La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
L'administration dispose d'une armée d'électeurs de près de 7 millions d'emplois publics...
Passée inaperçue, une étude de la Direction Générale de l'Administration et de la Fonction Publique est sortie cet été et fait le point sur l'emploi public.
Rappelant qu'il y a plusieurs méthodes d'évaluation de l'emploi public conduisant à des chiffres souvent très contradictoires en circulation. C'est d'ailleurs pour cela que l'Observatoire de l'Emploi Public avait été créé en juillet 2000.
Et que nous dit cette enquête ?
Que l'emploi public peut se comptabiliser selon une approche juridique, c'est-à-dire en retenant « dans le champ de la fonction publique les organismes de droit public à caractère administratif dont les agents sont soumis aux règles du droit public ».
Selon cette approche, la direction générale de l'Administration et de la Fonction publique (DGAFP) affiche 5,2 millions d'agents fin 2005.
L'autre approche est économique et « englobe tous les services non marchands à caractère public, soit toutes les unités financées majoritairement par les prélèvements obligatoires ».
La différence provient des établissements qui recrutent du personnel de droit privé mais dont les missions de service public sont assurées majoritairement sur fonds publics.
C'est le service public « au sens large » et le tableau présenté ci-contre est éloquent : avec cette méthode d'évaluation, ce ne sont plus 5,2 mais 6,8 millions d'emplois que l'on peut comptabiliser dans le secteur public.
Effectifs en milliers au 31/12/2005 :
Fonction publique (hors emplois aidés) : 5.179,9
Métropole : 4.971,
DOM : 152,5
Métropole + DOM : 5.124;4
Autres COM et étranger : 55,5
Emplois aidés : 124,8
Organismes publics hors fonction publique : 138,2
EPA nationaux à recrutement de droit privé : 16,3
GIP nationaux et autres organismes : 6,4
GIP locaux et ASA (Association Syndicale Autorisée) : 3,2
Organismes consulaires : 54,1
EPIC nationaux hors entreprises publiques (RMN, CEA, etc.) : 38,8
EPIC locaux : 19,5
Organismes privés à financement public prédominant : 710,0
Enseignants de l'enseignement privé sous contrat : 154,0
Associations : 202,0
Organismes de protection sociale : 224,3
Hôpitaux privés ex-sous dotation globale : 129,8
Entreprises publiques : 712,1
Dont La Poste : 281,4
Emploi Service Public : 6.865,0
Emploi Privé : 18.005,0
Emploi total (salariés et non salariés) : 24.870,0
DGAFP, bureau des statistiques des études et de l'évaluation. Sources : Insee, Drees.
6,8 millions d'emplois dans le secteur public, c'est 27 % de l'emploi total et plus de 38 % de l'emploi salarié, sans compter les chômeurs !
En 2005 !
On attend une étude plus récente, naturellement...
Mais ça n'est manifestement pas simple de faire l'inventaire des compétences, en notre beau pays.
Car c'est un record parmi les pays industrialisés qui n'est pas sans conséquences sur l'état des finances publiques. Les prélèvements obligatoires nécessaires pour acquitter les salaires et pensions de près de 7 millions d'employés du secteur public représentent une charge toujours plus lourde.
Si les ténors syndicaux insistent sur le ralentissement de l'emploi public, ils font référence à la fonction publique d'État. Mais la situation n'est pas partout la même et notamment dans la fonction publique locale, encore en forte augmentation.
Cette situation est un fardeau de plus en plus lourd pour les 18 millions d'emplois du privé qui actuellement n'arrivent plus à se développer.
Loin des satisfecits en matière de lutte contre le chômage, on devrait impérativement rattraper ces retards en matière d'emploi privé (rappelons que le Royaume-Uni compte 24 millions d'emplois privés pour une population totale équivalente) si on veut parvenir à résorber un jour nos déficits fiscaux et sociaux.
Au lieu de ça, on se contente de ne pas embaucher... pour un petit tiers des départs en « inactivité bien méritée » !
Tous de bons électeurs capables de voter pour que rien ne change en « Gauloisie fonctionnarisée ».
Il serait temps que le bon sens l'emporte : Si l'activité « publique au sens large », persiste à représenter plus du quart de « toutes les créations de valeur » d'un pays (bientôt le tiers), quel qu'il soit (le PIB le prenant en compte à la fois dans les ressources et dans les emplois de la dite VA, donc en principe « sans marge spéculative », sans enrichissement capitalistique), non seulement on roule directement vers une « soviétisation » de l'activité économique, mais plus encore, vers un écroulement de la création marchande.
Ce qui est fait par les uns est pris aux autres (et réciproquement).
Une vraie nationalisation rampante !
Pire sans doute restent deux points n'apparaissant pas dans cette étude :
- Le poids des entreprises qui vivent plus ou moins directement des marchés publics (j'en pilote plusieurs, actuellement à titre professionnel) ;
- Les déficits publics ! Là, on crée directement et « ex-nihilo » de la « valeur PIB », que des citoyens, peut-être à naître, auront à rembourser.
Avec quoi au juste ?
Un vrai scandale ! Nos petits-enfants en jugeront.