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La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture

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J'avais envie de vous faire rire...

Comme tous les vendredis.
 
Et puis la nouvelle est tombée à l’heure du digestif méridien sous nos tropiques : Benazir Bhutto est morte de ses blessures reçues à l’occasion d’un attentat kamikaze hier !
Il se faisait tard de part chez eux. Elle préparait une réunion électorale pour son parti, le PPP.
 
Du coup, je suis triste. Pour cette mère de famille, encore qu’elle savait ce qu’elle représentait pour les pakistanais en proie à l’islamisme terroriste et décadent des plus radicaux dans un pays Chiite, et avait dit et répété qu’elle était en danger.
La mort d’un opposant politique n’apporte absolument rien à la vie des gens, à la vie de la cité, si ce n’est une régression de plus.
Encore moins dans la violence, si ce n’est un enfoncement de plus dans la barbarie.
D’ailleurs l’opinion mondiale, unanime, a condamné promptement cet assassinat. Le Conseil de sécurité de l’ONU s’en est même réuni dans l’urgence !
Quant aux bourses de valeurs, elles ont régressé. Pas encore celles des places européennes – c’est pour aujourd’hui et la BCE en a profité pour ramasser 145.640 millions d’€ à 4 % émis quelques jours plus tôt.
L’or, le prix du baril, l’euro en ont profité pour augmenter…
Et les pakistanais pour se faire une nuit d’émeute !
 
Bhutto ! C’est d’abord un nom, celui de son père Zulfikar Alî, sur lequel elle avait « capitalisé ».
Celui-ci avait commencé ses études à Bombay, pour les poursuivre à Berkeley puis à Oxford. En 53, année de naissance de sa fille, « l’unique ». Il est avocat au barreau de Londres.
Il retourne au Pakistan quelques années plus tard, pour y exercer son métier et rejoindre en 1958 le cabinet du Président Iskander Mirza en qualité de Ministre de Commerce, puis en 1963 au poste de Ministre des Affaires Étrangères où il signe, la même année, le traité sino-pakistanais le 2 mars qui fit tant gloser.
 
En juin 1966, Bhutto démissionne de son poste et fonde le Pakistan People's Party (PPP), ce qui lui vaut d’être emprisonné, de novembre 68 à février 69 à la suite de troubles.
Lors des élections générales de décembre 70, le PPP gagne une large majorité au Pakistan occidental, mais échoue à conclure un accord avec le cheikh Mujib-ur-Rahman qui obtient la majorité sur le territoire du futur Bangladesh.
Cette partition, typiquement britannique (un pays divisé en deux et séparé par un pays-continent, l’Inde) entraîne une guerre civile sans merci en 71, musulmans en occident, bouddhistes à l’orient.
L’Inde connaît ce type de trouble, dont l’assassinat du Mahatma en fut un des épisodes saignants.
 
Le Premier Ministre Yahya Khân démissionne et Bhutto lui succède avant de devenir Président de la République, le 20 décembre 1971.
Bhutto nationalise des industries majeures du pays, amorce une réforme agraire dans la droite ligne du marxisme triomphant de l’époque et retire le Pakistan du Commonwealth lorsque sa royale britannique majesté et d’autres pays occidentaux reconnaissent le nouvel état bangladais.
 
Après le vote de la constitution de 1973, Bhutto reprend le poste de Premier Ministre pour tenir le pouvoir en une seule main et gouverne de façon autocratique (nous savons ce qu’il en est avec notre Vénéré Président à nous). À l’issue d’une nouvelle crise politique, il est renversé et emprisonné par le général Zia Ul-Haq, qui impose la loi martiale le 5 juillet 77. Une période de dictature militaire s’ouvre…
Condamné à mort pour conspiration de meurtre, Bhutto est pendu le 4 avril 1979.
 
Sa fille Benazir est née à Karachi en 53. Elle fait des études secondaires au Pakistan, intègre le Radciffe College aux USA, puis Harvard. Elle les poursuit au Royaume-Uni : philosophie, politique, économie et droit international à Oxford.
Elle rentre au Pakistan en 1977 peu avant que son père, président du pays, soit renversé.
Après sa détention et son exil, elle revient au pays en 1986 et dirige l’opposition à la loi martiale.
 
Zia ul-Haq meurt le 17 août 1988 dans un mystérieux accident d’avion et en novembre de la même année, à la tête du PPP, le parti socialiste pakistanais créé par son père, elle gagne d’une faible majorité les élections législatives et devient Premier ministre : elle deviendra la première femme Premier Ministre dans un pays musulman : ce n’est pas rien et force à l’admiration.
Son gouvernement est démis par le président Ghulan Ishaq Khan pour corruption et abus de pouvoir en août 1990.
Son époux, ministre des investissements, Asif Alî Zadari est même maintenu en détention de 1990 à 1993, puis est acquitté, alors que le parti de Bhutto perd les élections de 1990.
Elle redevient Premier Ministre en 1993 où elle montre un sens politique des plus chevronnés, fait des alliances, y compris avec des militaires, ce qui lui permet de traiter certains des problèmes de façon plus efficace que lors de son premier mandat, mais elle doit faire face à la montée du fondamentalisme musulman.
 
En novembre 1996, son parti perd à nouveau les élections au profit de la Ligue musulmane.
En 1999, Bhutto et Zadari sont à nouveau tous les deux condamnés pour corruption. Bhutto part en exil en Angleterre et son époux aux EAU (États Arabes Unis), conteste ce jugement.
En 2002, ne s’étant pas présentée au procès en appel, elle est condamnée à ne plus pouvoir pénétrer sur le territoire pakistanais !
De plus, le président pakistanais Pervez Musharraf fait voter la même année un amendement à la constitution interdisant de faire plus de deux mandats de Premier ministre, ce qui lui interdit tout retour au pouvoir… C’est démocratique, dans ce pays là !
 
Durant l’été 2007, nous avons été témoins et des vacances pontifiantes pour plouc friqué de notre « Vénéré Président » sur la côte est des USA, invité à manger des hot-dog par son illustre modèle, pendant que Bhutto entamait de longues transactions avec Musharraf, en vue du partage du pouvoir : c’est une drogue dure à addiction !
L’ordonnance de réconciliation nationale est signée le 5 octobre, emportant amnistie à Bhutto et Zadari.
 
Elle peut rentrer pour préparer les élections du 8 janvier prochain, faire l’unité de l’opposition, après moult difficultés relatives aux désordres et troubles à l’ordre public que sa présence sur le territoire provoque : plusieurs fois elle est assignée à résidence.
Pour finir par périr bêtement pour son peuple, tiraillé entre la présence des occidentaux et de l’US Army (mais on se souvient aussi de ses ingénieurs Matra/DCN kidnappés alors qu’ils supervisaient la fabrication des joujoux guerriers des dirigeants du pays) et des fondamentalistes radicaux perchés dans les montagnes, ou les heurts frontaliers dans le Cachemire.
 
C’est qu’il ne faut pas oublier que cette ancienne colonie anglaise, que dis-je, cet ex-protectorat, n’est ni plus ni moins qu’une puissance nucléaire régionale, cible de toutes les ambitions de radicaux anti-sionistes !
Et quand on pense que notre Ministre des affaires étranges, B. Kouchner s’en va-t-en guerre au Darfour, laissant monter la pression de la bouilloire pakistanaise peut-être au profit d’anti-sionistes musulmans, il y a parfois des claques qui se perdent : Pas sûr qu’il entre dans l’Histoire avec un grand « H » ce coup là !
 
Bref, je n’ai pas envie de rire, ce matin !
Un pays va de nouveau être ballotté entre terrorisme d’État et terrorisme islamiste : Pas de quoi se réjouir en cette fin d’année.
Il y a trois ans, la terre « frémissait », provoquant un tsunami monstrueux et meurtrier.
Espérons que la sagesse des hommes soit plus forte que le « frémissement » que va provoquer cet attentat évitant un sort semblable à ce pays là.
 
Bref, je suis triste ce matin.

Bon week-end quand même.

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M
Reste plus qu\\\'à danser la Marulanda avec les rigolos de la chanson du dimanche qui nous souhaitent la paix du rentier?http://vids.myspace.com/index.cfm?fuseaction=vids.individual&videoid=24461027
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I
Oui, tout laisse penser que la prochaine bombe nucléaire qui explosera (mais où ?) proviendra de cette région du monde...Non, y a vraiment pas de quoi rire...
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