Le plus petit des Présidents de la République…
Pour faire suite aux Pépété (cf. http://infreequentable.over-blog.com/article-6362467.html), le plus petit n'est pas celui que l’on croit, contrairement à ce que nombre de médisants racontent sur la taille des talonnettes du 6ème Président de la Vème République porté à la magistrature suprême récemment !
Il s’agit d’Adolphe Thiers, né le 15 avril 1797 à Marseille, d’une mère grecque et d’un père Docker…Décédé à Saint-Germain-en-Laye le 3 septembre 1877.
1,50 m, pas plus !
Nommé Chef du Gouvernement dès l’armistice de 1870, après que Gambetta ait proclamé la fin de l’Empire et la naissance de la IIIème République sur les marches de l’Hôtel de Ville de Paris dès l’annonce de la capture de Napoléon III, il a été chargé de négocier le traité de paix avec les prussiens.
Lui aussi avocat, après des études de droit à Aix-en-Provence (et non pas à Nanterre qui n'existait pas), d’abord au barreau de Marseille, puis à celui de Paris en 1821, il est d’abord partisan d’une monarchie parlementaire pour devenir un proche de Talleyrand, jusqu’à ce que celui-ci prenne ses distances avec la seconde restauration.
Grâce à ses appuis, il devient aussi journaliste libéral à Paris pour « Le Constitutionnel » et ensuite pour « La gazette d’Augsbourg ».
Il fonde d’ailleurs en 1830 le journal d’opposition au régime de Charles X « Le National » où il y développe ses conceptions politiques : « Le roi n’administre pas, ne gouverne pas, il règne ! » (édition du 4 février 1830 du journal « Le National »).
Historien, il publie une monumentale « Histoire de la Révolution » en 10 volumes de 1823 à 1827, puis 20 tomes sur « Le consulat et l’Empire » de 1845 à 1862, ce qui lui vaut son entrée à l’Académie française en 1833.
En 1831, il rejoint le « Parti de la résistance » à l’occasion des « Trente glorieuses » et du sac de « Saint-Germain-L’auxerrois », en février 31.
Le 11 octobre 1832, il devient ministre de l’intérieur de Soult au côté du Duc de Broglie et de Guizot, formant à eux trois la « triade des talents supérieurs ».
La princesse Louise, qui le surnomme « le poney blanc », précise qu’il s’agit à ses yeux « d’un homme sans tenue, sans probité politique », alors que Louis-Philippe plait alors à se divertir de sa compagnie qui le flatte !
Il le nomme d’ailleurs Chef du gouvernement le 22 février 1836 (trois ans après son mariage d’avec la fille de sa maîtresse, déjà des vies affectives compliquées…) et une année après les lois de septembre 1835 qui écarte le retour de la République.
Il cesse ses fonctions le 6 septembre 1836, après avoir rendu sa démission au roi le 16 août pour avoir tenter d’envoyer l’armée le 13 contre le pronunciamiento de la Granja de la reine-régente Marie-Christine en Espagne. Depuis juin et après l’attentat d’Alibaud, le 25 juin contre Louis-Philippe, leurs rapports sont tendus : L’alliance avec Metternicht à Vienne a échoué peu avant, rejeté par la Cour impériale.
De 1837 à 1839, Thiers complote contre le Comte Molé, son successeur. Il lasse ses partisans le 14 avril 1839 à l’occasion de l’élection du Président de la Chambre des députés, mais parvient à s’imposer Président du Conseil le 1er mars 1840, pour être écarté le 29 octobre au profit de François Guizot.
Devenu républicain, il soutient la révolution de 1848. Elu à l’Assemblée Constituante, le 23 février, il est rappelé par Louis-Philippe à la présidence du Conseil, succédant ainsi à Guizot. Il a déjà rallié le gouvernement provisoire de la IIème République. Il appuie naturellement la candidature du « Prince Président » Louis-Napoléon Bonaparte contre Lamartine, mais s’oppose au coup d’État du 2 décembre 1851. Il fuit en Suisse et revient en 1852.
Pour être élu à Paris en 1863 et devenir le chef de l’opposition libérale.
Il devint le premier Président de la toute nouvelle République de 1871 à 1873, à titre transitoire – loi Rivet – et fait face à l’insurrection de la Commune, déménageant le Parlement de Paris à Versailles.
Nous lui devons la sanglante répression des « communards », véritable « guerre civile » dans une ville occupée et martyrisée et le bagne en Nouvelle-Calédonie pour les insurgés survivants (devenus plus tard, des « Caldoches »).
La paix civile retrouvée, on lui doit à la fois le redressement de la France, le départ des prussiens, la réorganisation des finances publiques, de l’armée et le contrôle des ambitions monarchistes.
Quoiqu’il démissionne à l’occasion de l’envoi d’une majorité monarchiste aux élections de 1873.
C’est lui qui impose l’appellation de « Président de la République » pour la fonction qu’il occupe, alors qu’au départ, elle était nommée « Chef du pouvoir exécutif de la République française ».
« Avec chef, on va me prendre pour le cuisinier ! ».
En 1877, on doit à Gambetta de le proclamer « Libérateur du territoire ». Sa dépouille repose désormais, non pas au Panthéon des « Grands Hommes, la Nation reconnaissante », mais dans un énorme mausolée à côté de la chapelle du Père Lachaise, à portée de fusil du « mur des fédérés »…
Que des symboles !
À part son entrée à l’Académie, on constatera donc que bien des « traits communs » peuvent être déjà mis en avant entre ces deux destins : l’un et l’autre ont mené une vie politique « agitée » alternant « gloire » des lambris dorés des ministères, y compris de l’Intérieur, et « traversées du désert », jusqu’au poste suprême, parcourus tous les deux par un « désir de revanche » et ponctués de quelques « trahisons retentissantes »…
À suivre…