Monsieur le maire a la tête dure…
Après le grand « one man show » du gymnase Vaugirard au printemps, avec son conseiller municipal chargé de la sécurité publique et des déplacements (celui qui fume des « pétards »), voilà t’y pas qu’à côté de la taxe foncière qui revient tous les ans avec quelque augmentation (celle-là, quand elle baissera… comme si ils n’en avaient jamais assez !), arrive un questionnaire relatif à la rue de Rennes !
Il paraît qu’il a été élaboré après moult études et concertations avec… quasi tout le monde !
Y’a des fois, il faut savoir faire confiance, me direz-vous !
On nous explique que nos noms sont tirés sur les listes électorales du quartier – en fait 6 dans 6ème et 2 dans 14ème, tous à proximité de l’artère qui part de la place du 18 juin et descend vers la Seine jusqu’à Saint-Germain – « à que » la synthèse de l’enquête sera effectuée par des « pro » du sondage (sans doute une filiale de quelques amis : il en a partout et jusqu’à l’Élysée, des amis, Monsieur mon Maire) !
Et « à que » nous aurons droit à un communiqué triomphal de la Mairie centrale comme résumé…
4 pages, divisées en 3 parties et qui commencent fort : Diagnostic !
Répondre par « Oui tout à fait ; Oui plutôt ; Non plutôt pas ou Non pas du tout ».
Un sondage « fermé », classique, donc orienté, réputé « à choix multiple ».
– L’ambiance de la rue de Rennes.
o La rue de Rennes est très minérale et manque d’arbres
Dire que la rue est minérale, pour un milieu urbain, ça paraît logique : on n’est quand même pas au milieu de la Papouasie orientale !
De là à imaginer que ça manque d’arbre, bé justement, c’est le propre des milieux minéraux et tout leur charme !
Si on y est pas sensible, autant déménager…
o La rue est dangereuse, surtout pour les usagers les plus vulnérables (piétons, cyclistes, personnes âgées, personnes malvoyantes)
Dangereuse pour les plus vulnérables, ventripotents et autres « bas sous le béret » : pas de doute !
Comme partout ailleurs !
Mais les gens normaux, on s’en tape ma brave dame !
o La rue de Rennes possède de belles façades, bénéfice d’une importante luminosité et ses proportions délimite un bel espace
Belles façades beaucoup de lumière et un bel espace : pour sûr. Axe nord/sud, forcément, toute la journée la lumière change !
Et c’est beau pour être en plus toujours différent…
o La rue de Rennes est polluée et bruyante
Pas tant que ça : Si on retire les bus qui y pullulent, elle est surtout parfois très vivante, bigarrée, attrayante voire attractive. On y trouve à peu près de tout (sauf des substances hallucinogènes).
La plupart du temps calme et déserte : demandez donc à Monsieur Jospin, du temps où il faisait son jogging matinal avant de rejoindre le Jardin du Luxembourg… La dernière fois, je l’ai même vu sur son vélo l’emprunter sans risque à courir !
Et sans ses gardes du corps.
o L’éclairage nocturne est peu confortable pour les piétons
On doit parler des « malvoyants » cités plus haut…
Faut mettre des lunettes, Monsieur le Maire : il n’y a pas de honte puisqu’on y vient tous avec l’âge.
o Les trottoirs sont très encombrés par les éléments de mobiliers urbains
Les trottoirs encombrés de mobiliers urbains ? Mais, M’sieur le Maire, il paraît que ça paye les vélib’ !
De toute façon, on ne les voit plus, sauf pour mon pote l’aveugle qui ne peut pas détecter, avec sa canne, et les portières de camions et les panneaux unijambistes : Lui, il les sent passer à travers la tête quand je ne suis pas là !
o La fréquentation est différente selon les heures de la journée et selon les jours de la semaine…
La fréquentation change d’un moment à un autre !
Quelle belle lapalissade…
En voilà des questions à la « çon » !
Et ils ont été payés chers pour ce « diagnostic » ?
Pas un mot sur la myriade de bus qui polluent bruyamment, les chiens qui crottent, les gens qui pètent ou crachent et les trottoirs dégueulasses : vous me direz une nouvelle fois, que c’est partout pareil !
Sauf pour les bus : ici, ils sont vraiment très nombreux !
– Les déplacements et la qualité de vie.
o Les trottoirs sont trop étroits du fait de la fréquentation et/ou de l’encombrement des trottoirs (suivent les trois secteurs, Nord, Centre et Sud).
L’encombrement des trottoirs, Oui, en haut, côté place du 18 juin, mais pas à cause du mobilier urbain (il n’y a plus de place pour eux), mais parce que justement la chaussée est étroite et y est planté un vaste îlot triangulaire piéton à l’entrée de la Rue de Rennes !
Ailleurs, ça roule, même si ça se bouscule un peu quelques heures par semaines sur les 200 mètres plus bas, les samedis après-midi…
o Pour les piétons, la chaussée est difficile à traverser du fait de sa trop grande largeur (suivent les trois secteurs, Nord, Centre et Sud).
La chaussée est difficile à traversée seulement au même endroit : c’est un véritable entonnoir à piétons.
Pour le reste, on n’est pas manchot, quand même !
Et puis il n'a pas vu les Champs Elysées depuis longtemps, notre Maire, à poser des questions stupides : la chaussée y est bien plus large !
Idem pour les grands boulevards…
o La vitesse des véhicules motorisés est excessive en particulier la nuit
La vitesse excessive des véhicules la nuit ? Et puis quoi encore ? Elle est surtout clairsémée. Et puis il suffit de désynchroniser les feux tricolores, pas besoin de défoncer les trottoirs…
o Sur la place du 18 juin 1940, les cheminements piétons sont pénibles sur les trottoirs encombrés et en traversée de la place
Oui, le carrefour du Sud, côté Montparnasse est dangereux. Justement parce qu’il manque un feu et que cet îlot central est un véritable appel à s’entasser…
o Au carrefour Rennes - Saint-Placide, les traversées des piétons sont difficiles et les conflits entre véhicules sont nombreux
Le carrefour Saint-Placide n’est pas simple, ni pour les piétons, ni pour l’automobiliste qui doit être vigilant : la solution serait d’inverser le sens de circulation de la rue Saint-Placide, ce qui soulagerait le boulevard Raspail pour ceux qui vont vers le Bon Marché et le square Boucicaut.
Là encore, pas besoin de défoncer les chaussées.
o Des places de stationnement automobiles sont disponibles dans les parkings hors voirie, la nuit, pour les résidents. Les connaissez-vous ?
Comme si je ne connaissais pas tous les « coins à se garer » dans le quartier !
Se foutent de ma gueule, les « gueux qui traînassent dans les bureaux »…
o Une partie des véhicules de livraison s’arrête en double file, gênant la circulation des voitures et des autobus.
Une partie des livraisons ne s’arrête pas en double file, puisqu’il n’y en a déjà plus qu’une ! Pommes !
Et l’immense partie livre par ailleurs et ne gêne absolument pas les nombreux bus !
Quel « Diagnostic » !…
Là encore, absolument rien sur ce trafic intense de bus qui pollue bruyamment (heureusement peu la nuit, même si les « noctiliens » la fréquentent, sur ces çonnards de cyclistes qui vous roulent sur les pieds sur les trottoirs, se croyant tout permis, juste dans le haut, parce qu’ailleurs, ils foncent comme des bêtes à entraver la circulation des bus…
Passons !
On tourne la page et l’on tombe sur « Priorités pour un projet »
Réponse à choix multiple, trois choix maximum par question.
– L’aménagement de l’espace public. Quels sont, parmi les propositions suivantes, les trois qui vous paraissent prioritaires ? Élargir les trottoirs, améliorer l’éclairage public, modifier les revêtements de sols, planter des arbres, disposer de bancs sur les trottoirs, supprimer des éléments de mobiliers urbains (cabines téléphoniques, panneaux publicitaires…)
Là, ça devient lassant !
Rien. Élargir les trottoirs reviendrait à « pousser les immeubles » ou à fermer l’accès « aux plus lointains ».
L’éclairage peut toujours être amélioré.
Planter des arbres reviendrait à détruire la « fabuleuse harmonie minérale »…
Bref, encore des âneries de « technocrates ».
– L’activité commerciale. Quels sont, parmi les propositions suivantes, les trois qui vous paraissent prioritaires ? Embellir la rue pour la rendre plus attractive, favoriser le commerce de proximité, Mieux organiser les livraisons en diminuant le nombre de camions, maintenir des places de stationnement rotatif, autoriser les étalages commerçants, autoriser de nouvelles terrasses de cafés ?
Embellir, pourquoi pas. Mais vu le « bon goût affiché » de la Mairie centrale, je m’abstiendrai de prendre le moins risque sur le sujet.
Favoriser le commerce de proximité, ça paraît incompatible avec diminuer le nombre de camions de livraison… mais peut-être ne le savent-ils pas encore.
Autoriser des étalages sur le trottoir ou des nouvelles terrasses de café, voilà bien un truc de « bobo chineur ».
J’en fermerai, surtout côté Sud !
– Les déplacements. Quels sont, parmi les objectifs suivants, les trois qui vous paraissent prioritaires dans le cas d’un aménagement de la rue de Rennes ? Améliorer les conditions de déplacements des piétons et notamment le cheminement des personnes à mobilité réduite, réduire la circulation automobile, favoriser la circulation des vélos en créant des itinéraires cyclables protégés, favoriser la circulation des autobus et des taxis, maintenir la circulation à double sens, maintenir le stationnement à double sens ?
Voilà donc le but : encore des pistes cyclables en sus !
397 kilomètres rien qu’à Paris, ce n’est pas suffisant, comme autant d’un parcours de « chaire à pneu »…
Surtout si c’est pour partager la chaussée rien qu’avec des bus et des taxis !
Et pourquoi dans un seul sens ? On va rejoindre les portes de Paris comment après, si nos chemins de détours, pour éviter d’être pris dans un embouteillage, sont supprimés ?
– La sécurité routière. Quels sont, parmi les propositions suivantes, les trois qui vous paraissent prioritaires ? Réduire les longueurs des traversées piétonnes, élargir les passages piétons, augmenter le nombre de passages protégés, abaisser la limite autorisée des véhicules de 50 Km/h à 30 Km/h, élargir les trottoirs dans les principaux carrefours, renforcer les contrôles de police ?
Renforcer les contrôles de police, pour sûr !
Le carrefour Saint-Placide est un véritable « pousse au crime », tellement les feux y sont courts !
Mais l'inversion du sens de circulation de la rue Saint-Placide y remédierait.
Élargir les passages piétons et les multiplier, évidemment.
Quant à abaisser la vitesse, c’est une grosse rigolade. Pour descendre ou remonter la rue de Rennes, il faut au minimum 4 à 5 minutes en voiture (quand ce n’est pas 10 ou 15) compte tenu de tous les feux !
Comptez bien : moins de 2 kilomètres en 4 minutes, ça fait déjà 30 Km/h dans les meilleurs conditions !
Faut-il être né « crétin des alpes » ou ne pas avoir été à l’école pour inventer des questions pareilles !
– Page 3 : Le phasage des travaux. Dans le cas d’un phasage dans la réalisation d’un aménagement rue de Rennes, quelle serait selon vous, la partie de la rue à réaliser en priorité ? (suivent les trois secteurs, Nord, Centre et Sud).
Comme quoi, le principe est déjà acquis… Sans la moindre concertation, naturellement !
Et avec quel pognon ?
Et la perspective de devoir supporter les poussières et bruits des engins de chantiers durant de longs mois, le tout payé avec de l’impôt qui aurait meilleure utilisation ailleurs et pour d’autres « pôvres gens » qui pourraient en avoir besoin, franchement…
– Le fonctionnement de la rue au cours de la journée, de la semaine et de l’année. Êtes-vous d’accord avec les propositions suivantes ? (réponse selon le oui tout à fait jusqu’au non pas du tout).
o Autoriser les livraisons dans la rue uniquement aux heures creuses
o Réserver la chaussée à la circulation des véhicules résidents, aux véhicules de livraison, aux transports en commun, aux taxis, aux véhicules prioritaire et aux vélos :
§ Le samedi après midi
§ Les jours de la semaine aux heures creuses
§ Quelques jours de l’année.
Là, c’est vraiment prendre pour des « ânes bâtés » les chauffeurs livreurs… Avec les interdictions d’emprunter les autoroutes le matin, ils savent quand même se débrouiller pour perdre le moins de temps possible pour livrer (sauf ces bataves qui viennent livrer leurs fleurs, naturellement !)
Quant à réserver l’espace public à quelques « happy few », voilà bien une politique sociale-socialiste du « chacun égal »… par le nivellement !
Lamentable.
– L’aménagement de la Place du 18 juin 1940. Quels sont, parmi les propositions suivantes, les trois qui vous paraissent prioritaires ? Donner plus de place aux piétons et réduire l’espace de circulation automobile, améliorer les cheminements piétons entre la rue de Rennes et la Gare Montparnasse, faciliter la circulation des autobus, taxis et vélos, créer un accès direct au centre commercial depuis la place, faciliter les échanges entre les différents modes de transports publics, créer une esplanade devant le centre commercial ?
Vous avez bien lu : « Faciliter la circulation des bus ! » Mais si, comme d’une sanction que la Raison clamait haut et fort depuis la création des couloirs de bus au milieu du boulevard Montparnasse !
Ce n’est pas suffisant, tellement c’était quand même plus commode et facile pour tout le monde avant, quand ils circulaient le long des trottoirs !
Oui Monsieur le Maire, enfin sorti de vos propres « nuées », cette absurdité n’aurait jamais dû voir le jour.
Oui Monsieur le Maire, le bout du boulevard Montparnasse, sur la place du 18 juin est devenu un espace public mortifère : il s’agirait d’y remédier en urgence, tellement on ne compte plus les accidents corporels, ici et plus loin et encore ailleurs, depuis que vous nous avez imposé ce calvaire !
Pensez donc : un grand boulevard, c’est déjà en soi un « barrage naturel »…
Et mettre un deuxième barrage au milieu du premier, c’est criminel !
Mais ces victimes là ne sont plus là pour vous dire tout ce qu’ils en pensent !
– Enfin, en dernière page, Qui suis-je ? Et notamment savoir ce que j’utilise pour mes trajets quotidiens.
Simple :
– Le bus pour les trajets de moins de 20 minutes (au-delà, on en ressort avec le « sea leg »).
– Le métro, pour la même durée et pour les mêmes raisons : mais on va plus loin !
Sauf aux heures de pointe… à moins de pouvoir prendre une douche tout de suite après, tellement c’est infect.
– Le RER quand c’est possible pour la petite banlieue…
Mais pas aux heures d’affluence. Pour la même raison.
– Sinon la voiture pour des trajets de moins de 700 bornes aller-retour (un plein), ou pour les loisirs (nous sommes quatre, quand même, dont une paire de « petits » à qui il est interdit d’user du Vélib’ à Paris, pour quelle que raison que ce soit : Je ne tiens pas à jouer le Fangio pour les récupérer aux urgences !).
– Le train au-delà dès que c’est possible (mais moins de deux heures : on ne peut pas fumer à bord).
– L’avion pour des destinations plus lointaines : ça reste commode pour faire un aller et retour dans la journée.
Jamais le vélo, sauf dans les bois : je ne tiens pas à finir sur le capot d’un zombie ou sous les roues d’un alcoolique.
Le reste du temps, je flâne à pied, quand il ne pleut pas trop fort !
Vous vouliez mon avis, vous l’avez.
Mais je note quand même qu’il ne reste aucune trace de ses subventions fort onéreuses qui ont été déversées à volonté par la Mairie centrale à toutes ces associations « pro domo » militantes pour une vaste rue de Rennes exclusivement piétonne !
De quoi être vraiment en rage contre vos méthodes « participatives », Monsieur le Maire…