieillesse.
Ce n’est pas tout !
Il faut aussi voir les 1.200.000 foyers à qui la CAF verse régulièrement le RMI (ou RMA, je ne sais plus), et les très officiels 55,7 % personnes radiées des listes de l’ANPE (la neuvième catégorie… celle qui n’existe pas) !
Ça fait un total de presque 6.000.000 de personnes concernées, soit un bon cinquième de la population en âge de travailler.
Ou presque trois fois plus que les « excellents chiffres » du mois dernier.
Constat : La rupture promise l’année dernière en avant-veille des élections majeures du mois de mai n’a jusqu’alors même pas ralenti le processus (même si nous avons éviter de l’accélérer) sans résoudre pour autant les problèmes de cette « nationalisation rampante » de la vie économique de chacun (et le clientélisme électoral et syndical qui va avec), quand on rajoute les 5 millions de fonctionnaires et assimilés (5 + 6 = 11 à rapporter au 27 millions de « salarisables »), ça fait beaucoup de monde qui vivent sur le travail des z’autres.
Conséquence, notons qu’un, fort taux de chômage semble aller de paire avec niveau de prélèvements obligatoires.
Le gaulois ayant découvert avec le passage aux 35 heures qu’on peut survivre en travaillant moins, farnienter tranquillement devant les machines quand on n’est pas poussé aux fesses, se remet mollement au boulot, préférant importer sans compter, voire « produire en zone dollar » comme le préconise le big boss d’EADS avant-hier encore, à faire bosser plus pauvres que soi !
Mais ce n’est pas le premier : J-L. Beffa de chez Saint-Gobain, m’avait déjà fait la même démonstration éblouissante, quand j’avais voulu lui vendre ma soupe il y a une bonne décennie, en me rigolant au nez !
Complètement bluffé…
De tout ça, je n’invente rien : c’est dans le rapport d’Alain Tapie, missionné par Lagarde pour la promotion des heures supplémentaires de la loi TEPA d’août dernier, qui est tombé hier.
Pas plus de 8 heures supplémentaires par trimestre (2,666 h par mois) et par salarié, et encore dans seulement 308.000 entreprises parmi les 1,5 million qui emploient des salariés, pour tout juste 144 millions d’heures…
Assez loin des 900 millions attendus pour un trimestre (le dernier de 2007) traditionnellement chargé en heures sup tous les ans !
Aucune rupture. Tout juste des effets d’opportunité, comme nous l’avions prévu en notre « think tank » personnel à faire du cash (et que j’avais vaguement rapporté ici même il y a quelques temps).
Remarquez, je vois bien le prochain « best seller » chinois parodiant l’ancien ministre gaulliste : « Quand la France se réveillera »…
Le monde tremblera.
6 millions de types qui glandent à 1.600 heures de boulot par an, 9,6 milliards d’heures à 27 €/h de création de valeur ajoutée, 259 Giga € (des « mignards »), c’est presque le budget 2007 payé cash, y compris son déficit !
14 % de PIB de plus sous le pied. Je ne vous raconte pas.
De quoi faire rêver !
Une autre dimension que le minable 144 millions d’heures sup (1,5 % du « potentiel » inemployé en heures « normales »).