1 – C’est aujourd’hui que s’ouvre le procès d’Yvan Colonna ! Des faits qui remontent au millénaire précédent ; une longue cavale dans ce maquis impénétrable (qui sent si bon) et plus de 4 ans d’instruction… qui n’auront rien révélé de plus qu’on ne savait déjà !
Je me souviens de ce Préfet huguenot. Vraiment brillant d’écoute et d’intelligence. Modéré et diplomate dans une région latine en effervescence permanente.
Il avait su gagner ma confiance en quelques mots rares qui en disait long, à la fois sur sa mission d’être l’État de droit sur ce bout de méditerranée et l’incommensurable faiblesse des forces du droit et de l’ordre public…
Un peu comme un pompier qui doute devant des braises dormantes pour redouter qu’en les noyant maladroitement sous un malheureux jet d’eau impuissant, il les disperse à l’infini, allumant ici et là autant de nouveaux foyers.
C’était subtil.
Et puis l’affreuse nouvelle. Descendu, en pleine rue, un soir, sur le chemin du théâtre local.
Abattu, pas n’importe comment, pas comme un lapin sur un champ de foire, pas comme un chien dont on veut, par compassion, soulager de la douleur, en le regardant droit dans les yeux une dernière fois.
Non !
D’une balle dans la nuque et à bout touchant !
Incompréhensible…
Il faut bien comprendre : frapper à mort avec une arme à feu permet, certes, d’être radical. Mais laisse presque toujours une poignée de mètres entre le tueur et sa victime.
Plus la victime est loin du tireur, plus elle a de chance d’en réchapper : il faut être un excellent tireur, bien entraîné (et ce n’est pas ce qui manque en Corsica Bella Tchitchi) pour mettre au but au premier coup !
À bout touchant, c’est forcément un « pro » qui ne laisse aucune chance à sa victime. Un tueur à gage qui ne prend aucun risque, qui sait les mesurer et y parer pour en avoir fait tant et tant.
Or, ceux-là, qui opèrent encore sur l’île de beauté, ils font feu de face !
Car ils sont corses avant tout.
Colonna n’ignore pas la règle « d’honneur » (quel mot affreux en la circonstance), pour être corse lui-même…
Incompréhensible, vous dis-je.
Je me souviens d’avoir cosigné un courrier à la famille d’Érignac, disant toute notre tristesse partagée dans son drame. Double tristesse d’avoir à laisser un si horrible souvenir de notre île à sa veuve et ses enfants. Triple tristesse pour savoir tout le mal qu’on leur infligeait, qu’ils allaient devoir endurer pendant de longues années pour, un jour, peut-être, parvenir à le surmonter.
Quadruple pour me sentir, quelle que part, coresponsable.
Coresponsable de savoir ce que c’est, pour y être passé avant eux tous et de n’avoir pas cru que son drame était transposable à en croiser le Destin de ce Préfet là.
Puis l’enquête, archi-bâclée, la « filière agricole » démente, l’épisode des paillotes brûlées par mes gendarmes (sans doute face à cette impuissance déjà ressentie dans les dires reçus du prédécesseur de Bonnet), dont un est mort depuis en service commandé au cours d’une intervention banale sur le continent, le procès de ces incendiaires là, puis celui des complices présumés qui désignent Colonna avant de se rétracter. Peut-être même la présence d’un troisième homme… qui expliquerait quelques « détails techniques ».
Depuis, rien de plus…
Sauf une intime conviction des juges instructeurs, des acteurs et des observateurs, n’allant pas tous vers les mêmes conclusions.
Laissons la Cour d’Assises Spéciale statuer : Justice doit passer, avec ou sans preuve des faits avérés, avec ou sans recoupements irréfutables.
C’est son boulot, pas le nôtre.
Nouvelles galères pour tout le monde : de ça, il importe peu, finalement ! Les luttes sociales sont faites pour tout le monde, n’est-ce pas ?
Notamment pour ceux qui peuvent « lutter » et n’ont pas des gamins à occuper, des responsabilités urgentes à assumer : ça attendra bien le relais de la mobilisation des fonctionnaires la semaine prochaine.
Mouvement particulier quand même, où le pire côtoie le meilleur (un peu de pub !). Expression d’un ras le bol intempestif ?
Ce qui reste curieux, c’est que le premier Ministre d’aujourd’hui, qui est quand même le premier à avoir réussi à entamer cette fameuse réforme (c’était du temps du « Chi »), reste absent du débat : il paraît qu’en plus, il a de l’humour ! C’est lui qui le dit…
Pour le reste, il fait du tourisme écologique…
Au prix où il est payé (comme le pédégé, désormais), c’est sûr qu’il a les moyens de se promener !
Ce que je n’arrive pas à comprendre c’est pourquoi quiconque qui se la pète veut toujours décider à la place des z’autres de leur propre bonheur.
La réforme des retraite doit pourtant être extrêmement simple : On naît, puis on meurt. Moyenne, mettons pour simplifier, 85 ans pour tout le monde (je simplifie outrageusement, bien sûr !).
On grandit et on se forme pendant 25 ans. On trime pendant 40 ans. On bulle pendant 20 ans.
Simple jusque là.
Ce qu’on cotise pendant 40 ans de labeur permet de survivre pendant les 20 années suivantes. Globalement et toujours pour simplifier, si on touche 50 % de son salaire de référence (SR) de l’époque de « trimage », pendant les 20 ans où l’on bulle, l’équation est assez simple. 20 x 0,5 x SR = 40 x 0,25 x SR !
Ce qui nous donne un taux de 25 % de cotisation sur le « SR ». On n’y est pas, mais c’est une hypothèse d’école simplificatrice.
Des gens veulent travailler moins et buller plus longtemps ? Pourquoi pas ?
Mettons 5 ans. On a donc 25 ans (20 + 5) x 50 % x SR = 30 ans (40 – 5) x 35,71 % x SR : Il suffit donc d’augmenter le taux de cotisation de 10,71 % « SR » et le tour est joué ! Tout le monde sera content !
Certes, si la réponse est simple elle entraîne plusieurs conséquences qui ne font pas partie de la « réforme » (ni d’aucune revendication, notez-le) :
1 – Dans le « SR », il faudrait que le salarié décide lui-même de son taux de cotisation. Ça peut être réglé conventionnellement (ou contractuellement : les « cafétéria-plans » sont là pour ça avec tout plein d’outil comme les articles 83 et 39 du Code des impôts, mais aussi l’épargne salariale et tant d’autres) par branche d’activité, par entreprise, ou par bassin d’emploi.
2 – Dans le « SR », pour disposer de cette liberté au lieu de se laisser imposer un choix qui semble ne pas convenir, il faut y inclure les charges sociales part patronale, celles qu’on ne lit jamais, mais qui coûtent plus des deux tiers de la « couverture sociale » totale.
Autrement dit le « SR » doit évoluer de la notion de « salaire brut » (celui qu’on ne touche jamais), vers le « brut plus charges patronales et salariales ».
3 – Naturellement, dans cette hypothèse, la seule négociation envisageable reste le cas des entreprises nationales et les fonctions publiques, quand l’État devient employeur : qui paye quoi ?
Dans le privé, les partenaires sociaux peuvent tout de suite mettre en place ce système : les chiffres sont connus avec certitude.
Pas de la même façon dans le public !
Et c’est bien là tout le sel de ces mouvements sociaux !
Par un habile détour des syndicats professionnels (patronaux et ouvriers qui gèrent le problème en coexistence paritaire « partenarial »), en fait, quelques-uns vont venir emmerder tous les autres pour que tous les emmerdés mettent un peu plus la « main à la poche » en disant merci de « défendre MES droits » personnels !
Absurde, non ?
3 – On peut noter à l’occasion que la popularité de la « môme Hilary » augmente moins vite que les cours des matières premières sur les marchés mondiaux.
En attendant, si les bourses de valeurs jouent encore du yoyo, la BCE maintient ses taux à un niveau élevé (pour maîtriser l’inflation), pendant que le FED aime à les baisser (pour l’accentuer ?).
Ça plus « l’effritement kolossal » du dollar, c’est la meilleure façon de rembourser les immenses déficits de l’économie américaine : Ils sont très doués, ces cousins d’outre-atlantique !
Ils ont accumulé des centaines de millions de dollars de dette quand leur monnaie était forte et ils vont pouvoir rembourser avec de la monnaie de singe !
Ce sera le boulot du prochain président des USA : fastoche !