Pour quelle raison ?
L’origine de la fête de la Toussaint n’est aucunement tirée des textes bibliques, comme le sont la plupart des grandes fêtes liturgiques telles Noël, Pâques ou la Pentecôte.
Elle a en fait été instituée par l’Église pour répondre à différentes situations.
Après les persécutions dont les premiers chrétiens ont été victime, on a d’abord institué une fête de tous les martyrs qui s’est ensuite étendue, plus tard, à tous les saints.
Par ailleurs, au Moyen-Âge, pour combattre la fête païenne des morts, on a placé au 1er novembre la fête de tous les saints.
La fête de tous les martyrs est en réalité commémorée le 13 mai. D’abord célébrée en Orient à partir du IVème siècle, elle était fixée le premier dimanche qui suit la Pentecôte par l’église d’Édesse.
Le 13 mai à Antioche.
La fête du 13 mai s’est diffusée à Rome au VIIème siècle, exactement en 610, à l’occasion de la transformation du temple païen du Panthéon dédié à tous les dieux, en une église dédiée à tous les martyrs, sous le nom de « Sainte Marie des martyrs ».
Plus tard, au VIIIème siècle, les moines évangélisateurs se heurtèrent à la fête celitique du « Samhain », fête des morts, païenne et celtique.
Dans le monde celte, la nuit du 31 octobre au 1er novembre était le début de la nouvelle année. C’était la fête de la divinité « Samhain » en même temps que celle du nouvel an qui marquait le début de l’hiver.
Elle survit encore à travers « Halloween » dans quelques pays anglo-saxons.
Pour lutter contre cette fête païenne centrée sur les morts, les moines obtinrent de Charlemagne d’instituer une fête de tous les saints le 1er novembre, substituant ainsi les saints aux esprits des morts. En 835 sous le règne de Louis le Pieux, fils de Charlemagne, la fête de la Toussaint, qui existait déjà à Rome, fut étendue dans les provinces qui deviendraient France.
Et, peu à peu, toutes les Églises occidentales adoptèrent cette date de la fête de la Toussaint.
Ainsi, en 1580 le pape Sixte IV fit de la Toussaint une grande fête chrétienne, mais c’est seulement à Pie X que l’on doit d’en avoir faite une « fête d’obligation », c’est-à-dire une fête où tout bon chrétien est obligé d’assister à la messe.
Pour que la Toussaint garde son caractère propre et qu’elle ne soit pas une journée des morts, Odilon abbé de Cluny, vers l’an 1000, impose à tous ses monastères la commémoration des défunts par une messe solennelle le 2 novembre.
Cette journée n’est pas appelée « journée de prière pour les défunts », mais « commémoration des défunts ».
À cette époque, où la doctrine du purgatoire n’est pas encore élaborée comme à la fin XIIème siècle, il s’agit plus de faire « devoir de mémoire » des défunts que de prier pour eux et d’intercéder auprès de Dieu leur accès à sa lumière divine.
Au XVème siècle, les Dominicains inaugurèrent alors en Espagne l’usage de célébrer trois messes en ce jour. Le pape Benoît XV a étendu à toute l’Église romaine et apostolique la possibilité de célébrer trois messes le 2 novembre en demandant de prier pour les nombreux morts de la guerre.
Voilà pourquoi, à ma connaissance, nous honorons de notre souvenir bienveillant et reconnaissant « la mémoire de nos morts » et défunts, le 1er au lieu du 2 novembre : Il n’y a qu’en Belgique où le 2 novembre est aussi un jour férié !