Suite de la Lettre à Michel
La pensée unique, instillée comme on l’a vu par le néo-marxisme alter mondialiste, perverti les esprits bien au-delà des cercles des lycéens : il va jusqu’au plus haut de l’appareil d’État ! Qu’on en juge.
Le dogme libéral veut que « trop d’impôt tue l’emploi »… Et ce, on le sait depuis au moins Necker. Logique : tout prélèvement est ressenti comme confiscatoire dès lors qu’il devient « sensible ».
C’est aussi la célèbre « Courbe de Laffer », dont on trouvera quelques explications à peu près claires sur ce site (mais aussi d’autres sur Google, Wikipédia, etc.).

On se rappelle que Laffer a été conseiller des Républicains pendant les années Reagan, à en devenir un « gourou ». On a même appelé cela la « révolution reaganienne » (Comme quoi, ils ne leur en faut pas beaucoup Outre-atlantique pour parler de révolution…)
Et c’est devenu la « tasse de thé » des libéraux, dont Madelin (Alain, le ministre de choc de l’économie de Juppé).
C’est là que ça se corse (rien à voir avec ma Corsica Bella tchi-tchi, rassurez-vous !). Si l’augmentation des taux d’imposition tue les assiettes d’imposition, il suffit donc de diminuer les taux pour redonner de la matière à création de richesses : Raisonnement a contrario imparable.
C’est d’ailleurs un des paradoxes du libéralisme : Madelin a toujours dit qu’il ne diminuerait pas l’impôt, mais seulement les taux pour provoquer de la croissance et augmenter les assiettes imposables, autrement dit, quand on a des taux à « C », on peut les diminuer à « B » sans souci.
Comme quoi, il dominait son sujet.
La même courbe est utilisée par les alter-mondialistes pour nous expliquer que puisque les taux « A » et « C » procurent les mêmes recettes fiscales, il faut donc les amener de « A » à « B ».
Michel, quant à lui, nous explique qu’on peut remplacer un taux de « C » par du travail bénévole et de redescendre à « B » ou à « A » sans souci.
C’est oublier un peu vite le rôle de l’impôt et comment il est décidé.
Du point de vue des flux financiers, il s’agit bien d’un prélèvement qui va, en principe, vers une redistribution, sous bien des formes (subventions, solidarité, équipements non rentables, etc.) qui se retrouvent en emplois de l’activité économique.
Chose curieuse, pour les « scientifiques » économistes, il y a égalité entre ressource publique et emploi de ses fonds publics. Donc c’est neutre !
Pour ma part, j’avoue avoir du mal à constater qu’il ne c’est rien passé…
Mais on va encore plus loin dans le délire. Pour les « libéraux », trop d’impôt tue aussi l’emploi !
La démonstration des statisticiens et autres économistes de renom consiste, chiffres à l’appui avec quelques comparaisons bien réelles (je vous ai cherché un site ou un article qui y faisait déjà clairement allusion sur « débat 2007 », le site à Pébereau, le pédégé de la BNP et de « Institut de l’entreprise », un « think tank » très actif, mais je n’ai pas retrouvé le post : veuillez m’en excuser).
Il suffit d’aligner deux types de chiffres, ceux du chômage officiel :
à rapprocher avec ceux des taux moyens des prélèvements obligatoires. Pour reprendre ceux piqués sur un des sites d’Attac (ne me demandez plus lequel, j’ai perdu le lien), nous avons (en 1996, ça date un peu mais les tendances lourdes n’ont guère changé) :
Un poids fiscal dans la zone Euro : 42,4 % du PIB ; au Royaume-Uni : 36,0 % ; en France : 45,7 % ; en Irlande : 33,7 %, en Allemagne : 38,1 %, en Finlande (qui est une des plus grosses améliorations) : 48,2 % et aux USA : 28,5 % !
Pour le moins très clair : Le chômage chute partout, sauf en France et en Allemagne où il a bien du mal à descendre en dessous des 4 %, là où les taux sont supérieurs à 38 % (exception faite, justement, de la Finlande : il aurait suffit de supprimer ce pays pour que la démonstration soit complète).
CQFD : L’impôt tue l’emploi !
Débile, naturellement : Moins d’emploi, c’est moins de PIB et plus de solidarité, donc un ratio qui s’envole !
C’est la conséquence et non pas la cause.
Ça, c’est pour le monde universitaire, les chercheurs en économie. Mais ce n’est pas tout : les politiques s’emparent volontiers de tout ce qui fait « eau au moulin », même quand ils ne comprennent pas de quoi il s’agit.
Vous souvîntes-vous d’un pédégé de la République, digne successeur au suffrage universel d’un certain Chirac ?
Pour lui et son bon conseiller Attali, pas de mystère : il suffit d’augmenter le PIB et l’impôt diminue proportionnellement.
Logique puisqu’on nous présente une fonction linéaire du premier degré !
450 sur 1.000, ça donne 45 %. 450 sur 1.200, ça ne fait plus que 37,5 %. Et le tour est joué.
En oubliant au passage que l’impôt concoure au PIB (plus d’impôt, pour les socialistes et la gauche d’une façon générale, c’est plus de redistribution donc plus de consommation, donc plus de PIB), puisque la science économique nous raconte qu’il y a neutralité.
Neutralité dans une addition peut-être, mais pas dans une division.
L’impôt obéit à la règle budgétaire : avant même la première minute de la première heure du premier jour du premier mois d’un exercice fiscal, on sait combien on va dépenser par le denier public !
On n’a pas encore fait le premier euro de chiffre d’affaires qu’on sait déjà combien on va vous en piquer !
Formidable, non ?
C’est donc une droite de type « aX – b » et non pas « aX ». Autrement dit il y a un point-mort.
Tant que l’on ne l’aura pas réduit, il y aura appauvrissement et aucun enrichissement. N’importe qui, qui sait compter, arrive à comprendre cela : on arrive même à faire calculer à des gamins de CE1 le moment où deux trains se rattrapent.
C’est le même raisonnement, un peu simplet peut-être, mais les « têtes d’œuf » l’ont déjà oublié.
Merveilleux de nanisme intellectuel !
Et pour votre bonheur et comme d’une prime au crétinisme, ça donne au final le raisonnement de Sarkoléon, notre Ô combien Vénéré Président à tous, qui vient combler le déficit du neurone du citoyen lambda : Il faut augmenter le PIB, en commençant par le pouvoir d’achat, puisque c’est le tout premier moteur de notre économie nationale. Mais surtout pas de toucher au 450 qui font vivre tout ce beau monde là !
Et puis quoi encore ? Non mais !
Le raisonnement est tellement bête qu’il est juste en soi.
Le PIB mesure les valeurs ajoutées marchandes des entreprises, c’est-à-dire celles qui sont vendues aux consommateurs (et exportateurs), si on le leur en donne les moyens en leur promettant que, si ils bossent plus, ils gagneront « plus que plus »…
Mais en omettant de leur dire que les coûts augmentent aussi, moins vite quand c’est exonéré de tout prélèvement, c’est vrai, à condition d’acheter Renault et non pas Samsung, parce qu’alors là, ça enrichit le PIB des Coréens et pas vraiment le Français (ou alors seulement à la marge… commerciale du distributeur local) !
Quand n’aura dépassé ces simulacres de « néo-n’importe-quoi », peut-être qu’on en arrivera à bosser pour rien, comme le propose Michel.
Pour le moment, convenez-en, on en est encore très loin.