La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
Elles progressent !
État des lieux par un coutumier...
On tue lors des braquages pour 80 euros. C'est le procureur de Marseille, Jacques Dallest, qui l'a dit : « Aujourd'hui, on ne se contente pas de revendre de la drogue. On a des homicides ou des tentatives d'homicides qui s'inscrivent dans le cadre de tensions réelles sur fond de trafics de cités ».
Certains policiers parlent de « guerre fratricide ». Et le chaudron du 13ème arrondissement pourrait avoir mis le feu aux poudres.
Les résidants des cités des Lauriers, des Cyprès et des Cèdres, à Malpassé (13ème arr.), vivraient sur une poudrière : Une bande issue de la communauté des gens du voyage, habitant les Cèdres, aurait pris possession des Lauriers pour y installer ses « plans de stups », et déstabiliser tout le quartier.
Une drogue qui nourrit des familles.
Car le marché souterrain de la drogue rapporte. Et souvent beaucoup.
« Le shit fait vivre les quartiers nord », assure un policier de terrain.
À la cité Font-Vert (14ème), par exemple, l'une des mieux tenues par les caïds locaux, « les trafiquants peuvent se faire plus de 2.000 € par nuit », confirme un autre enquêteur.
Surtout lorsque les repères sociaux n'existent plus. Le « shit » se vend à 10 ou 20 € selon la barrette et presque toutes les cités en vivent.
La coke, privilège de cités comme Les Iris, La Paternelle, Bassens, Plan d'Aou ou Les Flamants, se trouve à 40 € le gramme.
Des armes en vente libre ! Mais oui !
La vente d'armes peut rapporter 1.000 à 2.000 € par jour au pied des immeubles, en liquide bien sûr.
La Castellane, La Cayolle, Le Castellas, La Solidarité sont connues pour ça...
Les « Allô shit » de Marseille ?
Il existe même des trafiquants qui livrent à domicile. Des sortes d'« Allô Shit » qui se déplacent et règlent à la commande.
De la cité de La Savine et à La Marie en tête. Pas facile pour la police de frapper en un lieu précis.
Des « cités multicartes » celles dont le nom revient ? C'est La Cayolle (9ème), au bout des quartiers sud.
Le règne des « touche-à-tout ».
Connus pour faire à la fois dans le haschisch, la cocaïne, le trafic de voitures, de cartes bancaires ou les armes. « Chaque vendredi soir, on sait qu'on va voir débarquer des voitures immatriculées dans le Var qui viennent s'approvisionner. Il suffit de les attendre à la sortie de la cité », confie un enquêteur.
Des spécialités mouvantes ?
L'une des constantes est l'aptitude des cités à rebâtir un trafic de stups après une « descente » de police. Ce fut le cas aux Iris, après le lynchage du jeune Taoufiki.
Les trafiquants avaient disparu, avant d'y revenir.
À l'inverse, Frais-Vallon, parfois qualifiée hier de « supermarché de la drogue », « n'est plus ce qu'elle était ».
Des bombes à retardement : Ce sont les cités « les moins tenues », celles où les « plans stups » sont faits de rivalités entre bandes, de jalousies sur les bénéfices engrangés, qui génèrent le plus de « désordres », dit la police.
En 1958-59, la construction des cités battait son plein dans les 13ème, 14ème et 15ème arrondissements de Marseille.
Aujourd'hui, le Nord abrite 240.000 habitants dont 100.000 dans les HLM. À Marseille, où on a toujours manqué cruellement de logements, la guerre avait dévasté 19.000 bâtiments.
Il est alors urgent de bâtir.
Car si on s'en tient au rythme de la construction de l'époque, il faudrait attendre un siècle, dit-on en préfecture, pour loger tout le monde.
Et puis, les « grands ensembles » sont nés.
La fracture sociale aussi. Et il faut faire vite.
On construit dans la tourmente, sans réflexion. Les programmes se multiplient. L'un d'eux, pompeusement baptisé « Secteur industrialisé », impose de construire à un coût 30 % inférieur au prix habituel.
C'est alors l'ère du « n'importe quoi » avec des logements mal pensés, peu fonctionnels, sans équipement.
En 20 ans, on aura construit près de 140.000 habitations à Marseille.
Où 44 % des logements sociaux pousseront au Nord.
Un Nord étouffé par le béton, le chômage, l'insécurité et bénéficiant des plus grande « Zone Urbaine Sensible » où se trouve 62 % des logements sociaux de la ville.
Quant à se poser des questions sur l'origine de tous ces maux, ce n'est toujours pas politiquement correcte et, donc... on ferme les yeux.
La police est débordée.
Seulement 3.000 policiers nationaux et 275 policiers municipaux pour une ville très étendue.
Faut- il sanctionner avant d'apporter d'autres réponses ?
Entre fermeté et laxisme, entre le tout répressif et le trop éducatif, l'équilibre n'est vraisemblablement pas qu'une histoire de loi.
Il faudrait surtout se débarrasser de ces discours lénifiants qui freinent toute réforme en prétextant que le Code pénal doit prévenir avant de punir.
Nul ne peut ignorer le sentiment d'inquiétude de la majorité des marseillais qui est fondé sur des faits de violence réellement insupportables.
L'insécurité s'accroît et où un grand nombre de faits de violences, des incivilités aux actes criminels, sont perpétués par des adolescents de plus en plus jeunes qui ne sont pas tous inconscients de leurs actes.
Ne faut-il pas en finir avec cet angélisme destructeur qui transforme les coupables en victimes et les victimes en coupables ?
Ne faut-il pas en finir avec ce déni de réalité ?
De vibrants plaidoyers en faveur de la « mixité sociale » sont régulièrement prononcés, mais le divorce territorial (logements sociaux), scolaire (carte scolaire), économique (chômage, précarité, bas revenus, minima sociaux, marché noir), religieux (islam) et ethnique (immigration) se renforce.
Autre fait alarmant : des moins de 18 ans, sont impliqués dans la moitié des vols avec violence.
Que fait-on donc ?
Ne serait-il pas temps de moins se préoccuper des causes du crime et de s'intéresser un peu plus davantage aux criminels eux-mêmes, de le considérer comme un individu capable de faire des libres choix, y compris celui de sombrer dans la délinquance sauvage ?
Avec pour contrepartie d'en supporter toutes les conséquences légales... et légitimes.
Marseille sombre, dans la saleté, mais aussi dans la violence urbaine qui fait fuir les marseillais (enfin ceux qui peuvent) transformant, tous les jours un peu plus, la ville en un vaste ghetto de non-droit !
La deuxième plus grande ville du pays.
Symptomatique.