La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
Et la « taxe-poisson » qui se prend dans les filets...
Souvenez-vous, c'était en 2006, puis en novembre 2007 et pour la dernière fois en mai 2008 : l'augmentation du gazole provoque des mouvements de pêcheurs avec blocage des ports.
En novembre 2007 le chef de l'État, « Bling-bling soi-même » toujours prompt à faire le coup de poing et doubler « Fifi le grand guignol » dès qu'il peut, descend au Guilvinec, lâche un ensemble de mesures et très vite crée une taxe de 2 % sur la vente du poisson dans les grandes surfaces, destinée notamment à financer les « aides à la modernisation de la pêche » ainsi décidée à la va-vite.
Cette taxe est bien sûr immédiatement attaquée à Bruxelles par la grande distribution qui crie à la mesure anticoncurrentielle.
Le procès n'a pas encore trouvé d'issue à ce jour.
Mais entre temps Paris a débloqué des fonds pour les pêcheurs à la suite des blocages de ports de mai 2008, même si Bruxelles retoque une partie des 15 mesures prévues par le gouvernement.
Mais voilà, par malchance, le prix du gazole vient de s'effondrer cet hiver.
Du coup la Fédération du Commerce et de la Distribution, auteur du recours judiciaire contre la taxe, demande au gouvernement de supprimer cette taxe qui n'a plus de raison d'être.
Logique, non ?
Ah que, ah que... Pas si simple mes bons z'amis.
Parce que le produit de la taxe ne va pas directement de la poche du consommateur de poisson au marin-pêcheur de poisson, mais passe par la grande surface qui fait office de collecteur de taxes (un peu comme la TVA) et par l'État, grand pourvoyeurs d'aides aux râleurs et autres inconséquents irresponsables.
Parce que pas fou, Bercy, c'est jamais lui qui paye : non là, cette fois-ci encore c'est le consommateur qui casque : il aime à acheter du poisson très cher, rendons-le encore plus coûtatif !
Ca c'est moderne !
Suivez le raisonnement : si nous étions en pays de liberté, naturellement, pour moderniser l'outil de travail, on en réparti le coût dans le produit vendu.
Logique.
Mais pas en « Gauloisie exceptionnelle »... Le Marin-pêcheur, il continue de vendre sa camelote à bas prix, mais on taxe le konnard de consommateur : ça c'est l'intelligence en marche de l'énarchie dominante assise sur la « pensée unique » servie à longueur d'onde !
Du coup, la modernisation du secteur, mesure structurelle au demeurant indispensable (parce que franchement, ils z'ont quelques décennies de retard sur la concurrence niponne, nos bretons), ne va pas s'arrêter parce que le prix du gazole s'effondre, tiens donc !
Billevesées !
Même s'ils étaient capables de financer leurs pêches avec du gazole moins cher, tu penses bien que l'énarchie ne va pas lâcher le morceau pour si peu : elle se sent investie d'une responsabilité solidaire et nationale envers les pêcheurs de la contrée et continuera à percevoir la taxe au nom de la modernisation !
Plaisanterie très « franco-gauloise » bien entendu, on ne supprime jamais le principe des aides au prétexte que les circonstances qui lui ont donné naissance ont disparu !
Pas plus qu'on supprime une taxe qui fait vivre l'usine à gaz étatique !
Elles persistent dans leur principe, même si justement elles n'ont plus d'utilité et que leur quotité est mécaniquement réduite à néant : Il faudrait aussi supprimer la recette fiscale qui fait vivre toute la chaîne fiscale ? N'importe quoi, les amis...
Ça va pas dans la tête, là ?
Mais il y a quelques raisons de rester vigilant : le prix du gazole, c'est certain nous disent les économistes, va ré-augmenter.
Et même si, comme ce n'est pas impossible, les pêcheurs reprennent le blocage des ports pour obtenir de nouvelles aides, alors là, il y aura matière à rappeler l'historique vécu !
C'est alors, vous le verrez, qu'on devra, dans l'urgence, redoubler d'effort à piquer le pognon à ce konnard de consommateur qui persiste à manger du poisson de haute mer (et d'élevage) au lieu de son futur tourteaux de soja (comme les bovins, naturellement) promis par le Département de l'agriculture à Washington !
Avec une taxe à 4 % pardi !
Comme disait ma grand-mère, plus c'est cher, meilleur c'est !
Encore un attrape-gogo bien réglé, comme sur du papier à musique !
Ma grand-mère, elle n'avait pas tout compris, mais était une accro du marketing appliqué !