Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture

Publicité

Pouvoir d’achat (I)

La contribution de Timothy Smith
 
Les récentes mesures annoncées pour répondre à l’immense « attente des français » relatif à leur pouvoir d’achat ont provoqué quelques éclats de rire de ma part… teintés d’incrédulité.
La semaine passée, notre « Vénérable Président bien aimé » a tenté de calmer les esprits avec des mesurettes dont les effets attendus seront de toute façon décevants et insuffisants !
Il a raison de penser que sans croissance (de l’économie nationale dans son entier), il n’y aura pas d’accroissement de pouvoir d’achat significatif, pour nous autres, pauvres laborieux ignares !
Il sait aussi que sans accroissement de la consommation, il n’y aura pas de croissance durable dans ce pays, car c’est le plus gros moteur de notre économie hexagonale.
Donc il favorise la consommation des ménages au détriment de… leur bas de laine !
Pourquoi pas ?
 
On sait que cette démarche favorise aussi les importations qu’on compte déjà pour un quart dans notre PIB.
Ce qu’on sait moins – et ce message s’adresse à tous, travailleurs salariés, indépendants, rentiers des caisses sociales ou pensionnés des belles lettres et des beaux immeubles – c’est que ce fameux PIB rapporté aux heures de travail effectif est égal à 40 euros/heure !
L’un des taux les plus élevés du monde.
Augmentez le nombre d’heures de 10 % (passage de 35 heures à 39, de force ou négocié) et vous aurez une croissance de 10 % semble vouloir dire le fameux « travailler plus pour gagner plus » !
Simplisme à défaut d’être simple…
 
Pas vraiment, nous a asséné Attali la semaine d’avant dans une intervention exclusive dans l’hebdomadaire « Le Point » : « Les français ont trop de pouvoir d’achat », titrait l’article quelque peu iconoclaste, « par rapport à son niveau de compétitivité », fallait-il lire plus loin !
Voilà l’incohérence : un taux de « Valeur Ajoutée Marchande » parmi les plus élevés et une compétitivité des plus alarmistes !
C’est notre paradoxe gaulois hexagonal !
 
L’un croît plus vite que le second et ça se traduit par des déséquilibres dans les comptes publics.
Attali mettait ce manque de compétitivité sur le compte d’une politique de redistribution, entamée depuis plus de 40 ans, qui est mal faite et peu efficace !
Il est vrai qu’on a empilé un peu dans le désordre de l’urgence conjoncturelle bien des mécanismes assez peu lisibles, abscons, trop souvent inefficaces : Mais là, on attend encore les réformes promises !
Silence dans les rangs.
 
Timothy Smith, qui est professeur d’histoire contemporaine à la Queen’s University, Canada, expliquait que la France est vraisemblablement le pays le plus dynamique du monde : « La France est l’une des sept plus grandes économies de la planète. Les multinationales françaises sont florissantes. Ce qui ne tue pas ses entreprises les renforce (plagiant Nietzsche au passage). Les impôts élevés et la bureaucratie tentaculaire qui pèsent sur elles les contraignent à être (les ?) plus productives (…) ».
Ce point de vue est à rapprocher de l’analyse de je ne sais plus quel gourou de la finance à qui l’on demandait il y a deux ans à Tokyo, crois-je me souvenir, dans quel pays il fallait investir ! « En France, naturellement ! »
Et de brosser un tableau mirifique de l’état de l’économie française, qui produit le meilleur, que ce soit dans les têtes ou dans ses entreprises, mais qui reste bridée par son environnement administratif. « Quand ils s’en libéreront, la terre entière pourrait en trembler ! »
 
Et à que quoi assiste-t-on depuis le 6 mai 2007 ? À une avalanche de réglementations plus obscures les unes que les autres, à l’envoi de signaux contradictoires, à un embrouillamini invraisemblable de déjections diverses : une loi sur les chiens, une autre sur les fous, une sur la récidive, une sur les mineurs !
Une sur la fiscalité pour quelques niches de plus, encore une sur le volet social, les heures supplémentaires !
Une volée de bois vert sur l’appareil judiciaire, des projets sur les pédophiles et sur les institutions politiques !
Quelques « tricheries » sur le financement des partis politiques (le Nouveau Centre qui va jusqu’à s’allier, avec la bénédiction de ses ministres « tête de liste », à un parti indépendantiste tahitien pour contourner la loi territoriale et recevoir de l’argent public qui ne lui est pas dû) et des auditions de témoins dans une affaire d’éclairs pas très clairs (clearstream), etc.
Bref, aucune « libération » bureaucratique, bien au contraire (les 23 pages de circulaire sur les heures sup, par exemple) et le train-train habituel des règlements de comptes habituels à « Ok Corral » (entre amis qui se veulent du bien !)
 
Toutes ces analyses sont d’ailleurs reprises, au moins pour partie, encore avant-hier sur « débatéco », par qui fait métier de suivre ces choses de près.
 
Exemple :
J’avais dit que j’y reviendrai : On manque de logement en France. 700.000 d’après la Fondation de l’Abbé Pierre (dirigée à l’époque par un énarque devenu ministre de la misère depuis). C’est récurrent.
Ça engendre la misère financière, le désoeuvrement d’une jeunesse qui n’a pas accès à un toit et pourrit la vie de leurs parents et des voisins, de ceux qui se lèvent tôt dans les ghettos. Comme il n’y a pas de croissance, qu’ils sont mal formés (enfin, mal… disons pas du tout pour être clair, et à rien du tout) leur seule ambition est « de faire de la tune » par tous moyens, sur « leur » territoire.
Comme ces territoires, ils les réputent unilatéralement leur propriété où tout le monde n’est pas le bienvenu, faute d’un minimum de bon sens, les « keufs » y sont donc mal vus : d’où des émeutes à la moindre difficulté !
 
Non Monsieur le Président, la « caillera », ce n’est pas que de la voyoucratie ! On ne naît pas voyou, on le devient !
Et il y a des raisons pour ça !
En commençant par les logements : pourquoi en manque-t-on depuis tant d’années ? Parce que c’est devenu cher, trop cher !
Regardez donc le fameux ICC (Indice du Coût de la Construction), juste pour le 2ème trimestre 2007 : Version avant 2006 (l’indice BTP) : + 5,05 %. Version loi 2006 : + 2,76 %. Indice des prix hors tabac tout ménage pour la même période : + 1 %.
Et ce n’est pas en cassant le thermomètre qu’on changera quoique ce soit !
C’est en changeant de règlementation pour construire.
 
Car on peut construire pour moins cher, dès qu’on n’a plus à instruire un Permis de Construire qui va demander des années avant de lever tous les obstacles, dans les zones à risques (naturels, inondables, sismiques, Seveso, etc.) selon des normes en constantes modifications et à « inflation exponentielle », qui vont devoir intégrer et le PLU, et le PLD, et l’environnementalement correct, et le sanitairement (plomb, radon, déchetterie, ozone, sous-sols consolidés, rayonnement magnétique, comsique et autres polluants) acceptable !
Brad Pitt compte bien installer 150 maisons pour 5 millions de dollars au cœur de la Nouvelle-Orléans alors que nous ne sommes pas capable d’en faire à moins de 120.000 €, il doit bien y avoir une raison !
(En fait, c’est juste un coup de pub et un appel à la générosité : il faut quand même compter 150.000 $ par maison en Louisiane, ce qui fait au taux de change actuel et sans la TIPP sur le transport du gasoil tiré des puits texans tout proche ou de la raffinerie locale, un peu plus de 100.000 $ le toit équipé de son antenne de télévision).
 
Non pas qu’il faille tout permettre : Mais dans notre démocratie, on a oublié que « Tout ce qui n’est pas interdit est permis » pour tomber, doucettement, sans s’en rendre compte, dans le « Tout ce qui n’est pas permis est interdit » !
Ce qui fait aussi toute la différence entre un régime démocratique et libéral où il fait bon vivre et un État facho et totalitaire où l’on craint jusqu’à son voisin qui peut « délater » à n’importe quel moment et pour n’importe quelle raison, avec toutes les conséquences qu’on peu redouter !
D’ailleurs, l’appel à témoin contre prime sonnante et trébuchante à Villiers-le-Bel est aussi là pour nous rappeler qu’on s’enfonce bien dans ce système avec une bonne conscience déconcertante…
 
On manque de logements ? Mais laissons faire les « maîtres de l’art » et l’initiative privée !
Ils sont assez grands pour construire selon des cahiers de charges à des degrés divers de perfectionnement et de sécurité !
Ils sont capables d’établir des normes et de s’y conformer de bonne foi entre une habitation qui doit résister à l’orage centenaire ou la pluie cinquantenaire et pas seulement se mettre à l’abri de la garantie décennale !
Ils sont capables de faire du second œuvre de haute qualité, de bonne qualité ou juste suffisant pour les dix ans à venir !
 
Et tout est bien là : l’excès de réglementation, où l’on oblige à tout, même le superflu (bien confortable il est vrai), coûte plus que le nécessaire.
Si c’est cher, c’est élitiste. Si on y met des gens incapables d’entretenir, ça se dégrade, ce qui est révoltant. Puis ça se ghettoïse et enfin, c’est l’émeute quand on veut y remettre bon ordre !
Logique : tout est lié.

Et il n’y a pas vraiment de hasard. Sauf celui de marcher sur la tête, mais ça, c’est devenu une habitude qui semble toucher à la nécessité, dans notre beau pays !

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
I
@ Cindy : Oui ce sont des fourchettes ! Qui varient selon les contraintes locales. Après chacun fait sa cuisine !
Répondre
C
je ne sais pas comment vous comptez : Ca ne fait jamais 100 % vos calculs ! Peut-être que ce sont des fourchettes ?
Répondre
I
@ Cindy : Si ! S'en est un. Mais un parmi tant d'autres : On compte entre 8 et 12 % rien que pour le foncier selon qu'il est ou non viabiliser. On compte 5 à 10 % rien que pour les études, l'architecte et le géomètre. On compte 25 à 35 % pour le gros oeuvre. 20 à 30 % pour le second oeuvre. 5 à 10 % pour le financement. Plus de 5 à 15 % pour la commercialisation selon le procédé et la demande. Plus 3 à 5 % pour les garanties biennales et décennales et le reste c'est la marge du promoteur... quand il y en a une ! Sans compter les taxes prises ici ou là...<br /> Vous voyez tout de suite que la réglementation, les variables de qualité, coûtent au bas mot un quart à un tiers du prix de votre logement ! C'est ceux qu'on peut réduire... (le béton et les prises de courant, ma foi... ça se négocient aussi, mais fort peu).
Répondre
M
pas idiote, ton idée "étoilée". C'est à creuser !
Répondre
I
@ Cindy : J'ai dit tout ça moi ? J'en reste soufflé !<br /> Je ne vous savez pas blonde... Vous faites comme vous voulez pour vos cheveux. Vous avez résumé l'essentiel.<br /> Il n'empêche qu'entre deux excès, il doit y avoir moyen de trouver un "juste milieu"... L'affaire des "labels étoilés" pourrait être une piste (cf mon commentaire précédent à Momo).<br /> Par conséquent, il n'y a pas vraiment de contradiction. S'il en est une, elle est dans notre façon de faire actuelle !<br /> Et ce constat s'applique à touutes les activités dans ce pays : Pour trouver une "niche" non réglementée, je vous assure qu'il faut se creuser le neurone : même être boulanger ou faire coiffeur reste réglementé !!!!<br /> Faut dire aussi que ce sont en général les pionniers qui réclament une réglementation : Le mécanisme est simple ! Je trouve une niche d'activité, j'explose mon marché. D'autres s'y installent parce que c'est vraiment juteux... Qu'est-c que font les quelques premiers ? Il protège leur marché en le réglementant à leur main, selon leur norme à eux, pour être les seuls à avoir le savoir-faire le plus anciens : Et on ferme l'accès à ce marché à de la nouvelle concurrence !<br /> C'est exactement ça qu'on a vu avec les lois Royer et compagnie pour les ouverture de boutiques un peu grande : L'innovation devient alors une rente en rendant nettement plus coûteux le ticket d'accès.<br /> Je ne sais pas ce que vous faite comme métier, mais autant on peut créer "pour pas un rond" une entreprise et une activité nouvelle non réglementée, autant il faut compter 1 ans de CA d'investissements quand il l'est : C'est une constante !<br /> Donc ne venez pas me dire que la réglementation n'est pas un coût supplémentaire dans notre pays !
Répondre