La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
Faut l’avoir entendu et vu pour le croire
1 – Je vous ai raconté l’affaire du sable que Rabbi il a dit que ce n’était pas casher.
Je suis aussi passé à l’office du tourisme pour piquer un plan de la ville : il y a tellement de rues nouvelles depuis que même l’office HLM de Bastia joue au promoteur dans les faubourgs de Calvi, que je n’en connais pas encore tous les noms !
Et ma « cousine » de me rapporter des conversations épiques des touristes venus aux renseignements :
10 fois par jour, paraît-il, en toute langue européenne « prolongée et élargie », elle a droit à la question clé : « Elle est où, la citadelle ? »
Effectivement, venir jusqu’au bout de la Balagne pour mirer la « perle de l’île de beauté » et passer à côté, ce serait dommage.
La citadelle à Calvi, c’est un peu comme la tour Eiffel ou la tour Montparnasse à Paris : difficile de ne pas l’apercevoir, même et surtout de loin.
Faut vraiment être dessus pour qu’elle ne vous coupe pas un coin de l’horizon.
Et quand on est sur le port de plaisance (où se situe l’office du tourisme qu’ils ont déplacé au-dessus de la « pompe à m… » municipale, sous les fenêtres du nouveau sous-préfet), on est véritablement dominé par sa masse imposante qui bouche tout l’horizon, ou presque, vers le nord…
Un peu comme une sorte d’éléphant dans un étroit corridor.
De là à ne pas la remarquer au passage…
Mieux : « Il est où le bateau qui remonte le Fango ? »
Le Fango descend du Monte Cinto, le toit de la Corse qui culmine à 2.700 et quelques mètres, pour aller se jeter en mer à Galéria… au sud de Calvi (compter 20 minutes par la route de l’aéroport, une heure par celle de la côte, surtout quand on est pas habitué à tourner son volant...).
À la saison des pluies, si on le traverse à gué et qu’on se mouille le genou, c’est qu’on a glissé sur un galet et qu’on a le kul à l’eau !
Alors un bateau…
« Les voitures peuvent se croiser, dans le désert des Agriate ? »
La route part en serpentant de l’embouchure de l’Ostriconi et va jusqu’à Saint-Florent. Elle est tortueuse, mais c’était la plus courte pour aller à Bastia après avoir franchi le col de Teghime qui domine la préfecture avec ses relais hertziens, avant l’ouverture de « a Balanina », l'autre route qui file à vive allure sur Ponte-Leccia pour rejoindre l’axe Bastia/Ajacciu en passant par Corti.
Bon, on sait que l’État ne s’est jamais trop préoccupé des infrastructures de sa « colonie » insulaire, mais quand même : deux voitures peuvent s’y croiser comme partout.
Deux camions ou deux autocars, là d’accord, faut manœuvrer !
De là à réunir des convois à sens unique, comme pour la voie de chemin de fer, il y a de la marge…
« On parle français, dans les magasins ? »
Euh… Avé l’accent !
« Où je peux trouver un bureau de change ? J’ai des euros que je voudrais changer en monnaie locale ! »
C’est vrai que mon « projet politique » insulaire, je l’ai déjà dit, consistait, même avant l’indépendance, à créer des « médailles » de 1 et 2 Paoli.
À remettre aux commerçants volontaires, à charge pour eux de rendre la monnaie de la sorte aux touristes qui l’accepteraient, et de les prendre en paiement tout au long de la saison.
Mais pas après.
Et on partage les gains en fin de saison, pour soutenir l’économie locale et les voyous indépendantistes qui se sont fait piquer « prisonniers politiques » !
Bon, ce n’est pas une idée que les autochtones locaux ont trouvé brillante, jusque-là, mais finalement, ce blog est lu depuis bien plus loin qu’on ne le croit en Europe, puisque au moins celui-là, de touriste, avait retenu que l’euro n’avait pas cours en « l’Île de Beauté » !
Je n’y étais pas, mais on m’a aussi parlé de ce parigot (tête de veau) qui serait rentré à l’office du tourisme particulièrement dépité : les supermarchés locaux ne distribuent plus de « pochet » en plastique haute densité depuis une bonne décennie (*) !
Du coup le maquis est devenu nettement plus propre pour ne plus être caviardé de ces immondices qui l’envahissent au grès des vents qui restent vigoureux dans le coin.
Mais on peut acheter aux caisses et pour un euro, des grands cabas réutilisables qui sont bien pratiques.
Bé pépère, il venait au comptoir de l’office, emmerder ma « cousine » Marie-Paule pour savoir comment il allait ramasser les étrons de son chien !
Faut savoir qu’en « Corsica Bella Tchi-tchi », les chiens, les chats, les cochons, les ânes et même les oiseaux, ça chient où ça veut : faut être « De-La-Nuesque » pour vouloir réglementer jusqu’à la vie des bêtes !
Et il paraît qu’il y en a d’autres, des perles du même acabit…
Mais sur ce moment-là, j’étais déjà assez effondré de rire en faisant la queue pour obtenir mon plan de ville : je n’ai pas tout retenu !
2 – En tout cas, les « pipols », ça eut été un festival, cette année.
À part « Rachida Mimi », notre « Ô combien vénéré Président », et le « porte la parole Chat-tel » (qui est allé faire le guignol chez les mousquetaires devant les caméras), ils y sont tous passés : c’était l’endroit à la mode.
Je ne les citerai pas : tous les jours, il y en avait pleine page !
Même « Cricri La-garde-meurt-mais-ne-se-rend-pas », à Bonifacio.
Porto-Vecchio en a bruissé tout l’été.
Propriano aussi, sur le versant occidental.
On a même vu « Frère Xavier trois points » faire son numéro à l’AMU de Calvi, venir à moto depuis Monticello (à côté d’Île-Rousse), inaugurer le 20ème lit de l’annexe Balaninaise de l’hôpital de Bastia, et puis aller embraser le cœur des quelques militants UMP d’Ange Santini (le Président du CTC, l’exécutif Corse) par la magie de son verbe dans une salle prêtée par la mairie : c’est qu’il y croit, le beau parleur.
Faut dire que ça eut « fait chaud dans le neurone » à ces gens-là : La crise, c’est dépassé : il suffit d’en voir les chiffres, qu’ils disent…
On en recausera entre nous !
Le Padduc, enterré le 15 juin dernier par Ange, c’était le hochet de l’opposition. Le chef a sonné la fin de la partie. Depuis tout le monde se tait en attendant la campagne des régionales qui arrive.
Et mon « cousin », celui qui fait « vigneron nationaliste » dans le civil, même qu’il en a arraché ses vignes il y a deux ans grâce à la subvention européenne reçue à cet effet, mais elles continuent toujours de produire leur bon raisin à vin (et qu’il reçoit des subventions de l’Europe pour compenser les difficultés inhérentes aux zones d’agricultures en montagne) de râler !
« On est tous assis sur un tas d’or, et on nous empêche de l’exploiter avec le dernier plan de 1992 ! »
Moi qui croyais que chez les « natios », on s’opposait au « bétonnage des côtes » et autres espaces naturels remarquables ou humides…
« Ayo, l’Ignoble ! On vit de quoi ici ? De notre artisanat et de l’agriculture. L’exporter sur le continent revient très cher. Donc, on a des fonctionnaires nationaux qui viennent l’hiver, qui ont la prime de cherté de vie pour qu’on puisse les racketter avec les impôts locaux et créer des emplois municipaux, et les touristes l’été.
Si on ne peut pas les accueillir en grand nombre, on vivra en autarcie sans grand développement.
Donc, il faut construire, des maisons, des hôtels, des campings, des routes, des ports. Et pour ça il faut des terrains !
Et ici, on en a plein, avec les plus beaux paysages du monde tout autour, en plus !
Qu’est-ce qu’on attend pour le faire ?
C’est quand même pas compliqué de valoriser notre patrimoine, y compris culturel, sans abîmer le paysage : il suffit de n’autoriser les constructions nouvelles qu’avec du R + 4 en ville, R + 3 dans les faubourgs, R + 2 en banlieue et R + 1 partout ailleurs, avec des COS de 0,1 dans le maquis : avec les arbres, on ne voit plus rien au bout de deux ou trois ans ! »
D’un autre côté – autre son de cloche – il fallait reconnaître qu’il n’y avait aucun consensus réel sur le contenu du Padduc : bien trop partisan et « combines entre bons potes ».
Très malin, au lieu de « passer en force » et de voir tout le travail accompli être défait par une opposition avant même de passer à son exécution, l’ex-maire de Calvi s’en remet au verdict populaire : soit il est réélu, et il a « toute légitimité » pour faire, puisque chacun en aura discutaillé au cours de la campagne et les deux à trois années précédentes.
Soit il ne l’est pas et l’opposition devenue majoritaire se retrouvera dans sa situation à vouloir modifier le Padduc à sa sauce, entre d’autres « bons potes », ce qui va bien prendre 3 à 4 ans !
Le plan d’aménagement qui en sortira, il suffira ensuite de charcuter à la marge quand l’UMP sera de retour aux affaires, après avoir bien insisté sur leurs iniquités et jouer des rancœurs locales…
Bref, c’est « gagnant » à tous les coups !
3 – Sans ça, pour rebondir sur le terrain politique local, y’a bien eu les journées des « peuples sans nation » les 8 et 9 août à Corti…
Et son cortège d’attentat (au singulier, pour une fois) à l’explosif, mais « soft », cette année : juste un peu de bruit et juste revendiqué par le « FNLC réuni ».
Ça, c’est nouveau : ils auraient refait l’unité derrière un parti lui-même « réunifié »…
Et des revendications à la baisse en vue des élections régionales de l’année prochaine : unité oblige, liste commune aussi pour faire masse, donc… « service minimum légal ».
Ne demandent plus que 10 ans de présence en « Corsica Bella Tchi-tchi » pour qu’un « étranger » (tous les non-îliens, dans leur vocabulaire) puisse acquérir une maison.
Ou construire…
Ce qui me fait immanquablement penser à cet ami banquier rencontré pas par hasard sur la route de Portu, qui œuvre dans l’estimation « des risques » pour son employeur, et pour qui, il n’y a jamais eu de crise économique mondiale (nous en reparlerons très prochainement), implanté depuis 3 générations, pas loin de 60 ans à ravauder d’année en année une bergerie un peu plus haut dans la montagne.
Dans le port voisin, il y a encore 15 ans, il n’y avait que 3 barcasses : celle du pêcheur local, celle du Maire du bled et la sienne, toutes amarrées chacune à son corps mort à quelques brassées du bord.
Eh bien l’année dernière, ils se sont enfin décidés à faire une jetée en demi-lune et à l’équiper de 30 anneaux.
Depuis le temps qu’ils en parlaient tous.
Et notre banquier de s’apercevoir que tous les corps-morts avaient été déménagés, sauf le sien : les anneaux étant réservés aux îliens « de souche »…
Et aucun de ne vouloir lui louer le sien, même s’il n’en a pas l’usage.
Quand on a l’esprit « petit et mesquin »…
On vote Nationaliste ?
(*) Une initiative qui a été reprises dans bon nombre de régions continentales par la suite : vive le retour du cabas !