Monsieur Berger présentant le projet des Halles parisiennes.
À l’orée de 2012, une superbe feuille translucide de plusieurs dizaines de millions d’euros recouvrira le « trou des halles », vaste galerie commerciale souterraine, remplaçant l’ancien « ventre de Paris » si finement ciselé par Balzac soi-même !
Pour s’ouvrir sur le réaménagement du square qui se prolonge jusqu’à la Bourse du commerce !
Ce sera magnifique, nous assure-t-on…
Et puis comme il n’y en a pour même pas 150 M€ (eh oui : on espère que l’ensemble ne s’envolera en pièces détachées dès le premier coup de vent ! Il faut que ce soit solide...) de nos chers contributions volontaires locales (pas moins de 75.000 euros par parisien recensé, jeunes et vieux tout mélangés), sans compter les indemnisations diverses aux commerçants qui devront fermer boutique le temps des travaux, ni les innovations techniques qui ne sont pas encore au point… allons-y gaiement !
Ce sont les pigeons qui vont apprécier cette nouvelle aire à « fientage » de luxe !.
Ce qu’on ne vous dit curieusement pas c’est que de la coupe aux lèvres, il y a comme une vaste violation de la loi commune :
« Car le Tribunal administratif de Paris vient d’annuler les deux marchés confiés par la ville au groupement SEURA (David Mangin) pour la préparation du cahier des charges et la programmation du bâtiment du Carreau des Halles, pièce essentielle du projet Mangin (lire le jugement).
Ces jugements censurent la violation des règles de concurrence par la mairie de Paris lors de l’attribution de ces marchés en 2005. Ces annulations concluent une série de dysfonctionnements majeurs et condamnent la poursuite de ce projet dont l’hôtel de ville prétendait faire un exemple de sa politique urbaine » nous précise Le Perroquet libéré (lien à gauche de votre écran).
Naturellement, à ce prix là qui fait rêver, on peut se demander si l’hôtel de ville persistera à poursuivre dans l’erreur ou à exécuter ces marchés : il signerait son mépris de la justice et des intérêts des Parisiens…
Il convient de rappeler quand même au passage qu’un maire, qu’il gère un gros ou un petit budget, n’en est pas moins premier magistrat de la commune où il est élu (héritage coutumier des « échevins » d’antan), mais aussi Officier de Police Judiciaire (héritage de la Révolution si cher au cœur des « valeurs de gauche »)…
Nous ne résistons naturellement pas à reproduire la réponse fournie par Monsieur Le Garrec, élu du 1er arrondissement concerné et Conseiller de Paris :
« Je suis surpris (…) des recours sur le projet des Halles. (…)
Je peux dire qu’aux Halles nous avons inventé, un nouveau processus dans l’élaboration de l'urbanisation des zones denses, que rien ne devrait être comme avant si nous le voulons (…). L’urbanisme par essence est lieu de passage, de vie, et accessoirement, seulement lieu de visite.
(…)
Il y avait une nécessité urbaine, il y avait une nécessité architecturale, il y avait une nécessité suite au vieillissement. (Je m’interroge et j’interroge sur l’état des lieux après 25 ans...les impasses, les erreurs passées.) et enfin il y avait une nécessité politique de faire autrement.
Bien entendu, (…) il y a eu et il y aura toujours des freins, des murs, des groupes, des lobbys...des coteries, des egos froissés. L’objectif est bien supérieur...mais là il y aura "un marqueur" ce ne sera pas un choix régalien, chacun avec son intelligence, ses erreurs, y sera représenté, peu ou prou. (…).
C’est ici qu’on peut inventer le Centre Ville-Capitale de demain, nous avons tous les ingrédients et la volonté, il faut la décision, le courage politique.
(…) Pour conclure, il faut rappeler qu’en 2000, le Maire et son adjoint aux finances de l’époque avaient décidé de vendre !!!! Le tout, voirie incluse à un consortium privé...sans lui demander ce qu'il en ferait (et en s’en foutant un peu)...Il faut aussi rappeler que ce grand groupe, aujourd’hui au Cac 40, avait des plans...eh oui, c'est même dans des documents "opposables". Ces plans fermaient le centre commercial pour le reconstruire pendant au moins 18 mois...et devaient coûter en investissement plusieurs centaines de millions de francs... (…)
La Grande société de transport (il s’agit de la RATP, autrement dit une régie) du dernier sous-sol avait aussi un grand plan de rénovation... plus par nécessité que par envie, certes. Mais en 2000 ou 2001 qui se préoccupaient des Halles, qui savait où c’était, qui savait ce qu’il y avait en dessus et en dessous, personne ! (…)
Merci, Delanoë d’avoir, un jour de 1999, dit « Il faudra revoir le quartier des Halles ».
Le cher homme conçoit parfaitement qu’il y ait une « opposition » à ses projets, tout en se montrant surpris que ça puisse exister…
Il construira donc sa verrière, sans doute en violation d’une décision de justice, confondant allégrement le denier public avec des intérêts privés (côtés au Cac 40 : il s’agit d’Unibail, la filiale immobilière du Crédit Agricole, la banque des agriculteurs parisiens, n’est-ce pas)…
Et les Euros avec des Francs !
Tout va bien…
Le plus drôle c’est qu’il semble que lui seul sache où cet argent (pas encore dans les caisses) va aller se nicher, malgré les 400.000 passages quotidiens recensés !
Non, non ! Il est très sérieux dans son propos… cet élu là !