Les dépenses…
Le budget général de la Nation nous a été présenté la semaine passée. Avec quelques informations reprises dans la presse.
Côté « dépenses » (comment ils vont claquer le « pognons des z’autres »), on attendait un budget de « rupture ». Voilà ce qu’il en est :
– Dépenses totales : 271,81 Md€ en 2008 contre 266,85 Md€ présumés en 2007 (+ 1,8 %, soit juste le taux d’inflation déjà établi pour l’année prochaine : on est donc « à volume constant ») !
– Déficit d’État en 2007 : 41,996 Md€. 2008 : 41,721 Md€ ! Une baisse « significative » de l’ordre de 0,65 %… Magnifique, non ?
– D’ailleurs, ce chiffre est à rapprocher des 41,084 Md€ de « service de la dette et des garanties » : Il n’y a pas de secret, nous n’assumerons pas la dette des prédécesseurs pour faire l’impasse sur le sujet avec la création d’un nouveau déficit qui représente quand même 18 % des recettes espérées (si tout va bien) !
Ce qui nous emmène du côté du 26 octobre 2008, époque de notre entrée « à découvert » collective et général.
Notons aussi que le « Service de la Dette » ne serait que de 39,484 Md€ en 2007 (si tout va bien aussi), soit un découvert naissant le 24 octobre 2007 (tout juste 6 jours après les « grandes manifs » pour la défense du service public : Vous y serez aussi ?).
Qu’est-ce qu’on est bon : on aura gagné deux jours de valeur… l’année prochaine !
– Dépense de personnels : 119,914 Md€ en 2008 pour une augmentation de 1,1 % par rapport à 2007 (118,587 Md€) ! Pour ce « prix là », avec quelques plus, nous aurons 2.206.737 emplois « équivalent temps plein » rémunérés, soit 4.528 €/mois par ETP, avantages sociaux inclus… D’ailleurs, ils vont justement défiler le 18 octobre pour les défendre…
Ils ne sont pourtant pas nombreux, à toucher au moins tout ça ! Mais que voulez-vous, ce sont les chiffres !
41,7 Md€ de déficit, c’est justement 767.631 ETP, soit un peu plus d’un tiers des effectifs (34 %).
– Notons qu’il s’agit d’un « lourd effort » car déjà, 22.921 personnes ne seront pas remplacées en comptant les 260 postes au contrôle aérien, ceux affectés aux publications du JO et ceux les budgets annexes !
Soit 1,02 % des effectifs en moins !
Tâchez de vous en souvenir… quand la fonction publique, mécontente de son sort, tentera de paralyser le pays (malgré la loi sur le « Service minimum » votée sous la pluie du mois de Juillet dernier) !
Gros du bataillon de cette grand armée officielle de la fonction publique : L’enseignement scolaire !
1.022.641 ETP, (pas tout à fait la moitié des effectifs) pour 29.500 départs programmés (publics et privés) dont 1.000 agents administratifs, 3.000 stagiaires et 8.040 postes d’enseignants et ce malgré la création de 840 postes dans l’enseignement primaire !
Et ils se sentent mal aimés, ces gens là ?
D’autant qu’à côté du départ des 3.000 stagiaires, on annonce pour la rentrée de septembre 2008, 6.000 créations de postes d’assistants pédagogiques ! Qui l’eût crû ?
Bref, un doublement de ces effectifs là, mais en fin d’année (effet de report garantie pour 2009) !
Derrière, on comptera 320.612 militareux (ils seront 6.037 en moins, plus, proportionnellement que les « profs » pour être 8.040 à disparaître), 249.701 personnes affectées à la « sécurité » intérieure, suppose-t-on, qui avec les 2.563 personnes affectées à la « sécurité civile », assureront notre confort « sécuritaire » à nous tous (y compris eux-mêmes, même s’il n’est pas prévu de raccompagner les fliquettes la nuit à leur domicile après le service).
Pas tout à fait 1 personne pour 100 t’habitants de ce doux royaume !
Encore 153.507 chercheurs et autres universitaires sont programmés (aucune perte de poste).
On a raison : si un jour ils parviennent tous à être des « trouveurs », on aura beaucoup progressé !
Ils seront 86.645 à faire dans le développement durable et l’aménagement de notre beau territoire (866 personnes par département) : – 1.192 agents au total !
Ils se compteront 72.094 à assumer le fonctionnement de la justice (+ 1.615 postes : Bravo Rachida Mimi !), 14.537 à s’assurer d’une saine et équitable solidarité insertionnelle pour l’égalité des chances (de gagner au loto ?) (+ 100 personnes), 12.137 consacrant leur ardeurs zélatrices aux agriculteurs, pêcheurs et forestiers (qui ne sont plus que quelques 84.000 : 1 pour 7, mieux qu’à l’éducation national où l’on vise le 1 pour 13), effectif en diminution de 565 postes…
Et 11.256 à promouvoir notre belle culture (– 106 postes) aux côtés de 10.186 à travailler pour le « travail et l’emploi » (– 183 postes) !
Si.
Vous voyez bien qu’avec les 44.000 agents Unedic et Anpe, on s’en occupe de nos 2 millions de chômeurs (Pas tout à fait 1 pour 40) !
Bon, faut compter aussi avec 13.209 personnes qui s’occupent « d’action extérieur de l’État » (diplomates et barbouzes), tandis qu’ils ne seront que 2.549 à diriger « l’action de l’État ».
Le « développement et la régulation économiques » occuperont 6.940 personnes à plein temps alors même que 9.425 seront affectés au « Pilotage de l’économie française » !
Plus de 16.000 personnes juste pour surveiller comment et avec quoi on vit ! Merveilleux, non ?
On ne vous raconte pas les 5.012 fonctionnaires chargés de la sécurité sanitaire : il ne s’agirait pas qu’on tombe en plus malade par mégarde ! Qui paierait tout ce joli monde sans nous ?
Rapportons que quelques 3.145 fonctionnaires seront chargés d’animer la politique de la ville et du logement, moins nombreux que les 4.722 fonctionnaires ETP qui seront affectés à la « Mémoire et les liens avec la Nation (en plus des) anciens combattants » !
Mais on ne comptera plus que les 609 malheureux affectés à la migration, « l’asile et l’intégration » (bel effort !), et seulement 148 fonctionnaires mis au service de la politique des territoires.
Vous aurez compris qu’il nous faut pas moins de :
– 150.780 personnes pour gérer la finance publique et les ressources humaines de tout ce beau monde là (1 personne sur 14 fonctionnaires, y compris eux-mêmes) ;
– Plus 35.727 personnes pour administrer l’ensemble du territoire (presque une par commune) ;
– Et 4.960 personnes dévouées et au-dessus de toute suspicion pour conseiller et contrôler tout ce beau monde… de gestionnaire de la ressource « hommes et matériels » !
Une paille : 1 contrôleur pour 37 superviseurs, qui eux-mêmes gèrent, peu ou prou, de loin ou sur les talons, 14 personnes…
J’admire !
Pris comme ça, on aurait un général étoilé pour 518 soldats, officiers et sous-off, tout compris.
Même pas un bataillon !
Tout juste 5 centuries romaines conduites chacune et normalement par un centurion unique !
C’était quoi l’armée mexicaine, déjà ?…
Ah oui : On aura noté plusieurs points intéressants, bien mis en évidence :
– Les effectifs officiels et nationaux de la fonction publique ont crû de 1999 à 2002 (5.000, 5.400, 13.700 et 17.200 sous l’ère à « Yoyo » : 41.300 personnes au total, « volées » à la production productrice de l’économie nationale) ;
– En 2003, 1.000 départs n’ont pas été remplacés. 4.500 en 2004. 7.400 en 2005. 9.900 en 2006 et 11.200 cette année.
Avec les 22.900 départs non remplacés « budgétées » en 2008, cela fera un total de 56.900 personnes non remplacées.
Bref, on efface le passage de « Yoyo » d’ici à fin avril 2008 ! C’est qu’il y est allé très fort, le Lambertiste des beaux quartiers…
Enfin et derniers points concernant nos dépenses « z’à voter », on a prévu en de hauts lieux d’augmenter quand même les « autres dépenses de fonctionnement » de l’ordre de 2,033 Md€ soit + 1,86 % (pour un montant global de 110,813 Md€, soit 40 % de l’ensemble des dépenses) !
Autrement dit, le « service du personnel » absorbe près de 60 % de tout le budget !
C’est dire toute la création de richesse immatérielle que ces gens là vont déverser avec générosité partout où il y a des français et jusque dans les zones les plus reculées du territoire…
Où vont-ils aller chercher tout cet argent ?
Vous le saurez la prochaine fois, dans l’examen du volet recette, qui n’est pas non plus piqué des vers : là, j’ai le bourdon : je marque la pause !