La Cigale et la fourmi (revue, corrigée, complétée et juste pour en rire ensemble)
Dans les banlieues, la fourmi travaille dur tout l’été sous la canicule.
Elle construit, pierre après pierre, sa maison et prépare ses provisions pour l’hiver qui s’approche.
La cigale la regarde faire. Elle pense que la fourmi est vraiment un animal stupide qui ne mérite pas de jouir des bienfaits de l’astre solaire estival.
Elle rit, danse et joue tout l’été. Non seulement il fait trop chaud pour travailler, mais en plus la nuit est douce comme une invitation insoutenable à en profiter : ne dit-on pas que nous n’avons qu’une seule vie sur terre (sauf les chats, qui en auraient 7) ?
Une fois l’hiver revenu, la fourmi se terre au chaud et reste bien nourrie quand la disette s’installe sous le blizzard.
La cigale grelottante de froid, n’a hélas bientôt plus ni nourriture, ni abri : elle est menacée de mourir de froid.
Mais…
Elle a l’idée d’organiser une conférence de presse et demande à tous, pris à témoin, pourquoi la fourmi a le droit de dormir au chaud et de rester aussi bien nourrie tandis que les autres, moins chanceux comme elle, doivent avoir froid et faim ?
La presse locale enquête, recueille l’indignation des quelques témoins redoutant de ne pas « tenir les rigueurs de l’hiver » eux non plus, de telle sorte que télévision se saisit de ce drame annoncé. Elle organise des émissions en direct, des débats, qui montrent la cigale grelottante de froid, passent des extraits vidéo de la fourmi bien au chaud dans sa maison confortable avec une table pleine de provisions !
Ces images font le tour du pays, voire même de l’univers connu.
Les « natifs » sont frappés de stupeur que, dans leur pays pourtant si riche, on laisse souffrir cette pauvre petite cigale si gaie l’été, alors que d’autres vivent dans une telle abondance quasiment indécente, l’hiver (et sans chanter en plus !).
Les associations contre la pauvreté, les ONG caritatives, manifestent devant la maison de la fourmi.
Les journalistes organisent alors des interviews demandant pourquoi la fourmi est devenue si riche sur le dos de la cigale et interpellent le gouvernement pour augmenter les impôts de la fourmi afin qu'elle paie « sa juste part » au nom de la solidarité nationale.
Les prélats s’emmêlent également, réclamant des actes de charité et font appel à la compassion commune.
Patricia Kaas chante même pour « ceux qui n’ont rien » !
Les restos du cœur organisent une vaste tombola et un spectacle (payant) pour venir en aide à la cigale.
L’opinion s’émeut du sort de la cigale, ce que retracent les sondages des meilleurs instituts de « matheux » : Il faut faire quelque chose pour faire cesser cet « injuste » scandale !
En réponse, la future chef des socialistes fait une « colère juste » redoutable et somme le gouvernement de rédiger une loi sur l’égalité économique et une autre sur l’interdiction définitive de toutes discriminations.
Les impôts de la fourmi sont augmentés et la fourmi reçoit également une amende pour ne pas avoir embauché la cigale (pour cause de discrimination…).
La maison de la fourmi est préemptée par les autorités car la fourmi n’a pas assez d’argent pour payer son amende et ses nouveaux impôts.
La fourmi, chassée de chez elle, quitte alors son pays, voit ses provisions confisquées et part s’installer ailleurs (avec succès d’ailleurs) où elle construit une nouvelle maison et travaille dur et dans des conditions difficiles pour reconstituer son stock de provisions.
La télévision peut maintenant faire un reportage sur la cigale, devenue grosse, grasse et arrondie d’un manteau adipeux qui lui donne un air charmant d’embonpoint, l’empêchant de voler pour cause de surcharge pondérale : mais, si elle ne danse plus, elle chante toujours aussi bien !
Elle est en train d’engloutir les dernières provisions de la fourmi, alors même que le printemps reste lointain.
L’ancienne maison de la fourmi devenue, « logement social » pour la cigale, se détériore car cette dernière ne fait rien pour l’entretenir : d’ailleurs le pourrait-elle malgré sa surcharge pondérale, elle ne le voudrait pas n’étant pas « propriétaire » dudit logement qui appartient à tout le monde (même si c’est elle qui l’occupe).
Bientôt, des reproches sont faits au gouvernement pour le manque et le peu de suivi des moyens mis en œuvres pour l’entretien de la « chose commune ».
Devant la pression des médias et de l’opinion, l’affaire retourne devant les « élus » de la Nation qui réclament la constitution d’une commission d’enquête. Celle-ci, après moult débats télévisuels, propose la création d’une commission d’experts qui doit évaluer les frais à engager dans l’urgence.
Quand cette dernière remet enfin son rapport, le chiffre astronomique est de 10 millions d’euros est avancé.
Monsieur le Maire décide de faire un toit lumineux pour les forts des halles, il a besoin de 15 fois plus et ne saurait se priver « d’imprimer sa marque » : il ne peut pas. Le pourrait-il, qu’il ne le veut pas !
Quant aux autres… ils se sentent, d’un coup, un peu moins concerné.
La cigale meurt d’une overdose de rations de fourmi.
Les journaux titrent alors : « Échec du gouvernement à redresser efficacement le problème des inégalités sociales ».
Le scandale est immense et l’on convoque les électeurs pour changer de gouvernement et de politique, afin que celle-ci soit « plus juste ».
Entre temps, la maison est squattée par des araignées venant d’on ne sait z’où.
Le nouveau gouvernement se félicite alors de la diversité multiculturelle du pays.
Et Monsieur le Maire peut faire son toit de verre lumineux au-dessus de la tête des gens qui passent…
Les araignées, toutes nouvellement bien accueillies dans cette communauté bizarre qui les porte au pinacle de la modernité, organisent un trafic de marijuana et terrorisent tout le monde, en dessous.
…
Ce n’était qu’une histoire « pour rire ».
Rien de cela ne peut être vrai au pays des Lumières.
Tout juste, Monsieur de La Fontaine nous aurait conté cette histoire (pas si drôle) en vers.
À faire grincer les dents de « quelques princes ».
Et les enfants des enfants de vos enfants auraient eu à les apprendre par cœur à l’école !
Comme vous le constatez, je n’ai décidément pas son talent…
Bon week-end à tous – Infreequentable (l’Ignoble).