La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
Dix équipes au taf !
Et il en résulte un possible « Central Park » à la Courneuve, des « fronts de terre » pour l'agriculture en Île-de-France, une gare du Nord excentrée ou Paris s'étendant jusqu'au Havre !
Dix équipes d'architectes planchent depuis huit mois sur ce que pourrait être « Das Groß Paris » au milieu du siècle, (pas le prochain, mais celui dont vont hériter nos marmots) avec un mot d'ordre : ne surtout pas en rester là !
Entre le 9 et le 19 février, ces équipes parmi lesquelles celles de quelques « stars » comme Jean Nouvel, Christian de Portzamparc ou Richard Rogers, rendront au ministère de la Culture, maître d'ouvrage de la consultation, leur vision de la métropole parisienne (forte aujourd'hui d'environ 8 millions d'habitants dont 2 pour Paris intra muros) dans 20 ou 40 ans.
Ni mise en concurrence en vue d'un marché, ni concours d'idées, la consultation voulue par « Bling-Bling » pour son pote et néanmoins frangin De-la-Nuée se veut un « appel à projets » qui doit fournir « orientations théoriques et propositions pratiques », avec pour seul objectif concret à ce stade, une exposition au printemps à la Cité de l'architecture et du patrimoine.
Et attention aux poncifs véhiculés par ces matières grises à très haut potentiel créateur :
- Pour Christian de Portzamparc, il faut « réconcilier croissance et bien-vivre » ! Punaise : la vision messianique...
Paris est « au centre d'une énorme conurbation qui va de Londres à Francfort et débouche sur une gare vieillotte - la gare du Nord - un vrai cul-de-sac », dit à l'AFP le coordonnateur de l'équipe, Didier Martin.
Euh... Le TGV vers le Sud-Est, les LGV vers la péninsule ibérique, ça n'existe pas, bien sûr !
Ainsi, Roissy pourrait devenir un pôle où se croisent avions, trains et marchandises ; le plateau de Saclay pourrait accueillir les « flux de la connaissance » (de l'intelligence mais pas de la beauté) !
- Pour l'équipe Jean Nouvel qui a travaillé non pas sur un projet global mais sur des « échantillons, élaborés jusqu'au détail », il faut « mélanger l'urbain et le rural », indique l'architecte-urbaniste Michel Cantal-Dupart.
La richesse des terres agricoles de l'Île-de-France doit être utilisée par des « fronts de terre » qui stopperont les zones urbaines.
Et les pôvres de devoir habiter dans les branches des arbres de nos belles forêts ?
Côté transports, il faut « arrêter de tout concentrer sur Châtelet », avec un maillage total de la métropole et une utilisation plus grande des fleuves.
Il a raison : c'était d'ailleurs mon idée de creuser partout des canaux, comme à Venise, Amsterdam, Bruges, Saint-Pétersbourg !
- L'équipe d'Yves Lion travaille avec Météo-France (mais oui ! Des urbanistes ignorés...), celle qui fait la pluie et le beau temps.
Contre le réchauffement climatique, elle propose d'augmenter de 40 % la superficie des forêts autour de Paris.
Une vieille lune : les villes déménagée à la campagne... Mais renouveler façon développement durable !
Les bords de Seine ne sont pas par ailleurs assez utilisés, sous « prétexte de réserve naturelle. On craint d'habiter le paysage, du coup on le laisse tomber. Il faut une architecture qui se marie avec la nature », dit l'architecte.
Tant pis pour la protection des « zones humides » protégée par la loi livrée ainsi aux bétonneurs, n'est-ce pas !
- Pour Roland Castro, sans contexte obnubilé par le logo de la Région « Île-de-France » aux mains de Huchon pour quelques semaines encore, Paris est un « bouquet de fleurs à sept pétales » qui doit devenir une capitale « pour l'Homme et pour le monde » (pas moins !), dans laquelle il « n'y aurait plus d'apartheid ».
On savait qu'il y avait la guerre rue de Rennes depuis que De-la-Nuée voulait à pacifier à coups de bulldozer, mais l'apartheid dans la capitale de la « Gauloisie des droits de l'homme », le raccourcis n'est pas mal !
Autour du Parc de la Courneuve, aujourd'hui à peine utilisé, il propose de construire des habitations pour en faire un « Central Park », le long du canal de l'Ourcq une « cité du savoir » (et pas de l'intelligence ?) et à Gonesse une « exposition universelle ».
Permanente ?
- Antoine Grumbach imagine quant à lui, une métropole qui irait jusqu'au Havre, « avec des noyaux urbains le long de la Seine »...
Adieu les jardins de Giverny, l'arborétum régional de Bucaille ?
C'est Aguigui Mouna, celui qui voulait assécher la Seine pour en faire un vaste parking z'à bagnoles, qui doit faire des sauts de joie dans son cercueil !
- L'allemand Finn Geipel veut « réduire les transports »... et mettre sur la paille nos traminaux ?
Et comment qu'on va faire pour donner à becqueter à tout le monde perchés dans les arbres des forêts ?
- Quant à l'équipe Rogers, elle dessine une ville « écologiquement responsable », la belle ambition.
Là, c'est simple ! On vire tout le monde et seuls les pigeons continueront de souiller les trottoirs et monuments !
Tous travaillent sur l'idée de métropole - « Paris et sa banlieue, ça ne veut plus rien dire », dit péremptoirement M. Lion - et le désenclavement des zones sensibles qui doivent être « réintégrées dans l'espace public » est à l'honneur pour l'équipe Portzamparc.
Parce qu'elles étaient où, au juste, jusque-là ?
Que restera-t-il de ces milliers de pages de projets ?
« Il faut que ça continue », dit Yves Lion qui, non pas pour courir après « le pognon d'autrui », pensez-donc, note que « les architectes ont travaillé sans sentiment de concurrence et que les politiques se sont montrés réceptifs et passionnés. Et ça, c'est un petit miracle », s'exclame-t-il même.
Ah les bénéfices de n'être pas en compétition !
Tous en rêve !
« Pour la première fois depuis le baron Haussmann, il se passe quelque chose », renchérit même Roland Castro pour qui il faut lancer un « grand emprunt », afin de passer à du concret.
Il faut convenir que depuis Haussmann, c'est vrai il ne s'est rien passé à Paris.
Disons que depuis que De-la-Nuée est aux commandes de la ville, le flux des permis de construire a drastiquement chuté, perdu qu'il est à définir son PLU...
Quant au grand emprunt, faudra peut-être aussi penser à le rembourser...
Passer au concret, avec ou sans compétition entre « hautes valeurs créatrices » du neurone ?