La seule question à laquelle personne ne sait répondre reste : la place de l'Etat. Quel est son rôle ultime ? Le reste n'est alors que dérives quotidiennes pour soi-disant, le "bonheur des autres" avec "le pognon des autres". Bonne lecture
L'mpôt de succession aux USA...
« Baraque au-Bas-mât », tout nouveau 44ème président des USA, va rétablir la « death tax », l'impôt de succession, la « taxe sur la mort ».
Carnassier, va !
Celui-ci devait disparaître en 2010 en application d'une loi votée sous « Bu-Bush », mais sera rétabli en 2011 à son niveau originel, c'est-à-dire celui existant sous Clinton (l'homme à la pipe historique...).
À cette époque, chaque individu avait le droit de léguer hors impôt 600.000 $ et le reste était taxé à 55 % (sans compter les impôts de succession que beaucoup d'États ajoutent) : il en restait donc un gros bout quand même.
Un legs direct à la seconde génération, qui par le cumul de cette taxation, finissait par être taxé d'à peu près de 80 % (globalement 30 à 40 % en « Gauloisie supérieure » en 3 générations, mais sans les effets de l'ISF, ce qui ramène à doubler l'impôt de « mainmorte » dans notre bel hexagone).
Un système toutefois beaucoup plus sévère qu'en « Gauloisie éclairée » post-sarkosienne.
Un système qui avait ses défenseurs dont et même parmi les plus grandes fortunes du pays.
C'est par exemple le cas de Warren Buffett, le président de « Berkshire Hathaway », qui a fait la une des médias en donnant la quasi-totalité de sa fortune à la fondation de Bill (sans lequel je ne pourrai pas vous écrire, ni compter : merci à lui) et Melinda Gates, sa douce à lui.
Buffett explique que la force de l'Amérique, ce ne sont pas les grandes fortunes passées mais celles qui se créent chaque jour grâce à l'audace et à l'imagination d'entrepreneurs partis généralement de rien.
Transmettre des très grandes fortunes à des héritiers aboutit le plus souvent à donner d'énormes pouvoirs - par le poids de l'argent faut-il reconnaître - à des héritiers qui ne sont pas forcément capables d'en faire le meilleur usage et sont une des raisons d'inefficience de l'économie nationale, inefficience dont Buffet a d'ailleurs fait son beurre et sa crème en rachetant les actions de sociétés en perdition gérées par la seconde ou la troisième génération.
C'est dire s'il sait de quoi il parle, le bonhomme !
C'est d'ailleurs le sens d'une vieille maxime du vieux continent : « la première génération crée, la seconde maintient et la troisième bouffe tout ».
Bien entendu, quand la troisième n'a pas tout bouffé, la quatrième se retrouve héritière d'une « dynastie familiale » à la « gauloise » et survit à la tête d'entreprises parfois monstrueuses, en pleine expansion en s'assurant le concours de quelques personnalités exceptionnelles, prises en dehors de la famille...
Bon, il y a des exceptions aussi : Peugeot, Pinault, Arnaud, Lagardère, mais c'est parce qu'il y a aussi quelques « astuces fiscales » qui permettent d'échapper à la « main de Dieu » en usant de quelques ficelles laissées par ses saints ici ou là, au gré des lois de finances successives du pays.
Le bien fondé de cette taxation se vérifie en quelque sorte en regardant le classement annuel des grandes fortunes américaines publié chaque année par Forbes Magazine : le pourcentage de la « new money » excède 50 % et la « death tax » a réduit l'« old money » autour de 40 %.
Une campagne habilement menée par des lobbyistes était cependant parvenue en 2001, au nom de la défense des PME, à exempter ou réduire drastiquement les impôts, même sur les plus grandes fortunes (le dernier « effort » de l'école de Chicago).
Il semble que le gouvernement de « Au-bas-Mât » maintiendra la « death tax » mais à un niveau tel qu'elle touche les grandes fortunes mais pas les petites et très petites entreprises qui sont l'une des forces des Etats-Unis : les sept premiers millions de dollars de la succession d'un couple seraient exemptés et l'excédent taxé à 45 % et non plus 55 %.
Le choix de ces seuils résulte d'une habileté politique : la loi qu'avait signée « Bu-bush junior » comprenait une diminution progressive des taux et une augmentation du montant détaxé.
Les seuils ci-dessus sont le niveau prévu pour 2009 ; et donc le Congrès n'aura qu'à geler la « death tax » à son niveau actuel.
Politiquement beaucoup plus facile que d'avoir à créer des seuils et des taux à partir de rien.
Le passage de cette loi est donc fort probable.
Mais on peut aussi avoir une autre lecture : Le nouveau gouvernement américain - issu des urnes le 4 novembre dernier, mais tout juste aux manettes le 21 janvier suivant seulement - va avoir besoin d'argent pour financer par ailleurs la baisse d'impôt promise à la « middle class » et pour faire aboutir le « dada » clintonien de « medical care act »...
Peut-être bien que l'on bougera les taux ou les seuils...
Plus de « old money » pour les nécessiteux : serait-ce ça le « néolibéralisme » d'outre-Atlantique ?
C'est encore Warren Buffett qui sauvera ainsi son fonds de commerce pour un moment et durablement, à la génération suivante, via (parce qu'il y a aussi des « astuces fiscales » même aux USA) d'autres fondations et le fameux « Trust » (qui assure des « rentes » auxdits héritiers)...
À ce sujet, s'il existe un classement des « privates fortunes », où la « new money » US truste le top du classement mondial, il en existe aussi un autre...
Celui de « l'Index of Economic Freedom » publié par le Wall Street Journal et « Heritage Foundation »...
Autrement dit « l'index mondial de la liberté économique »... 179 pays y sont classés selon une batterie de critères inchangés depuis l'origine (ou presque) et 4 inclassables, comme l'Irak, l'Afghanistan, le Soudan ou le Lichtenstein (allez savoir pourquoi ?).
Il est censé refléter le « degré de libéralisme » (avancé) des pratiques économiques d'un pays à un autre.
Comme à l'accoutumée, Hong-Kong, pourtant rattaché aux tsars de Pékin, tient le haut du pavé...
Les USA sont classées 6ème, derrière, Singapour, l'Australie, l'Irlande et la Nouvelle-Zélande.
Mais devant le Canada, le Danemark, la Suisse et la Grande-Bretagne...
Rappelons qu'il y a dix ans (1999), la « Gauloisie supérieure » se classait encore à la vingtième place, occupée actuellement par la Belgique, derrière le Japon et devant Macao.
L'an dernier, pour être vraiment de méchants « ultralibéraux » sous « Fifi I & II », nous étions classés 48ème.
Aujourd'hui, c'est la Qatar qui occupe ce classement, derrière Malte, mais devant le Mexique...
Pour nous retrouver coincés entre... (ne rigolez pas, les Amis, c'est sérieux !) l'Ouganda de l'ex-dictateur Amin Dada et la Roumanie de feu l'autre dictateur exécuté après les folles journées de coup d'État postcommuniste d'antan !
À la 64ème place...
Sous « Fifi III ».
La faute aux exonérations de la TEPA et des successions de « Bling-bling » ?
Peut-être qu'un jour on arrivera au niveau de la Corée du Nord (179ème) ou du Zimbabwe (178ème).