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La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture

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Le bout des utopies

 

Dans « Enjeux » du mois de janvier 2007, Monsieur Marc de Scitivaux, Président de la publication « Les Cahiers verts de l’économie » nous rapporte un texte d’Adam Smith (1776) : ce n’est pas tout neuf.

 

« Le travail annuel de chaque nation constitue le fonds premier qui lui fournit tout ce qu’elle consomme chaque année en nécessités et commodités de la vie et celles-ci sont toujours le produit immédiat de ce travail ou ce qui est acquis avec ce produit auprès d’autres nations (…).

 

Ce produit est en plus ou moins grande proportion du nombre de ceux qui doivent le consommer (…).

 

Cette proportion est nécessairement réglée dans chaque nation par deux conditions différentes : premièrement par l’adresse, par la dextérité et par le discernement avec lesquels s’exerce généralement son travail ;

 

deuxièmement, par la proportion entre le nombre de ceux qui sont employés à un travail utile et de ceux qui ne le sont pas. »

 

La belle leçon de bon sens : en termes modernes, le PIB par habitant est à la fois fonction de la « productivité » des travailleurs et du rapport entre actifs et inactifs. Or, la productivité dépend à la fois de la « dextérité et du discernement » autant que de l’investissement en outils performants et en formation des travailleurs (et citoyens).

Naturellement plus il y a de personnes au travail « productif », plus le PIB augmente.

Plus le nombre des personnes en « inactivité » (consentie ou forcée) ou en activité « non productive » augmente, plus le PIB diminue, nonobstant la « performance » de ceux qui restent en activité (productive)…

La « performance » peut naturellement compenser l’autre, au moins à la marge : nous en avons tous fait l’expérience.

Normalement aussi, pour vivre mieux, il faut donc produire plus. Moins on produit, plus les temps de production sont courts (d’autant plus que la productivité augmente), plus la rareté progresse, le prix de chaque chose croît, la « pauvreté », au moins relative et rapportée à chacun, augmente également.

Dans les comptes de la Nation, ça se traduit immanquablement par la rareté du travail, donc plus de chômage. Et comme nous ne sommes pas des « bêtes », il faut « compenser » en augmentant les taux de prélèvements obligatoires (PO) pour redistribuer un peu : amincissement des assiettes = augmentation des taux des PO (et non pas l’inverse un peu « simplet » du « l’augmentation des PO crée du chômage »), afin d’enrayer la paupérisation rampante d’un nombre toujours plus grand.

 

Autant de moins pour « investir ». Il faut dire que depuis l’invention du crédit moderne au XIXème (et malgré les crises de 1929 et les suivantes), l’emprunt aux fins d’investir n’est qu’une anticipation des gains de productivité qui finance l’investissement et donc, ces gains de productivité à venir.

On notera également que l’investissement « humain » passe par la formation des hommes. Indispensable et devant être de qualité. Onéreux, peut-être, mais pourquoi pas le financer par l’emprunt (comme tout autre bien) ?

C’est d’ailleurs ce à quoi nous assistons dans les économies occidentales (et ailleurs) par les déficits publics qui se creusent, bon gré mal gré, la formation devenue une « mission » étatique…

 

Quid d’une autorité publique qui réduirait le temps de production tout en cherchant à capter une part toujours plus grande des richesses afin de mieux les investir dans la « rareté commune » ?

Qu’elle est malthusienne et confiscatoire.

Remarquez, il y a des gens qui bénissent cette même « autorité » dans ce comportement général (depuis 30 ans en France), voire la reconduisent volontiers pour travailler (produire) toujours moins, quitte à confisquer (toujours) plus pour mieux, non pas investir, mais consommer ce qui reste !

« Y’en a qui veulent se faire du bien, sans jamais vouloir se faire du mal ! » chante quelqu’une…

 

On finit par se demander si c’est bien l’avenir de nos sociétés occidentales : est-ce naturel de vouloir tout sans jamais s’en donner les moyens ou refuser de fournir l’effort nécessaire ?

En tout cas, voilà bien un « Désir d’avenir » parmi d’autres. On ne dira jamais assez à quoi cela mène : pour convaincre, il faudra en faire la démonstration par l’absurde (aller au « bout des utopies ») !

On sait que cette méthode fonctionne : l’ex-boc communiste en avait fait la preuve il n’y a pas dix ans (mais la mémoire s’efface vite). L’Albanie et l’ex-Yougoslavie également.

On constate que la Corée du Nord « durcit » son ostracisme, que Cuba n’existe déjà plus sans son « Lider Maximo » : c’est pour mieux survivre dans un monde hostile, semble-t-il, en devenant agressif à l’égard de tout autre.

Que l’Iran et l’Irak s’enfoncent doucement dans cette voie, que l’Afrique a toujours autant de mal pour s’en extraire, s’épuisant dans des destructions interethniques, que quelques nations d’Amérique du sud y retournent : la misère est bien le moteur de la peur. La peur entraîne des réflexes d’autodéfense. L’autodéfense l’exacerbation. L’exacerbation la violence. La violence… Vous connaissez la suite et l’on retombe à la « case misère ».

 

Est-ce bien le destin des Hommes ? Et des civilisations ?

Nous verrons cela, après la fin (prochaine ?) des utopies. Quand elles auront été épuisées.

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