La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
Exercice de rhétorique de 90 minutes : réaction presque à chaud.
C'était jeudi soir. Notre « Ô combien vénéré Président » matant en coin le décolleté sage de « Lolo », nous « donnant la leçon » comme jadis « Tonton Yoyo », tentant se faire à la fois pédagogue et patron, ça pouvait être très drôle...
Et ça le fut !
S'il n'y avait pas cette suspicion de le regarder regarder systématique en dessous de la caméra quand il s'adressait à moi : y'avait-il ou non un gigantesque prompteur derrière le champ de la caméra ?
Eh bien, nous ne saurons pas et tout a été fait pour nous suggérer qu'il improvisait sans la moindre note, causant de chiffres encore plus précisément que Duhamel soi-même !
Bref, des poncifs à longueur de temps, de la rhétorique à l'état brut, pas mal faits : il n'y a qu'une pensée, la sienne.
Il n'y a qu'un patron, lui...
Le garant et responsable de... tout, finalement !
Quelques annonces quand même :
1 - Le plan de relance ? Personne ne sait ce que ça va donner, ni où, ni quand, ni comment !
Pan dans les ratiches à « Dévide-d'jean » !
Mais bon, ça on savait... Je reste toujours perdu dans mes équations sur « l'effet de levier keynésien » des plans de relance.
D'autant mieux qu'on vient de me publier à la fois les chiffres du chômage qui commencent à redevenir alarmistes, mais aussi le poids du « commerce extérieur »...
PIB 2007 : 1.892,2 milliards. Avec une inflation de 2,9 %, on devrait compter donc 1.947,1 milliards en 2008, toutes choses égales par ailleurs...
Mais 467 milliards d'importation soit 24 %...
Et un déficit sur les exportations de 57 milliards, soit 12,2 %.
Un score « dégueulasse » qui marque bien le recul de notre compétitivité collective internationale grandissante.
Alors même qu'on a toujours 29 euros de création de richesse par heure travaillée, l'une des plus fortes de l'univers !
Y'a comme un « truc qui cloche » indubitablement : Comment se fait-ce que personne ne veut de notre « si brillant savoir-faire » de haute technicité ?
Sont tous insolvables ou quoi ?
2 - L'argent donné aux banques ? C'est un prêt et ça va rapporter 1,4 milliard qui sera investi dans « le social ».
Un beau placement à 5,38 %/an...
Les banquiers devenus philanthropes ?
Là, j'ai déjà du mal à suivre... Pourquoi se précipiteraient-ils à emprunter à 8 % là où les marchés leur offre du 3 % ?
Et encore, en Angleterre, ils en sont à 1 %.
Et on attend même le référendum de chez les Helvètes voisins du week-end prochain pour savoir s'ils vont poursuivre leur politique de taux négatif de la belle époque.
Va-t-il aussi falloir que je m'occupe de leur apprendre à compter à ces « banqueux » ?
C'est que je n'ai pas que ça à faire, moi...
3 - Adieu la taxe professionnelle !
Alors-là bravo !
Si ! Enfin une bonne idée.
J'explique : le « machin » à « Giskard à la barre » qui a remplacé la patente du temps de « Pompompidou », c'est l'affreuseté absolue en matière fiscale.
Non pas que ce soit compliqué. C'est simple dans son principe, mais complexe à appliquer.
Non pas que ça coûte si cher que ça : 8 migniards... trois fois rien, mais alors... quand un investisseur veut investir dans une usine, je ne vous raconte pas les délires quand il s'agit d'estimer le coût fiscal local d'une implantation ici ou là.
Les taux d'abord ne sont pas uniformes : une catastrophe qui a vu des communes assiégées à leurs frontières par des centaines d'entreprises devenir des déserts commerciaux et artisanaux au profit d'un accumoncellement de logements.
Or, les logements et ses habitants, c'est ce qui coûte le plus cher à une municipalité : école, crèches, VRD, équipements sociaux, équipements sportifs, équipements culturels et puis il faut prévoir de promener tout le monde sur ses lieux de travail, hors la commune bien naturellement, etc, etc, le tout avec des loyers bas tant qu'à faire et des taxes d'habitation attractives...
Bref, social mais déséquilibré.
Et encore, admettons la justesse du dogme « aux entreprises patrons de payer », mais globalement une délibération des Conseils municipaux sur les taux sur deux est irrégulière ou illégale : je ne vous dis pas les contentieux en la matière...
Les assiettes ensuite...Valeur locative des immobilisations corporelles plus la valeur cadastrale des immeubles.
Ça c'est pour le principe...
Mais avant, il y avait aussi 18 % de la masse salariale : une vraie manne !
Reste encore tous les chefs d'entreprise employant moins de 5 salariés, soumis à l'IR...
Foin des immobilisations corporelles : on taxe directement les recettes encaissées de l'année n - 1 !
C'est sans compter avec les exonérations... Une pelleté : les artisans façonniers, taxis, pêcheurs et leurs coopératives, les activités agricoles, les artistes, les établissements d'enseignement privé, la presse, les entreprises du spectacle, les mines et carrières, les collectivités publiques, une multitude d'organismes HLM, mutuels, bains-douches, sociaux, j'en passe et des meilleurs.
Sans compter que pour les autres et sous conditions et parfois agrément préalable, il faut compter avec les ZRR, les entreprises nouvelles, les jeunes entreprises innovantes, les pôles de compétitivité, les zones urbaines sensibles, les zones de redynamisation urbaine, les zones franches urbaines, les bassins d'emploi à redynamiser, les activités médicales et paramédicales en zone rurale...
Un casse-tête qui fait qu'il faut veiller jusqu'à la numérotation des rues... Côté pair, c'est bon, côté impair, faut fuir !
Mais là encore, ce n'est pas tout : Il faut compter avec des réductions et abattements sur les valeurs locatives, la réduction de base d'imposition, la mesure d'écrêtement, la cotisation minimum et le plafonnement à la valeur ajoutée, les cotisations de péréquations, les dégrèvements pour réduction d'activité, le dégrèvement pour investissements nouveaux (qui désormais n'entrent plus dans la base), d'autres plus spécifiques à quelques métiers (entreprise de transport sanitaire, les armateurs), celui au titre des biens affectés à la recherche, le crédit dans les zones d'emploi en grande difficulté, etc.
J'en oublie, forcément... Au point que quelques entreprises du conseil se sont spécialisées avec succès (elles encaissent 50 % des remboursements des indus) dans la réduction de votre taxe professionnelle, puisque 9 sur 10 sont fausses...
Mais dans les deux sens : une fois le Service, une autre fois l'expert-comptable !
Bref : une bonne idée pour 2010.
Ah que oui, mais voilà t'y pas qu'on va remplacer ça par autre chose !
Quoi ? Il n'a pas dit ! Mais fort à parier que la taxe à carbone va encore augmenter.
Ce qui ne sera plus payé par les entreprises, c'est le « quidam qui roule » qui va donc se le manger...
J'adore ! Pas vous ?
4 - La TVA ? Il nous l'a fait très forte sur le sujet, ce soir-là, « Bling-bling ».
Pépère vient de se rendre compte que quand on veut baisser un taux sur une activité, il faut demander la permission aux 25 autres partenaires européens (lui il a dit 26 : je ne sais pas qui c'est... passons !).
Quand c'est un taux général, pas de problème : vous faites ce que vous voulez...
Bon, application : Pour la restauration, ce n'est pas gagné, mais pour les produits de première nécessité, pas de souci ! Même qu'il va s'en occuper, y compris l'accès à la culture !
Tiens donc ?
Et la taxe sur les supports vidéo et de mémoire de masse ?
Ce n'était pas encore une idée à lui, ça ?
La redevance télé qui augmente, pardon, qui est indexée récemment, intégrée direct dans la taxe d'habitation... Il était ministre, non ?
J'adore ! Pas vous ?
5 - Et le voilà qu'il nous explique aussi que quand l'État investit, il s'endette peut-être, mais il a en face un « actif ».
Le « B.A Ba » de la comptabilité en partie double.
Dite commerciale... (première première année de compta, niveau premier cours du probatoire, CAP même pas BP).
Et normalement, le remboursement va de paire avec l'amortissement du bien acquis (ou livré à soi-même... notion de TVA qui fait les belles heures de nos programmes de fiscalité indirecte en amphi).
En fait, l'amortissement va moins vite que le remboursement en capital : il faut donc générer de la trésorerie en plus (les fameux fonds propres des entreprises).
Et coco, il a oublié deux trucs :
Pour une entreprise, pas de problème, l'intérêt est déductible comme n'importe quelle autre charge qui concoure à acquérir ou conserver le revenu y attaché (notion de l'acte normal de gestion en sus).
Pour le particulier, quand il s'agit de financer un « bien d'usage » (qui ne produit pas de fruit, de revenu), c'est un peu plus compliqué : il peut, pour son habitation principale seulement, mais c'est plafonné.
Et il peut aussi imputer quelques coûts de ses découverts bancaires... comme ça m'arrive !
Pour l'État, il ne déduit rien du tout : il paye et réduit sa capacité à emprunter.
Ou il augmente derechef ses recettes en augmentant unilatéralement l'impôt, sans se soucier de savoir si le quidam taxé est solvable ou non...
Comment évaluer une route pluri-centenaire ? Quelle est la valeur d'un monument aux morts ? Quid du réseau d'égouts ? Quomodo du Palais Bourbon ? Du musée du Louvres ?
D'autant que l'État étant son propre assureur, on n'a même pas le recours à l'expertise des compagnies d'assurance : quand ça pète, on tape dans la caisse et on remplace !
La « M 14 » (ou « M 12 ») comme norme de compta publique ne fait que reprendre les engagements de crédits alloués à tel ou tel.
C'est plus de la « Facture à Payer » ou à recevoir que de l'immobilisation durable.
Il n'y a donc jamais d'amortissement en compta publique...
Le « B.A. Ba » de la finance publique (qu'on apprend en seconde année de droit, crois-je me souvenir, mais peut-être pas à Nanterre après-tout ?), bien avant de postuler à l'ENA.
Et c'est à ce type-là qu'on laisse « la calculette », le soin de défendre « les intérêts (financiers) des gaulois », lui le « comptable » de son mandat et de la signature du pays ?
Pitoyable, je persiste... à confondre tout et rien !
Tout cela avait un côté surréaliste teinté de poncifs qui donnaient corps à la rhétorique : beau moment télévisuel...
Un peu plat, bien qu'il y ait encore plein de choses à dire sur l'ensemble.
Mais je laisse ça à d'autres qui savent le faire mieux que moi, atteint de nanisme intellectuel congénital avec mon unique neurone en fonction (et encore, pas tout le temps).
Nous avons donc vu un « Bling-bling » en campagne, cherchant à rassurer - mais les poches vides - un peuple en prise avec le désarroi. Et en plus il nous fait la fine bouche en final à nous raconter qu'il ne sait pas z'encore s'il va se représenter !
Qu'est-ce que j'ai pu rigoler sur ce passage-là !
Il en a l'ambition, mais manifestement, celle-ci va être contrariée : c'est très exactement ce qu'il a su faire ressentir, pense-je.
Bref, une soirée sans pub, mais alors, que de calicots de la part de mon entourage (ce ne sont que des « soces » grévistes même si il doit bien y avoir un « démocratouille du Modem » dans le tas et pseudo-anar qui ne veulent qu'une chose : ne rien payer mais vivre à ne rien faire le plus tôt possible !) qui ont gâché mon hilarité naissante à plusieurs reprises.
Surtout que « Bling-bling » a flotté de la voix à deux reprises... Une mue en direct, un retour vers la pré-puberté assez étonnante pour une personne qui veut « changer le monde » (et le capitalisme) : Qu'est-ce que ces passages-là ont pu me faire rire !
Bon week-end à tous !