La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
« DD » dans ses analogies médicaleuses...
L'État français, ayant désormais atteint une taille hors du commun, il est de moins en moins capable de fournir le minimum des services qu'on pourrait attendre de lui.
La grève de l'autre jeudi en est une illustration saisissante jusqu'à la caricature et totalement lamentable d'impuissance.
Une fois de plus la France aura été neutralisée par une infime minorité de syndicalistes et, une fois de plus les administrations n'auront pas assuré le « Service Minimum » pourtant exigé par le législateur, qui aurait permis aux non-grévistes, aux familles et aux Français moyens de ne pas être tenus en otages.
Le service minimum avait été l'une des promesses électorales de Sarkozy mais, ici comme ailleurs, il n'en a cure : passé le vote, passées les promesses !
De façon plus générale l'État français est devenu tellement énorme, tellement obèse, adipeux, dégoulinant de foutaise graisseuse, qu'il est réellement et totalement frappé d'impuissance, jusqu'à l'incontinence sénile.
Ce n'est pourtant pas faute de gesticuler : notre « Ô combien Vénéré Président » s'occupe de tout, il défend l'emploi, relance l'économie, reconstruit la justice, supprime la publicité dans les télévisions publiques, ramène la paix au Moyen-Orient, sauve la Géorgie, obtient le cessez-le-feu au centre de Bagdad, redessine l'Europe.
Mais il est incapable de supprimer les 35 heures, ni même l'ISF.
Il a été très capable au contraire de nommer un socialiste théoricien de l'économie planifiée à un poste de direction de l'UMP, et il aime, il adore prendre le conseil de tous intellectuels de gauche, tous les ratés du suffrage universel, tous les loosers qui ont échoué avec leurs dogmes miracles quand ils étaient aux affaires !
La coupe est réellement pleine ! Largement pleine et déborde en commençant par les Antilles !
Le nouveau discours sur « le retour de l'État » laisse entendre qu'il y a quelque chose au sommet de la Nation autre que les creux discours des énarques et ministres serviles passé.
Mais le roi est nu.
Il n'y a pas d'argent pour financer les relances sectorielles.
Le « fonds souverain » est déjà dans une poche percée.
Même Oséo, présenté un temps comme l'outil qui devait soutenir les PME innovantes, largement doté de fonds débloqués pour la bonne cause, est désormais entre les mains des « majors » qui lui suce tous le sang de l'avenir !
Mais, pire encore, bien pire, la moindre initiative élyséenne est immédiatement tournée en ridicule par des lycéens, des instituteurs ignorants, des syndicalistes tout-puissants, les traine-savates d'un monde qui s'écroule sous son propre poids, le poids d'un « réactionnisme » totalitaire arc-bouté sur ses propres axiomes déjà réfutés par l'Histoire et les contingences quotidiennes !
Le vrai gouvernement de la France est dans ces syndicats terroristes, assurés de l'impunité et de la grande complaisance des médias, maîtrisant le transport, l'énergie, l'éducation, la culture, tous les leviers de la connaissance et du sens critique, tous les moyens pour quelques « sachant » d'imposer l'acculture des incultes de la pensée unique.
Normalement l'un des attributs du pouvoir, c'est la souveraineté, à savoir qu'il ne peut y avoir sur un même territoire cohabitation de plusieurs sources du droit, de plusieurs règles applicables en même temps.
Pas en France !
Le pouvoir n'est pas à l'Elysée, il est dans la rue.
D'ailleurs tout le monde au gouvernement est paralysé par la peur : la hantise du dialogue avec les « partenaires sociaux » (le bourreau qui devient partenaire du guillotiné), la référence incessante à la concertation, la préservation à tout prix de la « paix sociale », tout cela délite le pouvoir, ridiculise les gouvernants, et finit par caricaturer la fonction présidentielle.
Nous sommes revenus à ce que Jean François Revel appelait « l'absolutisme inefficace ».
Et de plus, l'obésité mène au diabète - les toubibs ne cessent de nous en avertir.
Or, le diabète conduit à son tour à la cécité.
Trop gros, trop impotent, l'État français devient aveugle.
Il est dans l'impossibilité de voir plus loin que le prochain sondage ou la prochaine élection, et celle qui va concerner l'Europe au printemps prochain ne sera pas triste.
Néanmoins, il est toujours hors de question de s'attaquer à deux questions, au demeurant liées, qui vont largement conditionner le taux de chômage dans les mois à venir : les charges salariales (donc la compétitivité internationale) et la Sécurité Sociale.
On continue à faire comme si les déficits de l'assurance-maladie et des retraites étaient purement conjoncturels, alors qu'ils sont structurels depuis au moins 20 ans : c'était prévu depuis les années soixante et Michel Debré l'avait annoncé.
Michel Debré, oui ! Dans les années soixante, oui !
Oser regarder l'horizon 2012 et savoir ce que seront alors les déficits, la dette accumulée, le service de la dette, les suppléments de cotisations et l'amputation des prestations, cela n'intéresse même pas « l'État Maximum ».
Le sort réservé à la jeunesse n'est pas non plus l'objet de beaucoup d'intérêt.
On nous fait un cinéma sur les discriminations positives, l'abandon de la culture générale, mais on n'envisage pas de soustraire les enfants à cette meute d'instituteurs ignorants dont on ne voit pas ce qu'ils peuvent apporter à la jeunesse sinon l'inculture, l'exclusion sociale et le nihilisme.
Personne n'envisage sérieusement d'introduire quelque élément de concurrence entre les établissements, de sanctionner les mauvais maîtres et de promouvoir les bons.
Personne...
Et dès qu'on parle d'évaluation, même des meilleurs et de l'élite des « chercheurs-enseignants », c'est levée de bouclier, manifestations honteuses, de gens qui pourtant n'ont rien à craindre pour être l'élite de la Nation, la crème des crèmes des cerveaux en ébullition !
Celle sur laquelle tout le monde devrait s'appuyer, qui devait être au service d'un monde meilleur !
Et reculade... dans la concertation...
Chaque fois que la perspective du moyen terme est évoquée, on s'abrite derrière les « évolutions remarquables et les réformes audacieuses » entreprises par les ministres successifs de la santé, du travail, de l'Éducation Nationale.
Ils n'ont fait à ce jour que des ronds dans l'eau et améliorer le principe de précaution dans les cantines en faisant manger bio, manger sain, manger cher.
« L'État Maximum » doit se mettre d'urgence au régime !
Il doit se délester d'un secteur public pléthorique, inefficace jusqu'à incivisme.
Au moins là où il est inutile et contreproductif, là où il est budgétivore, inefficient et sclérosant.
L'État se doit d'assurer les missions minimales qui le légitiment, lui, les impôts et tous ses fonctionnaires : protéger les biens et les personnes, garantir les droits de propriété, assurer la liberté du travail, la liberté d'installation, mettre fin à tous les monopoles « phagocyteur » de pouvoir d'achat, avortant toute initiative concurrentielle, tuant l'emploi et la compétitivité de la Nation et des hommes qui y travaillent !
Et aux moins aux deux monopoles surannés que sont la Sécurité Sociale et de l'Éducation Nationale.
Pour l'instant, l'État suffoque, il plie sous son propre poids enkysté par son enveloppe adipeuse, et se trouve bien mal armé pour faire face à la fronde des parasites, réagir à une crise qui le dépasse alors qu'en plus il ne peut même pas assumer le minimum de services publics, les urgences.
Il court à sa perte si rien n'est fait.
À l'ACV et aux bons soins du docteur FMI...
C'est urgent !