La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
Avant même les derniers arbitrages du remaniement ministériel du lendemain,
« Bling-bling » s'est permis de « donner la piqûre » au Congrès : Une grande première depuis 1848 : « je cause et tu fermes ton clapet ».
La grande nouvelle c'est que comme les services de l'État n'arrivent plus à dépenser moins, puisque claquer le fric d'autrui c'est justifier de son existence en ce bas monde ;
Qu'ils n'arrivent plus non plus à vous le piquer dans la poche avant même qu'il y rentre, tellement il y en a si peu à se partager ;
Eh bien vous allez le lui prêter !
Voilà la bonne idée du siècle...
Le dernier qui avait fait ça, c'était « Giskard à la barre » avec son « impôt sécheresse » (je te taxe, mais je te le rembourserai au décuple).
Avant encore Pinay, s'y était risqué, avec sa fameuse « rente ».
Le tsar de toutes les Russies aussi.
Y'a aussi eu la Convention.
Ma chère idée qui n'a pas forcément porté chance à leurs émetteurs : Eh bien on remet ça !
On ne sait pas encore ni comment, ni combien, ni quand, mais c'est sûr : va falloir être citoyen, les jeunes et montrer que vous en avez encore sous les matelas !
Ça permettra d'aller vérifier comment vous l'avez accumulé et tant pis si ça risque de retirer autant au seul moteur de la croissance qui fonctionne encore jusqu'à la fin de l'été dans ce foutu pays de « Gauloisie qu'on aime tant », à savoir la consommation.
Mais notons aussi qu'il a manqué de souffle, le « Bling-bling », pour une première.
D'un côté il nous a fait le grand numéro, devant des parlementaires poliment cois qui espéraient encore placer leurs copains ou eux-mêmes : « Nous ne pouvons pas laisser un euro d'argent public gaspillé. Je demande au parlement de se mobiliser pour identifier tous les dispositifs inutiles, toutes les aides dont l'efficacité n'est pas démontrée, tous les organismes qui ne servent à rien. Prenez le temps d'en débattre avec le Gouvernement à la rentrée afin que des décisions fortes puissent être prises avant la fin de l'année ».
Et allez donc : y'a qu'à lire le rapport de la Cour des comptes !
Mais peut-être sont-ils comme moi, ne sachant pas lire, la faute à l'ékole publique...
De ce fameux rapport, nous en reparlerons dès demain et dans les jours qui viennent (tellement la semaine dernière a été riche).
Revenons à Versailles ! Médusés les élus : C'est la première fois qu'un chef de l'État évoque le rôle du Parlement dans le contrôle de la dépense publique, faisant probablement allusion à l'amendement voté dans la réforme constitutionnelle de l'été 2008 qui pose dans son article 24 « Le Parlement (...) contrôle l'action du Gouvernement. Il évalue les politiques publiques ».
Ça s'est traduit par la création d'un « Comité d'Évaluation et de Contrôle », le CEC, auprès de l'Assemblée Nationale.
Notons qu'on n'avait pas besoin d'un comité Théodule de plus : il suffisait de relire les articles 13 et suivants du préambule de la Constitution qui existent depuis plus deux siècles !
C'était déjà marqué.
Mais bon, une réforme de la Constitution sur le sujet, ce n'était pas de trop pour rappeler à leurs devoirs les élus du Peuple, n'est-ce pas...
L'autre curiosité a brillé par son absence vertigineuse : absolument rien quant à d'éventuelles mesures pour réussir la croissance interne.
« Bling-bling dans sa tête » a repris tous les thèmes qui ornent le discours sur la croissance depuis 30 ans : l'investissement, la formation, la recherche, etc., mais en donnant dans ces efforts un rôle essentiel à l'État !
Tout à sa vision très « Sarkozienne », pour lui l'État (qu'il dirige à l'occasion) apparaît comme le seul Grand Initiateur, à travers du Grenelle de l'environnement, le Grand Paris, la ré-industrialisation des bassins d'emploi en difficulté, comme le seul moteur de tout ce qui va aller mieux demain (et échoue si lamentablement aujourd'hui).
Absolument à aucun moment notre « Ô combien Vénéré Président » ne semble avoir inscrit dans ses impératifs celui de s'appuyer sur les initiatives des « natifs gaulois » et autres résidents et, notamment, sur une des plus importantes : le financement de la création d'entreprises, le seul outil vraiment universel de la création de valeur ajoutée marchande qui vaille pour avoir vécu depuis des millénaires...
Avant même la création de tout État !
Il n'a parlé, toujours et encore, que de financements par l'État, jamais d'inciter les particuliers à investir, avec ou sans avantages fiscaux, une voie manifestement méconnue des énarques qui l'entourent et pourtant nettement plus efficace pour l'argent du public.
À aucun moment il n'a rappelé que, dixit l'OCDE, nous avons un retard de plus de 10 % de la population active au travail dans le secteur marchand. Et au moins autant en trop dans le secteur non-marchand...
Par contre, il a bien dit qu'il se refusait à une « politique de rigueur » prétendant un peu vite qu'elles ont toujours mener à l'échec, et à l'accroissement des impôts ; mais il n'a pas dit que pour revenir à l'équilibre budgétaire, les seules mesures de contrôle de la RGPP, même doublées par le Parlement seraient insuffisantes, et que notre seule sortie de crise réaliste est de créer les 5 à 7 millions d'emplois marchands qui nous manquent...
Aveugles sur les vraies causes du chômage français et les raisons du manque de création d'entreprises et d'emplois ;
Aveugle à l'idée d'en charger l'État, car c'est bien une erreur démontrée depuis plus de 30 ans !
Quand l'État s'empare de la création d'entreprises et de l'innovation, le chômage n'a cessé d'augmenter.
À se demander si la vision de notre énarchie qu'a de l'avenir de notre beau pays (que nous aimons tant), n'est pas purement « postmarxiste » : L'État, c'est tout, il est omniscient, omnipotent, omniprésent.
Il peut vivre sans entreprise, car il est l'Ultime entreprise, immortelle, celle qui prend en charge les souffreteux, celle qui distribue des aides, des subsides aux nécessiteux, des subventions à des boutiques qu'il étrangle, dont il réglemente toujours plus étroitement l'activité, qu'il régale de marchés publics, qu'il assomme de charges de taxes et d'interdits.
On avait eu « l'entreprise sans usine » chère à Tchuruk qui a fait s'écrouler Alcatel, puis Alcatel-Lucent.
Demain, on aura une Nation entière sans ni usine ni entreprise.
On sera tous ou pensionnés, ou auto-entrepreneurs chacun sur son micromarché (forcément de proximité), ou fonctionnaire veillant à la bonne harmonie de l'ensemble !
Le bel avenir que voilà !
Radieux, tous égaux à tendre la sébile à hauteur de nos besoins, reconnaissant de bienveillance à l'égard du tout-puissant... État !
Et il ne restera qu'un communiste : « Bling-bling » !
Sera-t-il encarté au moins ?