Il est des chiffres qui parlent tout seuls !
Et ne rendent compte que très mal des réalités. Paris ! Encore Paris…
105,397 millions de m², dont 86,928 millions de m² urbanisés, 8,522 millions de m² pour le bois de Boulogne, 9,947 millions de m² pour le bois de Vincennes et 630 mille m² rien que pour la Seine.
5.971 voies. Étalées sur 1.700 km (hors les bois).
L’espace public ne représente qu’un quart de la superficie (pour les trois quarts étant du domaine privé).
13,5 millions de m² de chaussée pour 10 millions de m² de trottoir !
C’est donc vrai que 53 % des déplacements pédestres se font sur 42,5 % de la surface utile ! (seulement nous dit-on !)
Ils ne sont que 42 % à emprunter un véhicule motorisé… Et encore, on y compte les métro, RER et autres transports en commun (pour 29 % du total des déplacements).
1,941 million personnes pénètrent dans l’enceinte de Paris tous les jours.
1,92 million en ressortent dans le même délai…
(Vous comptez bien : il en manque 21.000 perdus à jamais tous les jours ! 19.454 fois plus que les effets de la pollution à l’ozone… paraît-il ! Tout le monde s’en fout…)
2,97 millions se promènent de Paris à Paris… Pour 2 millions de résidents, et un aller-retour chacun par jour, ça fait 970.000 personnes qui préfèrent rester chez elles !
Trop dangereux, l’espace publique !
Normal : on compte 10.750 intersections, dont 479 places et 1.558 carrefours ! Autant d’occasion de se faire tailler un short !
Bref, 6,831 millions de déplacements quotidiens dont 3,6 à pieds sur 10 millions de m², ça fait 2,76 m² par tête à 3 km/h… On ne va pas très loin.
La RATP exploite plus de 300 lignes de bus qui représentent 3.354 km, comptent 8.359 arrêts et 4.300 voitures, pour 904 millions de voyages par an, dont seulement 358 pour Paris, soit 980.000 voyageurs par jour (et 546 millions pour la banlieue).
Ça fait 3,5 m² par tête à 8 km/h !
Et pourtant ce n’est ni le pus confortable, ni le plus commode : « paradoxe des chiffres », mais on va un peu plus de deux fois plus loin dans le même temps.
Le métro promène, sur 14 lignes, 211 km de voies, dont 167 km à Paris (et 44 km en banlieue), sur 380 stations, 1.247 millions de voyages par an (3,4 millions par jour).
20 personnes par m² à 12 km/h… (là, au moins, on sait pourquoi on peut suer ! Et il faut entre 35 et 40 minutes pour traverser Paris, 4 fois moins de temps qu’à pied).
On peut compter sur 5 lignes de RER (A, B, C, D et E), pour 580 km de voies gérées par la RATP ou la SNCF avec 58 gares RATP, 165 gares SNCF et 7 gares communes SNCF-RATP.
Il y a en Île-de-France « environ » 42.000 taxis, dont seulement 15.000 à Paris, qui font une moyenne de 214.000 courses par jour, pour 164.000 pour Paris (11 courses assises au chaud derrière leur volant et ils rentrent).
90.000 tonnes/J de marchandises transitent par Paris… 90 % ce fait par le route. À 30 tonnes le semi, c’est donc 2.700 tracteurs et autant de remorques qu’il faut compter, soit une surface utile occupée de 100.440 m²… Une broutille !
Sauf quand ils déchargent sauvagement au milieu de la chaussée : ils représentent l’espace de déplacement de 36.391 piétons, la moitié du trafic des bus. (Faut supprimer les camions ! D’ailleurs l’ancien Maire de Paris avait interdit tout véhicule de plus de 10 m² au sol : ça ne correspondait à rien sur la carte grise et il aurait fallu tripler le nombre de chauffeur en activité pour arriver à éviter l’asphyxie ! Encore un « paradoxe des chiffres »).
La voiture (dont les véhicules utilitaires, un gros tiers) représente 13 % des déplacements, soit moins de 500.000 voitures particulières en mouvement… À 8 m² au sol (elles n’ont pas toutes ces dimensions), cela représente 29 % de la surface totale de la chaussée, alors même que celles qui sont en stationnement (environ 170.000 sur la chaussée et 830.000 en parking), ne représente que 10 % de la surface de la chaussée.
Soit un gros tiers pour les « tas de ferraille sur roulette » !
Force est de constater que ces « calculs » (imbéciles : oui on peut faire dire n’importe quoi à des chiffres, c’est leur « paradoxe à eux ») reviennent à dire qu’un tiers de l’espace pour 10 % des déplacements, « c’est une mauvaise répartition de l’espace ».
L’ennui, c’est que Monsieur notre Maire a le nez court : on peut gagner 10 % d’espace en plus en supprimant des places de parkings aériens, à la condition d’en créer en sous-sols au moins l’équivalent.
Ce qui est loin d’être fait… puisque tout est gelé !
On peut aussi interdire l’accès des automobiles à la ville. Ca fera des économies pour tout le monde.
Encore faudrait-il augmenter des deux tiers le trafic des bus, pour atteindre le chiffre de 7.000 voitures… En multipliant les lignes, par exemple, et les arrêts… (Et les problèmes les jours de grève : 7.000 voitures à 20 m², c’est plus qu’il n’en faut pour bloquer toute circulation aux 1.558 carrefours !)
Il préfère en supprimer (PC sud) pour les remplacer par 14 voitures de tramway (qui occupe 40 % de la chaussée sur 8 km ! La belle affaire…
(C’était une décision préparée par l’ancien Maire… Les attributaires pressentis des marchés ont tout juste changé de mains à l’occasion d’élections lamentables ! On s’en tape : il fallait faire plaisir aux ingénieurs des ponts et de la RATP, genre de raisonnement entendu : « Comment se fait-ce qu’une capitale comme Paris n’ait pas encore de tramway alors que tout le monde adopte ce mode de transport, moderne, clair, spacieux et non polluant ? » Réponse : parce que les parisiens l’ont démonté il y a plus d’un demi-siècle !)
Ca nous fait 700.000 passagers mois, soit 2 m² par tête, les vernis, à un peu moins de 6 km/h !
Quand bien même, la voiture serait définitivement interdite, alors seulement les pompiers pourraient circuler plus aisément (les ambulances, les taxis et même les bus) mais le parisien aurait à se faire livrer les 90.000 tonnes quotidiennes de marchandises « au pied de la porte » et non pas en magasin…
Ce qui ôterait automatiquement la moitié des « piétons divagants »… En tout cas pas loin d’un million de trajets.
Crevant la dalle dans leurs « appartements de riche », ils disparaîtraient peut-être un à un, sans « coup de chaud » ni pic d’ozone, à moins qu’ils aillent tous se faire voir à la campagne…
Plus de 2 millions de déménagements en vue et plus aucun ravalement des façades d’immeuble à programmer !
Ce serait la fortune faite pour les communes de province et la SNCF qui aurait alors quelques 1 à 1,2 d’ex-parisiens à transporter en plus jusque sur leur lieu de travail tous les jours (pour un total de 4,4 à 4,6 millions de déplacements) Engorgement rapide de toutes les gares et de tous les réseaux de transport en commun à prévoir !
Magnifique, non ?
La ville serait alors livrée aux touristes admiratifs, aux personnels des administrations centrales et locales. À moins que « ces gens là » ne couchent finalement sur leur lieu de travail (supprimant ainsi les quasi 2 millions d’aller-retour par jour en semaine : au moins on n’en perdrait plus 21.000 tous les jours, peut-être transformés en nem ou sushi) !
Retour à la situation actuelle… De l’art de se mordre la queue : et ce n’est pas qu’un simple paradoxe.
C’est beau la politique…
En poussant le résonnement plus loin, on devrait virer tous les parigots de chez eux pour les loger ailleurs et y faire venir tous les fonctionnaires centraux et municipaux pour y vivre : eux seraient sur place en se déplaçant à pinces !
Et puis comme ça, notre Maire serait sûr d’être réélu éternellement !
Dire qu’il y avait des mécanismes naturels de régulation des flux : c’était plus simple ! Il aurait suffit de les accompagner sans avoir à être dogmatique !
C’est vrai, j’entends déjà la critique : il aurait aussi fallu être intelligent pour pouvoir anticiper… Reconnaissons que ce n’est pas donné à tout le monde.
Quels mécanismes ?
Personnellement, j’adore Paris en voiture, là, comme ça, juste pour le plaisir des yeux avec une douce musique dans l’habitacle, assis confortablement derrière mon volant : remontée des champs Élysée depuis la Concorde, détour par la rue François 1er ou l’avenue George V (selon l’humeur), un coup à droite vers le Trocadéro, retour rive gauche par les quais avec un tour sous la tour Eiffel… Je remonte le Champ de Mars, passe ensuite par les Invalides, repasse la Seine entre le petit et le grand palais. Je rattrape la voie rive droite, longe le fleuve, quais rives droite pour mieux apprécier le Musée d’Orsay, la perspective vers Notre-Dame, la Coupole de l’Académie. À droite sur le Pont-neuf ou plus loin au niveau de Châtelet, un détour par l’île de la cité et son « Pont Marie ». Ou alors le quai des orfèvres, l’arrivée sur la cathédrale, à gauche, droit sur l’Hôtel de ville, direction fissa vers la gare de l’Est, à droite vers République, et détour jusqu’à Bastille, retour vers le Marais, Place des Vosges (un petit salut au passage à la maison de Victor Hugo), puis « déboulage » sur la rue de Rivoli jusqu’à Concorde… Et je rentre me coucher, des lumières plein les yeux !
30 minutes de bonheur vers minuit, tous les jours…
Car Paris n’est impraticable que quelques heures par jour (pas la peine de remuer autant de technocrates pour si peu qui seraient plus utiles ailleurs) : de 7 à 9 et de 18 à 20 heures en semaine.
Le samedi, ça dépend du temps, mais il faut éviter les portes le matin et le dimanche à partir de 16 heures et jusque vers 21 heures.
Le reste du temps ça roule : 8 minutes l’autre fois pour rattraper le nord depuis le sud à 6 heures du matin. 11 dans le sens inverse par la place de Clichy et Madeleine. 12 minutes vers la même heure de la porte Dorée à Neuilly. 15 de la porte Champerret à la porte Bagnolet (j’aurai mis 5 de moins par le périphérique nord, mais j’aime bien « Paris » et il était 7 heures et quelques : limite, pour mes nerfs)…
Et encore, il ne s’agit pas de rouler comme un « dingue », mais au contraire de rester « léger » sur l’accélérateur, en 5ème ou en 4ème à 1.000/1.200 tours minutes pour ne pas faire de bruit aux riverains qui dorment encore et « avoir tous les feux » au vert !
Juste une question : tous ces gens qui ne viendront plus vider leur portefeuille dans les commerces de luxe, dans les hauts lieux de divertissement de la vie parisienne, où vont-ils aller s’agglutiner ?
Car, de l’automobile, c’est sûr d’autant plus en province ou en banlieue, non seulement elle est devenue indispensable, mais c’est aussi un outil de liberté (d’aller et de venir), la troisième des libertés après celle de vivre et celle de penser…
Déplacer le problème sur les voisins, est-il bien responsable de la part d’un Maire, fut-il de la Capitale ?