La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
Et de trois !
Après ma « hideuse famille » - enfin, une partie seulement et bien heureusement - il me faut vous raconter les « petites histoires » du monde des affaires dans lequel je circule.
Naturellement, je vais « maquiller », les lieux, les noms, les dates et tout autre élément pouvant vous permettre de « rapprocher » avec la réalité vécue dont cette histoire s'inspire « mot pour mot ».
Celle-ci est édifiante de certaines pratiques aberrantes qui, parfois, font dégouter d'appartenir à cette espèce d'homo sapiens-sapiens qui œuvre, notamment, en « Gauloisie magnifique ».
1 - La plus édifiante reste cette école de danse et de théâtre, de réputation localement notoire, animée par des artistes forts de leur immense talent depuis plus d'un quart de siècle. J'en suis devenu « Président » - car c'est une association de la loi de 1901 - après en avoir été le « conseil assidu » au moment où elle avait quelques difficultés de trésorerie importantes.
Ce sont des « artistes », un peu dans la lune, pas très au fait qu'un banquier ça peut aussi exister, avec ses propres contraintes, que quand on reçoit des subventions publiques, même minimales, certes mais tout de même, c'est quand même de l'argent « des impôts des z'autres » et qu'il s'agit de rendre au moins compte de l'utilisation des subsides reçus.
J'en ai donc fait diagnostic approfondi, ai mis en place deux trois mesures permettant d'atteindre dans les délais les quelques objectifs indispensables à dépasser, un tableur de suivi de « gestion de trésorerie » pour le moins raffiné, refait deux bilans, le premier pour avoir des « à nouveau potables », le second pour « coller » avec la réalité financière en vue de refiler un ensemble « propre » à un expert-comptable diplômé : la « tenue », ça « me pompe » et j'estime avoir mieux à faire que ça !
Pour faire quelques économies, mais aussi parce que ça « ne cadrait pas » avec les besoins des intervenants professeurs, je modifie l'organisation juridique, notamment en terme de contrats de travail. Certains professeurs restent au régime des intermittents du spectacle, alors que d'autres basculent du statut de salarié à temps très partiel vers celui de « mandants » donneurs d'ordre à l'association, cette dernière accueillant l'activité de ces profs-là auprès de leurs propres clients dans les locaux mis à disposition.
Comme on est dans du BNC accessoire, régime « micro » (c'était avant le statut « auto-entrepreneur » propre à vider les statistiques du chômage en « Gauloisie laborieuse »), on fait ainsi l'économie de la TVA (16 % de leur CA quand même), 5 à 10 % d'économie sur les charges sociales pour un régime de protection enfin à la hauteur de leurs attentes (certains profs, bien que salariés, ne cumulaient pas assez d'heures pour être assurés à part entière...).
Et la trésorerie regrimpe jusqu'à dégager enfin des excédents maigrelets, mais quand même...
Ouf !
Je n'ai plus qu'à retourner vers mes activités habituelles, mission accomplie en refilant ma dém', l'esprit serein, le sentiment du devoir accompli emplissant d'aise mon âme, comme souvent dans de pareilles circonstances.
Et voilà t'y pas, que je passe presque par hasard dans le quartier et décide d'aller saluer mes « ex-clients », à titre amical.
Je reste bien accueilli, mais arrive en pleine tourmente... L'expert-comptable explique à ses clients qu'ils doivent 65.000 euros de TVA : ils n'ont pas vraiment cet argent, bien évidement !
Comment en est-on arrivé là ?
Absolument fastueux...
« L'expert », une fois que j'eue le dos tourné, a fait créer une Sarl en insistant sur le fait que parmi les adhérents de l'Association de l'académie de danse et de théâtre, il y avait certes les clients et familles de clients, mais aussi et notamment au Conseil d'administration des professeurs : la structure perdait son caractère « bénévole » !
Ça reste à voir tellement l'esprit « bénévole » restait fort : La notion, d'un point de vue juridique, emporte l'interdiction de verser des dividendes aux administrateurs, de capter le résultat de l'activité, « directement ou indirectement » précise la doctrine administrative fiscale, au moins pour l'activité de gestion et d'administration (quoique justement, il soit aussi possible de rémunérer par un salaire les administrateurs qui administrent : c'est prévu par la loi !).
Mais pas d'interdire de payer des professionnels dans la pratique de leur profession : tout travail méritant salaire, n'est-ce pas !
Le type n'en a eu cure et a fait valoir une belle consultation de son pote ashkénaze fiscaliste (le truc à 5.000 euros plus TVA exigés de mes ex-clients sans le sou), qui s'est plongé dans la jurisprudence accessible à partir du Navis de chez Francis Lefebvre (qui vaut le cinquième du prix de la consultation) et affirme à peu près le contraire entre les lignes, mais arrêts et analyses qui datent d'avant la loi nouvelle venue entre-temps contrarier les notions jurisprudentielles issues de la loi de 1901 originelle...
Donc inadaptés à la situation juridique actuelle, en droit positif assumé.
Bref, il était affirmé qu'il fallait donc basculer l'ensemble de l'activité sur une structure commerciale... avec impôts commerciaux, naturellement !
Et allons-y ! Un comptable, d'autant s'il est expert, ça sait faire une Sarl (travail fortement honoré, bien entendu) et une comptabilité en TVA.
L'exonération de TVA, ce n'est pas trop son truc...
Du coup, je déterre le vieux mandat « à l'envers », lui-même rédigé par un autre avocat, « spécialiste du droit du travail » (1.000 euros plus la TVA) celui-là et note que c'est bien marqué « Mandat », mais que dès l'article deux, il s'agit pour le « professeur mandant » de prester pour le compte de « l'Association mandataire », contre toute logique juridique, à des horaires fixés par le mandataire, dans des lieux et pour des spécialités fixés par le mandataire, auprès d'élèves présentés par le mandataire.
De quoi requalifier ledit mandat en contrat de travail au premier contrôle Urssaf venu...
Et, cerise sur le gâteau, le dernier article écrit noir sur blanc une belle clause de non-concurrence obligeant le « mandant » donneur d'ordres à l'égard de l'Académie de danse et de théâtre receveuse d'ordres, qui du coup garde la propriété « commerciale » sur les « clients »... qui du coup ne sont plus des adhérents mais de vulgaires artistes en herbe de cochons de payeur !
« Pas grave ! » nous fait l'expert, « je vous prête l'argent et je m'arrange avec le banquier ! ».
Pas le sien de banquier, celui de l'Académie...
« Au nom de quel pouvoir ? » fis-je la haine incendiaire me montant depuis un moment du tréfonds de la boîte à durites (les tripes) en état d'ébullition avancée depuis que mon seul neurone capable de fonctionner avait pété depuis un moment !
« Vous avez raison ! En qualité de gérant de la Sarl ! C'est mon père qui fera, moi je ne peux pas (pour être contraire avec la déontologie professionnelle) et ça vous fera en plus des économies sur mes honoraires ! » fait-il avec un aplomb à désarçonner le meilleur cavalier qui soit !
Enkulé, oui !
Je parviens à jeter un œil sur le bilan prévisionnel, enfin l'ébauche présentant la perte de 70.000 euros, soit juste un mois de chiffre d'affaires, dont une grosse partie est de la fameuse « TVA fantôme » et reluque qu'à l'actif se retrouve la seule chose qui est vraiment de la valeur, à savoir les locaux acquis il y a 25 ans pour leur valeur historique d'achat par l'association vidée alors de tout actif corporel...
« Mais, mais ! »
Il est où l'acte notarié qui transfert l'immeuble à la Sarl...
Dans les « tuyaux » : « On va régulariser tout ça dès qu'on aura un peu d'argent ! » m'assure ma théâtreuse, le sourire aux lèvres, l'air ingénue !
Là, je sens le coup fourré : ce n'est pas le genre à « coucher » avec ce rat d'expert-comptable juste en paiement en nature des honoraires !
« Et tes cautions personnelles ? Tu les transferts aussi à la Sarl ? »
Bouche bée la fille... Scotchée, le regard fixe qui tente de sonder le tréfonds de mon âme en ébullition !
Moi, les yeux qui commencent à faire de la vapeur par tous les micro-orifices...
Là, elle découvre qu'elle peut commencer à comprendre : 25 ans d'acharnement et de travail, 10.000 heurts à soutenir contre vents et marées son outil de travail, toute une vie de labeur qui foutait le camp sous son nez sans même qu'elle s'en aperçoive !
« De toute façon, tu ne signes pas ce bilan ! Il est archi-faux ! Si tu le fais, le conservateur des hypothèques va le prendre très mal un jour ou l'autre de n'avoir pas touché son salaire et les 5 % de droits qui vont avec ! Le banquier va te faire cracher jusqu'à ta dernière petite culotte et même tes tampax usagés !
Et tu te seras rendue complice d'un abus de confiance à l'égard de l'Association, avec de l'argent du ministère de la culture, ce qui va te faire croupir un bon moment à Fleury-Mérogis, aux quartiers des femmes à t'en faire devenir gouine et pédale hard, pendant que d'autres feront les plus-values sur la promotion immobilière à venir sur tes locaux ! »
« Mais, moi je peux le faire ! » la ramène l'expert-comptable.
Grrr !
Toi, si tu l'ouvres encore une fois, tu fous le camp, mais par la fenêtre et sans l'ouvrir en plus !
« Mettez vos égo de côté ! C'est dans l'intérêt de MA cliente... »
Je n'ai pas eu le temps de finir ma phrase, interrompu par l'autre, vice-présidente historique et danseuse, une « nulle à chier » qui avait déjà mis la boutique en cessation de paiements avant que je n'intervienne, qui me fait : « L'ignoble ! Je te remercie d'être venu. Ça fait toujours plaisir de te voir, mais c'est une réunion de travail où tu n'as rien à faire. Sors d'ici, s'il te plaît ! »
Trahi par ses propres z'amis !
Et que je me tire, furax et sans même un « au revoir », me remémorant le déroulé de l'histoire dans laquelle je les avais embarqués malgré moi !
Que je m'étais quand même renseigné avant de partir : le père du fils est à le retraite et c'était un des mes profs de compta d'il y a 30 ans !
Il s'était présenté avec la rosette, le mérite et le poireau académique accrochés au revers du veston, pour adouber le fiston chargé de faire le bilan !
Un type, le père, mon prof, que j'en étais tout ravi de retrouver notre « tortionnaire » de quand j'usais les bancs de la fac, qui était déjà un esprit retord, à nous coller sur les fusions-acquisitions de sociétés à participations croisées, consolidées en mise en équivalence et au régime (alors dérogatoire) du bénéfice mondialisé d'intégration fiscale.
Cossin (l'autre de mes papes avec Cozian), celui qui a fait trésorier du PSU avant de finir au Conseil National des Impôts sous le « Chi », il en a fait un bouquin de plus de 1.000 pages, absolument illisible, et moi, je découvrais l'aspect comptable en préparation de mon certificat supérieur, alors que j'étais déjà diplômé « fiscaliste pointu » sur à peu près les mêmes sujets !
Bref, une époque où je recevais une double formation sur les mêmes sujets, ce qui me permettait de planer un peu par rapport à mes petits collègues qui galéraient !
Eh bien, que je ne m'étais pas assez méfié !
Des ordures... Ordures anonymes, sans éthique, sans aucune inhibition morale, qui vous pique la laine sur le dos sans même vous demander la permission, vous tailleraient un steak dans le gras de la fesse sans une once de remord, juste comme ça, parce que tout, absolument tout leur est permis !
Normal : le père et le fils, se sont des élus de Yahvé depuis plusieurs millénaires : les « goys » du pays leur doivent bien ça depuis au moins l'holocauste, sinon bien avant !
Heureusement que je ne suis pas « antidreyfusard » ! Que j'en deviendrai « total-kon » dans mon métro du retour !
Le soir même, la « théâtreuse » me rappelle pour que je lui explique !
Et j'ai expliqué, expliqué et encore expliqué la manip du « je te prête l'argent pour te rendre service ». De l'argent qu'on ne peut évidemment pas rembourser mais qui reste en compte-courant d'associé, à condition de devenir associé...
Que dès lors, les 65 K€ par rapport au 1.000 €, bé à la prochaine assemblée générale, c'est qui qui possède 98 % des voix ?
Qu'ensuite, le père a les coudées franches pour faire comme il veut, liquider la bestiole, mettre tout le monde dehors, payer les dettes fiscales et sociales pas encore éteintes avec la vente de l'actif immobilier à une de ses « sociétés-sœurs » et faire la promotion dont il peut espérer 1 à 3 millions d'euros de bénéfice compte tenu de la surface au-sol et du prix du mètre carré dans le coin !
Tu parles ! 600 m² au cœur de la Capitale, à pas moins de 5.000 € du m² après le passage du typhon de la crise, dans une ville qui manque de foncier constructible...
La bonne affaire du siècle, oui !
Et elle de me quémander une solution d'urgence...
« Hé bien écoute, la seule solution que je vois c'est que demain tu vas fissa voir ton banquier personnel et tu montes un prêt personnel pour acquérir les locaux. Tu les revendras plus tard. Mais tant que tu es Présidente, tu peux encore décider ! Ca soulagera la finance et tu me liquides cette Sarl ou la refile à la vice-présidente qu'elle se démerde avec Dukonloviztsky ! ».
3 millions d'euros à s'endetter, je pense que c'est trop gros pour elle. D'ailleurs, depuis, je n'ai plus de nouvelle...
Car le mécanisme de piquer le fric d'autrui, je le connais bien ! Et déjà et toujours à partir de la TVA...
J'ai eu à y faire face, mais en plus « hard », pour un autre de mes « bons amis », celui qui fait restaurateur grec rue Descartes, en haut et dans le prolongement de la « Mouff' », là où l'on fait le meilleur tarama du monde ! On y vient de l'autre bout du monde pour le goûter, c'est dire !
Et la TVA, les restaurateurs, ils n'aiment pas trop la payer... Pensez donc !
Droit dans le piège qu'il était tombé, lui !
Et encore avant, par le « Tonton-notaire » d'une de mes « potes de Fac », qui faisait championne de ski dans le civil !
Mais ça, la presse en avait parlé et reparlé...
Je vous raconterai cela une autre fois...
Over-blog dérate déjà souvent parce que mes « posts » seraient trop lourds.
Alors, aujourd'hui, il faut que je m'arrête là !
Bonne journée à tous.