La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
Un métier à part entière !
VCRM me fait savoir « qu'un de ses potes » installé dans la filière bois a créé une entreprise d'exploitation et de sciage du bois de forêt dans les Hautes-Alpes.
Pour avoir redressé, dans un passé lointain, une entreprise bourguignonne qui faisait à peu près le même métier et m'avait « consulté » pour une opération de « remise à flot » en conservant les effectifs, j'avais découvert les arcanes de ce métier gros consommateur d'énergie.
C'est que ça n'a l'air de rien, mais prendre des fûts d'arbre ayant à peu près poussé droit pendant 2 ou 3 décennies, ça « bouffe du kérosène » sous forme de gaz de ville...
Et que je te saisis les arbres arrivés par camion-semi-remorque porteur adéquat, que je te les écorce avec des machines à dents d'acier (qui pètent plusieurs fois par jour), que je te les « déroule » avec d'autres en « pli » de 2 à 3 millimètres.
Je te les mets en « plaque » que j'empile délicatement mais mécaniquement dans un four pas trop chaud pour les sécher.
Que je te reprends les dites plaques pour les coller en 3, 5 ou 7 plis avant de les mettre sous presse pendant une nuit ou deux avant de les expédier, sous forme de contreplaqué en Italie pour en faire des meubles.
La sciure de toutes ses opérations de « mise au carré » n'est pas perdue : on te la ramasse, on la mélange avec de la colle, on met sous presse, on attend que ça sèche, on rabote, on nettoie et on expédie en Italie pour faire des meubles en contreplaqué !
Quand il s'agit de faire des poutres ou des planches, on écorce le fût, on le scie en planches selon l'épaisseur voulue et on stocke à l'air tel que l'air passe entre chacune d'elles pour les sécher.
Pour une poutre, on reprend la planche, en principe plus épaisse et on la re-scie pour faire des parallélépipèdes plus ou moins carrés selon l'utilisation qu'on en fera...
Et d'être vigilant à « l'œil » qui viendrait subrepticement réduire la « tenue mécanique » de ladite poutre, qu'il faudra équarrir à en faire du bois d'allumette (les chevilles en bois ayant perdu tout leur usage depuis des lustres)...
Là aussi, ça fait de la chute, de la sciure et on ré-agglomère le tout avec la colle idoine pour en faire de... l'aggloméré.
Bref, on n'imagine pas le temps machine et la main d'œuvre qu'il y a derrière le meuble Ikéa vendu pas cher.
Car l'ébéniste qui passe derrière, il est encore capable d'exiger un laquage sur les tranches extérieurs et de devoir « plier » à la vapeur pour faire un meuble « dixit » en formica qui finira avec 4 pieds et un tiroir au fin fond de votre cuisine...
Voilà donc un « d'jeun » qui monte une boutique dans les Hautes-Alpes. Il y colle son maigre pécule, va voir son banquier et s'endette jusqu'au cou quand une âme charitable lui explique l'affaire de la subvention au profit des créateurs d'entreprises de la filière « bois » de la région.
Le Conseil Régional de PACA et le Conseil Général des Alpes de Haute Provence ont mis en place en 2007 une action de subventionnement vachement dynamique.
Répartition de principe : 10 % du besoin de fonds propre pour la création pour le Conseil Régional et de 5 % pour le Conseil Général.
L'ensemble est piloté par la CCI locale.
Et c'est avec ça que nos « élus locaux » pensent tout le bien du soutien de la filière-bois locale...
Un premier contact est pris avec la CCI en septembre 2007.
Le dossier complet est déposé à la CCI le 20 octobre 2007.
Le prêt est débloqué, l'achat des machines est signé entre-temps, l'activité démarre, grâce au carnet de commandes empilées depuis la fin de l'été et l'acquisition des « surplus » en mauvais état de la tempête de 99.
L'attestation de dépôt du dossier à la CCI est reçue le 18 novembre 2007. Un mois pour dire qu'on a reçu un papier...
Mais la date officielle de la réception du dossier par la CCI est le 20 janvier 2008. Trois mois pour constater que tout est carré : on va s'en occuper enfin !
Le 31 janvier 2008, la CCI informe que la Région diminue sa participation de 10 % à 7,5 %, ce qui implique que le Département augmenterait la sienne de 5 % à 7,5 %.
La saison se passe...
Le 20 juin 2008, un courrier de la Région confirme l'enregistrement du dossier... Le temps d'une grossesse humanoïde, me direz-vous !
Une nouvelle saison passe...
Le 20 octobre 2008, la Commission compétente de la Région décide d'accorder une subvention de 30.000,00 euros.
Un an à tirer la langue...
Le 2 décembre 2008, l'entreprise reçoit la convention de la Région et la renvoie après l'avoir signée
L'hiver passe une nouvelle fois...
Le 4 février 2009, le responsable du dossier au Département demande des renseignements qui ont déjà été fournis. C'est donc reparti pour un tour ?
Et de préciser qu'il est trop tard pour présenter le dossier à la Commission de mars et que ce serait donc pour celle de juin.
Finalement, le dossier est tout de même présenté à la Commission départementale de février 2009 pour un montant de 20.000,00 euros, qui est accepté.
Le 22 mai 2009, les deux conventions (Région et Département) sont signées par les Présidents respectifs et les fonds devraient être versés d'ici le mois de juillet.
S'il n'y a pas de nouveaux retards, il aura fallu 20 mois pour obtenir les 20.000,00 euros supplémentaires sollicités et ce après d'innombrables échanges de courriers et d'appels téléphoniques.
Un métier à part entière, vous dis-je...
Ça me rappelle cette autre entreprise, parigote cette fois-ci, qui se crée sui generis intra muros rive-droite. Il s'agit d'aide médicalisée à domicile.
Mais pas que le passage de la dame-Pique-pique. Elle offre le service de l'aide ménagère, diverses services à la personne, comme les courses, le coiffeur, l'achat des médicaments prescrits par le médecin traitant, éventuellement une liseuse-repasseuse, la prise des repas, la toilette, etc, etc.
Justement, le marché est porteur - c'est que ça vieillit vite, les personnes âgées - et le maire local est « Soce pointu pro-De-La-Nuée » ayant arraché l'arrondissement à cette droite exécrée par tout bon fonctionnaire et autres « âmes sensibles »...
Les « vieux », la solidarité, c'est son « truc » électoral (mais aussi le d'jeune, les employés, les cadres moyens, les délinquants, les bébés, la couche d'ozone, etc. Rassurez-vous !)
Justement il faut une autorisation du Conseil Régional pour exercer ce beau métier de rendre plus commode la vie des vieux à domicile : l'AP et les hôpitaux privés ou publics n'en peuvent plus, les réseaux « longs-séjours » sont débordés et coûtent la peau du dos à l'assurance sociale, les maisons de retraite sont soient hors de prix et inaccessibles, soit en nombre largement insuffisants : les listes d'attente ont des allures de bottins téléphoniques, gérées en « fifo » réglementaire.
Justement, c'est une des « grandes priorités » du moment de Jean-Paul Hu-chon, l'homme qui a voté 300.000 euros de budget pour aller faire une statue à la gloire d'Allende, pas à Paris, mais dans son pays de naissance, Pédégé du Conseil Régional propriétaire d'un fabuleux arborétum planté aux confins du territoire, limite de l'Eure bien sûr, discours à l'appui et moyens financiers inexistants.
Pas bien grave, les subventions ou prises en charge ne sont pas légions, mais la Sécu est encore capable de faire l'effort envers ses assurés.
Le reste, c'est paraît-il l'objet de la « grande priorité » du « Chi » et la notion de dépendance...
Le dossier est monté en 3 mois de travail. Tout est nickel : on n'attend plus que l'autorisation pour chercher le local qui abritera l'activité...
On trouve le local, mais pas l'autorisation trois mois plus tard.
Il manquerait une pièce qui s'est perdue dans une poubelle, un broyeur ou carrément dans les chiottes.
On fournit la pièce, mais désormais, le Conseil Régional bloque toutes ses décisions sur le sujet en vue de d'abord faire faire un audit des besoins...
En attendant, les loyers courent, les charges s'accumoncellent, le banquier s'énerve. Bref, on décide d'ouvrir en catimini et de passer l'hiver comme ça en espérant que personne ne vienne y mettre son nez.
L'activité se développe rapidement, le point mort est franchi en 4 mois et les pertes d'inactivité sont essuyées pour la séance de mars qui statuera sur les demandes d'ouverture en instance de décisions.
L'audit (dont ne connaît ni ses « auteurs-experts » ni le prix) sort en quelques mois, mais il s'agit alors d'en examiner dans le détail les conventions qui doivent être signées avec la Région et les « partenaires sociaux » (et autres associations du secteur).
Nouveaux délais en cours...
L'été passe, l'automne passe, l'hiver approche : nouvelle demande de reformer un dossier complet de demande d'autorisation d'exercer.
Et allons-y, sauf que cette fois, le prévisionnel est corrigé des erreurs passées et s'appuie sur du « vécu avéré » !
Ah oui, mais ça ne cadre pas avec les ratios d'exploitation communément admis au titre des prévisionnels habituellement rencontrés : dossier rejeté en même pas deux mois d'attente fébrile !
Bien, bien : on corrige la copie et on y retourne pour une troisième fois. Re-séance d'appréciation en vue d'autorisation par ses magnifiques fonctionnaires qui savent tout de tout de comment les gens doivent travailler, et là, boum ! Ça passe !
23 mois d'activité paramédicale illégale, presque 300 familles soulagées par la dégénérescence ou la maladie d'un proche, des centaines de milliers d'euros économisés par la CPAM, le tout en total illégalité légitime, par simple carence de l'autorité des politiques et d'une poignée de fonctionnaires tous très à cheval sur leurs prérogatives...
Pour finir par avoir le fameux « sésame » indispensable...
Et encore, ne vous parle-je pas de mes « petites crèches » associatives !
Ça vit avec les participations familiales selon un tarif national assis sur le revenu des familles. Qu'elles bossent, ne bossent pas, cotisent ou non à la CAF via leur employeur...
De toute façon, la CAF compense et quand on se débrouille pas trop mal, on paye globalement tous les frais variables avec ça, mais pas forcément les frais fixes : à 3 euros et quelques de l'heure, on parvient à s'en sortir, pour peu que la PMI et le Conseil Général vous donne le fameux sésame d'ouverture.
Qui lui-même « prend la température » auprès de la Mairie, dont le maire est bien conseiller général siégeant et délibérant aussi, puisqu'il va être partie prenante et même exiger que l'on ouvre d'abord la structures aux familles électrices moyennant quelques sous qui paieront les frais fixes : sans avis favorable, pas de sésame !
Et il faut compter entre 15 et 24 mois pour l'obtenir, même quand il y a urgence et que le maire est prêt à mettre la main à la poche, sachant pertinemment (sauf chez les « cocos » qui ne comprennent décidément rien à rien) que pour le prix d'un seul site en service municipal, il va pouvoir s'offrir deux crèches associatives.
La CNAF vient d'ailleurs de recevoir un paquet monstrueux de pognon pour « investir » et multiplier les projets d'ouverture.
Ce qui arrange bien les gestionnaires, parce que pour ouvrir, non seulement il faut faire des travaux d'adaptation exigés par divers décrets, la PMI, qui a ses propres exigences à géométrie variable (par exemple, des fois elle exige des plantes vertes alors que d'autres vous les feront retirer, des fois elles insisteront pour une ventilation climatisée des locaux alors que la norme sanitaire exige qu'elle soit simplement mécanisée), les pompiers, les vétérinaires et je ne sais qui encore, que la structure va devoir financer à hauteur de 20 à 55 %.
C'est selon que vous avez ou non une bonne gueule.
En attendant, il faut aussi maîtriser le foncier, car sans, pas d'ouverture possible et c'est le banquier qui fait l'avance.
Mais le banquier, il a un défaut : il exige de se faire rembourser, le gueux, en plus que de lui payer un intérêt comme d'un « loyer de l'argent » (qu'il sous-loue en fait, pour l'emprunter lui-même).
Le « blème », c'est que ces remboursements ne sont jamais déductibles d'une comptabilité de type commercial que tous ces « partenaires-là » exigent de l'association, contrôlée par un CAC onéreux, cela va de soit, même si en définitive ils vous réclament des budgets annuels prévisionnels de « caisse » d'année en année.
Budget que l'on doit présenter selon le formulaire adéquat qui justement n'a pas de case « remboursement d'emprunt », puisqu'ils ne peuvent pas en vérifier la cohérence avec le denier bilan et compte d'exploitation fourni.
Qu'à cela ne tienne : on rajoute la ligne et on demande des subventions à hauteur de la différence !
Pas la peine de faire des profits, de toute façon, c'est de l'argent public et on ne saurait pas quoi en faire sauf à le retourner au bailleur de fonds.
Mais en admettant quand même que le capital remboursé, mathématiquement et parfaitement comptablement, puisqu'il n'est pas déductible, c'est comptablement un profit qui remonte en report à nouveau ou en réserve, puisque l'argent correspondant est dans la poche du banquier, plus en caisse...
Et que bien entendu il n'est juridiquement et « mécaniquement » pas possible de le « distribuer » à quiconque d'autre.
« Ah mais oui, mais si vous avez des réserves, c'est que vous faites des profits. Je réduis donc la subvention d'exploitation du même montant ! »
Pas sûr qu'on soit encore là l'année prochaine pour vous en redemander : on va crever la bouche ouverte entre-temps !
Conclusion : c'est quand même dommage de donner quels que pouvoirs que ce soient, de « décider » à des gens qui n'y comprennent rien et sont factuellement incompétents pour décider...
De la « socialisation », de la « marxisation rampante » de tout ce qui bouge...
Ainsi va notre « beau pays » de « Gauloisie supérieure » !
Et que j'aime tant en plus, figurez-vous !